Francis Ford Coppola est un réalisateur, producteur et scénariste américain, né le 7 avril 1939 à Detroit dans le Michigan (États-Unis).
Il est le père des réalisateurs Sofia et Roman Coppola, le frère de Talia Shire et l'oncle de l'acteur Nicolas Cage.
Francis Ford Coppola est le fils de Carmine Coppola, le premier flûtiste, originaire de Lucanie (son père était de Bernalda) , de l’orchestre symphonique de Detroit, et d'Italia, son épouse. Il est le cadet de leurs trois enfants. Deux ans plus tard, Carmine, devenu premier flûtiste de l’Orchestre Symphonique de NBC emmène sa famille à Long Island. C'est là que le jeune Francis passe le reste de son enfance. Souffrant de poliomyélite, Coppola passe une grande partie de sa jeunesse alité, ce qui favorise son imagination avec l'élaboration de spectacles de marionnettes improvisés à la maison. En utilisant la caméra 8 mm de son père, il fait ses premiers pas avec l'image en mouvement et fabrique ses tous premiers films en amateur alors qu'il a à peine 10 ans. Après le lycée, il part étudier le théâtre à l’Université de Hofstra avant d’aller à la MFA en réalisation de l’École UCLA Film School où il rencontre Jim Morrison dont la musique sera plus tard intégrée à la bande originale du célèbre Apocalypse Now.
Au début des années 1960, il débute sa carrière de professionnel en faisant des films à petit budget avec Roger Corman, écrivant quelques scénarios tels que celui du Paris brûle-t-il ? de René Clément. Sa première œuvre notable remonte à l'ère de ses collaborations avec Corman : Dementia 13. Après son diplôme de fin d'étude avec You’re a Big Boy Now, Coppola se voit offrir les rênes de l'adaptation cinématographique de la pièce musicale de Broadway Finian’s Rainbow, mettant en vedette Petula Clark dans son premier film américain au côté du vétéran Fred Astaire.
Le producteur Jack Warner, rendu perplexe par l'allure hirsute du cinéaste, le laisse livré à lui-même sans financement substantiel. Coppola emmène alors sa distribution à Napa Valley pour tourner toutes les séquences en extérieur. Ces scènes tranchaient radicalement avec les attentes des studios hollywoodiens car elles étaient le fruit d'un regard distancié du réalisateur face à son film. Traiter un matériau artistique et un genre démodés tels que la comédie musicale était d'une grande complexité à l'époque. Le résultat final de la production est une semi-réussite mais le travail de Coppola avec Clark a sans aucun doute contribué à crédibiliser l'incursion de la chanteuse dans le monde du cinéma, gratifiée par ailleurs d'une nomination aux Golden Globes. Durant cette période, Coppola habite temporairement avec son épouse et sa famille à Mandeville Canyon en Brentwood (Californie).
En 1969, il fonde avec son ami George Lucas les studios American Zoetrope, basés à San Francisco. Le studio produit alors le THX 1138 de ce même Lucas, dont l'échec ruine les ambitions de Coppola. Contraint à accepter une commande de studio, il réalise Le Parrain d'après un roman de Mario Puzo. Le gigantesque succès de cette superproduction dont la cheville ouvrière n'est autre que le truculent Robert Evans, le ramène à l'indépendance et ressuscite ses rêves de conquête d'Hollywood.
En 1971, Coppola est gratifié d'un Oscar pour le scénario de Patton, biographie filmée du général éponyme, réalisée par Franklin J. Schaffner. Cependant, sa réputation de grand cinéaste n'est reconnue qu'après avoir co-écrit et réalisé les deux premiers volets de sa saga choc sur la mafia italo-américaine : Le Parrain (1972) et Le Parrain 2 (1974). Les deux œuvres seront chacune récompensées par l'Oscar du meilleur film, devenant ainsi les premiers, et pour l'instant encore les seuls, films à suite à en être les détenteurs. Le Parrain 2 vaudra également à son metteur en scène l'Oscar du meilleur réalisateur (perdu pour l'opus précédent), ce qui lui permettra de battre au passage Roman Polanski et l'ultra-favori Chinatown.
