Biographie de Alexander von Humboldt

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Shipping industry faces rough economic waters
Deutsche Welle
The brand new "Alexander von Humboldt" has been a tourist attraction in Hamburg harbor for days: The almost 400-meter-long (1,312-foot-long) giant belongs to the French shipping company CMA CGM and can hold close to 16,000 containers. It was ...




EUROGATE: Bremerhaven begrüßt die CMA CGM Alexander von ...
nordic market
Das mit 16.020 TEU-Ladekapazität weltgrößte Containerschiff, die "CMA CGM Marco Polo", läuft Bremerhaven mittlerweile regelmäßig im FAL1-Dienst an. Jetzt bekommt es Gesellschaft. Das Schwesterschiff, die "CMA CGM Alexander von Humboldt" hat am ...
Die schwierige Fahrt der "Alexander von Humboldt"Hamburger Abendblatt
"Alexander von Humboldt": Taufe des weltgrößten Containerschiffs ...Sat.1 Regional
Donnerstag Taufe der „Alexander von Humboldt“ | Größtes ...BILD
NDR.de -Hamburger Morgenpost -Nordsee-Zeitung
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Warten auf die »Alexander von Humboldt II«
Travemünde-Aktuell
Regen ist nicht zu erwarten. Am morgigen Freitag nimmt die Bewölkung zu und der Wind frischt auf 4 Windstärken auf mit Böen bis zu 7 Bft aus SW. Leider die falsche Richtung für die »Alexander von Humboldt II«, um unter Segel in die Trave einzulaufen.




Bon premier trimestre pour l'armateur du "CMA CGM Jules Verne"
lantenne.com
L'armateur du "CMA CGM Alexander von Humboldt", baptisé à Hambourg, et du "CMA CGM Jules Verne", qui a fait lundi 3 juin une escale remarquée dans les bassins Est du Grand Port maritime de Marseille (GPMM) pour être baptisé mardi 4 juin, a connu ...
Transports maritimes : CMA CGM s'offre un 3e porte-conteneur ...La Tribune.fr

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TangerMed: Un autre géant des mers en escale
L'Économiste
Mercredi dernier c'était au tour du «CMA CGM Alexander Von Humboldt», second plus grand porte-conteneurs du monde d'accoster à Tanger. Son voyage inaugural, entamé le 19 avril dernier, l'a fait passer par le port Kelang en Malaisie et le canal de Suez ...




Will Humboldt's journals go under the hammer?
Deutsche Welle
That's the approach that Alexander von Humboldt followed very meticulously. He climbed the more than 6,300-meter Chimborazo volcano in Ecuador and was nearly eaten alive by the insects he was collecting in the jungles of Guyana. He recorded the ...




“La aventura métrica de Alexander Von Humboldt”, nuevo libro ...
Radio Granada
La aventura metrica “La aventura métrica de Alexander Von Humboldt” es el título del libro publicado por el profesor del Departamento de Expresión Gráfica Arquitectónica y en la Ingeniería de la UGR, Mario Ruiz Morales, en la Editorial Universidad de ...




"Alexander von Humboldt" - Containerriese in Hamburg
Radio Hamburg
Am Donnerstagabend wird in Hamburg der neue Containerriese " CMA CGM Alexander von Humboldt" getauft. Es ist das Schwesterschiff der "CMA CGM Marco Polo", das größte Containerschiff der Welt. Die "Alexander von Humboldt" hat eine stolze Länge ...




Hamburger Morgenpost

Das Schwesterschiff "Marco Polo" im Hamburger Hafen
Hamburger Morgenpost
Am Dienstag ist in Hamburg das Schwesterschiff des größten Containerschiffes der Welt eingetroffen. Die "CMA CGM Alexander von Humboldt" soll am Donnerstag im Hamburger Hafen getauft werden. Der Containerriese ist 396 Meter lang und kann, genau ...




Feuerwerk für die "Alexander von Humboldt"
Radio Hamburg
Der Kapitän des derzeit weltweit größten Containerschiffs, der "Alexander von Humboldt" wird bei der ausgelassenen feierlichen Taufe im Hamburger Hafen am Donnerstagabend (30.05.2013) auch ernst und pocht auf die umstrittene Elbvertiefung.


Friedrich Heinrich Alexander, Baron von Humboldt, plus connu sous le nom d'Alexander von Humboldt ou Alexandre de Humboldt, est un naturaliste, géographe et explorateur allemand, de mère française, né le 14 septembre 1769 à Berlin et mort le 6 mai 1859 au même lieu.

