Denis Diderot, né le 5 octobre[1]1713 à Langres et mort le 31 juillet 1784 à Paris, est un écrivain, philosophe et encyclopédiste français.
Diderot marque par sa culture, son esprit critique, sa puissance de travail et un certain génie. Il laisse son empreinte dans l'histoire de tous les genres littéraires auxquels il s'est essayé : il pose les bases du drame bourgeois au théâtre, il révolutionne le roman avec Jacques le Fataliste, il invente la critique à travers ses Salons, il est le maître d'œuvre d'un des ouvrages les plus marquant de son siècle, la célèbre Encyclopédie. En philosophie également, Diderot se démarque en proposant plus de la matière à un raisonnement autonome du lecteur qu'un système complet, fermé et rigide. Rien en fait ne représente mieux le sens de son travail et son originalité que les premiers mots de ses Pensées sur l'interprétation de la nature (1753) :
Denis Diderot nait à Langres, dans une famille bourgeoise en 1713. De 1723 à 1728, il suit les cours du collège jésuite proche de sa maison natale. À douze ans, il envisage la prêtrise et, le 22 août 1726, reçoit la tonsure de l'évêque de Langres.
En 1728, il part étudier à Paris, peu intéressé par les perspectives de la province, l'entreprise familiale et la carrière ecclésiastique à laquelle son père le destine.
Ses premières années parisiennes sont mal connues. De 1728 à 1732, il suit sans doute des cours au collège d'Harcourt puis étudie la théologie à la Sorbonne. En tous cas, le 6 août 1735, il reçoit une attestation de l'université de Paris qui confirme qu'il a étudié avec succès la philosophie pendant deux ans et la théologie durant trois ans.
Les années 1737-1740 sont difficiles. Diderot donne des cours, compose des sermons, se fait clerc auprès d'un procureur d'origine langroise, invente des stratagèmes pour obtenir de l'argent de ses parents..., au désespoir de son père.
Malgré cela, ses préoccupations prennent progressivement une tournure plus littéraire. Il fréquente les théâtres, apprend l'anglais et donne quelques articles au Mercure de France - le premier serait une épître à M. Basset, en janvier 1739. Fin des années 1730, il annote une traduction d'Étienne de Silhouette de l'Essay on man d'Alexander Pope et se tourne vers la traduction.
Au début de l'année 1743, s'opposant à son mariage, son père le fait enfermer quelques semaines dans un monastère près de Troyes. Il s'en échappe et en novembre épouse secrètement Anne-Antoinette Champion (1710-1796) le 6 novembre 1743 en l'église Saint-Pierre-aux-bœufs [2]. Ce mariage ne sera pas heureux : Diderot est infidèle (sa première liaison, avec Madeleine de Puisieux, est attestée en 1745) et son épouse très éloignée sans doute de ses considérations littéraires. Ils auront toutefois quatre enfants dont seule la cadette, Marie-Angélique (1753-1824), atteindra l'âge adulte.
La même année (1743) marque également le début de la carrière littéraire de Diderot, par le biais de la traduction. Il traduit The Grecian history de Temple Stanyan. En 1745 paraît sa traduction, largement augmentée de ses réflexions personnelles, de An inquiry concerning virtue or merit de Shaftesbury, sous le titre Essai sur le mérite et la vertu[3], premier manifeste du glissement de Diderot de la foi chrétienne vers le déisme, bientôt confirmé par la publication de sa première œuvre originale, les Pensées philosophiques en 1746. De 1746 à 1748, il collabore avec Marc-Antoine Eidous et François-Vincent Toussaint à la traduction du Medicinal dictionnary de Robert James.
En 1748, parait son premier roman, Les bijoux indiscrets, conte orientalisant parodiant entre autres la vie à la cour et ses Mémoires sur différents sujets de mathématiques. Il rencontre à cette époque Jean-Philippe Rameau et collabore à la rédaction de sa Démonstration du principe de l'harmonie.
Les positions matérialiste de sa Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient qui paraît en 1749 achèvent de convaincre la censure que leur auteur, surveillé depuis quelques temps, est un individu dangereux. L'œuvre est condamnée et Diderot est incarcéré 3 mois au château de Vincennes sur ordre de Berryer qui saisit le manuscrit de La promenade du sceptique.
Durant sa détention, Diderot reçoit la visite de son ami Jean-Jacques Rousseau qui, en chemin, a eu la fameuse illumination qui l'amènera à écrire, sans doute avec l'aide de Diderot son Discours sur les sciences et les arts. Sa pénible détention traumatise Diderot[4] et l'incite à une grande prudence dans ses publications, préférant même réserver certains de ses textes à la postérité (voir chapitre Réception de l'œuvre de Diderot, ci-dessous).
L'année 1747 marque le début des pleines responsabilités de Diderot dans le vaste projet éditorial de l'Encyclopédie. Le Prospectus paraît en 1750 et le premier volume l'année suivante. Il consacrera 20 ans de sa vie à ce projet qu'il n'achève qu'en juillet 1765, remplit de l'amertume due au manque de reconnaissance, aux errements de l'édition et au comportement des éditeurs (Le Breton en particulier).
Cette période de travail intense, avec les charges, les menaces, les satisfactions et les déceptions qui l'accompagnent est également marquée par quelques événements privés importants pour Diderot.
En 1750, il est nommé à l'Académie royale des sciences et des Belles lettres de Berlin. En 1753 naît Marie-Angélique, seul de ses enfants qui lui survivra. En 1755 il rencontre Sophie Volland amante pour la vie. En 1759, son père décède. Le voyage nécessaire à Langres pour régler la succession donne l'occasion à Diderot de retrouver sa terre natale et de repenser à l'intégrité de son père. Il en sortira des textes importants, comme le Voyage à Langres et l'Entretien d'un père avec ses enfants.
En 1762, enfin, Diderot pense à vendre sa bibliothèque pour doter correctement sa fille. Catherine II intervient et achète le bien. Non seulement elle l'achète "en viager" pour permettre au philosophe d'en garder l'usage jusqu'à sa mort mais en plus elle le nomme bibliothécaire de ce fond et le rétribue en tant que tel. Suite à un retard de paiement, l'impératrice lui paye même 50 années d'avance. Cette vente permettra au philosophe de me mettre sa fille et ses vieux jours à l'abri du besoin mais aura un impact important sur la réception de son œuvre.
À partir de 1769, Grimm confie plus largement la direction de la Correspondance littéraire à Diderot et madame d'Epinay. Ce sera l'occasion pour Diderot de développer une activité de critique d'une part littéraire et d'autre part artistique par le biais des neuf salons qu'il rédigera entre 1759 et 1781.
La Correspondance littéraire sera également le premier mode de diffusion, manuscrit et très restreint, de nombreux textes du philosophe.
À cette époque également, Diderot négocie des tableaux pour Catherine II. Grande amateur d'art, l'impératrice chargeait ses principaux contacts, dont Diderot, d'acheter des œuvres européennes alors introuvables en Russie. C'est Diderot, par exemple, qui se charge en personne de l'achat du cabinet de Pierre Crozat en 1772.
Le 9 septembre 1772 sa fille unique se marie avec Abel-François Caroillon de Vandeul.
Du 11 juin 1773 au 21 octobre 1774 Diderot entreprend un long voyage[5] à Saint-Pétersbourg, marqué par ses entretiens avec Catherine II et deux longs séjours à La Haye, dans les Provinces-Unies de l'époque. Les conditions pénibles de ce voyage ont certainement écourté sa vie de quelques années.
Il faut avant tout briser l’idée de l’unité de ce voyage. L’absence de Diderot de Paris en 1773/1774 couvre en fait deux séjours en Hollande dont la durée cumulée est le double de celle du séjour à Saint-Pétersbourg qui les sépare. Les occupations de Diderot à La Haye justifient sans doute le détour et explique sans doute pourquoi il a laissé un Voyage en Hollande et peu de notes en soi sur son voyage en Russie.
Diderot était invité depuis 11 ans auprès de Catherine II et les largesses de l'impératrice méritaient certainement qui aille la remercier de vive voix. Toutefois, ses obligations (l'Encyclopédie, la Correspondance littéraire entre autres) et son caractère casanier, l'incitent à reporter un voyage considéré à l'époque comme pénible. Ce n'est qu'après le mariage de sa fille qu'il se décide enfin, non sans avoir pris de nécessaires précautions quant à sa succession.
Les déplacements[6] de Diderot au cours de son voyage:
Dès son retour, il ralentit progressivement sa vie sociale, sa santé se dégrade et il l'accepte mal. Il multiplie et allonge les séjours à Sèvres et au château du Granval, parfois en famille. En 1781, il collabore un peu à l'Encyclopédie méthodique de Panckoucke et Naigeon.
