Amélie Nothomb, (née le 13 août 1967 à Kōbe au Japon), est une écrivain belge de langue française.
Depuis 1992, elle publie chez Albin Michel un livre par an soit dix-sept romans à ce jour. Son premier roman aurait dû être publié chez Gallimard, maison avec laquelle elle avait entamé une collaboration, mais Philippe Sollers, alors directeur de collection, refusa Hygiène de l'assassin. Amélie Nothomb se tourna alors vers Albin Michel, qui publie toujours ses romans.[2] Avec une régularité notoire : « Tous les ans, à la rentrée, il y a deux évènements majeurs: les vendanges et la sortie du Nothomb. Cette année, le raisin est en avance, mais l'Amélie est à l'heure »[3]. Ses écrits sont traduits dans trente-sept langues à travers le monde[4].
Amélie Nothomb suscite la polémique. En effet, elle compte de très nombreux fans, mais aussi de violents détracteurs: « C'est que mademoiselle Nothomb n'a pas que des admirateurs, mais aussi quelques détracteurs qui lui reprochent ceci et cela, et notamment sa célébrité. (...) Elle est devenue, par les hasards des interviews, un mythe ». Mais l'auteur se défend : « Je suis ce que je peux être. Je ne maîtrise pas ce que je suis et encore moins les regards que les autres posent sur moi »[5]. Certains tentent de la tourner en dérision, en partie à cause de son goût pour certains fruits pourris, largement médiatisé[6], de ses chapeaux et de ses déclarations parfois farfelues, mais aussi à cause de son origine sociale, de son style d'écriture, de ses thèmes de prédilection.
Amélie Nothomb raconte une partie de son enfance dans ses romans Métaphysique des tubes, Le Sabotage amoureux et Biographie de la faim. Fille du diplomate Patrick Nothomb, cette enfance est rythmée par d'incessants déménagements au gré des affectations paternelles. Née au Japon, elle y passe les cinq premières années de sa vie. C'est un pays auquel elle restera viscéralement attachée et pour lequel elle gardera toujours une immense admiration.
Notamment à cause de sa gouvernante japonaise Nishio-San qu'elle considérait comme sa seconde mère, elle vit son départ du Japon, « pays de la beauté », pour la Chine, « pays de la laideur », comme un exil et vit les autres déplacements familiaux comme autant de déracinements successifs. Mais aussi comme « un nomadisme culturel qui décuple sa curiosité et renforce sa précocité »[7]. Elle raconte notamment, avec beaucoup de drôlerie et de second degré mais aussi de justesse, dans Biographie de la faim, comment elle a plongé, avec sa sœur Juliette, dans les livres, la potomanie, l'alcool infantile et l'anorexie. Adulte, son diplôme de philologie romane en poche, Amélie Nothomb retourne au Japon pour y travailler comme interprète (elle maîtrise le japonais, du moins oralement) et songe à s'y installer définitivement. Elle entre dans une grande entreprise japonaise, dans laquelle elle restera un an. Après cette expérience, désastreuse à plusieurs égards, qu’elle romance dans Stupeur et tremblements[8], elle rentre en Belgique et envoie le manuscrit de Hygiène de l'assassin à de nombreux éditeurs. Elle publie Hygiène de l'assassin chez Albin Michel, en 1992. C’est le début d'un succès phénoménal. Tous ses livres sont des best-sellers.
En 2004, elle en était à son 53e manuscrit. Elle dit écrire près de trois romans par an pour n’en publier qu’un seul : « J'écris 3,7 romans par an, c'est un rythme, je l'ai constaté après coup. Ceci dit, n'allez surtout pas imaginer que tous ces romans sont bons. Il y a une énorme proportion de romans ratés dont il est hors de question que je les publie »[9], « L'immense majorité [de ses manuscrits] restera dans des caisses et n'en sortira pas. Je veillerai à me protéger suffisamment pour cela »[10]. Se disant également « enceinte de ses romans », Amélie Nothomb dit écrire depuis l’âge de dix-sept ans[11].
Entre 2000 et 2002, elle écrit sept textes pour la chanteuse française Robert. Elle romance la vie de la chanteuse dans Robert des noms propres, paru en 2002.