Il était membre associé de l’Académie des sciences (France) et président de la Société de géographie de Paris.

Par la qualité des relevés effectués lors de ses expéditions, il a fondé les bases des explorations scientifiques.



Alexander von Humboldt est né à Berlin en 1769 d'un père militaire prussien, le major von Humboldt et d'une mère française d'origine huguenote Marie Elisabeth Colomb. Il est le jeune frère du linguiste et ministre de Prusse Wilhelm von Humboldt.



Le père de Humboldt, proche de la famille royale et de la franc-maçonnerie, a voulu donner à ses fils la meilleure éducation dans l'esprit des Lumières. Il leur donne pour précepteurs Joachim Heinrich Campe, lequel suit les principes pédagogiques de Jean-Jacques Rousseau, puis (de)Gottlob Johann Christian Kunth, lequel enseigne aux enfants l'histoire, les mathématiques, le latin, le grec, le français, l'allemand.

À neuf ans, à la mort de son père, Alexander est élevé par sa mère, au château de Tegel, aux environs de Berlin. Elle continue d'attacher la plus haute importance à l'éducation des enfants en vue de leur permettre d'accéder à de hautes fonctions politiques.

Alexander montre un intérêt prononcé pour l'histoire naturelle. Alors que Wilhelm montre une robuste constitution, une aisance dans l'apprentissage et s'oriente dans la haute fonction publique, <à vérifier!--Alexander est frêle et apprend laborieusement. Il est orienté vers une formation en économie. Cependant, ses rapports avec le professeur von Feltion le perdirent.-->

À seize ans, Alexander est présenté par Kunth à Marcus Herz, médecin et membre de l'Académie des sciences de Berlin, l'un des principaux représentants des Lumières en Allemagne. Il est fortement impressionné par les cours et les discussions se déroulant chez lui.

En 1787, les deux frères vont étudier à l'université de Francfort-sur-Oder où ils passent un semestre. Alexandre étudie les sciences politiques et suit des cours d'archéologie, de médecine, de physique et de mathématiques. Il contracte une "amitié éternelle" avec le théologien Wilhelm Gabriel Wegener.

À dix-huit ans, il est initié à la botanique par son ami Carl Ludwig Willdenow.

En 1788, Alexandre revient étudier dans le château familial les techniques de la manufacture et le grec ancien.

En 1789, les deux frères s'inscrivent à l'université de Göttingen, qui est un centre de la pensée éclairée à cette époque. Alexandre étudie la physique avec Georg Christoph Lichtenberg, l'anatomie et la zoologie avec Johann Friedrich Blumenbach.

Après un voyage géologique, il rédige en 1790 sa première publication scientifique d'observations minéralogiques sur les basaltes du Rhin.

C'est à Göttingen qu'il rencontre le naturaliste Georg Forster dont il devient le disciple et avec lequel il voyage en Grande-Bretagne et en France pendant la période révolutionnaire. Alexandre est pour la première fois à Paris en 1790 et s'enthousiasme pour les idéaux de la Révolution française et pour les Droits de l'homme.

De retour en Allemagne, Humboldt doit poursuivre ses études de commerce. Il consacre ses loisirs à la géologie, la botanique, et l'étude du suédois. <à vérifier !--Sa soif de savoir le conduit au seuil de la démence.-->

En 1791, Humboldt entame une formation à l'académie des mines de Freiberg, puis une carrière dans les mines avoisinantes. Il termine ses études et est directement nommé assesseur au département des mines sans avoir à servir en tant que cadet.



En 1792, Humboldt rédige un important rapport sur la géologie et l'état des mines. Ce rapport le fait promouvoir inspecteur général des mines. Face à l'ignorance des mineurs qui ne savent pas distinguer un minerai d'une roche sans valeur, Humboldt ouvre clandestinement une école de formation des mineurs qu'il finance de ses propres deniers. Il refusera l'argent que le ministre von Heinitz lui enverra pour le défrayer de ses dépenses.

Humboldt fait des recherches pour augmenter la sécurité dans les mines.

En 1794, il obtient une promotion dans un bureau de Berlin, puis participe à des missions diplomatiques entre les états alliés allemands et l'armée révolutionnaire française.

En 1795, von Heinitz lui propose le poste convoité de directeur des mines de Silésie, dans le sud-est de la Prusse. Humboldt refuse et abandonne le service public.

