Françoise-Louise de Warens, également connue sous les noms de Madame de Warens ou Louise Éléonore de la Tour du Phil (née en 1699 à Vevey et décédée en 1762 à Chambéry), est la tutrice et maîtresse de Jean-Jacques Rousseau (qu'il nomme Maman).
Protestante émigrée de Suisse installée à Annecy puis aux Charmettes, Madame de Warens est sans aucun doute une personne très controversée. Elle renie sa religion en 1726 pour devenir catholique et reçoit une pension de l’église pour diffuser cette religion dans la région frontière de Genève, alors capitale du protestantisme. Elle devient alors baronne de Warens (ou orthographié Vuarrens) et fait annuler son mariage avec monsieur de Warens la même année, alors que celui-ci a fait faillite dans le commerce de vêtements.
Femme très libérale pour son époque, elle remplit alors probablement également un rôle politique d’agent de liaison avec le duc de Savoie.
Rousseau fait sa connaissance en 1728 et reste auprès d’elle jusqu’en 1742. Elle assure alors son éducation tant spirituelle et artistique que sentimentale à tel point qu’il ne l’oubliera jamais. Il la revoit en 1754 à Genève et est alors frappé par sa déchéance : elle est complètement ruinée et usée avant l’âge. Après son retour d’Angleterre en 1767, il tente de reprendre contact avec elle pour découvrir qu’elle est décédée en mars. Rousseau lui rend hommage dans les toutes dernières pages qu’il ait écrites, la «dixième promenade» des Rêveries.
Voir aussi
Bibliographie
- (fr) Michel Peyramaure, Le Bonheur des charmettes (2002) ISBN 2710325365
