Fanny de Beauharnais, née Marie-Anne-Françoise Mouchard, le 4 octobre 1737 à Paris et morte le 2 juillet 1813, est une femme de lettres française.
Fille d’un receveur général des finances en Champagne, elle épousa fort jeune le comte Claude de Beauharnais, oncle d’Alexandre de Beauharnais et de François de Beauharnais. Elle fut la marraine d’Hortense de Beauharnais.
Elle fit des vers presque dès son enfance et ne cessa de cultiver les lettres. Séparée de son mari, elle se consacra à la littérature qu’elle cultiva avec passion et admit dans sa familiarité plusieurs gens de lettres, entre autres Claude Joseph Dorat et Michel de Cubières-Palmézeaux.
Elle fut membre de l’Académie de Lyon et de l’Académie des Arcades et ouvrit un salon rue de Tournon dans l’hôtel qu’elle louait à la comtesse d’Houdetot. Outre le chevalier de Cubières qui partagea sa vie jusqu’à son décès sous l’Empire, Fanny de Beauharnais s’entoura de Restif de La Bretonne, de Louis-Sébastien Mercier, de Laus de Boissy, d’Olympe de Gouges et de plusieurs auteurs dramatiques qui avaient à se plaindre de la Comédie française. L’ambassadeur américain Jefferson s’y rendit mais ne goûta pas l’ambiance des lieux. Les plus célèbres des hôtes de Fanny de Beauharnais avec ceux mentionnés ci-dessus sont Bitaubé, Soulavie, d’Arnaud, Beffroy de Reigny, Bailly, Dussaulx, Lévesque, Robin, La Salle, Gudin, Cournaud, Brizard, MM. de Sainte-Aldegonde, de Breghini, de Gardanne, de Vigneul, de Rochefort. C’est chez elle que Talma donna une lecture privée, en 1788, de la pièce Charles IX de Marie-Joseph Chénier dont la création tumultueuse, l’année suivante, fut un événement politique.
Pendant la Révolution, son salon fut fréquenté par des représentants des trois premières législatures. Elle fréquentait le Lycée au Palais-Royal où fut lue en juillet 1792, l’Épitre que Cubières composa en hommage à Marie-Olympe de Gouges, ce qui indique que les deux femmes se voyaient.
La ci-devant comtesse Fanny de Beauharnais, qui n’émigra pas, recevait encore quelques amis après la mort de Louis XVI. Elle fut inquiétée après la chute des Hébertistes ou Exagérés dont Michel de Cubières était proche. En 1793, il avait écrit un poème à la louange de Jean-Paul Marat, et Louis-François de Ferrières-Sauvebeuf dit qu’il fut le cher ami du père Duchesne. Charles Monselet, qui n’a rien compris aux stratégies tortueuses du mouvement des Exagérés, a fait de Cubières, le personnage épouvantable qu’il n’a probablement pas été. Dans le même veine, Desnoireterres quelques autres « littéraires » lui ont emboîté le pas. Il est bien évident que, s’il avait été un assassin, Fanny de Beauharnais, grande dame des Lumières, ne l’aurait plus revu après la Terreur, ce qui n’a pas été le cas.
La comtesse de Beauharnais avait fait représenter en 1787 une comédie en cinq actes en prose, intitulée la Fausse inconstance, qui n’eut pas de succès. Elle a publié : Mélanges de poésies fugitives et de prose sans conséquence (Paris, 1772, 2 vol. in-8°) ; Lettres de Stéphanie, roman historique (Paris, 1773, in-8°) ; l’Abailard supposé, roman (Paris, 1780, in-8°) ; l’Île de la Félicité, poème philosophique (1801, in-8°) ; le Voyage de Zizi et d’Azor, poème en cinq livres (1811, in-8°). En 1790, elle brigue sa réception à l’Académie de Lyon.
Ses détracteurs attribuaient ses ouvrages à ses amis, entre autres à Dorat. L’auteur des souvenirs apocryphes - un travesti vivant rue de Castiglione sous la Restauration - de la marquise de Créquy, juge que Lebrun-Pindare lui avait appliqué très impudemment et fort injustement une ancienne épigramme de Pavillon sur Charlotte-Rose de Caumont La Force :
Elle eut un fils naturel, Claude de Beauharnais, et des enfants illégitimes dont une fille qu’elle fut obligée de reconnaître sous le Directoire[1].
Fille d’un receveur général des finances en Champagne, elle épousa fort jeune le comte Claude de Beauharnais, oncle d’Alexandre de Beauharnais et de François de Beauharnais. Elle fut la marraine d’Hortense de Beauharnais.