Entre les deux Parrain, Coppola avait pris le temps d'écrire et de mettre en scène un film d'espionnage au style plus personnel: Conversation secrète qui conte l'histoire d’un couple dont l'homme est soupçonné d'être impliqué dans un meurtre et qui est mis sur écoute par un expert en surveillance joué par Gene Hackman. Le film, sorti en salles en 1974, a largement marqué son époque puisqu'il était contemporain de l'affaire du Watergate. Conversation secrète se voit nommé en tant que "meilleur film" aux Oscars 1974, ce qui fait de Coppola le premier cinéaste et l'un des deux seuls (avec Steven Soderbergh) à avoir réalisé deux films concourant dans cette catégorie la même année. Juste avant que Le Parrain 2 ne triomphe à la cérémonie Oscars, raflant six statuettes et doublant ainsi le record du premier volet (distingué par trois prix deux années auparavant), Conversation secrète obtint la Palme d'Or du Festival de Cannes 1974.
Pendant cette période il écrit le scénario de l’infructueux succès critique et commercial Gatsby le Magnifique d'après le roman de Francis Scott Fitzgerald, mettant en vedette Mia Farrow et Robert Redford. Il produit également le film de George Lucas, American Graffiti. Aussi, Coppola investit-il à ce moment-là dans le City Magazine de San Francisco dont il s'autoproclame rédacteur en chef, engageant un tout nouveau personnel, y compris la fille d’un criminel : l'écrivaine Susan Berman. Bien qu'acclamée dans le milieu de la presse, l'affaire périclite rapidement. Le dernier numéro est publié en 1976.
Après cet échec, Coppola goûte à l'autre plus gros succès critique et public de sa carrière avec Apocalypse Now. Il avait travaillé durant cinq ans pour élaborer un premier scénario avec John Milius sur ce projet de Zoetrope, à savoir une transposition dans le cadre de la guerre du Vietnam du récit Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad (se déroulant, lui, en pleine colonisation du Congo par la Belgique). À l'origine, Lucas devait mettre en scène le film mais il préféra s'atteler à la réalisation de La Guerre des étoiles. C'est finalement Coppola qui reprend complètement le projet « Apo » à son compte. Cela brouillera d'ailleurs les deux amis pendant plusieurs années. Le film est l'objet d'une production proprement démentielle, au cœur de la jungle des Philippines, engloutissant plus de 30 millions de dollars de budget (initialement fixé à 16), s'étalant sur 18 mois de tournage et nécessitant l'impression de plusieurs dizaines de kilomètres de pellicule.
Le dictateur Marcos accorde son soutien à la production, prêtant ses hélicoptères et ses avions de chasse, initialement destinés à la traque des rebelles, au réalisateur. Ceux-ci sont d'ailleurs visibles dans la célèbre séquence du bombardement d'un village sur l'air de la Chevauchée des Valkyries de Richard Wagner. À la base, le rôle de Willard avait été attribué à Harvey Keitel. C'est avec ce dernier que Coppola commence d'ailleurs le tournage. Mais à la suite de plusieurs différends, Keitel est remercié au profit de Martin Sheen.
Les catastrophes s'enchaînent ensuite: un typhon ravage le décor, l'acteur principal est victime d'une crise cardiaque (événement caché aux producteurs par un réalisateur effrayé de devoir interrompre son travail) et Marlon Brando, sous l'effet de stupéfiants, débarque sur le tournage obèse et hystérique en ayant à peine lu le script et venant quotidiennement sur le plateau sans connaître son texte. Coppola fait venir le frère de Sheen dont il fait la doublure, durant la convalescence du comédien, pour réaliser des plans de dos. À la fin de l'année 1976, Coppola fait un premier retour aux États-Unis avec des centaines d'heures d'images qui s'avèrent être totalement inutilisables.
Dépassé et happé par la démesure de son entreprise et la mission démiurgique de son ouvrage, Coppola tombe dans la drogue et devient le sujet de crises mystiques, s'identifiant aux causes des tribus locales. Il va jusqu'à perdre 40 kilos, sombre pratiquement dans la folie et tente même de mettre fin à ses jours. Il était devenu tellement agressif et paranoïaque qu'il n'hésitait pas à remodeler chaque semaine l'équipe de tournage au gré de son humeur. À cette époque, il se fait livrer des centaines de steaks congelés des États-Unis, du champagne, pléthore d'autres produits de luxe et se fait construire une piscine derrière la propriété qu'il loue, dépensant en moyenne 150 000 dollars par jour pour ses lubies. À bout, l'équipe du tournage organise plus tard quelques petites révoltes et mutineries à l'encontre du réalisateur devenu totalement paranoïaque, suicidaire et mégalomane. Quand Coppola boucle finalement le tournage et rentre définitivement aux États-Unis, il est accompagné de 250 heures d'images.