À partir de 1783, Diderot met de l'ordre dans ses textes et travaille avec Naigeon, à établir trois copies de ses œuvres : une pour lui, une pour sa fille et la dernière pour Catherine II. Sophie Volland décède le 22 février 1784. Le 15 mars 1784, le décès prématuré de sa petite-fille lui est peut-être caché, pour le ménager.
Le 1er juin 1784, il déménage au 39 rue de Richelieu à Paris, grâce aux bons soins de Grimm et de Catherine II qui souhaitaient lui éviter les 4 étages d'escalier de son logis de la rue Taranne. Il ne profite que deux mois de ce confort et décède à son domicile, le 31 juillet 1784. Il est autopsié, à sa demande et inhumé à l'église Saint-Roch, dans la chapelle de la Vierge, le 1er août.
En juin 1786, sa bibliothèque et ses archives sont envoyées à Saint-Petersbourg où elles ne recevront pas l'attention accordées à celles de Voltaire : les pertes, les disparitions et l'absence de tout inventaire nuiront également à la connaissance et la bonne réception de l'œuvre de Diderot.
À la Révolution, les tombes de l'église Saint-Roch sont profanées et les corps jetés à la fosse commune. La sépulture et la dépouille de Diderot ont donc disparu, contrairement à celles de Voltaire et Rousseau, tous deux inhumés au Panthéon de Paris, comme se plait à le souligner Raymond Trousson.
Chez Diderot, les idées s'effacent un peu devant la méthode (voir ci-dessus). Il est moins question d'imposer ses vues personnelles que d'inciter à la réflexion personnelle sur base de différents arguments, donnés, par exemple, par les intervenants des dialogues. Les idées personnelles de Diderot ont de plus évolué avec l'âge.
Plutôt que philosophe, Diderot est avant tout un penseur. Il ne poursuit en effet ni la création d'un système philosophique complet, ni une quelconque cohérence : il remet en question, éclaire un débat, soulève les paradoxes, laisse évoluer ses idées, constate sa propre évolution mais tranche peu.
Pour autant, des thèmes apparaissent récurrents dans la pensée de Diderot et des orientations générale peuvent être dégagées de ses écrits.
La morale est une préoccupation récurrente de Diderot. Le thème apparaît dans ses critiques artistiques (voir ci-dessous), dans son théâtre (voir ci-dessus) et dans quelques textes (contes et dialogues), rédigés en 1771-1772, autour du thème de la morale, inspirés par un retour dans sa région natale, imprégnée de la droiture morale de son père décédé.
Diderot s'est peu impliqué concrètement dans les débats politiques de son temps. Toutefois quelques œuvres rendent compte de sa philosophie politique. On peut les partager en deux groupes. D'une part les œuvres de commande et les contributions à l'œuvre d'autrui et d'autre part les textes strictement personnels qu'il rédige plutôt... à la fin de sa vie, à partir de 1770. Il se fera un devoir de partager ses idées avec Catherine II lors de son voyage à Saint-Pétersbourg.
Deux idées principales sont certainement le rejet du despotisme et le rôle de l'enseignement (non religieux) dans le bonheur et le développement de la société.
Diderot a également pris parti pour le développement du droit d'auteur[11].
Diderot est également auteur ou co-auteur de quelques ouvrages scientifiques. En tant que matérialiste, la compréhension des phénomènes naturels est une préoccupation importante que l'on retrouve à travers toute son œuvre.
Diderot a touché à tous les genres littéraires s'y montrant souvent novateur.
Diderot a entamé sa carrière littéraire par des traductions, qui étaient, initialement le moyen de gagner sa vie.
La réception de l'œuvre Diderot a une histoire particulière car l'image du philosophe a évolué avec le temps, au gré de la révélation progressive de son œuvre. Cette rélévation progressive apparait clairement dans le tableau de synthèse de l'article Œuvres de Denis Diderot.
Diderot, de son vivant, s'est montré prudent face à la censure. Après son incarcération de 1749, il ne voulait plus prendre de risque ni en faire courir à sa famille. Il va donc lui-même reporter la publication de certains textes, parfois de plusieurs années après les avoir écrits. Par ailleurs, certains textes ne sont parus que dans la Correspondance littéraire de Grimm. La publication manuscrite de ce périodique ne permettait pas d'assurer une connaissance publique de l'œuvre de Diderot.
En 1762, Catherine II de Russie achète à Diderot sa bibliothèque personnelle en viager. Diderot en garda l'usage et perçoit une rente en tant que bibliothécaire, mais l'accord impliquait que le fond et tous ses manuscrits seraient transférés à Saint-Pétersbourg à sa mort. Ce qui fut fait en juin 1786. Cet éloignement n'a pas favorisé la publication des textes soigneusement cachés par Diderot. De plus, sur place, les documents n'ont pas eu les égards de ceux de Voltaire (tranférés dans des circonstances similaires), n'ont pas été catalogués et se sont éparpillés. Certains n'ont réapparu qu'au XXe siècle...
De son côté, sa propre fille, catholique et conservatrice, a sans doute, malgré l'admiration qu'elle vouait à son père, cherché à orienter la publication de ses œuvres, « corrigeant » si nécessaire les textes qui ne respectaient pas assez ses valeurs, la bienséance ou les intérêts commerciaux de son mari. Un exemple concret [14] est le grattage systématique des noms de personnes dans les manuscrits de Ceci n'est pas un conte. Dans d'autres textes, certains noms seront remplacés ou ramenés à leur initiale. Même le fidèle secrétaire, Naigeon n'obtiendra pas sa collaboration pour l'édition des Œuvres complètes qu'il préparait avec Diderot à partir de 1782 et qui ne paraitra qu'en 1800 (voir ci-dessous).
Les vicissitudes de l'histoire ont également porté atteinte à l'image de Diderot. En 1796 parait l'Abdication d'un roi de la fève ou Les éleuthéromanes. Le public tient des passages de ce texte pour responsables de certains excès de la Révolution française et les reproche à Diderot. Ces dispositions n'inciteront ni à l'étude, ni à la publication ni à la découverte de textes durant tout le XIXe siècle.
Il faut en fait attendre le bicentenaire de sa naissance pour rencontrer un regain d'intérêt et avoir une vision considérée comme complète de ses écrits.
L'image de Diderot a donc évolué avec le temps en fonction de l'idée que l'on pouvait se faire de l'intégralité de son œuvre. Ses contemporains le connaissaient essentiellement comme l'éditeur de l'Encyclopédie, le promoteur d'un nouveau genre théâtral (le « drame bourgeois »), l'auteur d'un roman libertin (Les Bijoux indiscrets) et de quelques textes philosophiques critiqués. Après sa mort, il est assez symptomatique de voir les éditions d'« Œuvres complètes » s'enrichir avec le temps.
Voir aussi : catégorie:Connaissance de Denis Diderot et Catégorie:Académie de Berlin.
L'analyse de l'entourage de Diderot souligne, autant que la diversité de son œuvre, son côté éclectique. Les personnages repris ici n'entretenaient bien sûr pas tous les mêmes rapports avec Diderot : si tous ont eu un impact sur sa vie ou son œuvre, ces contacts ont pu n'être alimentés que sporadiquement ou ponctuellement.
Diderot rencontre Rousseau à la fin de 1742 ; une forte amitié naît entre les deux hommes. C'est sur la route qui le conduit en visite à Diderot enfermé à Vincennes qu'il a la fameuse illumination qui lui inspirera le Discours sur les sciences et les arts. Diderot lui-même n'est d'ailleurs pas étranger à certaines idées du texte.
À partir de 1757 les idées des deux hommes commencent à diverger entre autres sur la question de la valeur de l'homme dans la société. Diderot en effet comprend mal le désir de solitude exprimé par Rousseau et écrit dans le Fils naturel, que l'homme de bien est dans la société, et qu'il n'y a que le méchant qui soit seul. Rousseau se sent attaqué et s'offusque. L'éloignement tourne à la dispute qui s'amplifie jusqu'à la rupture totale en 1770, lorsque Rousseau compte Diderot au nombre de ses ennemis.