Humboldt fait des expériences sur les animaux, sur l'effet de l'électricité, qu'il pense être contenue dans les nerfs, et mise en évidence par l'application de deux métaux différents. Il utilise même son propre corps pour ses expériences. En 1797, il publie ses Expériences sur le muscle et la fibre nerveuse excités, avec des conjectures sur le processus chimique de la vie dans le monde animal et végétal. Alessandro Volta montre en 1795 que ce sont les métaux qui créent l'électricité et invente la pile électrique en 1800. Humboldt gardera toute sa vie l'amertume de ne pas avoir fait la distinction entre les effets physiologiques et électriques, et de ne pas en avoir déduit les principes de la pile.

En 1796, la mort de sa mère le libère de ses dernières attaches familiales et des soucis d'argent grâce à cet héritage.

L'année suivante, en 1797, il démissionne des mines. Avec son ami von Buch, il va faire des observations scientifiques dans le Tyrol. C'est là qu'il mettra au point la méthode de relevés météorologiques qui sera utilisée dans le monde entier.

Une expédition en Égypte avec Lord Bristol, que Humboldt devait joindre, est annulée par l'invasion de Bonaparte.

Humboldt dit qu'il n'y a qu'un avantage à retirer de la situation présente, c'est l'élimination du système féodal et de tous les privilèges de la noblesse [...].

En 1798, Humboldt s'installe à Paris, qui est à cette époque la capitale intellectuelle de la planète. Il loge à l'Hotel Boston, rue Jacob, près de Saint-Germain-des-Prés. Il fait la connaissance d'Aimé Bonpland, chirurgien de marine et naturaliste amateur.



L'amiral Louis Antoine de Bougainville, célèbre navigateur et explorateur, et héros de son enfance, lui propose de participer à une expédition en Amérique du Sud, au Mexique, en Californie, à travers le Pacifique, puis au pôle Sud. Bougainville sera remplacé par Baudin. Une guerre avec l'Autriche entraine le Directoire à annuler l'expédition.

Le botaniste Aimé Bonpland devait, comme Humboldt, participer à l'expédition de Baudin. Ils deviennent amis et décident de rejoindre l'expédition savante qui suit les troupes napoléoniennes en Égypte. Le bateau qu'ils devaient prendre ne parvient jamais à Marseille, où ils sont venus l'attendre. Ils décident alors d'aller à pied en Espagne pour prendre un bateau pour Smyrne. Pendant les six semaines de trajet, Humboldt fait de méticuleux relevés géographiques.

Humboldt est présenté au roi et à la reine d'Espagne. Il obtient des passeports avec le sceau royal qui garantit aux voyageurs l'assistance des autorités qu'ils rencontrent. Bonpland devient officiellement compagnon et secrétaire de Humboldt. Humboldt et Bonpland sont les premiers à effectuer une exploration scientifique digne de ce nom. L'ambition majeure de Humboldt pendant son voyage aux Amériques est de découvrir l'interaction des forces de la nature et les influences qu'exerce l'environnement géographique sur la vie végétale et animale.

Le 5 juin 1799, ils embarquent, à La Corogne, à bord de la corvette « Le Pizarro » à destination du Venezuela, et après une escale aux Canaries, ils arrivent le 16 juillet à Cumaná au Venezuela, à l'est de Caracas. Pendant la navigation, Humboldt fait des mesures astronomiques, météorologiques, de magnétisme, de température et de composition chimique de la mer.

En Amérique, il a un profond dégoût pour la façon dont se vendent et s'évaluent les esclaves, même si c'est dans les possessions espagnoles qu'ils sont le moins maltraités. Chateaubriand dira de lui dans son édition de 1827 de Voyages en Amérique : ”En Amérique, l'illustre Humboldt a tout peint et tout dit“.



Humboldt et Bonpland explorent la forêt tropicale pour tenter de confirmer la présence, considérée comme impossible, d'un canal naturel entre l'Orénoque et l'Amazone, le Canal de Casiquiare, et de localiser le lieu exact de la source de l'Orénoque. Ils récoltent de nombreux spécimens d'animaux et de plantes inconnus, et Humboldt relève méticuleusement la température du fleuve, du sol et de l'air, et la pression atmosphérique, l'inclinaison magnétique, la longitude et la latitude.

À Calabozo, Humboldt fait capturer des anguilles électriques (Electrophorus electricus) pour poursuivre son étude sur l'électricité dans le monde animal.

