Biographie de Charles de Foucauld

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05/04 Ochtenwandeling (Echt)
Dagblad de Limburger
Op zaterdag 5 april is er voor vroege spoorzoekers alweer de maandelijkse 'stilte'-wandeling in het voetspoor van Charles de Foucauld. Charles de Foucauld is geboren op 15 september 1858 in Straatsburg, Frankrijk. Hij werd vermoord op 1 december 1916 ...




Midi Libre

Béziers : trois établissements catholiques devront fermer
Midi Libre
Quant à La Trinité, Le Pic, Charles-de-Foucauld et Notre-Dame, ils pourraient s'associer. Écoles, collèges et lycées en question vont commencer à élaborer les modalités de rapprochement économiques et pédagogiques. Il est, par exemple, question d'un ...




Ouest-France

Initiation au tir à l'arc pendant tout le mois d'avril
Ouest-France
Remise des récompenses le dimanche du dernier week-end, à 18 h. À partir du 28 mars et tous les week-ends d'avril au gymnase du collège Charles-de-Foucauld : les vendredis, de 21 h à minuit, les samedis de 20 h 30 à minuit ; les dimanches 15 h à 19 h.


Charles Eugène de Foucauld de Ponbriand (15 septembre 1858 - 1er décembre 1916) est un religieux catholique français.

Militaire de carrière, Charles de Foucauld décide après diverses rencontres de se tourner vers Dieu. Le 16 janvier 1890, il commence son noviciat à la Trappe de Notre-Dame-des-Neiges. Mais désireux de se rapprocher de son idéal de pauvreté, d'abjection et de pénitence, il quitte sa communauté pour vivre une vie d'ermite. Dans un premier temps, il va en Palestine puis à partir de 1901, il s'installe à Béni-Abbés, une oasis située sur la rive gauche de la Saoura au sud de l'Oranie dans le Sahara occidental. Le 1er décembre 1916, Charles de Foucauld est assassiné à la porte de son ermitage au Sahara.

Le 13 novembre 2005, Charles de Foucauld a été béatifié par le pape Benoit XVI.



La famille de Foucauld est ancienne, puisque plusieurs de ses représentants participèrent aux Croisades, source d'un grand prestige dans l'aristocratie française. Le jeune vicomte dut certainement rêver aux figures de ses valeureux ancêtres qui parcouraient l'histoire de France et dont l'impétueuse devise, "Jamais Arrière", traduisait l'idéal de courage et de générosité.

Charles de Foucauld est né à Strasbourg le 15 septembre 1858 d'une famille noble d'origine périgourdine

La vicomtesse de Foucauld de Pontbriand, mère de Charles-Eugène, meurt le 13 mars 1864. Elle est suivie dans la tombe le 9 août de la même année par son mari, le vicomte de Foucauld de Ponbriand, inspecteur des forêts.

Charles, agé de 6 ans, et sa jeune sœur Marie sont confiés à leurs grands-parents maternels, le colonel Beaudet de Morlet et sa femme habitant Mirecourt. Fuyant la guerre entre la France et la Prusse, la famille se réfugie à Berne, puis à Nancy où Charles-Eugène, à l'âge de 15 ou 16 ans, s'éloigne de la religion. Dans le même temps, il y prépare, puis obtient son baccalauréat.

Il est envoyé à Paris à l'École Sainte Geneviève, tenue par les Jésuites, afin de préparer le concours d'entrée à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr. En 1876, il intègre Saint-Cyr, où il mène une vie dissolue en compagnie de ses camarades de la "Promotion Plewna" dont fait également partie Philippe Pétain. Reçu après deux années de formation, Charles choisit l'école de cavalerie de Saumur.

En mars 1878, son grand-père meurt. Charles, à 19 ans, hérite de revenus confortables qu'il s'emploie à dépenser lors de soirées agitées en compagnie de son compagnon de chambrée, le Marquis de Morès, noceur impénitent.