Alors que le calvaire du tournage est enfin terminé, il se retrouve avec des centaines d'heures d'images à traiter et aucune des premières versions du film ne lui convient. L'équipe du montage est mise à rude épreuve et Coppola reste vague quand à la vision parfaite de son film. Le chef-monteur, Dennis Jakob, perd même quasiment la raison et menace un jour de brûler les kilomètres de bandes et de rushs. Le montage "Work-In-Progress" d'Apocalypse Now (celui montré à Cannes) est finalement prêt pour 1978. Il est à peu prêt semblable à celui de la version "Redux", à l'exception de la scène dans la plantation française qui n'y est pas incluse. D'autres séquences (encore jamais vues à ce jour) montraient Willard coucher avec une playmate qui lui tire des cartes de tarot. L'aventure du tournage fera l'objet d'un documentaire intitulé Au cœur des ténèbres, réalisé par l'épouse du réalisateur elle-même : Eleanor Coppola en 1991. Elle y présente un montage de plusieurs images d'archives qu'elle avaient en partie tournées à l'époque. Après trois ans de préparation, le film sort en salles en 1979. Cette odyssée dans l'horreur guerrière et le trip mystique, d'une puissance visuelle hypnotique et époustouflante, inégalée dans toute l'œuvre du cinéaste, vaut à ce dernier une seconde Palme d'Or à Cannes, partagée celle-là avec l'Allemand Volker Schlöndorff pour Le Tambour, autre grande adaptation littéraire.
Même si la production avec Lucas d'œuvres de cinéastes tels qu'Akira Kurosawa (pour Kagemusha) s'avère lucrative, Coppola doit faire face à de nouveaux revers financiers. Coup de cœur (1982) et Cotton Club sont des désastres commerciaux. Le budget de Cotton Club était à l'époque, en 1984, le plus élevé de l'histoire du cinéma : pression qui l'opposa d'ailleurs juridiquement au producteur Robert Evans qu'il voulait interdire de présence sur le plateau. Ces deux échecs successifs achèvent ses ambitions. Criblé de dettes, Coppola est obligé, pour relever sa situation financière, d'exécuter des films de commande tels que Captain EO avec Michael Jackson, réalisé en 3D pour les parcs d'attraction Disney, le Parrain, 3ème partie, Dracula ou encore Jack. Il doit désormais se contenter d'une activité de producteur : il finance notamment les films de sa fille Sofia, Virgin Suicides et Lost in Translation, Frankenstein de Kenneth Brannagh ou Sleepy Hollow de Tim Burton. Il ne renonce pas néanmoins de temps à autre à la réalisation d'œuvres personnelles comme Peggy Sue s'est mariée, Tucker ou plus récemment L'Homme sans âge. En 2001, il sort une version redux de son chef d'œuvre Apocalypse Now dans un montage remanié présentant des séquences inédites, coupées en 1979.
Personnage fantasque, mégalomane, on le surnomme parfois à juste titre « le Napoléon du cinéma ». Doté d'un orgueil monstrueux que n'ont pas atténué les échecs, Coppola ne laisse jamais indifférent, il se montre volubile, arrogant, extraverti, doté d'une remarquable capacité à enfoncer les portes qu'on ferme devant lui. Il est typique des « auteurs-tyrans » qui considèrent les autres comme des pions pour mener à bien sa propre ambition démiurgique. Apocalypse Now est certainement le film qui a transcendé cette nature pour devenir un chef-d'œuvre cinématographique sur la folie.
Coppola a souvent travaillé avec des membres de sa famille. Il fait jouer ses deux fils dans Le Parrain dans une scène de combat de rue et dans les funérailles de Don Corleone. Sa sœur, Talia Shire, joue Connie Corleone dans la trilogie et sa fille Sofia incarne un rôle important dans la troisième partie. Son père Carmine a co-écrit plusieurs musiques de ses films.
Il a racheté et rénové l'un des plus vieux et plus importants vignobles américains, Inglewood. Il gère plusieurs hôtels après un premier au Belize.
Il est le père des réalisateurs Sofia et Roman Coppola, le frère de Talia Shire et l'oncle de l'acteur Nicolas Cage.
