Biographie de Édouard de Fitz-James (1776-1838)

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Édouard de Fitz-James, 5educ de Fitz-James (1805), est un homme politique français, né à Versailles le 10 janvier 1776 et mort au château de Quevillon (Seine-Maritime) le 11 novembre 1838.



Fils de Jacques Charles de Fitz-James (1743-1805), 4e duc de Fitz-James, et de la duchesse née Marie Claudine Sylvie de Thiard de Bissy (1752-1812), elle-même fille d'Henri de Thiard de Bissy, Édouard de Fitz-James émigra en Italie avec sa famille dès les premiers temps de la Révolution française.

Il suivit d'abord son goût pour les beaux-arts avant de s'engager dans l'armée de Condé, où il servit en qualité d'aide-de-camp du maréchal de Castries. Il voyagea ensuite en Angleterre où il épousa le 2 mai 1798 Élisabeth Alexandrine (dite Betsy) Le Vassor de La Touche de Longpré (1775-1816). Ils eurent trois enfants :

  • Antoinette Alexandrine Claudine de Fitz-James (1799-1837) ;
  • Jacques Marie Emmanuel de Fitz-James (1803-1846), 6e duc de Fitz-James ;
  • Charles François Henri de Fitz-James (1805-1883).
Ayant obtenu sa radiation de la liste des émigrés, il rentra en France en 1801 et vécut retiré jusqu'à la chute de l'Empire. En 1813, il accepta le grade de caporal dans la première légion de la garde nationale et fut envoyé avec sa légion à la barrière de Monceau le 30 mars 1814, où il harangua ses camarades pour les dissuader de prendre part à la défense de la capitale. Le lendemain, jour où fut signée la capitulation de Paris, on le vit parcourir la ville avec le vicomte Sosthènes de La Rochefoucauld et quelques autres jeunes aristocrates, arborant des cocardes blanches et criant : Vive le roi !.

Sous la Première Restauration, il devint aide-de-camp et premier gentilhomme de la chambre du comte d'Artois, colonel de la garde nationale à cheval et pair de France (4 juin 1814). Il accompagna le frère du roi dans sa tournée dans le Midi de la France et à Lyon. Après le débarquement de Napoléon Ier à Golfe-Juan, il alla à Gand avec Louis XVIII, revint à Paris à sa suite et reprit sa place à la Chambre des pairs où il afficha des opinions nettement ultra-royalistes.

Le 21 octobre 1815, il proposa de voter des remerciements au duc d'Angoulême. Il se signala par l'insistance qu'il mit à réclamer la peine de mort contre le maréchal Ney, jugé devant la Chambre des pairs, et lorsque celle-ci eut rendu son arrêt, ce fut lui qui, le premier, en apporta la nouvelle au Palais des Tuileries dans la nuit du 6 décembre 1815. Il ne fut pas étranger à un procès analogue intenté à son beau-frère, le général Bertrand[1], et n'hésita pas à publier une lettre dans laquelle il affirmait que le général avait prêté serment à Louis XVIII. Sa conduite en cette circonstance, sévèrement jugée par l'opinion, donna lieu à la publication, dans un des journaux du temps, du quatrain suivant :

Fitz-James, de Judas renouvelant le crime,
Vient de vendre son frère et de trahir sa foi :
Fitz-James n'est pourtant que le bâtard d'un roi ![2]
Que serait-ce, grand Dieu ! s'il était légitime ?...
Veuf en 1816, il se remaria le 6 décembre 1819 à Paris avec Antoinette Françoise Sidonie de Choiseul-Gouffier (1777-1862). Il n'eut pas d'enfant de ce second mariage.

En 1817, le duc de Fitz-James combattit les tendances constitutionnelles du ministère, s'éleva à la Chambre des pairs contre la loi du 5 février relative aux élections, et poussa son hostilité à l'égard du duc Decazes jusqu'à se faire le défenseur de la liberté de la presse, qu'il demanda comme contre-poids à la suspension de la liberté individuelle. Cette attitude lui valut des ennemis à la Cour et il fut mis à l'écart pendant quelque temps.

Il soutint en revanche de son éloquence incisive le comte de Villèle et le comte de Corbière, appuyant la loi sur le sacrilège et le rétablisement du droit d'aînesse. Il combattit le ministère Martignac, plus modéré, mais soutint tous les actes du ministère Polignac.

Après la Révolution de 1830, il se résolut à prêter serment à la monarchie de Juillet et resta à la Chambre des pairs, où il fut un des orateurs les plus notables du parti légitimiste. Il prit une part active à la discussion du projet de loi qui appelait sous les drapeaux 80.000 hommes de la classe de 1830 et, quelques jours plus tard (2 mars 1831), à l'occasion des troubles du 14 février dont l'église Saint-Germain-l'Auxerrois avait été le théâtre, il traça un lugubre tableau de l'état de la France et attribua le malaise de la nation aux tergiversations des ministres. Il protesta contre la loi relative au bannissement de Charles X et de sa famille, défendit l'hérédité de la pairie et, lorsque celle-ci fut supprimée, il donna sa démission de pair.

En 1832, accusé d'avoir secondé les tentatives de la duchesse de Berry pour susciter des soulèvements royalistes, il fut momentanément arrêté puis relâché faute de preuves.

Le 10 janvier 1835, il fut élu député par le 2e collège de la Haute-Garonne (Toulouse)[3] en remplacement de Berryer qui avait opté pour Yssingeaux. Il siégea dans les rangs de la droite et prononça à la tribune plusieurs discours retentissants[4], notamment contre l'alliance avec le Royaume-Uni (1837), au sujet de la quadruple alliance et de l'intervention en Espagne. Réélu le 4 novembre 1837[5], il mourut l'année suivante, pendant la législature.





  • Maison de Fitz-James
  • Duc de Fitz-James




  1. La femme du général Bertrand, née Fanny Dillon, était la demi-sœur de la duchesse de Fitz-James : elles avaient la même mère, Laure Girardin de Montgerald (cousine de l'impératrice Joséphine).
  2. La maison de Fitz-James descend d'un fils naturel de Jacques II d'Angleterre.
  3. 247 voix sur 456 votants et 557 inscrits contre 176 voix à M. de Malaret et 33 au général Bertrand. La ville de Toulouse était alors un des fiefs du légitimisme.
  4. Selon Cormenin : « M. de Fitz-James est le second orateur du parti légitimiste. Sa stature est haute, et sa physionomie mobile et expressive. Il a le laissez-aller, le sans-gêne, le déboutonné d'un grand seigneur qui parle devant des bourgeois. Il ne fait pas tant de façons avec eux et cause tout comme s'il était en robe de chambre. Il prend du tabac, il se mouche, il crache, il éternue, va, vient, se promène à la tribune, d'une estrade à l'autre. Il a des expressions familières, qu'il jette avec bonheur, et qui délassent la Chambre des superbes ennuis de l'étiquette oratoire. On dirait qu'il veut bien recevoir la législature à son petit-lever. » (cité par le Dictionnaire des parlementaires français)
  5. 245 voix sur 448 votants et 559 inscrits