Bertolt Brecht (né Eugen Berthold Friedrich Brecht le 10 février 1898 à Augsbourg, en Bavière - 14 août 1956 à Berlin-Est) était un dramaturge, metteur en scène, critique théâtral et poète allemand du XXe siècle.
Bertolt Brecht est d'origine bourgeoise, fils d'un père catholique, dirigeant d'une fabrique de papier, et d'une mère protestante. Il commence à écrire très tôt (son premier texte est publié en 1914) et entame des études de philosophie puis de médecine à Augsbourg. En 1918, à vingt ans, il est mobilisé à la fin de la Première Guerre mondiale comme infirmier. L'horreur de la guerre aura comme pour les surréalistes français, une grosse influence sur lui. La même année, il écrit sa première pièce, Baal. Il chante des écrits pacifistes à Ausbourg puis à Munich et rompt les liens qui l'attachaient encore à sa famille.
Suivent les pièces Tambours dans la nuit en 1919 qui lui vaudra le prix Kleist en 1922, Spartacus et Dans la jungle des villes. Ces trois premières œuvres montrent son côté anarchiste. Il est alors très influencé par Erwin Piscator ou Max Reinhardt. Il est engagé comme conseiller littéraire en 1923 à Munich puis à Berlin en 1924, il rejoint le Deutsches Theater de Max Reinhardt, avec l'actrice Hélène Weigel, qui monte ses pièces. La même année, Elisabeth Hauptmann devient sa maîtresse et son « nègre ». Viennent ensuite Homme pour homme(1927) et Grandeur et décadence de la ville de Mahagony. Ces pièces créent la polémique, jusqu'en 1928 où il crée L'Opéra de quat'sous (musique de Kurt Weill), un des plus grands succès théâtraux de la république de Weimar qui à cause d'un malentendu lui assure le succès.
Il épouse Helene et devient marxiste. La montée du nazisme le force à quitter l'Allemagne en 1933, où son œuvre est interdite et brûlée lors de l'autodafé du 10 mai de cette même année. Il parcourt l'Europe (Svendborg au Danemark, Russie, puis Finlande), Il participe en 1935 au Congres international des écrivains pour la défense de la culture, à Paris, et dirige conjointement avec L. Feuchtwanger et W. Bredel, la rédaction d'une revue intitulée Das Wort dont le premier numéro parraît en 1936. Le but avoué de cette revue est d'unir l'intelligentia anti-fasciste d'Allemagne autour d'un idéal prôné par l'Internationale communiste. Forcé à la fuite en 1939, il s'installe en Finlande, puis, après une traversée en bateau au départ de Vladivostok, il s'installe en Californie en 1941. Durant cette période, il écrit une grande partie de son œuvre dont La Vie de Galilée, Mère Courage et ses enfants, La Bonne Âme du Se-Tchouan, La Résistible Ascension d'Arturo Ui (attaque contre Hitler), Le Cercle de craie caucasien et Petit Organon pour le théâtre dans laquelle il exprime sa théorie du théâtre épique et de la distanciation.
Chassé des États-Unis en 1947 en raison du maccarthysme, il se rend alors en Suisse. Les alliés lui refusant le visa qui lui aurait permis de s’installer en RFA, c'est grâce aux Tchèques qu'il peut rejoindre la RDA. En 1949, il s'installe définitivement à Berlin-Est et fonde avec sa femme le Berliner Ensemble où il exprime ses prises de position socialistes. Il reprend et précise le théâtre épique fondé par Piscator qu'il oriente autour de l'effet de distanciation Verfremdungseffekt et qui s'oppose à la tradition d'un théâtre dramatique d'identification. Il a des difficultés avec le régime de RDA. En 1950 il se fait reconnaître comme autrichien.
Le 17 juin 1953 les ouvriers de RDA se révoltent en masse pour protester contre la médiocrité de leur niveau de vie, la majoration massive des objectifs de travail et le mauvais fonctionnement des infrastructures. Il écrivit une lettre à Walter Ulbricht analysant les causes de la révolte et proposant des pistes de réforme. Seule la dernière phrase « Je tiens à exprimer en ce moment ma solidarité avec le Parti socialiste unifié » fut publiée[1].
Par ailleurs, il publia un poème La Solution qui disait : « J'apprends que le gouvernement estime que le peuple à « trahi la confiance du régime » et « devra travailler dur pour regagner la confiance des autorités ». Dans ce cas, ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d'en élire un autre ?[2] »
Admirateur de Staline, il déclara au sujet de ses vicitmes : "plus elles sont innocentes, plus elles méritent d'être fusillées[3]".
Devenu une figure quasi-officielle du régime de la RDA, il obtient le prix Staline international pour la paix en 1955 et meurt à Berlin, un an plus tard d'un infarctus.