L'un et l'autre alimenteront une grande amertume de cette rupture. Ainsi, dans sa Lettre sur les spectacles, adressée à D'Alembert, Rousseau écrit : J'avais un Aristarque sévère et judicieux, je ne l'ai plus, je n'en veux plus ; mais je le regretterai sans cesse, et il manque bien plus encore à mon cœur qu'à mes écrits . Et Diderot répond, dans l'Essai sur les règnes de Claude et de Néron : Demandez à un amant trompé la raison de son opiniâtre attachement pour une infidèle, et vous apprendrez le motif de l'opiniâtre attachement d'un homme de lettres pour un homme de lettres d'un talent distingué.
Rencontré en 1745, par l'intermédiaire de Jean-Jacques Rousseau.
Co-directeur de l'Encyclopédie avec Diderot. Rapports tendus entre les deux hommes.
Diderot passe son premier séjour au Granval (à Sucy-en-Brie), sur son invitation en 1759.
La rencontre date de 1765 : l'attention de Diderot est attirée par le Philosophe sans le savoir, présenté au public le 2 décembre 1765, qu'il apprécie tout particulièrement.
Étienne Maurice Falconet, Anna Dorothea Therbusch, Charles Van Loo, Jean-Honoré Fragonard, Claude Joseph Vernet (qui lui offre son tableau Fin de tempête en 1768), Allan Ramsay (peintre) (rencontré en septembre 1765).
Diderot était le deuxième des 6 enfants de Didier Diderot et d'Angélique Vigneron. Seulement quatre d'entre eux atteindront l'âge adulte : Denis (l'aîné), Angélique, Didier-Pierre et Denise.
Dans la livraison de la Correspondance littéraire du 1er mars 1771 Grimm fait précéder l'Entretien d'un père avec ses enfants du texte suivant.
Monsieur Diderot, maître coutelier à Langres, mourut en 1759, généralement regretté dans sa ville, laissant à ses enfants une fortune honnête pour son état, et une réputation de vertu et de probité désirable en tout état. Je le vis trois mois avant sa mort : en allant à Genève, au mois de mars 1759, je passai exprès par Langres, et je m'applaudirai toute ma vie d'avoir connu ce vieillard respectable. Il laissa trois enfants : un fils aîné, Denis Diderot, né en 1713, c'est notre philosophe; une fille d'un cœur excellent, et d'une fermeté de caractère peu commune, qui, dès l'instant de la mort de sa mère, se consacra entièrement au service de son père et de sa maison, et refusa par cette raison de se marier; un fils cadet, qui a pris le parti de l'Église : il est chanoine de l'église cathédrale de Langres, et un des grands saints du diocèse. C'est un homme d'un esprit bizarre, d'une dévotion outrée, et à qui je crois peu d'idées et de sentiments justes. Le père aimait son fils aîné d'inclination et de passion ; sa fille, de reconnaissance et de tendresse ; et son fils cadet, de réflexion, par respect pour l'état qu'il avait embrassé.
Le monde politique n'est pas représenté dans les proches de Diderot (voir ci-dessous ses écrits en ce domaine). Toutefois, Diderot a pu profiter à différentes périodes de soutiens plus ou moins affichés. Lors de sa détention à Vincennes, on notera par exemple de l'intervention de Madame de Pompadour et l'édition de l'Encyclopédie bénéficiera du soutien de Malesherbes.
Les ennemis de Diderot ont fait l'objet d'un colloque en 2000 dont les actes ont été rassemblé par Anne-marie Chouillet : Anne-Marie Chouillet (dir.), Les ennemis de Diderot (colloque), Klincksieck, 2000.
Charles Palissot de Montenoy, Élie Fréron,...
Bien qu'il ne semble pas avoir été initié, Diderot est entouré de près de francs-maçons : Louis de Jaucourt, André Le Breton, Montesquieu, Jean-Baptiste Greuze, Claude-Adrien Helvétius, Friedrich Heinrich Jacobi, Voltaire, Otto Hermann von Vietinghoff, Carlo Goldoni...
On notera également l'intérêt particulier qui lui est porté par des françs-maçons qui ne le connaitront pas de son vivant : Goethe, Guizot, Frédéric Bartholdi...
Diderot fut par ailleurs lié à Jacques-Henri Meister, Galiani[24], Damilaville, d'Holbach, Guillaume Le Monnier, l'abbé Raynal, André Le Breton, madame Geoffrin qui lui offre fin 1768 la trop luxueuse robe de chambre qui lui fera regretter l'ancienne, l'orfèvre Belle chez qui il fera quelques séjours (à Sèvres), David Garrick, Roland Girbal (son copiste[25]).
Diderot était un sédentaire. Il n'aimait guère les voyages.
La place Chambeau a été renommée place Diderot à l'occasion du centenaire de sa mort et décorée de son effigie par Frédéric Bartholdi.
Diderot quitte Langres pour Paris en 1728 et n'y reviendra plus que pour quelques raisons impératives :
Rue de l'Observance (1740), rue du Vieux Colombier (1740), Rue des Deux-ponts (1740). Après son mariage, il sinstalle rue Saint-Victor (1743), puis rue Traversière (1746), Rue Mouffetard, chez le sieur Guillote, premier étage à droite (avril 1746).
En 1749, c'est au 2e étage du n°3 de la rue de l'Estrapade que Diderot est arrêté et emmené au château de Vincennes.
De 1754 à 1784 Diderot occupe les 4e et 5e étage d'un logis de la rue Taranne. La maison de Diderot aurait été située au niveau du n°149 de l'actuel boulevard Saint-Germain. Une statue de Jean Gautherin le rappelle au niveau du numéro 145.
Quelques semaines avant sa mort, Catherine II lui loue un logement dans l'hôtel de Bezons, 39 rue de Richelieu, près du Palais royal pour lui épargner la montée des 4 étages de l'immeuble de la rue Taranne. La façade de l'hôtel existe toujours.
À son décès, il repose un temps à l'église Saint-Roch, dans la chapelle de la Vierge. Celle-ci sera pillée à la Révolution et les corps jetés à la fosse commune.
Célèbre de son vivant, Diderot a souvent été représenté en peinture ou en sculpture. Voici une liste — dont il est difficile de garantir l'exhaustivité — des portraits de Diderot effectués de son vivant. Les références sont complétées par l'avis du modèle sur son image, quand il nous est connu[29].
On ne reprend ici que les ouvrages généraux qui évoquent la vie de Diderot ou son œuvre dans une vision transversale ou thématique. Les ouvrages qui évoquent un texte en particulier trouvent leur place dans l'article qui lui est consacré.
Voir aussi : Bibliographie des Lumières.
Diderot marque par sa culture, son esprit critique, sa puissance de travail et un certain génie. Il laisse son empreinte dans l'histoire de tous les genres littéraires auxquels il s'est essayé : il pose les bases du drame bourgeois au théâtre, il révolutionne le roman avec Jacques le Fataliste, il invente la critique à travers ses Salons, il est le maître d'œuvre d'un des ouvrages les plus marquant de son siècle, la célèbre Encyclopédie. En philosophie également, Diderot se démarque en proposant plus de la matière à un raisonnement autonome du lecteur qu'un système complet, fermé et rigide. Rien en fait ne représente mieux le sens de son travail et son originalité que les premiers mots de ses Pensées sur l'interprétation de la nature (1753) :
« Jeune homme, prends et lis. Si tu peux aller jusqu'à la fin de cet ouvrage, tu ne seras pas incapable d'en entendre un meilleur. Comme je me suis moins proposé de t'instruire que de t'exercer, il m'importe peu que tu adoptes mes idées ou que tu les rejettes, pourvu qu'elles emploient toute ton attention. Un plus habile t'apprendra à connaître les forces de la nature; il me suffira de t'avoir fait essayer les tiennes. »Mal connu de ses contemporains, éloigné des polémiques de son temps et des conventions sociales, mal reçu par la Révolution, il devra attendre la fin du 19e pour recevoir enfin l'intérêt et la reconnaissance de la postérité dans laquelle il avait placé une partie de ses espoirs.
Denis Diderot nait à Langres, dans une famille bourgeoise en 1713. De 1723 à 1728, il suit les cours du collège jésuite proche de sa maison natale. À douze ans, il envisage la prêtrise et, le 22 août 1726, reçoit la tonsure de l'évêque de Langres.
En 1728, il part étudier à Paris, peu intéressé par les perspectives de la province, l'entreprise familiale et la carrière ecclésiastique à laquelle son père le destine.
Ses premières années parisiennes sont mal connues. De 1728 à 1732, il suit sans doute des cours au collège d'Harcourt puis étudie la théologie à la Sorbonne. En tous cas, le 6 août 1735, il reçoit une attestation de l'université de Paris qui confirme qu'il a étudié avec succès la philosophie pendant deux ans et la théologie durant trois ans.
