Biographie de Alphonse de Lamartine

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Lamartine, par Decaisne (musée de Mâcon)

Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine a été un poète, écrivain, historien, et homme politique français né à Mâcon le 21 octobre 1790 et mort à Paris le 28 février 1869.

Biographie

Sa première éducation se fit au château paternel de Milly, sous la surveillance d’Alix de Lamartine, une mère végétarienne [1]qui « ne lui demandait que d’être vrai et bon ». Après avoir achevé ses études au collège de Belley, dirigé par des jésuites, il voyagea, particulièrement en Italie (1811), jusqu’à la chute de l’Empire, entra, en 1814, dans les gardes du corps de Napoléon Ier.

Atteint de troubles hépatiques, il passe le mois d'octobre 1816 à Aix-les-Bains, où il rencontre Julie Charles, malade de la poitrine. Les deux jeunes gens se plaisent à flâner ensemble au bord du lac du Bourget. L'été suivant, Julie, trop souffrante, ne peut rejoindre le poète, qui, désespéré, écrivit plusieurs poèmes, dont Le Lac, qui contribue à le faire connaître. Le décès de Julie lui inspire également en 1826 Le Retour, une épître en vers à la gloire de Xavier de Maistre.

Alphonse de Lamartine

S'ennuyant, il s'adonna à l'écriture et quitta son service lors de la Seconde Restauration, puis, après quelques années d’une vie un peu décousue et éparse, il fit paraître en 1820, ses Méditations poétiques, qui, du jour au lendemain, le consacrèrent grand poète. Son succès dépassa toutes ses espérances et il s’en vendit environ 45 000 exemplaires en quatre ans. Le 5 juin 1820, Lamartine épouse Mary-Anne-Elisa Birch, une jeune anglaise protestante, à Chambéry. Trois ans après, il fait paraître : les Nouvelles Méditations poétiques, puis La Mort de Socrate, le Dernier Chant du pèlerinage de Child Harold. En 1825, il reçut la croix de la Légion d'honneur. En 1829, parurent les Harmonies poétiques et religieuses. Lamartine fut élu, le 5 novembre de la même année, à l'Académie française, au fauteuil n°7, succédant à Pierre Daru.

Après un voyage fastueux en Orient, la mort de sa fille va modifier sa foi. Il s'engage dans le combat politique, envoyé à la chambre des députés par les électeurs de la ville de Dunkerque, il se fit nommer député en 1833 de Bergues, et joua dans la Chambre le rôle d’un orateur poète que la générosité de son cœur et l’élévation de la pensée mettent au dessus des partis. Il y présente de nombreuses interventions comme l'abolition de la peine de mort ou des projets relatifs à l'assistance. Le 2 mai 1834, il prononce un discours célèbre pour la colonisation de l'Algérie, conquise quatre ans plus tôt.

Il publia successivement : Voyage en Orient (1835), Jocelyn (1836), la Chute d’un ange (1838), Recueillements poétiques (1839). Se tournant ensuite du côté de l’histoire, il composa ses Girondins (1846).

Un peu plus tard, il se mit à la tête du mouvement révolutionnaire. Devenu influent et affichant son opposition au régime de Louis Philippe, il est l'un des acteurs des journées de la Révolution de 1848 et devient ministre des Affaires étrangères du Gouvernement Provisoire. Jacques Charles Dupont de l'Eure, chef du Gouvernement de février à mai, lui délègue du fait de son grand âge l'essentiel de ses prérogatives. Il devient membre de la Commission exécutive, qui assume collectivement les fonctions de chef de l'État. Il fut aussi l'un des protagonistes de l'abolition de l'esclavage. Le discours qu’il prononça, le 25 février 1848, contre le drapeau rouge, est resté célèbre. Impuissant, le 15 mai, à prévenir l’invasion de l’Assemblée nationale, les journées de Juin lui portèrent le coup de grâce. Il fut nommé à l’Assemblée nationale que dans une élection partielle.