Reçu à l'école de Saumur, le vicomte-lieutenant de Foucauld de Ponbriand est affecté au 4e hussard (qui deviendra le 4e Chasseurs d'Afrique) à Pont-à-Mousson en 1880. Envoyé à Sétif en Algérie avec son régiment, sa conduite fait scandale. Il s'affiche avec une maîtresse, la faisant passer pour sa femme, ce qui lui vaut d'entrer en conflit avec sa hiérarchie et d'être rayé des cadres pour "indiscipline" en février 1881. Il a 23 ans.

Il se retire à Évian et y vit « avec l'inquiétude vague d'une conscience mauvaise qui, toute endormie qu'elle est, n'est pas tout à fait morte ». Apprenant que son régiment se bat en Tunisie, il est réintégré, à sa demande, au 4e Chasseurs d'Afrique, quelques mois plus tard.

Charles de Foucauld rejoint alors ses camarades qui combattent la tribu des Kroumirs dans le Sud-Oranais, après l'insurrection dirigée par le marabout Bou-Amama. À l'achèvement des combats fin 1881, il part en garnison en Algérie, à Mascara.

Il y mûrit un projet de voyage en Orient : « J'aime bien mieux profiter de ma jeunesse en voyageant ; de cette façon, au moins, je m'instruirai et je ne perdrai pas mon temps ». Il demande un congé qui lui est refusé ; il démissionne.



La rencontre avec Oscar Mac Carty — conservateur de la bibliothèque d'Alger et géographe — confirme le projet : ce sera le Maroc, pays encore très mal connu. Pour mieux préparer ce voyage, il étudie pendant une année l'arabe et l'Islam ainsi que l'hébreu. Suivant les conseils du conservateur, il se déguise en israélite afin de mieux passer inaperçu dans la grande majorité de ce pays encore peuplé de tribus hors du contrôle direct du sultan et surtout interdit aux "chrétiens".

Ce voyage au cœur du Maroc aura lieu de juin 1883 à mai 1884. Charles racontera par la suite son périple en compagnie de son guide, le rabbin Mardochée, dans un ouvrage, Reconnaissance au Maroc, publié en 1888. La masse considérable de renseignements, notamment géographiques et ethnologiques, lui vaudront la médaille d'or de la Société de géographie de Paris.

C'est une révélation : « L'Islam a produit en moi un profond bouleversement. [...] La vue de cette foi, de ces âmes vivant dans la continuelle présence de Dieu, m'a fait entrevoir quelque chose de plus grand et de plus vrai que les occupations mondaines. »

De retour en France, il retrouve les siens, et notamment sa tante paternelle Inès Moitessier, (dont les portraits par Ingres sont célèbres), mais la vie parisienne l'ennuie.

Il repart pour Alger où Mac Carty lui présente un spécialiste de géographie, le commandant Titre. Charles rencontre ainsi la fille du commandant, Marie-Marguerite, avec qui il envisage de fonder un foyer. Plusieurs mois de réflexion et un nouveau périple dans le désert décident de sa vie sentimentale : il choisit de façon définitive le célibat.



De février à octobre 1886, il réside à Paris tout près de sa cousine Marie de Bondy (fille de sa tante Moitessier). L'affection de celle-ci et la fréquentation du salon de sa tante lui permettent de rencontrer l'abbé Huvelin, vicaire de la paroisse Saint Augustin. C'est une seconde révélation : « Aussitôt que je crus qu'il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour Lui : ma vocation religieuse date de la même heure que ma foi : Dieu est si grand. Il y a une telle différence entre Dieu et tout ce qui n'est pas Lui... Dans les commencements la foi eut bien des obstacles à vaincre ; mais moi qui avais tant douté je ne crus pas tout en un jour.» L'abbé le convainc d'entrer en religion.