Les années 1737-1740 sont difficiles. Diderot donne des cours, compose des sermons, se fait clerc auprès d'un procureur d'origine langroise, invente des stratagèmes pour obtenir de l'argent de ses parents..., au désespoir de son père.
Malgré cela, ses préoccupations prennent progressivement une tournure plus littéraire. Il fréquente les théâtres, apprend l'anglais et donne quelques articles au Mercure de France - le premier serait une épître à M. Basset, en janvier 1739. Fin des années 1730, il annote une traduction d'Étienne de Silhouette de l'Essay on man d'Alexander Pope et se tourne vers la traduction.
Au début de l'année 1743, s'opposant à son mariage, son père le fait enfermer quelques semaines dans un monastère près de Troyes. Il s'en échappe et en novembre épouse secrètement Anne-Antoinette Champion (1710-1796) le 6 novembre 1743 en l'église Saint-Pierre-aux-bœufs [2]. Ce mariage ne sera pas heureux : Diderot est infidèle (sa première liaison, avec Madeleine de Puisieux, est attestée en 1745) et son épouse très éloignée sans doute de ses considérations littéraires. Ils auront toutefois quatre enfants dont seule la cadette, Marie-Angélique (1753-1824), atteindra l'âge adulte.
La même année (1743) marque également le début de la carrière littéraire de Diderot, par le biais de la traduction. Il traduit The Grecian history de Temple Stanyan. En 1745 paraît sa traduction, largement augmentée de ses réflexions personnelles, de An inquiry concerning virtue or merit de Shaftesbury, sous le titre Essai sur le mérite et la vertu[3], premier manifeste du glissement de Diderot de la foi chrétienne vers le déisme, bientôt confirmé par la publication de sa première œuvre originale, les Pensées philosophiques en 1746. De 1746 à 1748, il collabore avec Marc-Antoine Eidous et François-Vincent Toussaint à la traduction du Medicinal dictionnary de Robert James.
En 1748, parait son premier roman, Les bijoux indiscrets, conte orientalisant parodiant entre autres la vie à la cour et ses Mémoires sur différents sujets de mathématiques. Il rencontre à cette époque Jean-Philippe Rameau et collabore à la rédaction de sa Démonstration du principe de l'harmonie.
Les positions matérialiste de sa Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient qui paraît en 1749 achèvent de convaincre la censure que leur auteur, surveillé depuis quelques temps, est un individu dangereux. L'œuvre est condamnée et Diderot est incarcéré 3 mois au château de Vincennes sur ordre de Berryer qui saisit le manuscrit de La promenade du sceptique.
Durant sa détention, Diderot reçoit la visite de son ami Jean-Jacques Rousseau qui, en chemin, a eu la fameuse illumination qui l'amènera à écrire, sans doute avec l'aide de Diderot son Discours sur les sciences et les arts. Sa pénible détention traumatise Diderot[4] et l'incite à une grande prudence dans ses publications, préférant même réserver certains de ses textes à la postérité (voir chapitre Réception de l'œuvre de Diderot, ci-dessous).
L'année 1747 marque le début des pleines responsabilités de Diderot dans le vaste projet éditorial de l'Encyclopédie. Le Prospectus paraît en 1750 et le premier volume l'année suivante. Il consacrera 20 ans de sa vie à ce projet qu'il n'achève qu'en juillet 1765, remplit de l'amertume due au manque de reconnaissance, aux errements de l'édition et au comportement des éditeurs (Le Breton en particulier).
Cette période de travail intense, avec les charges, les menaces, les satisfactions et les déceptions qui l'accompagnent est également marquée par quelques événements privés importants pour Diderot.
En 1750, il est nommé à l'Académie royale des sciences et des Belles lettres de Berlin. En 1753 naît Marie-Angélique, seul de ses enfants qui lui survivra. En 1755 il rencontre Sophie Volland amante pour la vie. En 1759, son père décède. Le voyage nécessaire à Langres pour régler la succession donne l'occasion à Diderot de retrouver sa terre natale et de repenser à l'intégrité de son père. Il en sortira des textes importants, comme le Voyage à Langres et l'Entretien d'un père avec ses enfants.
En 1762, enfin, Diderot pense à vendre sa bibliothèque pour doter correctement sa fille. Catherine II intervient et achète le bien. Non seulement elle l'achète "en viager" pour permettre au philosophe d'en garder l'usage jusqu'à sa mort mais en plus elle le nomme bibliothécaire de ce fond et le rétribue en tant que tel. Suite à un retard de paiement, l'impératrice lui paye même 50 années d'avance. Cette vente permettra au philosophe de me mettre sa fille et ses vieux jours à l'abri du besoin mais aura un impact important sur la réception de son œuvre.
À partir de 1769, Grimm confie plus largement la direction de la Correspondance littéraire à Diderot et madame d'Epinay. Ce sera l'occasion pour Diderot de développer une activité de critique d'une part littéraire et d'autre part artistique par le biais des neuf salons qu'il rédigera entre 1759 et 1781.
La Correspondance littéraire sera également le premier mode de diffusion, manuscrit et très restreint, de nombreux textes du philosophe.
À cette époque également, Diderot négocie des tableaux pour Catherine II. Grande amateur d'art, l'impératrice chargeait ses principaux contacts, dont Diderot, d'acheter des œuvres européennes alors introuvables en Russie. C'est Diderot, par exemple, qui se charge en personne de l'achat du cabinet de Pierre Crozat en 1772.
Le 9 septembre 1772 sa fille unique se marie avec Abel-François Caroillon de Vandeul.
Du 11 juin 1773 au 21 octobre 1774 Diderot entreprend un long voyage[5] à Saint-Pétersbourg, marqué par ses entretiens avec Catherine II et deux longs séjours à La Haye, dans les Provinces-Unies de l'époque. Les conditions pénibles de ce voyage ont certainement écourté sa vie de quelques années.
Il faut avant tout briser l’idée de l’unité de ce voyage. L’absence de Diderot de Paris en 1773/1774 couvre en fait deux séjours en Hollande dont la durée cumulée est le double de celle du séjour à Saint-Pétersbourg qui les sépare. Les occupations de Diderot à La Haye justifient sans doute le détour et explique sans doute pourquoi il a laissé un Voyage en Hollande et peu de notes en soi sur son voyage en Russie.
Diderot était invité depuis 11 ans auprès de Catherine II et les largesses de l'impératrice méritaient certainement qui aille la remercier de vive voix. Toutefois, ses obligations (l'Encyclopédie, la Correspondance littéraire entre autres) et son caractère casanier, l'incitent à reporter un voyage considéré à l'époque comme pénible. Ce n'est qu'après le mariage de sa fille qu'il se décide enfin, non sans avoir pris de nécessaires précautions quant à sa succession.
Les déplacements[6] de Diderot au cours de son voyage:
- Il quitte Paris le 11 juin 1773 et arrive à La Haye (via Bruxelles) le 15 juin.
- Séjour à La Haye du 15 juin au 20 août 1773. Excursions à Amsterdam, Utrecht, Scheveningen, Leiden, Haarlem, Delft, Zaandam et Rotterdam.
- Düsseldorf (24 août) – Leipzig (2 septembre) – Memel (20 sept.) – Riga (26 sept.), Narva – Saint-Pétersbourg (28 sept.)
- Séjour à Saint-Pétersbourg d’octobre 1773 au 5 mars 1774.
- Riga – Mittau - Memel - Königsberg - Hambourg – La Haye.
- Séjour à La Haye du 5 avril 1774 à octobre 1774 (vérifier).
- Excursion à Saardam[7].
- Anvers – Bruxelles – Valenciennes – Cambrai – Péronne – Roye – Senlis – Paris (21 octobre 1774).
Dès son retour, il ralentit progressivement sa vie sociale, sa santé se dégrade et il l'accepte mal. Il multiplie et allonge les séjours à Sèvres et au château du Granval, parfois en famille. En 1781, il collabore un peu à l'Encyclopédie méthodique de Panckoucke et Naigeon.
À partir de 1783, Diderot met de l'ordre dans ses textes et travaille avec Naigeon, à établir trois copies de ses œuvres : une pour lui, une pour sa fille et la dernière pour Catherine II. Sophie Volland décède le 22 février 1784. Le 15 mars 1784, le décès prématuré de sa petite-fille lui est peut-être caché, pour le ménager.
Le 1er juin 1784, il déménage au 39 rue de Richelieu à Paris, grâce aux bons soins de Grimm et de Catherine II qui souhaitaient lui éviter les 4 étages d'escalier de son logis de la rue Taranne. Il ne profite que deux mois de ce confort et décède à son domicile, le 31 juillet 1784. Il est autopsié, à sa demande et inhumé à l'église Saint-Roch, dans la chapelle de la Vierge, le 1er août.