À San Fernando, ils prennent des pirogues avec un pilote, et des indiens pour pagayer. Certains passages doivent se passer en faisant porter la pirogue à travers la forêt. Les piqûres de moustiques, dont toutes les espèces se relaient pour se nourrir tout au long de la journée, les font cruellement souffrir.

Ils quittent l'Orénoque aux eaux fangeuses pour l'Atabapo, un affluent aux eaux claires et limpides, puis passent par d'étroits canaux à travers la forêt. Ils font porter leur pirogue sur onze kilomètres jusqu'à un affluent de l'Amazone. Vingt-trois Indiens pendant trois jours sont nécessaires. Il leur a fallu trente-six jours tassés dans leur pirogue et assaillis par les parasites de tout type pour atteindre l'Amazone.

Humboldt décide de remonter un affluent de l'Amazone vers le canal de Casiquiare dont il relève rigoureusement la position. Humboldt et Bonpland ne sont pas les premiers Européens à emprunter cette voie, mais la rigueur de leurs relevés et des descriptions qu'ils font, fait qu'il n'y a plus de doutes à l'existence d'un passage navigable entre l'Amazone et l'Orénoque. Le parcours du Cassiquaire dure vingt jours, durant lesquels les insectes sont omniprésents.



Le 24 novembre 1800, Humboldt et Bonpland embarquent pour Cuba. Durant la première partie de cette expédition, qui a duré un an, ils ont récolté de nombreux animaux, et 20 000 spécimens botaniques. Le tiers de leur récolte est détruit par l'humidité et les insectes, mais le bilan reste néanmoins considérable. Ils envoient leurs collections morcelées pour être certains que quelques parties arriveront. Une série sera envoyée par le fond, une autre capturée par les Britanniques (puis restituée à Humboldt par un acquéreur, des années plus tard).

Le 6 janvier 1802, ils arrivent à Quito, où ils font la connaissance du jeune créole Carlos Montufar, qui les suivra au cours de nombreux périples à venir.



Humboldt apprend que Baudin a quitté la France et doit arriver à Lima, au Pérou. Pour éviter l'absence d'alizés, Humboldt et Bonpland décident de passer par voie de terre le long des Andes. Ils passent douze mois en altitude à travers les volcans. Ils ont les pieds en sang, mais refusent toujours de faire comme l'aristocratie locale : se laisser porter par des Indiens dans des chaises fixées sur leur dos.

Humboldt s'assure une renommée mondiale en gravissant le Chimborazo, sommet considéré à l'époque comme le plus élevé du monde. Le Chimborazo est le sommet le plus éloigné du centre de la terre, même si son élévation au dessus du niveau de la mer est sensiblement moins élevé que celui de l'Himalaya, par exemple. Cela tient à l'aplatissement de la Terre qui fait qu'elle n'est pas parfaitement sphérique et au fait que le Chimborazo est très près de l'équateur[1]. L'ascension du Chimborazo débute le 23 juin 1802. Ils ne purent arriver au sommet, arrêtés qu'ils furent, à quelques centaines de mètres, à la fois par une profonde crevasse et par le manque d'oxygène. Ils s'élevèrent néanmoins à la plus haute altitude qu'on eût jamais atteinte alors : ils atteignent 5 878 m, le Chimborazo culminant à 6 310 m.

Humboldt effectue des observations dans le domaine de la sismologie et de la phytogéographie, il publiera une carte de végétation[2] du volcan à son retour. Il déduit des alignements de volcans que les chaînes de montagnes se sont formées le long de failles géologiques. Ancien disciple des neptuniens, théorie qui dit que les roches se sont formées à partir de sédiments liquides, il change radicalement d'avis et se convertit au plutonisme.

Apprenant que Baudin ne fera pas escale à Lima, Humboldt, Bonpland et Montufar se dirigent vers le Pérou. Ils font un bref passage près des sources de l'Amazone puis rejoignent les Andes. L'expédition regagne Lima le 22 octobre 1802.

Humboldt prélève du guano pour en faire faire l'analyse en Europe. C'est lui qui fera connaître à l'Europe et l'Amérique du Nord ses propriétés fertilisantes.

Humboldt et ses compagnons quittent l'Amérique du Sud et passent l'année 1803 à parcourir le Mexique : le 23 mars, ils débarquent à Acapulco, après une traversée des plus tourmentées; en avril, ils sont à Mexico. Humboldt écrira son Essai politique sur le royaume de la Nouvelle Espagne, le premier essai de géographie régionale, dans lequel il ne fait qu'un récit sommaire de ses voyages.