L'année 1887 est consacrée à la correction définitive de "Reconnaissance au Maroc". En 1888, l'ouvrage paraît. Fin 1888, il part pour un pèlerinage de quatre mois en Terre sainte jusqu'au début 1889, année de sa préparation religieuse.

Après un bref passage à Solesmes puis à la grande Trappe de Soligny, Charles entre à la Trappe de Notre-Dame-des-Neiges, située en Ardèche le 16 janvier 1890, où il prend l'habit de novice et le nom de Frère Marie-Albéric. Après avoir démissionné de la Société de Géographie, il renonce également à son grade d'officier de réserve. « Cette démarche me fait plaisir ; le 15 janvier j'ai quitté tout ce qui m'était un bien mais ils restaient en arrière ces misérables embarras, le grade, la petite fortune et cela me fait plaisir de les jeter par la fenêtre.»

Puis vient un nouveau départ vers l'Orient et la Syrie. Charles rejoint la Trappe de Cheikhlé au mois de juin 1890. Il y restera six années. Cette nouvelle existence cénobitique est faite de méditations ; les moines s'emploient également aux travaux des champs et à la construction de routes. Malgré les réserves qu'il exprime auprès du maître des novices, Dom Louis de Gonzague, au sujet du confort relatif de la Trappe, il prononce le 2 février 1892 ses vœux monastiques et reçoit la tonsure.

Il commence à se demander s'il peut réaliser à la Trappe son idéal de pauvreté, d'abjection et de pénitence : « Si on me parle d'études, j'exposerai que j'ai un goût très vif pour demeurer jusqu'au cou dans le blé et dans le bois et une répugnance extrême pour tout ce qui tendrait à m'éloigner de cette dernière place que je suis venu chercher dans cette abjection dans laquelle je désire m'enfoncer toujours plus à la suite de Notre-Seigneur... et puis, en fin de compte, j'obéirai. »

Très tôt, le moine est désireux de s'affranchir de l'existence collective pour une expérience érémitique. Il se voit opposer un refus et doit gagner la Trappe de Staouéli en Algérie. Puis il part pour Rome fin octobre 1896 afin de suivre des cours de théologie. Cependant, l'abbé général des Trappistes est bientôt convaincu de la vocation personnelle de Charles de Foucauld. Il le dispense de ses vœux le 23 janvier 1897.

Charles de Foucauld repart alors en Palestine et y mène de mars 1897 à mars 1900 une vie d'ermite. Installé dans une modeste cabane chez les Clarisses de Nazareth, il s'emploie incognito comme domestique. Habillé comme les pauvres, Charles vit entouré de ses livres, entretient une étroite correspondance avec sa famille restée en France et accomplit deux voyages à pied jusqu'à Jérusalem. Ses méditations le conduisent alors vers une nouvelle orientation : l'apostolat.

En 1900, il veut acheter le Mont des Béatitudes pour s'y installer comme prêtre ermite ; le projet n'aboutissant pas, il rentre en France et se décide à se préparer au sacerdoce.

À la fin du mois d'août 1900, Charles s'embarque pour Marseille et, de là, gagne le monastère de Notre-Dame-des-Neiges. Après avoir reçu les ordres mineurs, le 7 octobre 1900, il est enfin ordonné prêtre au Grand Séminaire de Viviers le 9 juin de l'année suivante. Au mois d'octobre 1901, le "Père de Foucauld" s'installe à Béni-Abbés, une oasis située sur la rive gauche de la Saoura au sud de l'Oranie dans le Sahara occidental.



Le 9 janvier 1902, il rachète un premier esclave qu'il appelle Joseph du Sacré-Cœur. Une partie de l'année 1902 est consacrée à un échange de correspondance avec Mgr Guérin, préfet Apostolique du Sahara au sujet de l'esclavage. L'année suivante, il songe à accomplir des voyages au Maroc et à y installer une Fraternité. Il voudrait être rejoint par des compagnons auxquels il demanderait trois choses : « être prêts à avoir la tête coupée - être prêts à mourir de faim - à lui obéir malgré son indignité ».

