Biographie de Charles de Valois (1270-1325)

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Charles de Valois (12 mars 1270 - 16 décembre 1325), fils du roi Philippe le Hardi et d'Isabelle d'Aragon.

  • Empereur titulaire de Constantinople
  • Roi titulaire d'Aragon
  • Comte de Valois de 1286 à 1325
  • Comte d'Alençon
  • Comte de Chartres
  • Comte d'Anjou de 1290 à 1325
  • Comte du Maine de 1290 à 1313 (Charles III)


Moyennement intelligent, démesurément ambitieux et passablement avide, Charles de Valois collectionne les principautés. Il eut en apanage les comtés de Valois, d'Alençon et du Perche (1285). Il devint en 1290 comte d'Anjou et du Maine, par son mariage avec Marguerite, fille aînée de Charles II d'Anjou, roi nominal de Sicile ; par un deuxième mariage, contracté avec l'héritière de Baudouin II de Courtenay, dernier empereur latin de Constantinople, il avait aussi des prétentions sur ce trône. Mais il est fils, frère, beau-frère et gendre de rois ou de reines (de France, de Navarre, d'Angleterre et de Naples), en attendant d'être de surcroît, après sa mort, père de roi (Philippe VI).

Il rêve donc de mieux et courut toute sa vie après une couronne qu'il n'obtint jamais. En 1280, le pape le reconnaît roi d'Aragon (sous la vassalité du Saint-Siège), comme fils de sa mère, en concurrence avec le roi Pierre III d'Aragon qui après la conquête de l'île de Sicile est un ennemi de la papauté. Charles épouse alors Marguerite de Sicile, fille napolitaine du roi pour renforcer sa position en Sicile, supportée par le pape. Grâce à cette Croisade d'Aragon entreprise par son père Philippe III contre l'avis de son frère, le futur Philippe le Bel, il a cru gagner un royaume et n'a gagné que le ridicule d'avoir été couronné avec un chapeau de cardinal en 1285, ce qui lui vaut le sobriquet de roi du chapeau. Il n'osera jamais user du sceau royal qu'il s'est fait faire à cette occasion et devra renoncer au titre.

Sa principale qualité est d'être un bon chef de guerre. Il commande en Flandre avec efficacité en 1297. Le roi en déduira un peu vite que son frère peut conduire une expédition en Italie, contre Frédéric II de Sicile. L'affaire se terminera par la paix de Caltabellotta (1302).

Charles songe en même temps à la couronne impériale et épouse en 1301 Catherine de Courtenay, impératrice titulaire, petite-fille héritière du dernier empereur latin de Constantinople, Baudouin II de Courtenay. Mais il lui faut la connivence du pape, qu'il obtient par son expédition en Italie, où il court secourir Charles II d'Anjou contre Frédéric II de Sicile, son cousin. Nommé vicaire pontifical, il se perd dans l'imbroglio de la politique italienne, se compromet dans un massacre à Florence et dans de sordides exigences financières, gagne la Sicile où il consolide sa réputation de pillard et rentre en France déconsidéré en 1301-1302.

Charles se remet à convoiter une nouvelle couronne quand meurt l'empereur Albert de Habsbourg en 1308. Son frère l'y encourage, qui ne souhaite pas prendre lui-même le risque d'un échec et pense probablement qu'un homme de paille sur le trône impérial serait une bonne chose pour la France. La candidature avorte avec l'élection de Henri VII, empereur des Romains. Charles continuera de rêver à la couronne orientale des Courtenay.

Il n'en bénéficie pas moins de l'affection que Philippe le Bel, qui a souffert du remariage de son père, porte à son seul frère germain et il se trouve de ce fait placé à des responsabilités qui dépassent largement son talent. Ainsi c'est lui qui dirige en 1311 l'ambassade royale aux conférences de Tournai avec les Flamands ; il s'y brouille avec Enguerrand de Marigny, qui l'éclipse ouvertement. Le frère du roi ne pardonnera pas l'affront et sera le plus acharné contre Marigny après la mort du roi.

Il s'est farouchement opposé au supplice de Jacques de Molay, grand maître des Templiers, en 1314.

La mort prématurée de Louis X en 1316 laisse à Charles de France l'espoir d'un rôle politique, mais il ne peut empêcher son neveu Philippe de France de prendre la régence en attendant de devenir le roi Philippe V. À la mort de celui-ci en 1322, nul ne songe au comte de Valois.

En 1324, il commande avec succès l'armée de son neveu Charles IV pour enlever la Guyenne et la Flandre au roi d'Angleterre Édouard II d'Angleterre. Il contribue, par la prise de plusieurs villes, à accélérer la paix, qui fut conclue entre le roi de France et la sœur de ce prince, Isabelle, reine d'Angleterre.

Il meurt le 16 décembre 1325 à Nogent-le-Roi, laissant un fils qui montera sur le trône de France sous le nom de Philippe VI et commencera la branche des Valois : une revanche posthume pour l'homme dont on a dit : Fils de roi, frère de roi, oncle de trois rois, père de roi, mais jamais roi lui-même.



Il a été marié trois fois :

  1. le 16 août 1290 à Corbeil avec Marguerite d'Anjou (1273 † 1299), comtesse d'Anjou et du Maine, fille du roi de Naples Charles II et de Marie de Hongrie, dont il a :
    • Isabelle (1292 † 1309), mariée en 1297 à Jean III (1286 † 1341), duc de Bretagne
    • Philippe (1293 † 1350), comte de Valois, qui deviendra roi de France (Philippe VI) et fondera ainsi la dynastie des Valois
    • Jeanne (1294 † 1342), mariée en 1305 à Guillaume Ier d'Avesnes (1286 † 1337), comte de Hainaut
    • Marguerite (1295 † 1342), mariée en 1310 à Guy de Châtillon († 1342), comte de Blois
    • Charles II (1297 † 1346), comte d'Alençon
    • Catherine (1299 † 1300)
  2. en 1302 à Saint-Cloud avec Catherine de Courtenay (1274 † 1307), impératrice titulaire de Constantinople, qui lui donne :
    • Jean (1302 † 1308) comte de Chartres
    • Catherine (1303 † 1346), impératrice titulaire de Constantinople, mariée à Philippe Ier de Tarente (1278 † 1332)
    • Jeanne de Valois, (1304 † 1363), mariée en 1318 à Robert III d'Artois (1287 † 1342)
    • Isabelle (1306 † 1349), abbesse de Fontrevault
  3. en 1308 à Poitiers avec Mahaut de Saint-Pol (1293 † 1358), fille de Guy IV de Châtillon, comte de Saint-Pol, dont il a :
    • Louis (1309-1328), comte de Chartres et d'Alençon
    • Marie (1311-1331), mariée en 1324 à Charles de Calabre (1298 † 1328)
    • Isabelle (1313-1383), mariée en 1336 avec Pierre Ier de Bourbon (1311 † 1356)
    • Blanche (1317-1348), mariée en 1328 à Charles IV (1316 † 1378), empereur germanique


« Charles de Valois », dans Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, 1878 [détail des éditions] (Wikisource)



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