Il embarque ensuite pour la Havane pour y récupérer ses collections déposées il y a plus de trois ans.



Estimant de son devoir de saluer Thomas Jefferson, président des États-Unis, il prolonge son voyage et va vers Philadelphie, autrefois capitale du pays. Humboldt est accueilli par la Société américaine de philosophie, construite sur le modèle de la Royal Society de Londres. Humboldt passe la plus grande partie de son temps avec les membres de la Société. Bonpland et Montufar ne parlant pas anglais, leur rôle se limite de plus en plus à celui de figurants. Humboldt rencontre Jefferson avec lequel ils ne parlent que d'histoires naturelles, des coutumes différentes selon les pays, et du moyen d'élever le niveau de vie. Les deux hommes s'entendent si bien que Jefferson invite Humboldt à loger chez lui.



L'expédition de Humboldt et Bonpland, d'une durée de cinq ans, a coûté à Humboldt le tiers de son capital. C'est l'une des plus remarquables expéditions scientifiques, avec une moisson de données d'une valeur scientifique encore plus importante que les spécimens qu'ils ont pu rapporter.



Il arrive au large de Bordeaux le 1er août 1804. Il vit à Paris entre 1804 et 1827.

Il offre son herbier au muséum d'histoire naturelle de Paris.

Il publie en français la relation de son voyage. Après avoir donné connaissance à l'Institut de France, Humboldt est reconnu par les plus grands scientifiques de son temps. Il est élu correspondant pour la section de physique générale de la 1ère Classe de l'Institut national des sciences et des arts le 16 pluviôse an XII (6 février 1804), Associé étranger de l'Académie des sciences le 14 mai 1810[3].

Paris est la capitale de la science et, malgré la demande de son frère de rentrer en Prusse et les rentes qu'il pourrait y recevoir sans efforts, Humboldt décide d'y rester pour trier ses collections et préparer un ouvrage monumental à partir de son expérience.

Humboldt assiste à des réunions avec les plus grands savants de son époque : Berthollet, Laplace, Gay-Lussac. Avec ce dernier, il entreprend un voyage en Italie pendant lequel il rencontre le révolutionnaire vénézuélien Simón Bolívar.

En 1805, Humboldt est à Berlin, où il est nommé Chambellan du roi. Il travaille avec une équipe à regrouper, ordonner et mettre au propre les données qu'il a recueillies. Il fait des mesures de magnétisme jour et nuit et remarque que l'aiguille varie selon l'heure.

Humboldt publie son Aspect de la nature, ouvrage de vulgarisation qui est son livre le plus populaire.

En janvier 1808, Humboldt est envoyé par le roi de Prusse avec le prince Guillaume en ambassade à Paris pour faire diminuer le montant des indemnités de guerre. Humboldt reste à Paris et peut se consacrer à ses travaux. Depuis que la France a envahi la Prusse, Humboldt ne reçoit plus de revenus de ses domaines. Il vit à Paris dans une chambre meublée qu'il partage avec Gay-Lussac. Il ne dort jamais plus de trois à quatre heures par jour.

Depuis 1807, il est étroitement surveillé par la police française parce qu'il est allemand et que sa correspondance privée reflète les opinions politiques des salons parisiens. Il écrit de 1 000 à 2 000 lettres par an. Humboldt passe 25 années à Paris durant lesquelles il publie son Voyage interminable sur l'Amérique du Sud.

En 1809, il rencontre François Arago, de quinze ans son cadet, avec lequel il sympathisera et qui restera un proche jusqu'à la fin de sa vie. Ils font des expériences ensemble à l'Observatoire.

Il fonde avec d'autres savants la Société de géographie en 1821.

En 1826, Humboldt reçoit une lettre du roi de Prusse l'enjoignant de quitter Paris. Il ne peut désormais y passer que quatre mois de vacances par an. Humboldt exerce ses fonctions de chambellan à Berlin, où le pouvoir est très conservateur et répressif. Humboldt est beaucoup haï pour ses idées libérales.

En 1828, Humboldt obtient beaucoup de succès en donnant des cours à l'université, puis des conférences devant un public plus large. La communauté scientifique ne fait pas à Berlin, comme à Paris, des réunions savantes pour confronter les idées. Humboldt organise une réunion de l'Association Scientifique à Berlin, à laquelle participent six cents savants parmi les plus renommés.



