Gaston Bachelard, né à Bar-sur-Aube le 27 juin 1884 et mort à Paris le 16 octobre 1962, est un philosophe français des sciences et de l'imagination.
Épistémologue illustre, il est l'auteur d'une impressionnante somme de réflexions liées à la connaissance et à la recherche.
Dans son ouvrage essentiel : Le nouvel esprit scientifique (1934), Gaston Bachelard opère un dépassement du débat empirisme/rationalisme, tout comme Karl Popper, deux auteurs que l'on oppose parfois. Pour Bachelard, le matérialisme rationnel se trouve au centre d'un spectre épistémologique dont les deux extrémités sont constituées par l'idéalisme et le matérialisme.
Dans son œuvre, Bachelard se livre à une critique sévère de l'inductivisme et de l'empirisme. Le fait scientifique est construit à la lumière d'une problématique théorique. La science se construit contre l'évidence, contre les illusions de la connaissance immédiate. C'est en ce sens que Bachelard parle d'une « philosophie du non ». L'accès à la connaissance comme l'histoire des sciences est donc marquée par une « coupure épistémologique », qui opère une séparation avec la pensée pré-scientifique. Produire des connaissances nouvelles, c'est donc franchir des « obstacles épistémologiques »[1], selon l'expression de Bachelard qui parle aussi de rupture épistémologique.
Pour Bachelard, toute connaissance est une connaissance approchée : « Scientifiquement, on pense le vrai comme rectification historique d'une longue erreur, on pense l'expérience comme rectification de l'illusion commune et première. »
Bachelard plaide pour une épistémologie concordataire. Il considère qu'il faut dépasser l'opposition entre empirisme et rationalisme : « Pas de rationalité à vide, pas d'empirisme décousu ». L'activité scientifique suppose la mise en œuvre d'un « rationalisme appliqué » ou d'un « matérialisme rationnel. »
Ses idées ayant de nombreuses affinités avec celles de Ferdinand Gonseth, il contribua avec celui-ci à la création et rayonnement de la revue Dialectica.
Dans la deuxième partie de son œuvre, Bachelard se consacre à une étude approfondie de l'imaginaire poétique. Dans un texte resté célèbre, le dormeur éveillé, il déclare : « Notre appartenance au monde des images est plus forte, plus constitutive de notre être que notre appartenance au monde des idées ». Il plaide alors pour les douceurs de la rêverie et se laisse aller aux évocations que lui inspire « la flamme d'une chandelle ».
Épistémologue illustre, il est l'auteur d'une impressionnante somme de réflexions liées à la connaissance et à la recherche.
- 27 juin 1884 : Gaston, Louis, Pierre, né en Champagne, à Bar-sur-Aube, d'une famille d'artisans cordonniers.
- 1895-1902 : Études secondaires au collège de Bar-sur-Aube.
- 1902 à 1903 : Répétiteur au collège de Sézanne.
- 1903 à 1905 : Surnuméraire des Postes et Télégraphes à Remiremont.
- 1906 à 1907 : Service militaire comme cavalier télégraphiste au 12e Régiment de Dragons de Pont-à-Mousson.
- 1907 à 1913 : Commis des Postes et Télégraphes à Paris, (bureau de la gare de l'Est).
- 1913 à 1914 : En disponibilité pour préparer le concours d'élèves ingénieurs des Télégraphes (bourse en mathématiques spéciales au lycée Saint-Louis).
- 8 juillet 1914 : Mariage avec Jeanne Rossi, une jeune institutrice de son pays.
- Mobilisé du 2 août 1914 au 16 mars 1919, 38 mois de tranchées dans les unités combattantes, Croix de guerre (citation à l'ordre de la division).
- 1919-1930 : Professeur de physique et de chimie au Collège de Bar-sur-Aube.
- 20 juin 1920 : Veuf, avec une petite fille, Suzanne.
- 1920 : Licencié en philosophie après un an d'études.
- 1922 : Agrégé de philosophie. Enseigne à Bar-sur-Aube la philosophie, tout en continuant son enseignement dans les sciences expérimentales.