En juin 1786, sa bibliothèque et ses archives sont envoyées à Saint-Petersbourg où elles ne recevront pas l'attention accordées à celles de Voltaire : les pertes, les disparitions et l'absence de tout inventaire nuiront également à la connaissance et la bonne réception de l'œuvre de Diderot.
À la Révolution, les tombes de l'église Saint-Roch sont profanées et les corps jetés à la fosse commune. La sépulture et la dépouille de Diderot ont donc disparu, contrairement à celles de Voltaire et Rousseau, tous deux inhumés au Panthéon de Paris, comme se plait à le souligner Raymond Trousson.
Chez Diderot, les idées s'effacent un peu devant la méthode (voir ci-dessus). Il est moins question d'imposer ses vues personnelles que d'inciter à la réflexion personnelle sur base de différents arguments, donnés, par exemple, par les intervenants des dialogues. Les idées personnelles de Diderot ont de plus évolué avec l'âge.
Plutôt que philosophe, Diderot est avant tout un penseur. Il ne poursuit en effet ni la création d'un système philosophique complet, ni une quelconque cohérence : il remet en question, éclaire un débat, soulève les paradoxes, laisse évoluer ses idées, constate sa propre évolution mais tranche peu.
Pour autant, des thèmes apparaissent récurrents dans la pensée de Diderot et des orientations générale peuvent être dégagées de ses écrits.
La morale est une préoccupation récurrente de Diderot. Le thème apparaît dans ses critiques artistiques (voir ci-dessous), dans son théâtre (voir ci-dessus) et dans quelques textes (contes et dialogues), rédigés en 1771-1772, autour du thème de la morale, inspirés par un retour dans sa région natale, imprégnée de la droiture morale de son père décédé.
- Synthèse[9]
- Œuvres principales
- Plan d'une université (réd. 1775). Il s'agit d'un plan idéal des études commandé par Catherine II. Transmis par l'intermédiaire de Grimm, elle semble ne jamais l'avoir lu, au grand regret de Diderot.
- Lettre sur l'éducation des enfants à la princesse Nassau-Saarbruck, 1758.
- Lettre à la comtesse de Forbach sur l'éducation des enfants (réd. vers 1772)
- Réfutation d'Helvétius (réd. 1773-1778, Corr. 1783-1786)
- Il aurait également contribué[10] à la rédaction de De l'éducation publique, Dominique-François Rivard.
Diderot s'est peu impliqué concrètement dans les débats politiques de son temps. Toutefois quelques œuvres rendent compte de sa philosophie politique. On peut les partager en deux groupes. D'une part les œuvres de commande et les contributions à l'œuvre d'autrui et d'autre part les textes strictement personnels qu'il rédige plutôt... à la fin de sa vie, à partir de 1770. Il se fera un devoir de partager ses idées avec Catherine II lors de son voyage à Saint-Pétersbourg.
Deux idées principales sont certainement le rejet du despotisme et le rôle de l'enseignement (non religieux) dans le bonheur et le développement de la société.
Diderot a également pris parti pour le développement du droit d'auteur[11].
Diderot est également auteur ou co-auteur de quelques ouvrages scientifiques. En tant que matérialiste, la compréhension des phénomènes naturels est une préoccupation importante que l'on retrouve à travers toute son œuvre.
- Bibliographie
- J. Mayer, Diderot : homme de sciences, Rennes, 1959.
- Anne Masseran, La courtisane contre l'expérimentatrice : les images de la science dans les œuvres de Diderot.
Diderot a touché à tous les genres littéraires s'y montrant souvent novateur.
- Roman, conte et théâtre
- Encyclopédiste
- Critique d'art
- Correspondance
- Traductions
- Contributions
Diderot a entamé sa carrière littéraire par des traductions, qui étaient, initialement le moyen de gagner sa vie.
- Son arme le dialogue
La réception de l'œuvre Diderot a une histoire particulière car l'image du philosophe a évolué avec le temps, au gré de la révélation progressive de son œuvre. Cette rélévation progressive apparait clairement dans le tableau de synthèse de l'article Œuvres de Denis Diderot.
Diderot, de son vivant, s'est montré prudent face à la censure. Après son incarcération de 1749, il ne voulait plus prendre de risque ni en faire courir à sa famille. Il va donc lui-même reporter la publication de certains textes, parfois de plusieurs années après les avoir écrits. Par ailleurs, certains textes ne sont parus que dans la Correspondance littéraire de Grimm. La publication manuscrite de ce périodique ne permettait pas d'assurer une connaissance publique de l'œuvre de Diderot.
En 1762, Catherine II de Russie achète à Diderot sa bibliothèque personnelle en viager. Diderot en garda l'usage et perçoit une rente en tant que bibliothécaire, mais l'accord impliquait que le fond et tous ses manuscrits seraient transférés à Saint-Pétersbourg à sa mort. Ce qui fut fait en juin 1786. Cet éloignement n'a pas favorisé la publication des textes soigneusement cachés par Diderot. De plus, sur place, les documents n'ont pas eu les égards de ceux de Voltaire (tranférés dans des circonstances similaires), n'ont pas été catalogués et se sont éparpillés. Certains n'ont réapparu qu'au XXe siècle...
De son côté, sa propre fille, catholique et conservatrice, a sans doute, malgré l'admiration qu'elle vouait à son père, cherché à orienter la publication de ses œuvres, « corrigeant » si nécessaire les textes qui ne respectaient pas assez ses valeurs, la bienséance ou les intérêts commerciaux de son mari. Un exemple concret [14] est le grattage systématique des noms de personnes dans les manuscrits de Ceci n'est pas un conte. Dans d'autres textes, certains noms seront remplacés ou ramenés à leur initiale. Même le fidèle secrétaire, Naigeon n'obtiendra pas sa collaboration pour l'édition des Œuvres complètes qu'il préparait avec Diderot à partir de 1782 et qui ne paraitra qu'en 1800 (voir ci-dessous).
Les vicissitudes de l'histoire ont également porté atteinte à l'image de Diderot. En 1796 parait l'Abdication d'un roi de la fève ou Les éleuthéromanes. Le public tient des passages de ce texte pour responsables de certains excès de la Révolution française et les reproche à Diderot. Ces dispositions n'inciteront ni à l'étude, ni à la publication ni à la découverte de textes durant tout le XIXe siècle.
Il faut en fait attendre le bicentenaire de sa naissance pour rencontrer un regain d'intérêt et avoir une vision considérée comme complète de ses écrits.
L'image de Diderot a donc évolué avec le temps en fonction de l'idée que l'on pouvait se faire de l'intégralité de son œuvre. Ses contemporains le connaissaient essentiellement comme l'éditeur de l'Encyclopédie, le promoteur d'un nouveau genre théâtral (le « drame bourgeois »), l'auteur d'un roman libertin (Les Bijoux indiscrets) et de quelques textes philosophiques critiqués. Après sa mort, il est assez symptomatique de voir les éditions d'« Œuvres complètes » s'enrichir avec le temps.
Voir aussi : catégorie:Connaissance de Denis Diderot et Catégorie:Académie de Berlin.
L'analyse de l'entourage de Diderot souligne, autant que la diversité de son œuvre, son côté éclectique. Les personnages repris ici n'entretenaient bien sûr pas tous les mêmes rapports avec Diderot : si tous ont eu un impact sur sa vie ou son œuvre, ces contacts ont pu n'être alimentés que sporadiquement ou ponctuellement.
Diderot rencontre Rousseau à la fin de 1742 ; une forte amitié naît entre les deux hommes. C'est sur la route qui le conduit en visite à Diderot enfermé à Vincennes qu'il a la fameuse illumination qui lui inspirera le Discours sur les sciences et les arts. Diderot lui-même n'est d'ailleurs pas étranger à certaines idées du texte.
À partir de 1757 les idées des deux hommes commencent à diverger entre autres sur la question de la valeur de l'homme dans la société. Diderot en effet comprend mal le désir de solitude exprimé par Rousseau et écrit dans le Fils naturel, que l'homme de bien est dans la société, et qu'il n'y a que le méchant qui soit seul. Rousseau se sent attaqué et s'offusque. L'éloignement tourne à la dispute qui s'amplifie jusqu'à la rupture totale en 1770, lorsque Rousseau compte Diderot au nombre de ses ennemis.