« Issue d'une famille de la petite aristocratie où la politique et la littérature ont toujours fait bon ménage, [elle] a atteint, pratiquement depuis son premier récit Hygiène de l'assassin (1992), un lectorat que n'ont jamais connu ses ancêtres. Sa production oscille entre les textes à contenu plus ouvertement autobiographiques comme Le Sabotage amoureux (1993) ou Stupeur et tremblements (1999) et des récits plus fictionnels tels Mercure (1998) ou Les Combustibles (1994), une pièce de théâtre. Chez cette écrivain, une forme de cruauté se mêle à un romantisme qui plonge dans l'univers actuel. »Les Nothomb font donc partie de l'aristocratie belge et plusieurs de ses ancêtres se sont illustrés dans la vie politique et culturelle (Charles-Ferdinand Nothomb notamment). Fille du baron Patrick Nothomb, ambassadeur de Belgique, elle séjourne ainsi au Japon, qui fait sur elle une profonde impression, en Chine, aux États-Unis (New York), en Asie du Sud Est (Laos, Bangladesh, Birmanie). Elle ne découvre la Belgique, le « pays du chocolat blanc », qu'à l'âge de 17 ans. Elle y finit ses humanités à l’Institut Marie Immaculée Montjoie à Uccle pour ensuite entamer des études de philologie romane à l’Université libre de Bruxelles.
— Marc Quaghebeur, Anthologie de la littérature française de Belgique, entre réel et surréel[1]
Depuis 1992, elle publie chez Albin Michel un livre par an soit dix-sept romans à ce jour. Son premier roman aurait dû être publié chez Gallimard, maison avec laquelle elle avait entamé une collaboration, mais Philippe Sollers, alors directeur de collection, refusa Hygiène de l'assassin. Amélie Nothomb se tourna alors vers Albin Michel, qui publie toujours ses romans.[2] Avec une régularité notoire : « Tous les ans, à la rentrée, il y a deux évènements majeurs: les vendanges et la sortie du Nothomb. Cette année, le raisin est en avance, mais l'Amélie est à l'heure »[3]. Ses écrits sont traduits dans trente-sept langues à travers le monde[4].
Amélie Nothomb suscite la polémique. En effet, elle compte de très nombreux fans, mais aussi de violents détracteurs: « C'est que mademoiselle Nothomb n'a pas que des admirateurs, mais aussi quelques détracteurs qui lui reprochent ceci et cela, et notamment sa célébrité. (...) Elle est devenue, par les hasards des interviews, un mythe ». Mais l'auteur se défend : « Je suis ce que je peux être. Je ne maîtrise pas ce que je suis et encore moins les regards que les autres posent sur moi »[5]. Certains tentent de la tourner en dérision, en partie à cause de son goût pour certains fruits pourris, largement médiatisé[6], de ses chapeaux et de ses déclarations parfois farfelues, mais aussi à cause de son origine sociale, de son style d'écriture, de ses thèmes de prédilection.
Amélie Nothomb raconte une partie de son enfance dans ses romans Métaphysique des tubes, Le Sabotage amoureux et Biographie de la faim. Fille du diplomate Patrick Nothomb, cette enfance est rythmée par d'incessants déménagements au gré des affectations paternelles. Née au Japon, elle y passe les cinq premières années de sa vie. C'est un pays auquel elle restera viscéralement attachée et pour lequel elle gardera toujours une immense admiration.
Notamment à cause de sa gouvernante japonaise Nishio-San qu'elle considérait comme sa seconde mère, elle vit son départ du Japon, « pays de la beauté », pour la Chine, « pays de la laideur », comme un exil et vit les autres déplacements familiaux comme autant de déracinements successifs. Mais aussi comme « un nomadisme culturel qui décuple sa curiosité et renforce sa précocité »[7]. Elle raconte notamment, avec beaucoup de drôlerie et de second degré mais aussi de justesse, dans Biographie de la faim, comment elle a plongé, avec sa sœur Juliette, dans les livres, la potomanie, l'alcool infantile et l'anorexie. Adulte, son diplôme de philologie romane en poche, Amélie Nothomb retourne au Japon pour y travailler comme interprète (elle maîtrise le japonais, du moins oralement) et songe à s'y installer définitivement. Elle entre dans une grande entreprise japonaise, dans laquelle elle restera un an. Après cette expérience, désastreuse à plusieurs égards, qu’elle romance dans Stupeur et tremblements[8], elle rentre en Belgique et envoie le manuscrit de Hygiène de l'assassin à de nombreux éditeurs. Elle publie Hygiène de l'assassin chez Albin Michel, en 1992. C’est le début d'un succès phénoménal. Tous ses livres sont des best-sellers.