- 23 mai 1927 : Docteur ès lettres (Sorbonne). Thèses soutenues sous les patronnages respectifs d'Abel Rey et de Léon Brunschvicg.
- Octobre 1927 : Chargé de cours à la faculté des lettres de Dijon.
- 1930 à 1940 : Professeur de philosophie à la Faculté des Lettres de Dijon. Amitié avec Gaston Roupnel.
- 1940 à 1954 : Professeur à la Sorbonne (chaire d'histoire et de philosophie des sciences, où il succède à Abel Rey), directeur de l'Institut d'histoire des sciences et des techniques.
- 1951 : Officier de la Légion d'honneur.
- 1954 : Professeur honoraire à la Sorbonne, chargé de l'enseignement correspondant à sa chaire pour l'année universitaire 1954-1955.
- 1955 : Élu à l'Académie des sciences morales et politiques, fauteuil d'Edouard Le Roy.
- 1960 : Commandeur de la Légion d'honneur.
- 1961 : Grand Prix national des Lettres.
- 16 octobre 1962 : Mort à Paris. Inhumé le 19 à Bar-sur-Aube.
Dans son ouvrage essentiel : Le nouvel esprit scientifique (1934), Gaston Bachelard opère un dépassement du débat empirisme/rationalisme, tout comme Karl Popper, deux auteurs que l'on oppose parfois. Pour Bachelard, le matérialisme rationnel se trouve au centre d'un spectre épistémologique dont les deux extrémités sont constituées par l'idéalisme et le matérialisme.
Dans son œuvre, Bachelard se livre à une critique sévère de l'inductivisme et de l'empirisme. Le fait scientifique est construit à la lumière d'une problématique théorique. La science se construit contre l'évidence, contre les illusions de la connaissance immédiate. C'est en ce sens que Bachelard parle d'une « philosophie du non ». L'accès à la connaissance comme l'histoire des sciences est donc marquée par une « coupure épistémologique », qui opère une séparation avec la pensée pré-scientifique. Produire des connaissances nouvelles, c'est donc franchir des « obstacles épistémologiques »[1], selon l'expression de Bachelard qui parle aussi de rupture épistémologique.
Pour Bachelard, toute connaissance est une connaissance approchée : « Scientifiquement, on pense le vrai comme rectification historique d'une longue erreur, on pense l'expérience comme rectification de l'illusion commune et première. »
Bachelard plaide pour une épistémologie concordataire. Il considère qu'il faut dépasser l'opposition entre empirisme et rationalisme : « Pas de rationalité à vide, pas d'empirisme décousu ». L'activité scientifique suppose la mise en œuvre d'un « rationalisme appliqué » ou d'un « matérialisme rationnel. »
Ses idées ayant de nombreuses affinités avec celles de Ferdinand Gonseth, il contribua avec celui-ci à la création et rayonnement de la revue Dialectica.
Dans la deuxième partie de son œuvre, Bachelard se consacre à une étude approfondie de l'imaginaire poétique. Dans un texte resté célèbre, le dormeur éveillé, il déclare : « Notre appartenance au monde des images est plus forte, plus constitutive de notre être que notre appartenance au monde des idées ». Il plaide alors pour les douceurs de la rêverie et se laisse aller aux évocations que lui inspire « la flamme d'une chandelle ».