L'un et l'autre alimenteront une grande amertume de cette rupture. Ainsi, dans sa Lettre sur les spectacles, adressée à D'Alembert, Rousseau écrit : J'avais un Aristarque sévère et judicieux, je ne l'ai plus, je n'en veux plus ; mais je le regretterai sans cesse, et il manque bien plus encore à mon cœur qu'à mes écrits . Et Diderot répond, dans l'Essai sur les règnes de Claude et de Néron : Demandez à un amant trompé la raison de son opiniâtre attachement pour une infidèle, et vous apprendrez le motif de l'opiniâtre attachement d'un homme de lettres pour un homme de lettres d'un talent distingué.
Rencontré en 1745, par l'intermédiaire de Jean-Jacques Rousseau.
Co-directeur de l'Encyclopédie avec Diderot. Rapports tendus entre les deux hommes.
Diderot passe son premier séjour au Granval (à Sucy-en-Brie), sur son invitation en 1759.
- Melchior Grimm, rencontré en 1749.
La rencontre date de 1765 : l'attention de Diderot est attirée par le Philosophe sans le savoir, présenté au public le 2 décembre 1765, qu'il apprécie tout particulièrement.
- François Tronchin
Étienne Maurice Falconet, Anna Dorothea Therbusch, Charles Van Loo, Jean-Honoré Fragonard, Claude Joseph Vernet (qui lui offre son tableau Fin de tempête en 1768), Allan Ramsay (peintre) (rencontré en septembre 1765).
Diderot était le deuxième des 6 enfants de Didier Diderot et d'Angélique Vigneron. Seulement quatre d'entre eux atteindront l'âge adulte : Denis (l'aîné), Angélique, Didier-Pierre et Denise.
Dans la livraison de la Correspondance littéraire du 1er mars 1771 Grimm fait précéder l'Entretien d'un père avec ses enfants du texte suivant.
Monsieur Diderot, maître coutelier à Langres, mourut en 1759, généralement regretté dans sa ville, laissant à ses enfants une fortune honnête pour son état, et une réputation de vertu et de probité désirable en tout état. Je le vis trois mois avant sa mort : en allant à Genève, au mois de mars 1759, je passai exprès par Langres, et je m'applaudirai toute ma vie d'avoir connu ce vieillard respectable. Il laissa trois enfants : un fils aîné, Denis Diderot, né en 1713, c'est notre philosophe; une fille d'un cœur excellent, et d'une fermeté de caractère peu commune, qui, dès l'instant de la mort de sa mère, se consacra entièrement au service de son père et de sa maison, et refusa par cette raison de se marier; un fils cadet, qui a pris le parti de l'Église : il est chanoine de l'église cathédrale de Langres, et un des grands saints du diocèse. C'est un homme d'un esprit bizarre, d'une dévotion outrée, et à qui je crois peu d'idées et de sentiments justes. Le père aimait son fils aîné d'inclination et de passion ; sa fille, de reconnaissance et de tendresse ; et son fils cadet, de réflexion, par respect pour l'état qu'il avait embrassé.
- Didier Diderot (1685-1759)[16]
- Angélique Vigneron (1677-1748).
- Denise Diderot (1715-1797).
- Angélique Diderot (1720-1749)
- Didier-Pierre Diderot (1722-1787)
- Son épouse, Anne Antoinette Champion (???-10 avril 1796[18])
- Sa fille, Marie-Angélique (1753-2 décembre 1824).
- Madeleine de Puisieux
- Sophie Volland, rencontrée en 1755, peut-être par l'entremise de Jean-Jacques Rousseau.
- Au printemps 1769, Diderot devient l’amant de Jeanne-Catherine Quinault, née en 1725 et morte après 1807, épouse de François-Alexiand de Maux, avocat au Parlement, et donc parfois désignée comme madame de Maux, nièce de Jeanne-Françoise Quinault et amie de Louise d'Épinay.
- Bibliographie
- Alice M. Laborde, Diderot et madame de Puisieux, Anma Libri (ISBN 9780915838547)
- Alice M. Laborde, Diderot et l'amour, Anma Libri (ISBN 9780915838226)
- Michel Corday, La vie amoureuse de Diderot, Ernest Flammarion, coll. « Leurs amours », Paris, 1928, 187 p.
Le monde politique n'est pas représenté dans les proches de Diderot (voir ci-dessous ses écrits en ce domaine). Toutefois, Diderot a pu profiter à différentes périodes de soutiens plus ou moins affichés. Lors de sa détention à Vincennes, on notera par exemple de l'intervention de Madame de Pompadour et l'édition de l'Encyclopédie bénéficiera du soutien de Malesherbes.
- Galitzine dont le mariage est à l'origine de Mystification ou l'histoire des portraits.
- Catherine II de Russie
- Antoine de Sartine
- François-Michel Durand de Distroff
- Alekseï Vassilievitch Narychkine, 1742-1800, chambellan depuis 1773, diplomate, homme de lettres, ami de Diderot et qui lui offrira son hospitalité à Diderot, lors de son séjour à Saint-Pétersbourg.
Les ennemis de Diderot ont fait l'objet d'un colloque en 2000 dont les actes ont été rassemblé par Anne-marie Chouillet : Anne-Marie Chouillet (dir.), Les ennemis de Diderot (colloque), Klincksieck, 2000.
Charles Palissot de Montenoy, Élie Fréron,...
Bien qu'il ne semble pas avoir été initié, Diderot est entouré de près de francs-maçons : Louis de Jaucourt, André Le Breton, Montesquieu, Jean-Baptiste Greuze, Claude-Adrien Helvétius, Friedrich Heinrich Jacobi, Voltaire, Otto Hermann von Vietinghoff, Carlo Goldoni...
On notera également l'intérêt particulier qui lui est porté par des françs-maçons qui ne le connaitront pas de son vivant : Goethe, Guizot, Frédéric Bartholdi...
Diderot fut par ailleurs lié à Jacques-Henri Meister, Galiani[24], Damilaville, d'Holbach, Guillaume Le Monnier, l'abbé Raynal, André Le Breton, madame Geoffrin qui lui offre fin 1768 la trop luxueuse robe de chambre qui lui fera regretter l'ancienne, l'orfèvre Belle chez qui il fera quelques séjours (à Sèvres), David Garrick, Roland Girbal (son copiste[25]).
- Rencontres en 1765
- Rencontres en 1769
- Rencontre en 1773
Diderot était un sédentaire. Il n'aimait guère les voyages.
- Langres
La place Chambeau a été renommée place Diderot à l'occasion du centenaire de sa mort et décorée de son effigie par Frédéric Bartholdi.
Diderot quitte Langres pour Paris en 1728 et n'y reviendra plus que pour quelques raisons impératives :
- 1742/1743 : pour solliciter l'autorisation de se marier — refus.
- octobre-novembre 1754.
- 1759 : pour régler la succession de son père décédé.
- 1770 : la préparation du mariage de sa fille.
- Paris
Rue de l'Observance (1740), rue du Vieux Colombier (1740), Rue des Deux-ponts (1740). Après son mariage, il sinstalle rue Saint-Victor (1743), puis rue Traversière (1746), Rue Mouffetard, chez le sieur Guillote, premier étage à droite (avril 1746).
En 1749, c'est au 2e étage du n°3 de la rue de l'Estrapade que Diderot est arrêté et emmené au château de Vincennes.
De 1754 à 1784 Diderot occupe les 4e et 5e étage d'un logis de la rue Taranne. La maison de Diderot aurait été située au niveau du n°149 de l'actuel boulevard Saint-Germain. Une statue de Jean Gautherin le rappelle au niveau du numéro 145.
Quelques semaines avant sa mort, Catherine II lui loue un logement dans l'hôtel de Bezons, 39 rue de Richelieu, près du Palais royal pour lui épargner la montée des 4 étages de l'immeuble de la rue Taranne. La façade de l'hôtel existe toujours.
À son décès, il repose un temps à l'église Saint-Roch, dans la chapelle de la Vierge. Celle-ci sera pillée à la Révolution et les corps jetés à la fosse commune.
- Les séjours en province
- Château du Grandval à Sucy-en-Brie chez son ami le baron d'Holbach, en octobre 1759, puis en octobre 1760, en novembre 1775 et en août 1780.
- En 1755, il séjourne également au château d'Isle-sur-Marne.
- On le voit aussi au château de la Chevrette à Deuil-la-Barre, propriété de Louise d'Épinay, maîtresse de Grimm et amie de Rousseau.
- Sèvres, rue Troyon, 26, dans la maison de son ami le joaillier Belle où il vient régulièrement pendant les dix dernières années de sa vie[28].