En 2004, elle en était à son 53e manuscrit. Elle dit écrire près de trois romans par an pour n’en publier qu’un seul : « J'écris 3,7 romans par an, c'est un rythme, je l'ai constaté après coup. Ceci dit, n'allez surtout pas imaginer que tous ces romans sont bons. Il y a une énorme proportion de romans ratés dont il est hors de question que je les publie »[9], « L'immense majorité [de ses manuscrits] restera dans des caisses et n'en sortira pas. Je veillerai à me protéger suffisamment pour cela »[10]. Se disant également « enceinte de ses romans », Amélie Nothomb dit écrire depuis l’âge de dix-sept ans[11].
Entre 2000 et 2002, elle écrit sept textes pour la chanteuse française Robert. Elle romance la vie de la chanteuse dans Robert des noms propres, paru en 2002.
- Hygiène de l’assassin, roman, Albin Michel, 1992 (Prix René-Fallet, Prix Alain-Fournier)
- Le Sabotage amoureux[12], roman, Albin Michel, 1993 (Prix de la Vocation, Prix Chardonne)
- Les Combustibles, théâtre, Albin Michel, 1994
- Les Catilinaires, roman, Albin Michel, 1995
- Péplum[13], roman, Albin Michel, 1996
- Attentat, roman, Albin Michel, 1997
- Mercure, roman, Albin Michel, 1998
- Stupeur et tremblements[12], roman, Albin Michel, 1999 (Grand Prix du roman de l’Académie française)
- Métaphysique des tubes[12], roman, Albin Michel, 2000
- Cosmétique de l’ennemi, roman, Albin Michel, 2001
- Robert des noms propres[13], roman, Albin Michel, 2002
- Antéchrista roman, Albin Michel, 2003
- Biographie de la faim[12], roman, Albin Michel, 2004
- Acide sulfurique, roman, Albin Michel, 2005
- Journal d’Hirondelle, roman, Albin Michel, 2006
- Ni d’Ève ni d’Adam[12], roman, Albin Michel, 2007 (Prix de Flore)
- Le Fait du prince, roman, Albin Michel, 2008, (ISBN 2226188444)
- « Légende peut-être un peu chinoise », conte, in collectif Le Sable et l’ardoise, Longue Vue, 1993
- « Électre », nouvelle de 14 pages, in collectif Des plumes au courant, Stock, 1996
- « L'Existence de Dieu », dans La Revue Générale (vol. 3), 1996
- « Le Mystère par excellence », nouvelle de 39 pages, opuscule Le Grand livre du mois, septembre 1999
- « Brillant comme une casserole », recueil de 3 contes illustrés par Kikie Crèvecœur, La Pierre d'Alun, 1999
- « Légende peut-être un peu chinoise », conte de 7 pages
- « Le Hollandais ferroviaire », conte de 5 pages
- « De meilleure qualité », conte de 3 pages
- « Aspirine », nouvelle de 2 pages, in collectif Aspirine, Albin Michel, 2001
- « Sans nom », nouvelle de 64 pages, opuscule couplé à Elle n°2900, 30/07/2001
- « L’Entrée du Christ à Bruxelles », nouvelle de 46 pages, opuscule couplé à Elle n°3053, 05/07/2004
- « Les Champignons de Paris », nouvelle en 9 épisodes parue dans Charlie Hebdo du 4 juillet au 29 août 2007
- 1999 : Hygiène de l’assassin, film français réalisé par François Ruggieri, avec Jean Yanne (Prétextat Tach) et Barbara Schulz (Nina).
- 2003 : Stupeur et tremblements, film français réalisé par Alain Corneau, avec Sylvie Testud (Amélie) et Kaori Tsuji (Fubuki).