Francis Ford Coppola est le fils de Carmine Coppola, le premier flûtiste, originaire de Lucanie (son père était de Bernalda) , de l’orchestre symphonique de Detroit, et d'Italia, son épouse. Il est le cadet de leurs trois enfants. Deux ans plus tard, Carmine, devenu premier flûtiste de l’Orchestre Symphonique de NBC emmène sa famille à Long Island. C'est là que le jeune Francis passe le reste de son enfance. Souffrant de poliomyélite, Coppola passe une grande partie de sa jeunesse alité, ce qui favorise son imagination avec l'élaboration de spectacles de marionnettes improvisés à la maison. En utilisant la caméra 8 mm de son père, il fait ses premiers pas avec l'image en mouvement et fabrique ses tous premiers films en amateur alors qu'il a à peine 10 ans. Après le lycée, il part étudier le théâtre à l’Université de Hofstra avant d’aller à la MFA en réalisation de l’École UCLA Film School où il rencontre Jim Morrison dont la musique sera plus tard intégrée à la bande originale du célèbre Apocalypse Now.
Au début des années 1960, il débute sa carrière de professionnel en faisant des films à petit budget avec Roger Corman, écrivant quelques scénarios tels que celui du Paris brûle-t-il ? de René Clément. Sa première œuvre notable remonte à l'ère de ses collaborations avec Corman : Dementia 13. Après son diplôme de fin d'étude avec You’re a Big Boy Now, Coppola se voit offrir les rênes de l'adaptation cinématographique de la pièce musicale de Broadway Finian’s Rainbow, mettant en vedette Petula Clark dans son premier film américain au côté du vétéran Fred Astaire.
Le producteur Jack Warner, rendu perplexe par l'allure hirsute du cinéaste, le laisse livré à lui-même sans financement substantiel. Coppola emmène alors sa distribution à Napa Valley pour tourner toutes les séquences en extérieur. Ces scènes tranchaient radicalement avec les attentes des studios hollywoodiens car elles étaient le fruit d'un regard distancié du réalisateur face à son film. Traiter un matériau artistique et un genre démodés tels que la comédie musicale était d'une grande complexité à l'époque. Le résultat final de la production est une semi-réussite mais le travail de Coppola avec Clark a sans aucun doute contribué à crédibiliser l'incursion de la chanteuse dans le monde du cinéma, gratifiée par ailleurs d'une nomination aux Golden Globes. Durant cette période, Coppola habite temporairement avec son épouse et sa famille à Mandeville Canyon en Brentwood (Californie).
En 1969, il fonde avec son ami George Lucas les studios American Zoetrope, basés à San Francisco. Le studio produit alors le THX 1138 de ce même Lucas, dont l'échec ruine les ambitions de Coppola. Contraint à accepter une commande de studio, il réalise Le Parrain d'après un roman de Mario Puzo. Le gigantesque succès de cette superproduction dont la cheville ouvrière n'est autre que le truculent Robert Evans, le ramène à l'indépendance et ressuscite ses rêves de conquête d'Hollywood.
En 1971, Coppola est gratifié d'un Oscar pour le scénario de Patton, biographie filmée du général éponyme, réalisée par Franklin J. Schaffner. Cependant, sa réputation de grand cinéaste n'est reconnue qu'après avoir co-écrit et réalisé les deux premiers volets de sa saga choc sur la mafia italo-américaine : Le Parrain (1972) et Le Parrain 2 (1974). Les deux œuvres seront chacune récompensées par l'Oscar du meilleur film, devenant ainsi les premiers, et pour l'instant encore les seuls, films à suite à en être les détenteurs. Le Parrain 2 vaudra également à son metteur en scène l'Oscar du meilleur réalisateur (perdu pour l'opus précédent), ce qui lui permettra de battre au passage Roman Polanski et l'ultra-favori Chinatown.
Entre les deux Parrain, Coppola avait pris le temps d'écrire et de mettre en scène un film d'espionnage au style plus personnel: Conversation secrète qui conte l'histoire d’un couple dont l'homme est soupçonné d'être impliqué dans un meurtre et qui est mis sur écoute par un expert en surveillance joué par Gene Hackman. Le film, sorti en salles en 1974, a largement marqué son époque puisqu'il était contemporain de l'affaire du Watergate. Conversation secrète se voit nommé en tant que "meilleur film" aux Oscars 1974, ce qui fait de Coppola le premier cinéaste et l'un des deux seuls (avec Steven Soderbergh) à avoir réalisé deux films concourant dans cette catégorie la même année. Juste avant que Le Parrain 2 ne triomphe à la cérémonie Oscars, raflant six statuettes et doublant ainsi le record du premier volet (distingué par trois prix deux années auparavant), Conversation secrète obtint la Palme d'Or du Festival de Cannes 1974.
