Biographie de Albert Kahn (banquier)

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"À la recherche d'Albert Kahn. Inventaire avant travaux" au Musée ...
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Le Musée Albert Kahn sera fermé pendant plus de deux ans, de janvier 2015 à l'été 2017, pour une grande rénovation, avant cette fermeture le Musée Albert Kahn, au travers de l'exposition "À la recherche d'Albert Kahn. Inventaire avant travaux", dresse ...




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La Nuit des Musées au Musée Albert Kahn - Archives de la Planète
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Le Musée Albert Kahn vous invite, durant la Nuit des Musées, de découvrir au travers d'une film, qui était Albert Kahn (1860-1940), banquier juif alsacien visionnaire et internationaliste qui mit sa fortune au service d'un idéal de paix universelle ...


Albert Kahn, né Abraham Kahn à Marmoutier en Alsace le 3 mars 1860 et décédé à Boulogne-Billancourt le 14 novembre 1940, était un banquier et mécène français.



Fils d'un marchand de bestiaux alsacien, et ayant quatre frères et soeurs, Albert étudie d'abord au collège de Saverne, avant de se rendre à Paris après l'annexion de l'Alsace-Lorraine suite au traité de Francfort (1871). Il prend alors le nom francisé d'Albert [1].

A Paris, il travaille dans une banque fondée en 1878 par les frères Edmond et Charles Goudchaux [1]. Dix ans plus tard, il devient fondé de pouvoir chez Goudchaux & Cie, et finit par faire fortune en spéculant sur les actions des compagnies d'or et de diamant du Transvaal [1].

Il s'installe sur le quai du Quatre-Septembre à Boulogne, près de Paris. Sur quatre hectares, il fait aménager plusieurs "scènes paysagères" : jardin japonais, jardin français, verger-roseraie, jardin anglais, forêt bleue, forêt dorée, marais, forêt vosgienne, l'ensemble symbolisant un monde réconcilié. De nombreux et prestigieux invités les parcourent pendant des décennies, au premier rang desquels son ami le philosophe Henri Bergson, qui fut son répétiteur lorsqu'il prenait des cours secondaires à l'Institut juif Springer [1]. Il ouvre aussi largement sa propriété du Cap Martin sur la Côte d'Azur.



En 1898, son premier mécénat constitue en bourses de voyage "Autour du Monde" : une découverte des autres pays de plus d'un an offerte à de jeunes agrégés hommes et femmes, pour leur permettre d'enrichir leur compétence et leur futur enseignement par la connaissance directe du monde. Il étend cette libéralité à de jeunes diplômés du Japon, d'Allemagne, d'Angleterre, de Russie. D'autres mécénats suivront tant qu'Albert Kahn en aura les moyens financiers.



En 1908, il part lui-même de longs mois pour le Japon et la Chine et fait prendre par un collaborateur de nombreux clichés stéréoscopiques et images cinématographiques qui témoignent de son "voyage autour du monde". C'est le prémisse des "Archives de la Planète" : une collection de photographies en couleur (procédé autochrome, inventé par les frères Lumière) et de films et dont il confie en 1912 la direction scientifique au géographe Jean Brunhes, auquel il permet aussi d'assurer un enseignement au Collège de France. Des opérateurs professionnels sont recrutés et envoyés dans le monde et en France afin de photographier (la couleur) et de filmer (le mouvement) « des aspects, des pratiques et des modes de l'activité humaine dont la disparition fatale n'est plus qu'une question de temps ». Entre 1909 et 1931, ce sont quelque 72 000 autochromes (première collection au monde) et une centaine d'heures de film qui seront rapportés d'une cinquantaine de pays. Ces images sont le versant iconographique d'un vaste projet de documentation qui prendra d'autres formes (publications, centres de documentation...) et dont le but ultime est une meilleure connaissance des autres nations pour une meilleure entente, afin de prévenir des conflits meurtriers. Les images sont d'ailleurs projetées à cette fin aux invités d'Albert Kahn venant du monde entier et dans des structures d'enseignement supérieur.



Il met en place, en 1916, le Comité national d'études sociales et politiques (CNESP), domicilié rue d'Ulm, à l'Ecole normale supérieure (ENS) [1]. En 1918, Kahn publie Des droits et des devoirs des gouvernements, puis créé le Centre de documentation sociale, en 1920, qui est aussi situé dans les locaux de l'ENS, et qui vise à former les jeunes chercheurs en sciences économiques et sociales [1]. Il lance aussi une Imprimerie d’études sociales et politiques, qui va innover en publiant des revues de presse [1]. Il créé aussi le Laboratoire de biologie et de cinématographie scientifique, en liaison avec l'Université de Paris, qui est dirigé, à partir de 1926, par Jean Comandon [1]. Pour chapeauter ces diverses structures, il signe en 1929, avec l'Université de Paris, une convention qui créé une Centrale de coordination [1].



La crise économique des années trente met fin aux activités bancaires et mécénales d'Albert Kahn, qui est visé par plusieurs saisies de bien entre 1932 et 1934 [1]. Le Centre de documentation sociale (CDS) passe ainsi sous le contrôle de la Fondation Laura Spelman Rockefeller [1]. Les bulletins de l'Imprimerie cesse d'être publiés. En 1941, le CDS cesse aussi ses travaux. Ses collections sont transférées à la Bibliothèque-Musée de la guerre à Vincennes, qui deviendra la BDIC (Bibliothèque de documentation internationale contemporaine), située dans l'Université de Nanterre [1]. D'autres parties de ces fonds ont été dispersés (BNF, Archives nationales, etc.), voire confisquées (d'abord par les nazis, puis par l'URSS) [1].

Ses jardins et ses collections d'images ont été rachetées par le département de la Seine (qui laisse au mécène ruiné la jouissance de sa maison) en 1936 et 1939 [1]. Les jardins sont ouverts au public en 1937 et les plaques autochromes originales sont projetées jusque dans les années cinquante. En 1968, le nouveau département des Hauts-de-Seine devient propriétaire. En 1986, les jardins et collections acquièrent le statut de musée départemental des Hauts-de-Seine. Sous la responsabilité du Conseil général, des expositions temporaires et permanentes sont organisées dans la galerie bordant les jardins et dans d'autres lieux, en France et à l'étranger.



  1. ↑ a  b  c  d  e  f  g  h  i  j  k  l  m  n  Claude Viry, La documentation un outil pour la paix. Albert Kahn, banquier philanthrope, revue Inter CDI n°97


  • Catalogue de l'exposition Albert Kahn-Réalités d'une utopie, Musée Albert-Kahn, 1995.


  • Musée départemental Albert-Kahn