Elle fit des vers presque dès son enfance et ne cessa de cultiver les lettres. Séparée de son mari, elle se consacra à la littérature qu’elle cultiva avec passion et admit dans sa familiarité plusieurs gens de lettres, entre autres Claude Joseph Dorat et Michel de Cubières-Palmézeaux.
Elle fut membre de l’Académie de Lyon et de l’Académie des Arcades et ouvrit un salon rue de Tournon dans l’hôtel qu’elle louait à la comtesse d’Houdetot. Outre le chevalier de Cubières qui partagea sa vie jusqu’à son décès sous l’Empire, Fanny de Beauharnais s’entoura de Restif de La Bretonne, de Louis-Sébastien Mercier, de Laus de Boissy, d’Olympe de Gouges et de plusieurs auteurs dramatiques qui avaient à se plaindre de la Comédie française. L’ambassadeur américain Jefferson s’y rendit mais ne goûta pas l’ambiance des lieux. Les plus célèbres des hôtes de Fanny de Beauharnais avec ceux mentionnés ci-dessus sont Bitaubé, Soulavie, d’Arnaud, Beffroy de Reigny, Bailly, Dussaulx, Lévesque, Robin, La Salle, Gudin, Cournaud, Brizard, MM. de Sainte-Aldegonde, de Breghini, de Gardanne, de Vigneul, de Rochefort. C’est chez elle que Talma donna une lecture privée, en 1788, de la pièce Charles IX de Marie-Joseph Chénier dont la création tumultueuse, l’année suivante, fut un événement politique.
Pendant la Révolution, son salon fut fréquenté par des représentants des trois premières législatures. Elle fréquentait le Lycée au Palais-Royal où fut lue en juillet 1792, l’Épitre que Cubières composa en hommage à Marie-Olympe de Gouges, ce qui indique que les deux femmes se voyaient.
La ci-devant comtesse Fanny de Beauharnais, qui n’émigra pas, recevait encore quelques amis après la mort de Louis XVI. Elle fut inquiétée après la chute des Hébertistes ou Exagérés dont Michel de Cubières était proche. En 1793, il avait écrit un poème à la louange de Jean-Paul Marat, et Louis-François de Ferrières-Sauvebeuf dit qu’il fut le cher ami du père Duchesne. Charles Monselet, qui n’a rien compris aux stratégies tortueuses du mouvement des Exagérés, a fait de Cubières, le personnage épouvantable qu’il n’a probablement pas été. Dans le même veine, Desnoireterres quelques autres « littéraires » lui ont emboîté le pas. Il est bien évident que, s’il avait été un assassin, Fanny de Beauharnais, grande dame des Lumières, ne l’aurait plus revu après la Terreur, ce qui n’a pas été le cas.
La comtesse de Beauharnais avait fait représenter en 1787 une comédie en cinq actes en prose, intitulée la Fausse inconstance, qui n’eut pas de succès. Elle a publié : Mélanges de poésies fugitives et de prose sans conséquence (Paris, 1772, 2 vol. in-8°) ; Lettres de Stéphanie, roman historique (Paris, 1773, in-8°) ; l’Abailard supposé, roman (Paris, 1780, in-8°) ; l’Île de la Félicité, poème philosophique (1801, in-8°) ; le Voyage de Zizi et d’Azor, poème en cinq livres (1811, in-8°). En 1790, elle brigue sa réception à l’Académie de Lyon.
Ses détracteurs attribuaient ses ouvrages à ses amis, entre autres à Dorat. L’auteur des souvenirs apocryphes - un travesti vivant rue de Castiglione sous la Restauration - de la marquise de Créquy, juge que Lebrun-Pindare lui avait appliqué très impudemment et fort injustement une ancienne épigramme de Pavillon sur Charlotte-Rose de Caumont La Force :
Elle eut un fils naturel, Claude de Beauharnais, et des enfants illégitimes dont une fille qu’elle fut obligée de reconnaître sous le Directoire[1].
- ↑ Douarche.
- Mélanges de poésies fugitives et de prose sans conséquence, Paris, 1772
- Lettres de Stéphanie, roman historique, 1778
- L’Abailard supposé, roman, 1780
- La Fausse Confidence, pièce en cinq actes, 1787
- L'Île de la félicité, poème philosophique, 1800
- Gustave Desnoireterres, Le Chevalier Dorat et les poètes légers au XVIIe siècle, Paris, Perrin, 1887.
- Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, p. 217.
