Biographie de Charles Richard de Vesvrotte

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Charles Richard de Vesvrotte (22 juillet 1757 - 5 juillet 1840), chevalier, seigneur de Ruffey-lès-Beaune, comte de Vesvrotte et de Trouhans il fut conseiller puis président à la chambre des comptes de Bourgogne. Il se maria à Armande Louise Victoire des Reaulx le 29 juillet 1799 à Londres. Il est le fils de Anne Claude de La Forest et de Gilles Germain Richard de Ruffey.





Après des études à la prestigieuse Académie royale de Juilly, le jeune Charles se découvrit un goût marqué pour les voyages. Ses périples lui permirent de découvrir la France et ses provinces, puis le conduisirent en Suisse, Angleterre, Italie, Allemagne, Autriche, Hongrie, Espagne, Portugal.

Ses parents tentèrent en vain de l'en empêcher, allant jusqu'à lui supprimer sa pension annuelle de 2000 livres. Mais Charles de Vesvrotte trouvait toujours des prêteurs bienveillants. Il a justifié sa passion des voyages en disant « qu'il voulait profiter du temps de sa jeunesse pour acquérir des connaissances qui le rendent utile à sa patrie » et « enrichir le cabinet d'histoire naturelle de la ci-devant Académie de Dijon ». Passionné de voyage, il se trouvait encore en Italie deux mois avant sa mort.

Charles de Vesvrotte se trouvait à l'étranger au début de la Révolution. Après un grand voyage en Europe du Nord et en Russie en 1791, il passa une partie de l'année 1792 en Laponie. Ce voyage fut peut-être le point d'orgue de sa vie ou, du moins, celui pour lequel il a laissé le plus de souvenirs. Il nous en laissa des descriptions pittoresques sur ses conditions de voyage, les traîneaux ou pulkas, sur le marquage des pistes, sur le mode de vie, la gastronomie, la fabrication du pain, sur l'économie locale, les mines de fer ou les rennes. Jukkasjãrvi fut le point extrême de son voyage dans le nord. C'était à l'époque un bourg de près de 1 500 habitants dans lequel résidaient 150 Lapons.

Il ramena d'ailleurs Christine Landa, une jeune servante de Loponie qui devait finir ses jours à Dijon. Contrairement à ce qui a été dit, Charles de Vesvrotte n'eut jamais l'intention d'en faire son épouse, même si leurs liens furent peut-être très intimes.



Farouchement royaliste et fidèle à la branche aînée des Bourbons : il visita les comtes de Provence et d'Artois aux lieux de leur exil, il les suivit jusqu'à Gand au cours des Cent Jours.

Le 30 septembre 1830, il démissionna de ses fonctions de maire de Beire-le-Châtel qu'il occupait depuis le 2 mai 1813 (suite au renversement de Charles X) et au soir de sa vie il était en Sicile pour rendre hommage à la duchesse de Berry.

Il reçut l'ordre du Lys lors de la première Restauration et un titre de comte, de Charles X, en décembre 1828. Mais il refusa de devenir maire de Dijon en 1815.

De même, il s'efforça pendant la moitié de sa vie qui suivit son retour d'émigration de reconstituer le patrimoine de ses pères. Et pour préserver ses droits successoraux il n'hésita pas à se battre près de trente ans devant les tribunaux. Une fois ses affaires réglées, il s'efforça de préserver le capital en constituant un majorat sur le domaine de Vesvrotte.

Il fit construire le château de Mont-Richard à Trouhans.



Passionné d'histoire, d'architecture, d'archéologie et d'art, il sauva de la destruction le tombeau de Philippe Pot. Ce mausolée, qui représente Philippe Pot en gisant de grandeur naturelle, porté sur les épaules de huit moines « pleureux » de pierre noire, provenait de l'abbaye de Cîteaux ; il avait été saisi comme bien national le 4 mai 1791. Il devait être transporté dans l'église Saint-Bénigne de Dijon, transformée en musée, où il n'arriva jamais.

Après une éclipse de plus de quinze ans, Charles de Vesvrotte le racheta le 9 septembre 1808 pour 53 francs à un entrepreneur. Il le fit installer dans le jardin de l'hôtel de Ruffey. Après la vente de l'hôtel en 1850 par Alphonse Richard, 2e comte de Vesvrotte, le tombeau fut déposé dans la crypte de l'hôtel d'Agrain, 18, rue Chabot-Charny à Dijon, puis dressé dans le parc du château de Vesvrotte.

Il y demeura jusqu'à son transfert au Louvre, à la suite d'un procès fameux contre l'Etat.



Les deux lions de pierre de de l'hôtel des Vesvrotte, rue Turgot à Dijon qui étaient à l'époque badigeonnés en noir façon bronze, comptèrent dans les souvenirs d'enfance de Gustave Eiffel : il les contemplait quand il venait rendre visite à sa grand-mère qui habitait la même rue.



  • Renée et Michel PAQUET, La seigneurie de Montfort en Auxois au fil des siècles, Edition JC Dan Partners, 3e édition Mai 2004 (ISBN 2.9515440.0.6)
  • Palliot Pierre - 1608-1698 - le parlement de bourgogne (bnf) et généalogie personnelle