Le coup d’État de décembre et l'avènement du Second Empire mettent fin à sa carrière politique. Endetté, il ne peut choisir l'exil. Persuadé du danger impérial, il se réfugie dans l'écriture, publiant des ouvrages historiques, des romans sociaux, des ouvrages autobiographiques ainsi que des recueils poétiques. Ses principaux ouvrages après 1848 sont : les Confidences (1849), Geneviève (1851), le Tailleur de pierre de Saint-Point (1851), Graziella (1852), Cours familiers de littérature (1856).

Ruiné, il finit par accepter du gouvernement impérial une dotation d’un demi million (1867). Il mourut deux ans après, dans un chalet de Passy, que la ville de Paris avait mis à sa disposition. En 1869, sa famille refusa les funérailles nationales auxquelles il avait droit.

Son tombeau (restauré en 1988) est situé sur la place de l'église de Saint-Point (Saône-et-Loire). Il est adossé au mur d'enceinte du château de Saint-Point, bâtisse des XIIe et XVe siècle, que le chevalier de Pratz, père d'Alphonse, acquit à l'état d'abandon en 1801, et qu'il mit dans la corbeille de mariage de son fils en 1820. À partir de mai 1823, le château de Saint-Point devint la demeure familiale du poète, durant toute sa vie. En 1829, il fit ériger au fond du parc, près de la petite église romane, un caveau où reposent ses deux enfants, sa mère, sa belle-mère, sa femme et lui-même. La dernière personne inhumée fut Valentine de Cessiat de Lamartine.

L'œuvre

Poésie

Le petit recueil des Méditations poétiques avait révélé à la France une poésie nouvelle, « vraiment sortie du cœur », en contraste avec le lyrisme factice des poètes Jean-Baptiste Rousseau ou Pierre-Antoine Lebrun. Même inspiration dans le recueil suivant, sauf que l’on y sent parfois le virtuose. Quant aux Harmonies, la forme en est, peut-être parfois moins pure, l’abondance n’y est pas toujours exempte de virtuosité ; mais la veine du poète a plus de richesse, plus d’ampleur et de magnificence. Jocelyn, sorte de roman en vers, devait faire partie d’une vaste épopée dont la Chute d’un ange est un autre épisode. Si l’on y regrette quelque mollesse de facture, nombre de pages valent ce que le poète avait écrit de plus beau. Il y montrait une aptitude particulière pour la poésie symbolique et philosophique. Quant aux Recueillements poétiques, malgré de très beaux morceaux, les défauts y prévalent, presque partout, sur les qualités. Le génie abondant et facile du poète ne savait pas s’astreindre au pénible travail du droit.

[réf. nécessaire]

Théophile Gautier a dit que Lamartine était la poésie même[2].

Œuvres

En histoire :

  • Histoire de la Restauration en huit volumes (1851),
  • Histoire des Constituants (1853),
  • Histoire de la Turquie (1853-1854),
  • Histoire de la Russie (1855).

Autres :

  • Saül (1818)
  • Méditations poétiques (1820)
  • La Mort de Socrate (1823)
  • Nouvelles Méditations poétiques (1823)
  • Le dernier chant du pèlerinage d'Harold (1825)
  • Le Retour (1826), épître à la gloire de Xavier de Maistre
  • Harmonies poétiques et religieuses (1830)
  • Sur la politique rationnelle (1831)
  • Vers écrits sur un album (1832)
  • Voyage en Orient (1835)
  • Jocelyn (1836)
  • La chute d'un ange (1838)
  • Recueillements poétiques (1839)
  • Histoire des Girondins (1847)
  • Raphaël (1849)
  • Confidences (1849)
  • Toussaint Louverture (1850)
  • Geneviève, histoire d'une servante (1851)
  • Graziella (1852)
  • Les visions (1853)
  • La vie de Mahommet(1854)
  • Cours familier de littérature (1856)
  • La Vigne et la Maison (1857)
  • L'Histoire de la révolution de 1848 (1849)
  • Le tailleur de pierre de Saint-Point (1851)

Source

  • Nouveau Larousse illustré, 1898-1907 (publication dans le domaine public)
  1. ? "Confidences" Livre IV: "Ma mère était convaincue, et j'ai comme elle cette opinion, que tuer les animaux pour se nourrir de leur chair et de leur sang est une des infirmités de la condition humaine"
  2. ? « [Lamartine] n'était pas seulement un poëte, c'était la poésie même. », Théophile Gautier, « Lamartine », 8 mars 1869, in Portraits contemporains, 1881.