Au mois de juin, devant l'impossibilité de se rendre au Maroc, il confie à l'abbé Huvelin, à Mgr Guérin et au commandant Laperrine son projet d'évangéliser le pays touareg. À la fin de l'été, il va porter secours aux soldats blessés dans les combats de Taghit et d'El-Moungar. Il rédige une petite introduction au catéchisme qu'il intitule l'Évangile présenté aux pauvres nègres du Sahara.

Entre 1904 et 1905, il participe à ce que Laperrine appelle des tournées « d'apprivoisement ». Accompagnant des colonnes de militaires qui nomadisent à travers le désert, il prend contact avec les populations du sud ou du Sahara central. Son périple le mène de Béni-Abbès à Adrar, In Salah, Aoulef, el Goléa, et Ghardaïa. Durant les marches il apprend le tamachek (idiome des Touaregs) et entreprend une traduction de l'Évangile en cette langue. Au cours de l'année 1905, il achève la rédaction des ses Méditations sur les Saints Évangiles, et est autorisé par l'abbé Huvelin et Mgr Guérin à participer à une tournée de nomadisation vers le Hoggar. À In Ouzzel, sur la route de Tamanrasset, il fait connaissance de Moussa Ag Amastane, Amenokal de la tribu des Ahaggar. La mission arrive à Tamanrasset en août 1905. Le Père de Foucauld commence par vivre dans une Zériba. Puis il se construit une maison en pierre et terre séchée. Il décide de s'y installer pour quelques mois et de passer chaque année trois mois à Béni Abbès, six mois à Tamanrasset, trois mois à aller et venir. Les Touaregs vouent rapidement une vénération au « Frère Charles de Jésus », encore qu'une femme confiera plus tard qu'elle et ses compagnes ne cessaient de prier Dieu pour que l'ermite se convertisse à l'islam, désolées qu'un homme si saint fût promis à la damnation éternelle.

(9 décembre 1905, loi de séparation de l'Église et de l'État).

Lors de son retour de Béni-Abbès en septembre 1906, le général Lyautey vient lui rendre visite. Durant toute cette période d'ailleurs, il reçoit souvent des officiers français avec lesquels il a des échanges très fructueux; c'est le cas par exemple du Capitaine Edouard Charlet, dont on donnera le nom à Djanet (Fort-Charlet), ainsi que des lieutenants Ardaillon, Gardel, etc..

En décembre 1906, à Maison Carrée, maison des Pères Blancs, Mgr Guérin lui donne un compagnon, le Frère Michel. Il lui accorde également l'autorisation d'exposer le Saint Sacrement chaque fois que deux adorateurs pourront être présents au moins trois heures. Un an plus tard, les deux religieux partent pour le Hoggar. Le Frère Michel, dont la santé ne résiste pas aux fatigues du voyage, quitte le Père à In Salah. De juillet 1907 à Noël 1908, le Frère Charles reprend sa vie régulière et monastique à Tamanrasset. En janvier, il obtient du Saint-Siège l'autorisation de célébrer la messe sans servant. Il travaille jusqu'à onze heures par jour à des travaux linguistiques qui l'absorberont jusqu'à sa mort: rédaction d'un lexique, qui deviendra peu à peu un monumental dictionnaire touareg-français ; transcription, traduction et commentaire de poésies touarègues (six mille vers en tout), travail qu'il n'achèvera que le 28 novembre 1916, trois jours avant d'être assassiné. De ces travaux, qui aujourd'hui encore font autorité, seule une petite partie sera publiée de son vivant.

Début 1909, et sur demande de sa famille, il fait un premier séjour en France pendant 3 semaines. Mgr Bonnet, évêque de Viviers et Mgr Livinhac, Supérieur Général des Pères Blancs approuvent ses statuts de « l'Union des Frères et Sœurs du Sacré-Cœur », « pieuse union » pour l'évangélisation des colonies. Lors du voyage retour en mars 1909, il s'arrête à El-Abiodh Sidi Cheikh. C'est là que sera fondée la première Fraternité en mars 1933.