Bertolt Brecht servit souvent de référence pour les mouvements d'extrême gauche des années 1970 en Europe.
Des militants ont souvent cité cette phrase de Brecht : « Nos défaites d'aujourd'hui ne prouvent rien, si ce n'est que nous sommes trop peu dans la lutte contre l'infamie, et de ceux qui nous regardent en spectateurs, nous attendons qu'au moins, ils aient honte ».
Brecht voulait rompre avec l'illusion théâtrale et pousser le spectateur à la réflexion. Ses pièces sont donc ouvertement didactiques : par l'usage de panneaux avec des maximes, des apartés en direction du public pour commenter la pièce, des intermèdes chantés, etc. il force le spectateur à avoir un regard critique. Ce processus, qu'il baptise « distanciation » (Verfremdungseffekt ou Effet V) a beaucoup influencé certains metteurs en scène français. Dans son théâtre épique, l'acteur doit plus raconter qu'incarner, susciter la réflexion et le jugement plus que l'identification.
Cette section contient une liste des oeuvres de Brecht par ordre chronologique.
Bertolt Brecht est d'origine bourgeoise, fils d'un père catholique, dirigeant d'une fabrique de papier, et d'une mère protestante. Il commence à écrire très tôt (son premier texte est publié en 1914) et entame des études de philosophie puis de médecine à Augsbourg. En 1918, à vingt ans, il est mobilisé à la fin de la Première Guerre mondiale comme infirmier. L'horreur de la guerre aura comme pour les surréalistes français, une grosse influence sur lui. La même année, il écrit sa première pièce, Baal. Il chante des écrits pacifistes à Ausbourg puis à Munich et rompt les liens qui l'attachaient encore à sa famille.
Suivent les pièces Tambours dans la nuit en 1919 qui lui vaudra le prix Kleist en 1922, Spartacus et Dans la jungle des villes. Ces trois premières œuvres montrent son côté anarchiste. Il est alors très influencé par Erwin Piscator ou Max Reinhardt. Il est engagé comme conseiller littéraire en 1923 à Munich puis à Berlin en 1924, il rejoint le Deutsches Theater de Max Reinhardt, avec l'actrice Hélène Weigel, qui monte ses pièces. La même année, Elisabeth Hauptmann devient sa maîtresse et son « nègre ». Viennent ensuite Homme pour homme(1927) et Grandeur et décadence de la ville de Mahagony. Ces pièces créent la polémique, jusqu'en 1928 où il crée L'Opéra de quat'sous (musique de Kurt Weill), un des plus grands succès théâtraux de la république de Weimar qui à cause d'un malentendu lui assure le succès.
Il épouse Helene et devient marxiste. La montée du nazisme le force à quitter l'Allemagne en 1933, où son œuvre est interdite et brûlée lors de l'autodafé du 10 mai de cette même année. Il parcourt l'Europe (Svendborg au Danemark, Russie, puis Finlande), Il participe en 1935 au Congres international des écrivains pour la défense de la culture, à Paris, et dirige conjointement avec L. Feuchtwanger et W. Bredel, la rédaction d'une revue intitulée Das Wort dont le premier numéro parraît en 1936. Le but avoué de cette revue est d'unir l'intelligentia anti-fasciste d'Allemagne autour d'un idéal prôné par l'Internationale communiste. Forcé à la fuite en 1939, il s'installe en Finlande, puis, après une traversée en bateau au départ de Vladivostok, il s'installe en Californie en 1941. Durant cette période, il écrit une grande partie de son œuvre dont La Vie de Galilée, Mère Courage et ses enfants, La Bonne Âme du Se-Tchouan, La Résistible Ascension d'Arturo Ui (attaque contre Hitler), Le Cercle de craie caucasien et Petit Organon pour le théâtre dans laquelle il exprime sa théorie du théâtre épique et de la distanciation.
Chassé des États-Unis en 1947 en raison du maccarthysme, il se rend alors en Suisse. Les alliés lui refusant le visa qui lui aurait permis de s’installer en RFA, c'est grâce aux Tchèques qu'il peut rejoindre la RDA. En 1949, il s'installe définitivement à Berlin-Est et fonde avec sa femme le Berliner Ensemble où il exprime ses prises de position socialistes. Il reprend et précise le théâtre épique fondé par Piscator qu'il oriente autour de l'effet de distanciation Verfremdungseffekt et qui s'oppose à la tradition d'un théâtre dramatique d'identification. Il a des difficultés avec le régime de RDA. En 1950 il se fait reconnaître comme autrichien.
Le 17 juin 1953 les ouvriers de RDA se révoltent en masse pour protester contre la médiocrité de leur niveau de vie, la majoration massive des objectifs de travail et le mauvais fonctionnement des infrastructures. Il écrivit une lettre à Walter Ulbricht analysant les causes de la révolte et proposant des pistes de réforme. Seule la dernière phrase « Je tiens à exprimer en ce moment ma solidarité avec le Parti socialiste unifié » fut publiée[1].