En 1827, le ministre des finances russe demande à Humboldt son avis sur l'émission de pièces frappées en platine. Le cours du platine étant instable, Humboldt émet un avis défavorable et suggère d'aller étudier les mines de l'Oural. En mars 1829, Humboldt se rend en Russie aux frais de l'empereur, avec Gustave Rose, professeur de chimie et de minéralogie, C. G. Ehrenberg, zoologiste, et un domestique. En Russie, il est accueilli comme une importante personnalité officielle. Il partage ses repas avec la famille du tsar. Au départ de Moscou, l'expédition s'est agrandie de responsables de l'industrie minière, et de bureaucrates des autorités locales.

Humboldt passe un mois à étudier les mines de l'Oural. Grâce à la présence de filons de platine et de sables aurifères, il prédit la présence de diamants dans l'Oural. Humboldt et Rose scrutent au microscope chaque gisement d'or qu'ils rencontrent. C'est le comte Polier, propriétaire de tels gisements, et à qui Humboldt a fait part de sa théorie, qui trouvera le premier diamant de l'Oural.

L'expédition traverse la Sibérie jusqu'à l'Altaï. Comme à son habitude, Humboldt fait des mesures barométriques. Humboldt et ses compagnons reviennent après six mois d'expédition, et après avoir parcouru près de dix-neuf mille kilomètres. Humboldt y a étudié et simulé la mise en place d'un réseau de stations magnétiques et météorologiques, faisant des observations régulières et fonctionnant avec des appareils identiques. Il laisse le soin à Rose et Ehrenberg de publier les résultats de l'expédition. Ce n'est qu'en 1843 que paraîtra son Asie Centrale en trois volumes.



Humboldt continue de séjourner régulièrement à Paris. En 1845, il devient pour un an le président de la Société de géographie, dont il reste membre jusqu'à sa mort.

En 1852, Humboldt reçoit la médaille Copley de la Royal Society de Londres. À l'accession de Frédéric-Guillaume IV au trône de Prusse, Humboldt utilise sa fonction de chambellan et conseiller privé du roi pour l'émancipation des juifs et l'abolition du servage en Prusse. Le roi l'utilise comme encyclopédie ambulante. La popularité de Humboldt reste grande malgré les inimitiés qu'il se fait parmi les milieux réactionnaires proches du roi. En 1857, la folie qui atteint le roi permet à Humboldt d'avoir plus de temps pour ses travaux.

Humboldt meurt de mort naturelle le 6 mai 1859 et bénéficie de funérailles nationales.





Les écrits sud-américains de Humboldt comprennent 30 volumes publiés sur 30 années. Ils sont composés de livres scientifiques, d'atlas, de traités de géographie et d'économie sur Cuba et le Mexique, un récit de ses voyages et un Examen critique de l'histoire de la géographie du Nouveau Continent. Humboldt a rédigé ses écrits scientifiques en collaboration avec d'autres savants. Il dédie le volume consacré à la géologie à son ami Goethe.

Durant les dernières années de sa vie, Humboldt rédige le Cosmos, résultat des cinq années de travail sur les sujets présentés lors de ses conférences. Il y décrit en cinq volumes toutes les connaissances de l'époque sur les phénomènes terrestres et célestes. Le but de cet ouvrage est de communiquer l'excitation intellectuelle et la nécessité pratique de la recherche scientifique.



Sa démarche scientifique est caractérisée par :

  • la mesure précise des phénomènes au moyen d'instruments nombreux et sophistiqués;
  • l'inventaire et la classification des espèces animales et végétales (description de 6000 espèces de plantes);
  • la synthèse entre les différentes variables et les domaines qui sont mis en rapport les uns avec les autres;
  • l'observation des sociétés humaines du point de vue de l'histoire, de l'anthropologie et de la linguistique;
  • la démarche d'autoréflexion permanente sur la pratique scientifique;
  • l'engagement en tant qu'intellectuel contre l'impérialisme et l'esclavagisme à partir de ses découvertes [4].
Le savoir de Humboldt combine celui d'un honnête homme des Lumières qui embrasse tous les domaines et celui d'un scientifique du XIXe siècle qui travaille dans des domaines spécialisés.



