Biographie de Armand de Bourbon-Conti

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Armand de Bourbon, prince de Conti, né à Paris le 11 octobre 1629 et mort au château de la Grange-des-Prés près de Pézenas le 21 février 1666, était le plus jeune des trois enfants et le deuxième fils d'Henri II de Bourbon, prince de Condé ; il était le frère de Louis II, prince de Condé, dit le « Grand Condé », et d'Anne Geneviève de Bourbon-Condé, duchesse de Longueville.



Baptisé le 23 décembre 1630 en l'église Saint-Sulpice, Armand de Bourbon-Conti a pour parrain le cardinal de Richelieu et pour marraine la duchesse de Montmorency. Le titre de prince de Conti est établi en sa faveur en 1629.

De santé délicate, légèrement bossu, il est destiné par ses parents à l'état ecclésiastique et formé par les Jésuites au collège de Clermont, où il a pour condisciple Molière. Dès le 12 décembre 1641, il reçoit la commende de l'abbaye de Saint-Denis. L'année suivante, il est nommé abbé de Cluny, et recevra encore sept autres abbayes et cinq prieurés. Le 6 août 1643, il obtient son diplôme de maître ès arts et, en 1646, celui de bachelier en théologie de l'université de Bourges. À la mort de son père, en cette même année, il est soumis à la décision d'un conseil de famille qui décide de le maintenir un an de plus chez les Jésuites, à son grand déplaisir.

Au mois de janvier 1649, avec son beau-frère, le duc de Longueville, désireux d'obtenir le chapeau de cardinal, il prend parti pour la Fronde parlementaire, dont il devient le commandant en chef. Il est battu à Charenton le 8 février par son frère, le prince de Condé, resté fidèle à la Cour. Mais après la paix de Rueil, Condé se rallie à la Fronde, dès lors co-dirigée par Conti, Condé et Longueville. Le trio est arrêté au Palais-Royal le 16 janvier 1650 et emprisonné au château de Vincennes, puis au château de Marcoussis et enfin au fort du Havre.

En 1651, devant la Fronde, Mazarin est obligé de s'exiler, Conti est libéré le 7 février. Son frère, devenu incontournable dans la direction de l'État, l'empêche d'épouser Charlotte de Lorraine (1627-1652), fille de la duchesse de Chevreuse, et confidente d'Anne d'Autriche. En 1653, Conti, qui s'était retiré à Pézenas, en Languedoc, fait sa soumission au roi et, réconcilié avec Mazarin, il épouse le 21 février 1654 Anne Marie Martinozzi (1639-1672), nièce du cardinal. Ils ont pour enfants :

Dès juin 1654, il doit quitter sa femme pour prendre le commandement de l'armée qui en 1654 envahit la Catalogne. Il ne retrouve son épouse que le 30 novembre 1656, lorsqu'il vient ouvrir les états du Languedoc à Montpellier. Elle loge alors au château de la Grange-des-Prés près de Pézenas. Dès le printemps 1657, il doit la quitter pour conduire les forces françaises en Espagne. Le 28 mars 1657, il est nommé Grand maître de France, ayant renoncé à sa vie libertine, souffrant d'une maladie vénérienne. Il reçoit le commandement de l'armée d'Italie, et assiège sans succès la ville d'Alessandria en mai 1657.

Le 16 janvier 1660, Louis XIV lui accorde une pension annuelle de 60 000 livres. Vers 1655, en particulier sous la pression de l'évêque d'Alet Nicolas Pavillon, s'opère chez lui une « conversion » après une vie de débauche. Il se prête alors à la pénitence et aux mortifications, devient un confrère de la Compagnie du Saint-Sacrement, et tend au jansénisme. Gouverneur du Languedoc en 1660, il se mêle à des actions dans le cadre de la Compagnie en multipliant les œuvres pies, en fondant des collèges, en œuvrant à la conversion des protestants. Il s'efforce également de moraliser la population tout en s'attelant à réduire son fardeau fiscal. L'administration de sa province avec justice et sagesse lui valut une grande popularité. Il est alors installé au château de la Grange-des-Prés, et se consacre à l'étude et au mysticisme jusqu'à sa mort en 1666. Il est inhumé à la chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon. Son tombeau est profané à la Révolution et ses ossements sont transférés dans la crypte de l'oratoire de Port-Royal-des-Champs en 1906[1].

De 1653 à 1656, il est le protecteur de la troupe de Molière. Après sa conversion, il compose un Traité de la comédie et des spectacles[2] (1666) dans lequel il condamne les tragédies de Corneille et les comédies de Molière. Il est également l'auteur d'un ouvrage intitulé Les Devoirs des Grands (1666).



  1. Adrienne Charmet-Alix, « L'enterrement mystérieux du prince de Conti à Port-Royal des Champs en 1906 » dans Chroniques de Port-Royal, 2007, p. 253-270
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