Dès 1909, il entreprend d'organiser la confrérie apostolique des « Frères et Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus ».

En 1910, il apprend la mort de Mgr Guérin âgé de 37 ans. Commentaire : « Hélas oui, c'est une grande perte pour moi ; mais il ne faut pas être égoïste ; il est juste que les saints reçoivent leur récompense... »

De janvier à mai 1911 il retourne en France. Il consacre les deux mois suivants à un quatrième séjour à Tamanrasset pendant lesquels il continue ses travaux de lexique.

En décembre 1911, pour suivre les Touaregs qui y ont mené leurs troupeaux en raison de la sécheresse persistante ailleurs, il séjourne à l'Assekrem, plateau au cœur du Hoggar. Il y rédige son testament : « Je désire être enterré au lieu même où je mourrai et y reposer jusqu'à la résurrection. J'interdis qu'on transporte mon corps, qu'on l'enlève du lieu où le bon Dieu m'aura fait achever mon pèlerinage. »

Il fera construire plus tard d'après ses plans un petit ermitage qu'il pourra utiliser l'été.

Fin 1913, Charles de Foucauld fait son dernier voyage en France et, sept mois durant, visite sa famille et amis : les Foucauld de Ponbriand, les Blic, les Bondy et son ami Laperinne.

En septembre 1914, à la nouvelle de la déclaration de guerre en Europe, il écrit à sa cousine Marie, après de multiples débats de conscience : « Vous sentez qu'il m'en coûte d'être si loin de nos soldats et de la frontière : mais mon devoir est, avec évidence, de rester ici pour aider à y tenir la population dans le calme ».

Celui qui voulait mourir martyr est assassiné d'un coup de feu le 1er décembre 1916 par des rebelles et pillards senousistes à la porte de son ermitage.

Dans sa dernière lettre à sa cousine Marie de Bondy, Charles de Foucauld écrit : « On trouve qu'on n'aime jamais assez, mais le bon Dieu qui sait de quelle boue il nous a pétris et qui nous aime bien plus qu'une mère ne peut aimer son enfant, nous a dit, Lui qui ne ment pas, qu'il ne repousserait pas celui qui vient à Lui ».

Il repose depuis le 26 avril 1929 dans un tombeau à El-Goléa, appelé aujourd'hui El Méniaa.

En 1919, le cardinal Amette donne un avis favorable pour la reprise de l'Union des Frères et Sœurs du Sacré-Cœur (Association de laïcs vivant dans le monde), sous la présidence de Mgr Le Roy, désigné par Mgr Livinhac.

En 1924, l'amiral Malcor, ordonné prêtre, prend l'habit du Père de Foucauld et s'installe à Sidi Saad, près de Kairouan en Tunisie. Le Père Henrion l'y rejoint.

En août 1933, fondation à Montpellier des Petites Sœurs du Sacré-Cœur. En septembre de la même année, fondation des Petits Frères de Jésus : cérémonie de prise d'habit des cinq premiers Petits Frères, en la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre. En septembre, première fraternité des Petits Frères à el Abiodh Sidi Cheikh au Sahara. En septembre 1939, fondation des Petites Sœurs de Jésus au Sahara.

Le rayonnement spirituel du Père de Foucauld est aujourd'hui perpétué par près d'une vingtaine de congrégations et d'associations religieuses qui proposent de « réapprendre le mystère de l'incarnation aux hommes d'aujourd'hui ».

Le 24 avril 2001, le Pape Jean-Paul II approuve le décret d'héroïcité des vertus du Père de Foucauld qui devient ainsi Vénérable.