Humboldt est considéré comme le père de la géographie moderne. Il a dégagé et appliqué les deux principes qui font de la géographie une science distincte des sciences physiques et biologiques  :

  • Principe de causalité: montrer les interactions des phénomènes humains avec les phénomènes géologiques, météorologiques, biologiques ou physiques.
  • Principe de géographie générale: mettre en relation le fait local avec les faits observés dans d'autres régions afin d'établir une loi générale valable en toutes circonstances.[5]


Humboldt a forgé en particulier de nouvelles expressions comme isodynamiques, isothermes, isoclines, jurassique, orage magnétique.

Il a jeté les bases de la géographie physique et de la géophysique, notamment de la sismologie.

Humboldt est à l'origine de nombreuses découvertes botaniques, dont le brugmansia.

Il attire l'attention des Européens sur la richesse minérale de l'Amérique du Sud.

Le courant de Humboldt a été nommé en son honneur.



La relation historique du Voyage aux régions équinoxiales de Humboldt a inspiré de jeunes naturalistes comme

L'actuelle Fondation Alexander von Humboldt a été créée en Allemagne, à la mort du savant, pour la promotion de jeunes chercheurs dans le domaine des sciences.



Alexander von Humboldt a intéressé certains théoriciens de la sexualité.

Havelock Ellis rapporte que le criminologue Paul Näcke (1851-1913) a enquêté sur le cas de Humboldt et en a tiré les "meilleurs fondements pour regarder Humboldt comme un inverti.[6]"

Le sexologue allemand Magnus Hirschfeld a fait grand cas des témoignages collectés au début des années 1910, chez des personnes encore vivantes, ayant connu Humboldt en tant qu'acteur de la subculture homosexuelle ; l'un de ces témoignages provient du scientifique Carl Bolle (1821-1909) qui se considérait lui-même comme homosexuel[7].

Humboldt a réduit en cendre l'ensemble de sa correspondance privée encore en sa possession, ce qui fait qu'avant de disposer de nouveaux documents, l'on ne peut avoir de détails quant à sa vie privée. Les historiens qui en tirent la conclusion que cette dernière était inexistante font abstraction de cette perte de documents.

Tout ce que l'on sait, outre les témoignages évoqués ci-dessus, est que Humboldt est resté célibataire, qu'il préférait, en règle générale, la compagnie des hommes à celle des femmes et qu'il a légué ses biens, non à des membres de sa famille, mais à son fidèle serviteur.

On attribue néanmoins à Humboldt des relations amoureuses avec l'officier Reinhard von Haeften, le peintre Carl von Steuben, le chimiste Louis Joseph Gay-Lussac, avec qui il a vécu quatre années durant à Paris, et avec François Arago[8].

Humboldt était l'ami du botaniste Aimé Bonpland, qui l'a accompagné lors de son expédition en Amérique latine. Dans la correspondance de Humboldt et Bonpland, telle que publiée en 2004, l'amitié ne se distingue pas de la science, mais il n'est pas question de sexualité. Humboldt écrit en 1806 : "Vous savez, cher Bonpland, que je n'aime personne au monde aussi fraternellement que vous et Gay"[9].



  • "Les croyances populaires, même les plus absurdes en apparence reposent sur des faits réels, mais mal observés."
  • "La fève de cacao est un phénomène que la nature n'a jamais répété ; on n'a jamais trouvé autant de qualités réunies dans un aussi petit fruit."[10]
  • "La description exacte et précise des phénomènes n'exige pas un exposé aride et incolore"[11]




  • Alexander von Humboldt et Aimé Bonpland, Le Voyage aux régions equinoxiales du Nouveau Continent, fait en 1799-1804, 30 vol., Paris, 1807-1834, dont:
    • (I) Relation historique (1814-1825) comprenant l'Essai politique sur l'île de Cuba.
    • (II) Vue des Cordillères et monuments des peuples indigènes de l'Amérique (2 vols. folio, 1810)
    • (III) Atlas géographique et physique des régions équinoxiales du Nouveau Continent (1814-1834)
    • (V) Recueil d'observations de zoologie et d'anatomie comparée... (1805-1833)
    • (VI) Essai politique sur le royaume de la Nouvelle Espagne (1811, réédition Editions Utz, 1997)
    • (VII) Recueil d'observations astronomiques, d'opérations trigonométriques et de mesures barométriques, faites pendant le cours d'un voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent, depuis 1799 jusqu'en 1803, 2 vol. (1811, 1833)
    • (IX) Essai sur la géographie des plantes (1807)
    • (X) Plantes équinoxiales, 2 vol. (1808-1809)
    • (XII) Nova genera et species plantarum, 7 vol. (1815-1825)
    • (XIV), Révision des graminées (1829)
  • Alexandre de Humboldt et Louis Joseph Gay-Lussac, Expérience sur les moyens oediométriques et sur la proportion des principes constituant l'atmosphère, Journal de physique, LX, 21 janvier 1805.
  • Observation sur l'intensité et l'inclinaison des forces magnétique, Communication à l'Institut, 1806.
  • Alexander von Humboldt, Tableaux de la nature ou Considérations sur les déserts, sur la physionomie des végétaux et sur les caractères, 2 vol., Paris, 1808.
  • Alexander von Humboldt, Aimé Bonpland et Karl Sigismund Kunth, Nova genera et species plantarum, 7 vol., folio, Paris, Gide Fils, 1815-1825. (Comprend les descriptions de plus de 4500 espèces de plantes.)
  • Fragments de géologie et de climatologie asiatiques (2 vol., 1831)
  • Asie centrale: Recherhces sur les chaînes des montagnes et la climatologie comparéee (3 vol., 1843)
  • Cosmos. Essai d'une description physique du Monde, 3 vol., Paris, 1847-1864, rééd. Editions Utz, 2000.