- Le voyage à Saint-Pétersbourg
Célèbre de son vivant, Diderot a souvent été représenté en peinture ou en sculpture. Voici une liste — dont il est difficile de garantir l'exhaustivité — des portraits de Diderot effectués de son vivant. Les références sont complétées par l'avis du modèle sur son image, quand il nous est connu[29].
- Jean-Baptiste Garand, portrait, 1760.
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- Je n'ai jamais été bien fait que par un pauvre diable appelé Garand, qui m'attrapa, comme il arrive à un sot qui dit un bon mot. Celui qui voit mon portrait par Garand, me voit (Salon, 1767).
- Claude Bornet, portrait, 1763.
- Étienne Maurice Falconet, buste, antérieur à 1767.
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- Je dirais seulement de ce mauvais buste, qu'on y voyoit les traces d'une peine d'âme secrète dont j'étais dévoré quand l'artiste le fit (Salon, 1767).
- Marie-Anne Collot, différents bustes antérieurs à 1767. Du dernier d'entre eux, possédé par Grimm, Diderot dit :
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- Il est bien, il est très bien. Il a pris chez lui [Grimm] la place d'un autre, que son maître M. Falconet avoit fait, et qui n'était pas bien. Lorsque Falconet eut vu le buste de son élève, il prit un parteau, et cassa le sien devant elle (Salon, 1767).
- Louis Michel van Loo, portrait, 1767, musée du Louvre.
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- Moi, j’aime Michel, mais j’aime encore mieux la vérité. Assez ressemblant; très vivant ; c’est sa douceur, avec sa vivacité ; mais trop jeune, tête trop petite, joli comme une femme, lorgnant, souriant, mignard, faisant le petit bec, la bouche en cœur ; et puis un luxe de vêtement à ruiner le pauvre littérateur, si le receveur de la capitation vient l’imposer sur sa robe de chambre. L’écritoire, les livres, les accessoires aussi bien qu’il est possible, quand on a voulu la couleur brillante et qu’on veut être harmonieux. Pétillant de près, vigoureux de loin, surtout les chairs. Du reste, de belles mains bien modelées, excepté la gauche qui n’est pas dessinée. On le voit de face; il a la tête nue; son toupet gris, avec sa mignardise, lui donne l’air d’une vieille coquette qui fait encore l’aimable; la position d’un secrétaire d’État et non d’un philosophe. La fausseté du premier mouvement a influé sur tout le reste. C’est cette folle de madame Van Loo qui venait jaser avec lui, tandis qu’on le peignait, qui lui a donné cet air-là et qui a tout gâté. […] Il fallait le laisser seul et l’abandonner à sa rêverie. Alors sa bouche se serait entrouverte, ses regards distraits se seraient portés au loin, le travail de sa tête fortement occupée se serait peint sur son visage, et Michel eût fait une belle chose. Mon joli philosophe, vous me serez un témoignage précieux de l’amitié d’un artiste, excellent artiste , plus excellent homme. Mais que diront mes petits-enfants, lorsqu’ils viendront à comparer mes tristes ouvrages avec ce riant, mignon, efféminé, vieux coquet - là ! Mes enfants, je vous préviens que ce n’est pas moi. J’avais en une journée cent physionomies diverses, selon la chose dont j’étais affecté. J’étais serein, triste, rêveur, tendre, violent, passionné, enthousiaste ; mais je ne fus jamais tel que vous me voyez là. J’avais un grand front, des yeux très vifs, d’assez grands traits, la tête tout à fait du caractère d’un ancien orateur, une bonhomie qui touchait de bien près à la bêtise, à la rusticité des anciens temps.(Salon, 1767).
- Louis Michel van Loo, portrait dessin sur papier brun, sans date, musée du Louvre
- Jean-Baptiste Greuze, dessin, 1767, Tournus, musée Greuze.
- Anna Dorothea Therbusch, représentation de Diderot torse nu, vers 1767. Le portrait original semble être perdu mais il a été reproduit en émail par Pierre Pasquier et gravé ensuite par Pierre François Bertonnier pour l'édition Briére des Œuvres de Diderot. Brière a offert l'émail de Pasquier à M. François Guizot. La gravure de Bertonnier est reprise dans M.-C. Sahut, N. Volle, Diderot et l'art de Boucher à David, catalogue exposition Hôtel de la Monnaie, 5 octobre 1984-6 janvier 1985, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux (ISBN 2711802833).
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- Ses autres portraits sont froids, sans autre mérite que celui de la ressemblance, excepté le mien, qui ressemble, où je suis nu jusqu'à la ceinture, et qui, pour la fierté, les chairs, le faire, est fort au-dessus de Roslin et d'aucun portraitiste de l'Académie. Je l'ai placé vis-à-vis celui de Van Loo, à qui il jouait un mauvais tour. Il était si frappant, que ma fille me disait qu'elle l'aurait baisé cent fois pendant mon absence, si elle n'avait pas craint de le gâter. La poitrine était peinte très-chaudement, avec des passages et des méplats tout à fait vrais (Salon, 1767).
- Jean Honoré Fragonard, huile sur toile, vers 1769, musée du Louvre. Le fait qu'il s'agisse de Diderot est contesté, entre autres parce que le philosophe avait les yeux bruns et non bleus comme sur ce portrait[30].
- Jean-Antoine Houdon,
- buste, 1771, musée du Louvre.
- buste, vers 1771, Troyes, musée des beaux-arts. Le 30 avril 1780, la ville de Langres organise un banquet inaugural d'un des bustes de Diderot par Houdon, que le philosophe venait d'offrir à la ville.
- 1773, Langres.
- buste, 1775, musée du Louvre.
- Marie-Anne Collot, (buste en marbre, 1772, Musée de l'Ermitage.
- Jean Huber, Un dîner de philosophes (1772 ou 1773). Il s'agit d'une scène fictive mais Diderot est clairement reconnaissable, de profil à droite du tableau.
- Jean Huber, Le souper des philosophes, eau-forte sur papier bleu. Scène fictive. Bien que manifestement inspiré par la tableau précédent (Un dîner de philosophe), Diderot n'est pas aussi clairement reconnaissable, à gauche du tableau.
- Jean Simon Berthélemy, non daté (XVIIIe siècle, sans doute après 1770), musée Carnavalet (Paris)
- Anonyme, XVIIIe siècle, musée Antoine Lécuyer (Saint-Quentin)
- Dmitri Levitsky, 1773 ou 1774, portrait, Genève, Musée d'Art et d'Histoire.
- Jean-Baptiste Pigalle, buste, 1777, musée du Louvre.
- Gabriel-Jacques de Saint-Aubin, portrait d'après Louis Michel van Loo, connu d'après une gravure anonyme non datée conservée au musée national de la Coopération franco-américaine (Blérancourt).
On ne reprend ici que les ouvrages généraux qui évoquent la vie de Diderot ou son œuvre dans une vision transversale ou thématique. Les ouvrages qui évoquent un texte en particulier trouvent leur place dans l'article qui lui est consacré.
Voir aussi : Bibliographie des Lumières.
-
Frederick A. Spear, Bibliographie de Diderot : répertoire analytique international, Droz, Genève, 1980
Un second volume qui couvre les années 1976 à 1986 est paru chez le même éditeur en 1988.
- 20e siècle
- Raymond Trousson, Diderot jour après jour : chronologie, Champion, Paris, 2006
- Raymond Trousson, Denis Diderot ou le vrai Prométhée, Tallandier, Paris, 2005
- Album Diderot, Gallimard (coll. la Pléiade), 2004
- Paolo Quintili, La Pensée critique de Diderot : matérialisme, science et poésie à l’âge de l’Encyclopédie (1742-1782), Honoré Champion, 2001, 576 p.
- Anne-Marie Chouillet (dir.), Les ennemis de Diderot (colloque), Klincksieck, 2000
- Raymond Trousson, Roland Mortier (éd.), Dictionnaire de Diderot, Honoré Champion, Paris, 1999
- France Marchal, La culture de Diderot, Honoré Champion, Paris, 1999
- Anne Elisabeth Sejten, Diderot ou Le défi esthétique: les écrits de jeunesse : 1746-1751, Vrin, 1999 (ISBN 9782711613656)
- Raymond Trousson, Images de Diderot en France : 1784-1913, Champion, Paris, 1997
- Éric-Emmanuel Schmitt, Diderot ou la philosophie de la séduction, Albin Michel, Paris, 1997
- Laurent Versini, Denis Diderot alias frère Tonpla, Hachette, 1996 (ISBN 978-2012351875)
- Alain Ménil, Diderot et le drame : théâtre et politique, Presses Universitaires de France, 1995 (ISBN 978-2130-47057-1)
- Roland Mortier et Michèle Mat, Diderot et son temps : catalogue d'exposition, Bibliothèque royale de Belgique, Bruxelles, 1985
-
Arthur M. Wilson, Diderot : sa vie et son œuvre, Robert Laffont, Paris, 1985
Il s'agit de la traduction française de cet ouvrage de référence initialement publié en anglais.
