Biographie de Anne-Marie Bauer

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Anne-Marie Bauer, née le 9 juin 1914 à Paris, morte le 21 septembre 1996 à Paris est une résistante française.



Anne-Marie Bauer est née le 9 juin 1914 à Paris, d'un père parisien, scientifique et professeur à Paris et à Strasbourg, et d'une mère lorraine de Toul. Elle semble avoir passée une enfance heureuse au milieu de ses trois frères : Michel (né en 1912), les jumeaux Étienne et Jean-Pierre (nés en 1918). Elle suivait des études en langue et littérature anglaises, avait obtenu sa licence avec une recherché sur “Emily Brontë et la nature” et commençait à préparer l'agrégation. Sa grande passion à côté de ses études était la musique : elle jouait du violon. La Seconde Guerre mondiale interrompit ses projets.



Bientôt elle s'engagea dans la Résistance, ainsi que toute sa famille. Elle s'occupa d'abord des réfugiés à Clermont-Ferrand, ayant reçu très tôt son permis poids lourds pour pouvoir conduire des ambulances. À partir du printemps 1942, elle rejoignit définitivement la Résistance dans le mouvement Libération-Sud, et commença à collaborer aux réseaux de renseignements. Par train et souvent par bicyclette, elle transporta des paquets de journaux et des messages à travers la zone libre. Ensuite, elle travailla avec Paul Schmidt, organisateur de parachutages, et fit désormais partie de la “Délégation de Lyon”, dirigée par Jean Moulin, qui lui confia le radio-système “Eurêka” – un système de radio-guidage permettant des parachutages pendant la nuit. Elle était alors connue sous le nom de Claudine et de Kim1, et le nom figurant sur sa fausse carte d'identité était Anne-Marie Brigault. Elle servait de codeuse, et aussi de courrier pour des messages annonçant des parachutages. Et ce fut à elle finalement que fut transmis l'organisation de la fuite de Gérard Brault de la prison de Castres.



Anne-Marie Bauer fut arrêtée à Lyon le 24 juillet 1943 par les Allemands et amenée à l'école de Santé Militaire, siège de la Gestapo. Là, elle dut se soumettre aux interrogatoires de Klaus Barbie, connu comme le boucher de Lyon. Elle ne trahit personne, ne livra ni nom, ni adresse ou fonction des ses camarades, bien qu'elle subit la torture, dont les conséquences devaient être permanentes : les mains et la colonne vertébrale resteraient endommagées. Elle fut emprisonnée au Fort Montluc à Lyon et même victime d'une fusillade simulée. En décembre 1943, elle fut transportée au fort de Romainville à l'est de Paris. Puis, fin janvier 1944, ce fut le transport au camp de transit de Compiègne, le camp de Royallieu, et de là au camp de Ravensbrück. Sous le numéro 27 327 elle y fut forcée de travailler dans la « Strass-Colonne ». Après deux mois et demi, elle dut changer pour le camp de Holleischen en Tchécoslovaquie.



Le 5 juin 1945, elle fut libérée par des partisans polonais, et put rentrer en France le 24 juin. Ses deux frères Étienne et Jean-Pierre survécurent la guerre, mais son frère aîné Michel mourut en mars 1945 au camp de concentration de Neuengamme, non loin de la ville d'Hambourg.



Anne-Marie Bauer cherchait à reprendre sa vie. Mais elle ne pouvait plus poursuivre sa carrière de professeur en langue et littérature anglaises, car, en raison de ses mains blessées à jamais sous la torture, elle ne pouvait plus écrire vite dans les concours. Elle donnait alors, comme professeur de langue et littérature françaises, des cours pour les étudiants étrangers à la Sorbonne. Elle avait contact avec beaucoup des personnages importantes de la vie culturelle parisienne comme Bernard Dorival, Édith Thomas ou Dominique Aury avec le groupe autour de Jean Paulhan.

De même reprit-elle une vie littéraire comme auteur. Dans ses livres, elle essaie de rappeler les cauchemars des années de guerre. Avec Geneviève de Gaulle-Anthonioz, qui avait préfacé son livre Les oubliés et les ignorés - Claudine dans la Résistance (1993), il se leva une voix de combattante : « Anne-Marie, nous nous sommes rencontrées pour la première fois au camp de Compiègne en janvier 1944. Mais à travers le temps, c'est la même rencontre qui continue, comme une vie partagée. Parmi tant de femmes courageuses, tu rayonnais de cette force qui te met encore debout aujourd'hui pour témoigner …». Peu après Anne-Marie Bauer a publié sa deuxième collection de poèmes Les tambours de nuit.




Poème



(Cité de : La vigie aveugle, p. 11)


  • La vigie aveugle (poèmes), Paris, 1957
  • La route qui poudroie (récit), Paris, 1959
  • Les oubliés et les ignorés - Claudine dans la Résistance (récit), Paris, 1993
  • Les tambours de nuit, Paris, 1994


  • L'Amicale de Ravensbrück et l'Association des Déportées et Internées de la Résistance : Les Françaises à Ravensbrück, Paris, 1965 (Anne-Marie Bauer y est mentionnée comme membre de la rédaction)
  • Voix et Visages. Bulletin bimestriel de l' A.D.I.R. Nov.-Déc 1996 - N°252, p. 4 et 5
  • Philippe Lacarrière : Les volontaires de l'aube, Paris 1999 (p. 208 - 215)
  • François Fouré : Ne les oublions pas. Bauer Anne-Marie, Michel, Jean-Pierre, Etienne. Mouvement Libération Sud [1]
  • Mechtild Gilzmer, Christine Levisse-Touzé, Stefan Martens (Éditeurs): Les Femmes dans la Résistance en France, Paris 2003 (p. 38, 45, 101, 314, 389, 402)
  • Anke Krüger : Bibliographie zur Geschichte des Frauenlagers Ravensbrück. 1945 – 2003, Norderstedt 2004 (p. 23)
  • Dorothy Kaufmann : Edith Thomas. A Passion for Resistance, Ithaca und London 2004 (p. IX, 159, 183 s., 227, 230, 234)


  • Officier de la Légion d'honneur, 1990 (Chevalier en 1959)
  • Croix de guerre 1939-1945 avec palme, 1959
  • Officier de la Résistance, 1990