- Essai sur la connaissance approchée (1927)
- Étude sur l'évolution d'un problème de physique. La propagation thermique dans les solides. (1928)
- La Valeur inductive de la Relativité (1929)
- Le Pluralisme cohérent de la chimie moderne (1932)
- L'Intuition de l'instant (1932)
- Les Intuitions atomistiques (1933)
- Le Nouvel Esprit scientifique (1934). (ISBN 2-13044-374-5)
- L'Expérience de l'espace dans la physique contemporaine (1937)
- La Formation de l'esprit scientifique (1938). (ISBN 2-71161-150-7)
- La Psychanalyse du feu (1938)
- Lautréamont (1939)
- La Philosophie du non (1940). (ISBN 2-13052-578-4)
- L'Eau et les rêves (1942). (ISBN 2-25306-099-2)
- L'Air et les songes (1943). (ISBN 2-25306-100-X)
- La Terre et les rêveries du repos (1946). (ISBN 2-71430-299-8)
- La Terre et les rêveries de la volonté (1948). (ISBN 2-71430-823-6)
- Le Rationalisme appliqué (1949). (ISBN 2-13039-591-0)
- La Dialectique de la durée (1950). (ISBN 2-13045-660-x)
- Le Matérialisme rationnel (1953). (ISBN 2-13043-037-6)
- La Poétique de l'espace (1957)
- La Poétique de la rêverie (1960)
- La Flamme d'une chandelle (1961). (ISBN 2-13053-901-7)
- La psychanalyse du feu
- Il suffit que nous parlions d'un objet pour nous croire objectifs. (Avant-propos)
- Toute objectivité, dûment vérifiée, dément le premier contact avec l'objet. (Avant-propos)
- Il faut donc opposer à l'esprit poétique expansif, l'esprit scientifique taciturne pour lequel l'empathie préalable est une saine précaution. (Avant-propos)
- Aucun progrès n'est possible dans la connaissance objective sans cette ironie autocritique. (Avant-propos)
- En réalité, les interdictions sociales sont les premières. (Chapitre 1)
- Nous proposons de ranger sous le nom de complexe de ProméthéeTexte italique toutes les tendances qui nous poussent à savoir autant que nos pères, plus que nos pères, autant que nos maîtres, plus que nos maîtres. (Chapitre 1)
- La conquête du superflu donne une excitation spirituelle plus grande que la conquête du nécessaire. (Chapitre 2)
- L'homme est une création du désir, non pas une création du besoin. (Chapitre 2)
- Prométhée est un amant vigoureux plutôt qu'un philosophe intelligent et la vengeance des dieux est une vengeance de jaloux. (Chapitre 3)
- Avant d'être le fils du bois, le feu est le fils de l'homme. (Chapitre 3)
- La manière dont on imagine est souvent plus instructive que ce qu'on imagine. (Chapitre 3)
- Dominique Lecourt, L’épistémologie historique de Gaston Bachelard (1969). Vrin, Paris, 11e édition augmentée, 2002.
- Dominique Lecourt, Pour une critique de l’épistémologie : Bachelard, Canguilhem, Foucault (1972, réed. Maspero, Paris, 5e éd. 1980).
- Dominique Lecourt, Bachelard, Épistémologie, textes choisis (1971). PUF, Paris, 6e édition, 1996.
- Dominique Lecourt, Bachelard, le jour et la nuit, Grasset, Paris, 1974.
- Suzanne Bachelard (éditeur), Fragments d'une poétique du feu, PUF, Paris, 1988. (ISBN 2-13041-454-0)
- Guy Lafrance, Gaston Bachelard, profils épistémologiques, Presse de l'Université d'Ottawa, 1987. (ISBN 2-76030-153-2)
- Michel Vadée, Bachelard ou Le nouvel idéalisme épistémologique, Éditions Sociales, Paris, 1975.
- Jean Libis, Gaston Bachelard ou la solitude inspirée, essai, Berg international, 2007.
- Marly Bulcão, Bachelard : un regard brésilien, préface de François Dagognet, essai, L'Harmattan, 2007.
- Jean-Luc Pouliquen, Gaston Bachelard ou le rêve des origines, essai, L'Harmattan, Paris, 2007.
- Philosophie des sciences
- Histoire des sciences
- Actualité bachelardienne, biographie, bibliographie, photos et ressources en ligne sur le site de l'Association des Amis de Gaston Bachelard
- Biographie au Centre Gaston Bachelard de l'Université de Bourgogne
- Citations
- Textes de Bachelard téléchargeables en ligne en Archives ouvertes sur le site Les classiques des sciences sociales
- ↑ Expression désignant chez Bachelard toutes les représentations qui bloquent ou freinent les avancées scientifiques