Correspondance

  • Correspondance d'Alphonse de Lamartine : deuxième série, 1807-1829. Tome III, 1820-1823 (textes réunis, classés et annotés par Christian Croisille ; avec la collaboration de Marie-Renée Morin pour la correspondance Virieu). – Paris : H. Champion, coll. « Textes de littérature moderne et contemporaine » n° 85, 2005. – 521 p., 23 cm. – ISBN 2-7453-1288-X.
  • Lamartine, lettres des années sombres (1853 - 1867), présentation et notes d'Henri Guillemin, Librairie de l'Université, Fribourg, 1942, 224 pages.
  • Lamartine, lettres inédites (1821 - 1851), présentation d'Henri Guillemin, Aux Portes de France, Porrentruy, 1944, 118 pages.
  • Correspondance du 25 décembre 1867 :
  "Monsieur de LAMARTINE n'interromps pas le travail qu' il a poursuivi jusqu' ici .Dans son cours familier de littérature,aussi longtemps qu'il lui restera des forces,il ne cessera pas de reconnaitre et de mériter par son labeur la fidélité du public d' amis qui l' entoure depuis près de quinze ans.
   Tout a été préparé de loin pour que cette communication si intime établie entre ses lecteurs et lui ne soit pas interrompue,un certain nombre d' entretiens écrits d' avance lui permettent d' affirmer que la publication du cours de littérature ne sera pas suspendue.
   Mr de LAMARTINE espère en ses abonnés et compte sur eux ;il leur fait avec pleine confiance un nouvel appel.Ses amis qui l'ont suivi jusqu'à cette heure ne voudront pas l' abandonner au moment ou plus que jamais il a besoin de leur concours.
   En se réabonnant pour une année au cours de littérature, ils donneront à Mr de LAMARTINE avec le salaire de son travail un nouveau témoignage de sympathie.Le témoignage,il sait qu'il peut l'attendre d'eux.
   Mr de LAMARTINE prie ses abonnés de vouloir bien signer et lui renvoyer le mandat ci-joint:9 rue Cambacérès Paris.
   Paris,  25 décembre  1867    


Bibliographie

  • Lamartine orateur par Louis Barthou (en ligne sur le site de la BNF)
  • Richard Alix, l'Univers aquatique de Lamartine. Charnay-lès-Mâcon : Richard Alix, 1991. 94 p., 21 cm. [pas d'ISBN].
  • Richard Alix, Lamartine, un sportsman français. Charnay-lès-Mâcon : Éditions du Musée de la natation, 2004. 158 p., 24 cm. [pas d'ISBN].
  • Henri Guillemin, Lamartine, l'homme et l'œuvre, Boivin et Cie, Collection Le Livre de l'Étudiant, Paris, 1940, 166 pages. (réédité en 1987 sous le titre abrégé Lamartine')
  • Henri Guillemin, Connaissance de Lamartine, Librairie de l'Université, Fribourg, 1942, 312 pages.
  • Henri Guillemin, Lamartine et la question sociale, La Palatine, Genève, 1946, 218 pages.
  • Henri Guillemin, Lamartine en 1848, PUF, Paris, 1948, 90 pages.
  • Henri Guillemin, Lamartine. Documents iconographiques, Editions Pierre Cailler, Genève, 1958, 230 pages.
  • Édouard Rod, Lamartine, Lecène, Oudin et Cie, Paris, 1883.
  • Gérard Unger, Lamartine. Poète et homme d'État, Flammarion, 1999, 538 pages.
  • Pierre Michel, Lamartine, reconnaissance et mémoire, Presses Universitaires de Lyon, 2006, 100 pages.
  • Maurice Toesca, Lamartine ou l'amour de la vie, Albin Michel, Paris, 1969, 586 p.

Lien interne

  • Château de Monceau
  • Château de Saint-Point

Liens externes

Podcast de l'article


Précédé par
Pierre Daru
Fauteuil 7 de l’Académie française 1829-1870 Suivi par
Émile Ollivier

Informations générales

Biographie relatives