(par ordre chronologique de publication en français)



  • (de) Karl Bruhns, Alexander von Humboldt, eine wissenschaftliche Biographie, 3 vol., Leipzig, 1872.


  • Jean Théodoridès (1965). Une amitié de savants au siècle dernier : Alexander von Humboldt et Achille Valenciennes. Biologie médicale, Hors série, février 1965 : cxxix p.
  • Charles Minguet, Alexandre de Humboldt, Voyages dans l'Amérique équinoxiale, 2 vol., Paris: Maspero, 1980.
  • Pierre Gascar, Humboldt l'explorateur, Paris: Gallimard, 1985.
  • Douglas Botting, Humboldt, un savant démocrate, Paris: Belin, 1988.
  • Jean-Paul Duvilos et Charles Minguet, Humboldt: savant-citoyen du monde, Paris: Gallimard, coll. "Découvertes Gallimard", 1994.
  • Thomas Gomez et Centre de recherches ibériques et ibéro-américaines, Humboldt et le monde hispanique: Actes du colloque international, 17-18 novembre 2000, Université Paris-X-Nanterre, 2002.
  • Christian Helmreich (2003), L'anthropologie dans l'oeuvre américaine d'Alexandre de Humboldt, Revue Germanique Internationale, 21, p. 121-132.
  • Daniel Kehlmann, Les Arpenteurs du monde, Actes Sud 2006 (titre original : Die Vermessung der Welt, 2005)
  • Mireille Gaillet (CNRS), Alexandre de Humboldt: le dernier savant universel, Paris: Vuibert, 2006.
  • Jean Clair (Académie française), De Humboldt à Hubble: Le cosmos et l'art moderne, Paris: L'Echoppe, 2008.




  • Fondation Alexander von Humboldt
  • Académie des sciences (France)
  • Société de géographie
  • Aimé Bonpland
  • Louis-Joseph Gay-Lussac




  1. Voir page 226 in Humboldt's Cosmos: Alexander Von Humboldt and the Latin American Journey that Changed the Way We See the World, Gerard Helferich, Gotham, 2004
  2. Visualiser la carte
  3. Les Membres de l'Académie des sciences depuis sa création sur le Site de l'Académie des sciences[1]
  4. Sébastien Velut (École normale supérieure), Humboldt : le retour d’un père de la géographie, 2002, compte-rendu de débat sur le site des Cafés Géographiques
  5. Emmanuel de Martonne, Traité de géographie physique, Paris, 1925, pp. 124-125. Cité sur le site de la Société de géographie
  6. Havelock Ellis, [Sexual Inversion, Studies in the Psychology of Sex, Volume 2, 1927 http://www.gutenberg.org/ebooks/13611#2_Page_39].
  7. Magnus Hirschfeld, Die Homosexualität des Mannes und des Weibes, Berlin, 1914, p. 665
  8. (de)Bernd-Ulrich Hergemöller, „Alexander von Humboldt“ in Mann für Mann. Ein Biographisches Lexikon, Frankfurt/M. 2001
  9. Aimé Bonpland et Alexander von Humboldt, Correspondance 1805-1858, Paris : L’Harmattan, 2004, Lettre du 30 décembre 1806
  10. [2]
  11. Cité par Christian Helmreich dans [Humboldt : le retour d’un père de la géographie http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=48]





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