Pendant cette période il écrit le scénario de l’infructueux succès critique et commercial Gatsby le Magnifique d'après le roman de Francis Scott Fitzgerald, mettant en vedette Mia Farrow et Robert Redford. Il produit également le film de George Lucas, American Graffiti. Aussi, Coppola investit-il à ce moment-là dans le City Magazine de San Francisco dont il s'autoproclame rédacteur en chef, engageant un tout nouveau personnel, y compris la fille d’un criminel : l'écrivaine Susan Berman. Bien qu'acclamée dans le milieu de la presse, l'affaire périclite rapidement. Le dernier numéro est publié en 1976.
Après cet échec, Coppola goûte à l'autre plus gros succès critique et public de sa carrière avec Apocalypse Now. Il avait travaillé durant cinq ans pour élaborer un premier scénario avec John Milius sur ce projet de Zoetrope, à savoir une transposition dans le cadre de la guerre du Vietnam du récit Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad (se déroulant, lui, en pleine colonisation du Congo par la Belgique). À l'origine, Lucas devait mettre en scène le film mais il préféra s'atteler à la réalisation de La Guerre des étoiles. C'est finalement Coppola qui reprend complètement le projet « Apo » à son compte. Cela brouillera d'ailleurs les deux amis pendant plusieurs années. Le film est l'objet d'une production proprement démentielle, au cœur de la jungle des Philippines, engloutissant plus de 30 millions de dollars de budget (initialement fixé à 16), s'étalant sur 18 mois de tournage et nécessitant l'impression de plusieurs dizaines de kilomètres de pellicule.
Le dictateur Marcos accorde son soutien à la production, prêtant ses hélicoptères et ses avions de chasse, initialement destinés à la traque des rebelles, au réalisateur. Ceux-ci sont d'ailleurs visibles dans la célèbre séquence du bombardement d'un village sur l'air de la Chevauchée des Valkyries de Richard Wagner. À la base, le rôle de Willard avait été attribué à Harvey Keitel. C'est avec ce dernier que Coppola commence d'ailleurs le tournage. Mais à la suite de plusieurs différends, Keitel est remercié au profit de Martin Sheen.
Les catastrophes s'enchaînent ensuite: un typhon ravage le décor, l'acteur principal est victime d'une crise cardiaque (événement caché aux producteurs par un réalisateur effrayé de devoir interrompre son travail) et Marlon Brando, sous l'effet de stupéfiants, débarque sur le tournage obèse et hystérique en ayant à peine lu le script et venant quotidiennement sur le plateau sans connaître son texte. Coppola fait venir le frère de Sheen dont il fait la doublure, durant la convalescence du comédien, pour réaliser des plans de dos. À la fin de l'année 1976, Coppola fait un premier retour aux États-Unis avec des centaines d'heures d'images qui s'avèrent être totalement inutilisables.
Dépassé et happé par la démesure de son entreprise et la mission démiurgique de son ouvrage, Coppola tombe dans la drogue et devient le sujet de crises mystiques, s'identifiant aux causes des tribus locales. Il va jusqu'à perdre 40 kilos, sombre pratiquement dans la folie et tente même de mettre fin à ses jours. Il était devenu tellement agressif et paranoïaque qu'il n'hésitait pas à remodeler chaque semaine l'équipe de tournage au gré de son humeur. À cette époque, il se fait livrer des centaines de steaks congelés des États-Unis, du champagne, pléthore d'autres produits de luxe et se fait construire une piscine derrière la propriété qu'il loue, dépensant en moyenne 150 000 dollars par jour pour ses lubies. À bout, l'équipe du tournage organise plus tard quelques petites révoltes et mutineries à l'encontre du réalisateur devenu totalement paranoïaque, suicidaire et mégalomane. Quand Coppola boucle finalement le tournage et rentre définitivement aux États-Unis, il est accompagné de 250 heures d'images.
