Biographie de Claude Louis Berthollet

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Claude Louis Berthollet, né à Talloires, en duché de Savoie, alors État du royaume de Piémont-Sardaigne, le 9 décembre 1748 et mort à Arcueil le 6 novembre 1822, est un chimiste français.



Né dans le duché de Savoie, il fait des études de médecine à Turin puis suit des cours de chimie à Paris, où il est nommé médecin du duc d'Orléans. Il se fait connaître par la publication de nombreux mémoires et il est élu membre de l'Académie des sciences en 1780. Il devient membre de la Royal Society le 30 avril 1789. Il est ensuite nommé commissaire pour la direction des teintures en 1784, membre de la commission des Monnaies en 1792, professeur aux écoles normales et à l'École polytechnique en 1794.

Berthollet est influencé par Antoine Lavoisier et travaille avec Gaspard Monge. Louis Joseph Gay-Lussac est un de ses protégés. Il accompagne Napoléon Bonaparte lors de la campagne d’Italie. Il est avec Monge l'un des "commissaires du gouvernement à la recherche des objets de science et d'art dans les pays conquis par les armées de la République"[1].

Puis il part en Égypte au sein de la commission des sciences et des arts, où il entre à l'Institut d'Égypte dans la section de physique et est élu vice-président. Il en sera élu président l'année suivante. Il fait d'importantes recherches sur le natron qui lui permettront d'élaborer sa théorie sur les affinités.

Il quitte l'Égypte avec Bonaparte le 23 août 1799.

Membre de la société philomathique de Paris, il est en 1801 l’un des fondateurs et des administrateurs de la société d’Encouragement pour l’industrie nationale.

Il est nommé en 1802 président de la commission chargée de préparer la Description de l'Égypte.

Il est nommé membre du Sénat conservateur en 1805 et reçoit sous l'Empire le titre de comte. Il devient pair de France sous la Restauration. Il passe ses dernières années dans sa maison d'Arcueil, où il avait formé avec Laplace une société savante, la Société d'Arcueil, réunissant des scientifiques tels que Gay-Lussac, Louis Étienne Malus, Jean-Baptiste Biot ou Hippolyte-Victor Collet-Descotils. Frédéric Cuvier et Étienne Pariset ont prononcé son Éloge.



Outre de nombreux mémoires, il publie, en 1791 et 1804, Éléments de l'art de la teinture, à la suite de ses recherches dans le cadre de la Manufacture des Gobelins. Il publie Recherche sur les lois des affinités chimiques en 1801 et Essai de statistique chimique en 1803. Dans cet ouvrage majeur, il définit pour la première fois la notion d’équilibre chimique et pose les lois des doubles décompositions connues depuis sous le nom de lois de Berthollet.



On lui doit la découverte des propriétés décolorantes du chlore d'où il tire un procédé de blanchiment des toiles utilisant une solution d'hypochlorite de sodium : il vient d'inventer l'eau de Javel. On lui doit aussi l'emploi du charbon pour purifier l'eau et la fabrication de plusieurs poudres fulminantes. Il fut, avec Antoine Lavoisier et Louis-Bernard Guyton-Morveau, un de ceux qui contribuèrent le plus à opérer une révolution en chimie. Il fut aussi avec Gaspard Monge l'un de ceux qui furent chargés pendant les guerres de la Révolution française de diriger la fabrication de la poudre et de multiplier les moyens de défense.

Son nom a été donné à un lycée d'Annecy.



« Claude Louis Berthollet », dans Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, 1878 [détail des éditions] (Wikisource)

Michelle Sadoun-Goupil, Le Chimiste Claude-Louis Berthollet (1748-1822), sa vie son oeuvre, Paris, Vrin, 1977.



  1. Robert Solé, Les savants de Bonaparte en Égypte, Paris, Éditions du Seuil, 1998, pp. 213-214


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