Outre sa Reconnaissance au Maroc (1888), Charles de Foucauld a laissé de nombreux documents scientifiques qu'a publiés l'université d'Alger ainsi que ses Écrits spirituels. En 1925 et 1930, André Basset a publié en deux tomes les poèmes dont il n'avait achevé la traduction qu'à la veille de sa mort. En 1951, l'imprimerie nationale de France, avec le concours du Gouvernement général de l'Algérie, a publié le dictionnaire touareg-français complet, en quatre volumes, magnifique travail de l'Imprimerie nationale et somme de travail incroyable de Charles de Foucauld, en vue du bien des Touaregs et plus généralement des Berbères.



La vie spirituelle intense de Charles de Foucauld est marquée par sa volonté d'imitation de Jésus, particulièrement dans son aspect miséricordieux ( le Sacré-Coeur dont il portait l' emblème ), et par un apostolat innovant.



La vie du Christ est une inspiration fondamentale pour Charles de Foucauld. Plus que Jésus, prophète sur les routes, c'est le Jésus artisan à Nazareth qui lui sert de modèle. Il s'agit de vivre de façon humble : comme Jésus, il faut adopter un mode de vie pauvre, mais plus encore, il faut éviter d'essayer de se démarquer de son prochain. Jésus à Nazareth ne prêche pas encore la bonne nouvelle, il l'incarne. Charles de Foucauld ne voulait pas être une institution, un homme différent, mais au contraire ne désirait que se mêler à la population dans laquelle il exerçait son apostolat. Comme Jésus, il voulait gagner son pain quotidien en travaillant de ses mains. Sa prêtrise ne devait pas se manifester comme une fonction supérieure. En conséquence, Foucauld invente un apostolat particulier : l'apostolat du milieu par le milieu (cité dans Paul), par la fraternité.



Ce n'est pas un apostolat actif. Bien au contraire, Charles de Foucauld refuse de prêcher l'évangile à une population qui ne serait intéressée que superficiellement dans les saintes écritures. Si l’on en croit ce qu'il ne cessa de répéter à ses correspondants, il n’avait été conduit à Tamanrasset que par le désir d’assurer, silencieuse et cachée, une présence chrétienne en ces terres infidèles. « Ma vie n’est point ici celle d’un missionnaire, mais celle d’un ermite », écrivait-il à Henry de Castries le 28 octobre 1905[1]. Le 2 juillet 1907, il écrivait encore à Mgr Guérin, en soulignant les mots : « Je suis moine, non missionnaire, fait pour le silence, non pour la parole. »[2]. C'est pourquoi, il ne paraît pas indiqué de le qualifier de " missionnaire ". En imitant le Christ, Charles de Foucauld espère présenter un modèle de sainteté aux yeux de tous, et ainsi les intéresser à son maître, le Christ : en voyant combien ses serviteurs sont bons, ils devaient en déduire la grandeur de leur inspirateur. Le père de Foucauld prônait la fraternité entre les hommes : il donnait tout pour ses « chers nomades », sans rien exiger en retour. La lecture de la biographie de René Bazin entraîne une réflexion quant à ses motivations. Il semble que cet apostolat différent était vu comme meilleur, mais aussi plus efficace. Foucauld voyait les limites d'un prosélytisme classique, d'une prêche imposée, sur une population, les Touaregs, restée très indépendante, même vis-à-vis de l'Islam. Connaître la langue, ne pas chercher à s'imposer, afficher d'abord ses qualités, se faire aimer, pour mieux amener à la religion : cet apostolat était effectivement plus porteur. Le mot « apprivoisement », utilisé pour décrire son action, décrit bien cette problématique.



L'influence de Charles de Foucauld fut grande : sa biographie, « Charles de Foucauld, explorateur du Maroc, Ermite au Sahara », fut un best-seller (écrite par René Bazin, disponible aux éditions nouvelle cité). Il est considéré comme un des théologiens majeurs du siècle. Une famille spirituelle contribue à répandre ses idées. Il faut citer les Petits Frères de Jésus, fondés par René Voillaume, et les Petites Sœurs de Jésus, fondées par petite sœur Magdeleine de Jésus.