Alors que le calvaire du tournage est enfin terminé, il se retrouve avec des centaines d'heures d'images à traiter et aucune des premières versions du film ne lui convient. L'équipe du montage est mise à rude épreuve et Coppola reste vague quand à la vision parfaite de son film. Le chef-monteur, Dennis Jakob, perd même quasiment la raison et menace un jour de brûler les kilomètres de bandes et de rushs. Le montage "Work-In-Progress" d'Apocalypse Now (celui montré à Cannes) est finalement prêt pour 1978. Il est à peu prêt semblable à celui de la version "Redux", à l'exception de la scène dans la plantation française qui n'y est pas incluse. D'autres séquences (encore jamais vues à ce jour) montraient Willard coucher avec une playmate qui lui tire des cartes de tarot. L'aventure du tournage fera l'objet d'un documentaire intitulé Au cœur des ténèbres, réalisé par l'épouse du réalisateur elle-même : Eleanor Coppola en 1991. Elle y présente un montage de plusieurs images d'archives qu'elle avaient en partie tournées à l'époque. Après trois ans de préparation, le film sort en salles en 1979. Cette odyssée dans l'horreur guerrière et le trip mystique, d'une puissance visuelle hypnotique et époustouflante, inégalée dans toute l'œuvre du cinéaste, vaut à ce dernier une seconde Palme d'Or à Cannes, partagée celle-là avec l'Allemand Volker Schlöndorff pour Le Tambour, autre grande adaptation littéraire.
Même si la production avec Lucas d'œuvres de cinéastes tels qu'Akira Kurosawa (pour Kagemusha) s'avère lucrative, Coppola doit faire face à de nouveaux revers financiers. Coup de cœur (1982) et Cotton Club sont des désastres commerciaux. Le budget de Cotton Club était à l'époque, en 1984, le plus élevé de l'histoire du cinéma : pression qui l'opposa d'ailleurs juridiquement au producteur Robert Evans qu'il voulait interdire de présence sur le plateau. Ces deux échecs successifs achèvent ses ambitions. Criblé de dettes, Coppola est obligé, pour relever sa situation financière, d'exécuter des films de commande tels que Captain EO avec Michael Jackson, réalisé en 3D pour les parcs d'attraction Disney, le Parrain, 3ème partie, Dracula ou encore Jack. Il doit désormais se contenter d'une activité de producteur : il finance notamment les films de sa fille Sofia, Virgin Suicides et Lost in Translation, Frankenstein de Kenneth Brannagh ou Sleepy Hollow de Tim Burton. Il ne renonce pas néanmoins de temps à autre à la réalisation d'œuvres personnelles comme Peggy Sue s'est mariée, Tucker ou plus récemment L'Homme sans âge. En 2001, il sort une version redux de son chef d'œuvre Apocalypse Now dans un montage remanié présentant des séquences inédites, coupées en 1979.
Personnage fantasque, mégalomane, on le surnomme parfois à juste titre « le Napoléon du cinéma ». Doté d'un orgueil monstrueux que n'ont pas atténué les échecs, Coppola ne laisse jamais indifférent, il se montre volubile, arrogant, extraverti, doté d'une remarquable capacité à enfoncer les portes qu'on ferme devant lui. Il est typique des « auteurs-tyrans » qui considèrent les autres comme des pions pour mener à bien sa propre ambition démiurgique. Apocalypse Now est certainement le film qui a transcendé cette nature pour devenir un chef-d'œuvre cinématographique sur la folie.
Coppola a souvent travaillé avec des membres de sa famille. Il fait jouer ses deux fils dans Le Parrain dans une scène de combat de rue et dans les funérailles de Don Corleone. Sa sœur, Talia Shire, joue Connie Corleone dans la trilogie et sa fille Sofia incarne un rôle important dans la troisième partie. Son père Carmine a co-écrit plusieurs musiques de ses films.
Il a racheté et rénové l'un des plus vieux et plus importants vignobles américains, Inglewood. Il gère plusieurs hôtels après un premier au Belize.
- Oscar du meilleur scénario original en 1970 pour Patton
- Oscar du meilleur film en 1972 pour le Parrain
- Oscar du meilleur film en 1974 pour le Parrain II
- Oscar du meilleur réalisateur en 1974 pour le Parrain II
- Palme d'or au Festival de Cannes 1974 pour Conversation secrète
- Palme d'or au Festival de Cannes 1979 pour Apocalypse now
- (fr+en) Francis Ford Coppola sur l’Internet Movie Database.
- (fr) Francis Ford Coppola sur AlloCiné.
- American Zoetrope