Par ailleurs, il publia un poème La Solution qui disait : « J'apprends que le gouvernement estime que le peuple à « trahi la confiance du régime » et « devra travailler dur pour regagner la confiance des autorités ». Dans ce cas, ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d'en élire un autre ?[2] »
Admirateur de Staline, il déclara au sujet de ses vicitmes : "plus elles sont innocentes, plus elles méritent d'être fusillées[3]".
Devenu une figure quasi-officielle du régime de la RDA, il obtient le prix Staline international pour la paix en 1955 et meurt à Berlin, un an plus tard d'un infarctus.
Bertolt Brecht servit souvent de référence pour les mouvements d'extrême gauche des années 1970 en Europe.
Des militants ont souvent cité cette phrase de Brecht : « Nos défaites d'aujourd'hui ne prouvent rien, si ce n'est que nous sommes trop peu dans la lutte contre l'infamie, et de ceux qui nous regardent en spectateurs, nous attendons qu'au moins, ils aient honte ».
Brecht voulait rompre avec l'illusion théâtrale et pousser le spectateur à la réflexion. Ses pièces sont donc ouvertement didactiques : par l'usage de panneaux avec des maximes, des apartés en direction du public pour commenter la pièce, des intermèdes chantés, etc. il force le spectateur à avoir un regard critique. Ce processus, qu'il baptise « distanciation » (Verfremdungseffekt ou Effet V) a beaucoup influencé certains metteurs en scène français. Dans son théâtre épique, l'acteur doit plus raconter qu'incarner, susciter la réflexion et le jugement plus que l'identification.
Cette section contient une liste des oeuvres de Brecht par ordre chronologique.
- Les Sermons domestiques
- Baal, 1918
- La Noce chez les Petits Bourgeois, 1919
- Tambours dans la nuit (Trommeln in der Nacht), 1920
- Dans la jungle des villes (Im Dickicht der Städte), 1922
- Edouard II (Leben Eduards der Zweiten von England), 1924
- Homme pour homme (Mann ist Mann), 1925
- L'Opéra de quat'sous (Die Dreigroschenoper), 1928
- L’Importance d’être d’accord (Das Badener Lehrstücke von Einverständnis), 1929
- Grandeur et décadence de la ville de Mahagony (Aufstieg und Fall der Stadt Mahagonny), 1930
- Sainte Jeanne des Abattoirs (Die heilige Johanna der Schlachthöfe), 1930
- Celui qui dit oui, celui qui dit non (Der Jasager, Der Neinsager), 1930
- La Décision (Die Massnahme), 1930
- L'Exception et la règle (Die Ausnahme und die Regel), 1930
- La Mère (Die Mutter), 1931
- Ventres glacés (Kuhle Wampe) (film), 1932
- Têtes rondes et têtes pointues (Die Rundköpfe und die Spitzköpfe), 1933
- Les Fusils de la mère Carrar (Gewehre der Frau Carrar), 1937
- Mère Courage et ses enfants (Mutter Courage und ihre Kinder), 1938
- Grand-peur et misère du Troisième Reich (Furcht und Elend des Dritten Reiches), 1938
- La Vie de Galilée (Leben des Galilei), 1938
- La Bonne Âme du Se-Tchouan (Der gute Mensch von Sezuan), 1938
- Le Procès de Lucullus (Das Verhör des Lucullus), 1939
- Maître Puntila et son valet Matti (Herr Puntila und sein Knecht Matti), 1940 (avec Hella Wuolijoki)
- La Résistible Ascension d'Arturo Ui (Der aufhaltsame Aufstieg des Arturo Ui), 1941
- Les visions de Simone Machard (Die Gesichte des Simone Machard), 1942
- Schweik dans la Seconde Guerre mondiale (Schweyk im zweiten Weltkrieg), 1943
- Le Cercle de craie caucasien (Der kaukasische Kreidekreis), 1945 (publié en 1949[4])
- Antigone, 1947
- Les Jours de la Commune (Die Tage der Commune), 1949
- Petit Organon pour le théâtre, 1948
- La Dialectique au théâtre, 1951
- Les Affaires de Monsieur Jules César, 1957
- Turandot, ou le congrès des blanchisseurs (Turandot oder der Kongress der Weisswäscher), 1954
- poème, complainte du soldat mort (1966)
- Dictionnaire encyclopédique du théâtre à travers le monde, Michel Corvin, Bordas, 2008 (ISBN 978-2-04-731295-7) p.218.
- ↑ Blog Raison Garder
- ↑ Bertolt Brecht, Œuvres, Vol. 23, p. 249 et suiv., Notes page 546.
- ↑ Jean-François Revel, La Connaissance inutile
- ↑ Books and Writers