Cette question mineure concerne les différents noms désignant Charles-Eugène de Foucauld de Ponbriand : Charles de Foucauld de Ponbriand est son nom complet. Cette dénomination est utilisée pour le désigner dans la période qui précède son entrée dans les ordres. « Père de Foucauld » désigne sa fonction depuis son ordination. C'était l'appellation la plus courante. Frère Charles a la préférence de sa famille spirituelle : pour les Petites Sœurs de Jésus, ce nom exprime mieux son idéal de fraternité et sa volonté de rester humble. On trouve aussi le nom de « petit frère universel ».

La façon dont Charles de Foucauld se désignait lui-même dans ses correspondances a varié au cours des années  : après avoir signé ses lettres "Frère Marie-Albéric" lorsqu’il était à la Trappe, "Frère Charles" après sa sortie de la Trappe, puis "Charles de Jésus" ou "Frère Charles de Jésus" à partir de 1899, il semble, après 1913 ou 1914 , ne plus guère signer que "Charles de Foucauld" ou "Fr. Charles de Foucauld"[3].



Charles de Foucauld a été béatifié par le pape Benoît XVI le 13 novembre 2005. Il est en effet crédité d'un miracle, la guérison d'une italienne atteinte d'un cancer, en faveur de qui il aurait intercédé auprès de Dieu. Lors de la cérémonie de béatification, où furent présents Pascal Clément et Madame Marie-Laure Le Guay, le pape a déclaré que la vie de Charles de Foucauld était « une invitation à aspirer à la fraternité universelle ».





Touareg





  • Charles de Foucauld, Reconnaissance au Maroc. L'Harmattan, 2000
  • Jijé, Charles de Foucauld : conquérant pacifique du Sahara (bande dessinée). – Paris : Éditions du Triomphe, 2005. – 47 p., 30 cm. – ISBN 2-84378-262-7. – Nouvelle mise en couleurs de l'ouvrage précédemment paru chez Dupuis en 1990.
  • Antoine Chatelard, 2002, Charles de Foucauld. Le chemin vers Tamanrasset. Paris : Karthala.
  • Antoine Chatelard, 2000, La mort de Charles de Foucauld. Paris : Karthala.
  • Paul Pandolfi, 1998, Sauront-ils séparer entre les soldats et les prêtres ?, sur l’installation du Père de Foucauld dans l’Ahaggar, Journal des Africanistes 67 (2) : 49-71.
  • Dominique Casajus, 1997, Chants touaregs. Recueillis et traduits par Charles de Foucauld. Paris, Albin Michel.
  • Jean-Edern Hallier, 1986, "L'Evangile du fou". Paris, Albin Michel.
  • Jean-François Six, 1962, Vie de Charles de Foucauld, Éditions du Seuil
  • Michel Carrouges, 1961 : Charles de Foucauld, Éditions Casterman, illustré par René Follet
  • Léonce de Grandmaison, 1921, Un homme d'aujourd'hui. Le Père Charles de Foucauld. Etudes, 20 novembre 1921, 408-432.
  • Marie Andre, 1937, L'Ermite du Grand désert. Librairie Missionnaire, Paris. Editions de l'apostolat de la priére, Toulouse.
  • René Pottier, La vocation saharienne du Père de Foucauld, éd. Plon, 1939
  • René Pottier, Charles de Foucauld et Marie de Magdala, éd. Sorlot, 1942


  1. Voir Foucauld, Lettres à Henry de Castries, Paris, Grasset, 1938, p. 177
  2. Cité in J.-F. Six, Itinéraire spirituel de Charles de Foucauld, Paris, Éditions du Seuil, 1958, p. 280
  3. Voir à ce sujet les remarques des éditeurs de Foucauld, Lettres à Henry de Castries, Paris, Grasset, 1938: 7

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