- (en) Susan Bainbrigge, Jeanette Den Toonder, Amélie Nothomb, Authorship, Identity and Narrative Practice Peter Lang, New York, 2003, acte de colloque international.
- Kobialka Margaux, La Création d’Amélie Nothomb à travers la psychanalyse, Le Manuscrit, Paris, 2004
- Laureline Amanieux, Amélie Nothomb l’éternelle affamée, Albin Michel, Paris, 2005, (ISBN 2226155929)
- Michel David, Amélie Nothomb, le symptôme graphomane, Éditions L'Harmattan, coll. « L’œuvre et la Psyché », Paris, 2006 (ISBN 2296004806)
- Michel Zumkir, Amélie Nothomb de A à Z, portrait d’un monstre littéraire, Le Grand Miroir, coll. « Une vie », Bruxelles, 2007 (ISBN 978-2-87415-798-1)
- Alain Dantinne Hygiène de l'intestin, Labor, Bruxelles, 2000
- 1993 : Prix René Fallet pour Hygiène de l'assassin[14]. Amélie Nothomb obtient aussi cette année le Prix Alain-Fournier, toujours pour Hygiène de l'assassin. Elle reçoit également le Prix Littéraire de la Vocation, cette fois-ci pour Le Sabotage amoureux[15]. Elle obtiendra ensuite le Prix Jacques Chardonne, toujours pour le même livre.
- 1999 : Grand Prix du roman de l'Académie française, pour Stupeur et tremblements
- 2007 : Prix de Flore, pour Ni d’Ève ni d’Adam
- 2008 : Grand Prix Jean Giono, qui couronne « l’ensemble de l’œuvre d’un auteur de langue française ayant défendu la cause du roman »
- ↑ Marc QUAGHEBEUR, Anthologie de la littérature française de Belgique, Entre réel et surréel, Éditions Racine, Bruxelles, 2006, p. 367
- ↑ Article sur pileface.com
- ↑ Simon Marty, « Le dernier Nothomb, un sadomaso de premier cru »", in Marianne, Le Journal de la Culture, du 08 au 14 septembre 2003, p. 76
- ↑ Olivier Stevens, « L’acide de la dame en noir », La Libre Match, dossier en couverture, du 1er au 07 septembre 2005, pp.96-101
- ↑ Joëlle SMETS, « Un mythe, bien malgré elle », Le Soir Magazine n°3714, En couverture, 27 août 2003, pp. 14-17
- ↑ Interview d'Amélie Nothomb sur Fluctuat.net: Fluctuat : « Vous êtes assez connue pour vos excentricités (fruits pourris, chapeaux rigolos, rouge à lèvres écarlate), du moins lorsque vous apparaissez dans les médias. Pourriez-vous nous en faire un inventaire ? » Nothomb : « Personnellement, je ne me trouve pas particulièrement excentrique. Les fruits pourris, ce n'est jamais une chose que j'ai mise en avant, ce sont les médias et je n'ai toujours pas compris quel en était l'intérêt. »
- ↑ Marianne Payot, « La boulimie d’Amélie », Le Vif L’Express, Rubrique « Culture », 3 septembre 2004, p. 84
- ↑ Elle raconte comme en effet elle entame une lente descente professionnelle en se retrouvant notamment cantonnée à « nettoyeuse de chiottes »
- ↑ Anne Masset, « Amélie Nothomb », monomaniaque de l’écrit, La Libre Belgique, Rubrique « Questions à domicile », 4 août 1994 p.2
- ↑ Geneviève SIMON, « L’autogéographie d’Amélie », La Libre Belgique, Rubrique « Culture », 26 septembre 2004, p. 49
- ↑ Interview d’Amélie Nothomb sur Fluctuat.net.
- ↑ a b c d e Œuvre autobiographique, ou pseudo-autobiographique car les libertés prises par rapport à la vie réelle de l'auteur ne sont pas bien connues
- ↑ a b Roman dans lequel l'auteur est un personnage, sans que le rôle joué n'ait de rapport avec sa vie réelle
- ↑ Liste des lauréats du Prix René Fallet
- ↑ Liste des lauréats du Prix Littéraire de la Vocation
- Liste des familles belges par ancienneté