- « L'énigmatique Denis Diderot », dans La revue française de généalogie, no 35, 1984
- Jean-Michel Bardez, Diderot et la musique, Champion, Paris, 1975
- Paul Vernière, Diderot : ses manuscrits et ses copistes, Klincksieck, Paris, 1967
- Franco Venturi, La jeunesse de Diderot : 1713-1753, Albert Skira, Paris, imp. 1939
- Manlio D. Brusnelli, Diderot et l'Italie : reflets de vie et de culture italiennes dans la pensée de Diderot, Champion, Paris, 1925
- 19 e siècle
-
John Morley, Diderot and the Encyclopædists, Mac-Millan & Co, London, 1886
Recensé dans : Morley's Diderot. In : The New York Times, 18 April 1886 ([3]).
-
Charles Avezac-Lavigne, Diderot et la société du baron d'Holbach : étude sur le XVIIIe siècle, Ernest Leroux, Paris, 1875
Éd. fac-sim. : Elibron classics, 2001, (ISBN 1421245744 et ISBN 9781421245744). Extraits en ligne.
- Ernest Bersot, Diderot, Paris, 1851
- N.L.M. Desessart, Diderot. In : Les siècles littéraires de la France, Paris, an VIII. Tome 2, p. 351-361.
- 18 e siècle
- Madame de Vandeul, Diderot, mon père, Circé, 1992
- Société Diderot, Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie, 1986-... ISSN (e-version) 1955-2416.
- Diana Guiragossian Carr, Diderot Studies, Genève, Droz, 1962-... ISSN 0070-4806
- Association Diderot, Cahiers Diderot, Rennes, Presses universitaires de Rennes, ISSN 1159-7844.
- ↑ Sur la date exacte de sa naissance, voir George R. Havens, The Dates of Diderot's Birth and Death. In : Modern Language Notes, Vol. 55, No. 1 (Jan., 1940), p. 31-3
- ↑ Alors située sur l'île de la Cité, cette église du XIIIe siècle est aujourd'hui détruite. L'église Saint-Séverin (rue saint-Séverin, 5) a hérité de son portail, toujours visible, donc.
- ↑ Philippe Folliot propose ici une traduction du texte de Shaftesbury suivi du texte de Diderot.
- ↑ Malgré les soutiens extérieurs, comme celui de Voltaire et les interventions d'Émilie du Châtelet qui parvient à faire assouplir ses conditions de détention.
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↑ Sur ce voyage consulter : Maurice Tourneux, Diderot et Catherine II, C. Lévy, Paris, 1899
Disponible dans Gallica.; Roland Mortier, Diderot en Allemagne : 1750-1850, Presses universitaires de France, Paris, 1954Lire en particulier les pages 30 à 47.; Denis Diderot, Voyage en Hollande, La Découverte, 1982 (ISBN 978-2707112798) ; Gilles Dutertre, Les Français dans l’histoire de la Lithuanie, L’Harmattan, 2009 ; Denis Diderot, introd. et notes d'Yves Benot, Over Holland : een journalistieke reis 1773-1774, Contact, Amsterdam, Antwerpen, 1994 ;
Paul Ledieu, « Le voyage de Saint-Pétersbourg », dans Revue des vivants, no 2, 1928, p. 933-950 - ↑ Les noms de lieux mentionnés ici sont ceux utilisés au XVIIIe siècle. Le cas échéant l'article lié porte le nom moderne usuel. Les territoires des pays baltes ont en effet connu diverses occupations qui imposaient aux villes évoquées des noms étrangers.
- ↑ Où Pierre le Grand avait une maison.
- ↑ Pierre Hermand, Les idées morales de Diderot, Georg Olms Verlag, 1972 (ISBN 3487043467).
- ↑ Avédik Mesrobian, Les conceptions pédagogiques de Diderot, Ayer Publishing, 1972 (ISBN 0833742701 et ISBN 9780833742704) ; Roland Mortier, The philosophes and public education. In : Yale French Studies, n° 40, Literature and Society: Eighteenth Century (1968), p. 62-76.
- ↑ R. R. Palmer, A mystery explored : the De l'education publique attributed to Denis Diderot. In : The Journal of Modern History, vol. 57, n° 1 (Mar., 1985), p. 1-23.
- ↑ http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=RHLF_051_0079
- ↑ Voir à ce sujet Hubert Juin, Diderot : lettres d'amour, in Magazine littéraire n° 204 (février 1984).
- ↑ Le mot est effectivement utilisé dans la lettre mais il reste difficile de prétendre qu'il s'agit bien d'une invention de Diderot. Consulter l'article calembour pour les détails sur l'histoire de ce mot.
- ↑ Rapporté par Michel Delon dans sa notice présentant Ceci n'est pas un conte, Œuvres complètes de Diderot, vol. 1 : Contes et romans, Paris, Gallimard, bibliothèque de la Pléiade, 2004.
- ↑ Voir : Franck Salaün (dir.), ; http://www.fabula.org/revue/document1439.php
- ↑ Hubert Gautier, Le Père de Diderot : son testament, sa succession : patrimoine d'un maître coutelier langrois vers le milieu du XVIIIe siècle, Moulins, impr.-édit. Crépin-Leblond, 1933.
- ↑ À son sujet : Chanoine Marcel, Le frère de Diderot : Didier-Pierre Diderot : chanoine de la cathédrale et grand archidiacre du diocèse, fondateur des écoles chrétiennes de Langres, Paris, Champion, 1913 (disp. à la Bibliothèque nationale de France).
- ↑ Son testament du 25 septembre 1786
- ↑ Voir J. Massiet du Biest, La fille de Diderot, Tour, 1949 ; Corinna Gepner, Angélique Diderot ou l'amour d'un père. In : Lunes (revue éditée à Evreux), 2002, n° 18, p. 41-47.
- ↑ La correspondance littéraire, vol. 16. Paris, Garnier Frères, 1882. P. 234.
- ↑ S'agit-il de Joseph-Claude Drevon, avocat, exerçant à Langres, député suppléant pour le tiers-état du bailliage de Langres ?
- ↑ La copie, soignée date de 1925; elle compte plus de 200 pages in-4. Voir : le lot 24 de ce catalogue de vente de 2007
- ↑ Sur les rapports de Diderot avec les franc-maçons, consulter France Marchal, La culture de Diderot, Paris, Honoré Champion, 1999, p. 104-118.
- ↑ Voir Rosena Davison, Diderot et Galiani : étude d'une amitié philosophique, Oxford, Voltaire Foundation at the Taylor Institution, 1985.
- ↑ Voir : De Booy, Diderot et son copiste Roland Girbal. In : French Studies, 1962, vol. XVI, p. 324-333.
- ↑ Voir : [1].
- ↑ Raymond Trousson, Denis Diderot, Paris, Tallandier, 2005, p. 19.
- ↑ Il pourrait s'agir du batiment qui est toujours situé à cette adresse. Voir : [2].
- ↑ A propos de ces commentaires, consulter Marc Buffat, Ecco il vero pulcinella in Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie, 18-19, oct. 1995, pp. 55-70.
- ↑ Marie-Anne Dupuy-Vachey, Fragonard : les plaisirs d'un siècle : [catalogue de l'exposition, Paris, Musée Jacquemart-André, 2007], Paris, Culturespaces, 2007.
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- Bibliographie des Lumières
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Éric-Emmanuel Schmitt, dont l'œuvre est impreignée de celle de Diderot et en particulier :
- Le Libertin (théâtre)
- La Tectonique des sentiments (théâtre)
- Diderot ou La philosophie de la séduction (essai)
- Roland Mortier, Diderot héros de roman, communication à la séance mensuelle du 13 novembre 2004 à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.
- Site bibliographique de qualité de Thierry Ottaviani
- Ses pièces de théâtre et leurs représentations sur le site CÉSAR
- Utpictura18
- Biographie et citations de Denis Diderot
- (de) Werner Raupp, « Denis Diderot », dans Biographisch-Bibliographisches Kirchenlexikon (BBKL) , Band 25, Nordhausen 2005 (ISBN 3-88309-332-7), Sp.221–288. Article remarquable sur Diderot avec une importante bibliographie.



