Biographie de Georges de Grèce

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Georges de Grèce (en grec moderne : Γεώργιος της Ελλάδας / Geórgios tis Elládas), prince de Grèce et de Danemark, est né le 24 juin 1869, au palais de Mon Repos, à Corfou, en Grèce, et est décédé le 25 novembre 1957 à Saint-Cloud, près de Paris. C'est un membre de la famille royale hellène et un Haut-commissaire de la Crète autonome.

Deuxième fils du roi Georges Ier de Grèce, le prince joue, dans sa jeunesse, un rôle politique et social assez important dans son pays. Après avoir suivi une formation dans les marines danoise et russe, il participe activement à l’organisation des Jeux olympiques d’Athènes de 1896 puis devient le premier gouverneur de la Crète autonome entre 1897 et 1906. Opposé à l’homme politique crétois Elefthérios Venizélos, il ne parvient pas à réaliser l’enosis et doit renoncer au poste de haut-commissaire de l’île, ce qu'il considère comme un échec personnel. En conséquence, le prince Georges renonce à toute activité politique et s’installe en France, où il épouse Marie Bonaparte. Il profite cependant de son séjour à Paris pour jouer le rôle d’ambassadeur officieux de la Grèce. Pendant la Première Guerre mondiale, il essaie ainsi de profiter de ses liens avec l’Entente pour obtenir de larges compensations territoriales pour son pays en échange de son entrée en guerre auprès des alliés. Cependant, sa médiation est un échec et le roi Constantin Ier de Grèce préfère la neutralité. En 1917, les liens de Georges et de son épouse avec Aristide Briand en font un temps les candidats de l’Entente pour remplacer sur le trône de Grèce Constantin, déposé par les alliés. Cependant, Georges ne convoitant pas le trône hellène, c’est l’un de ses neveux qui monte sur ce dernier. À partir de 1925, la vie du prince est largement bouleversée par la rencontre de son épouse avec Sigmund Freud et la psychanalyse. C’est désormais Marie Bonaparte qui oriente la vie du couple princier, même si Georges continue d'accomplir ponctuellement des missions de représentation officielle pour la Grèce jusqu’à sa mort.



Le prince Georges est le second fils du roi Georges Ier de Grèce (1845-1913) et de son épouse la grande-duchesse Olga Constantinovna de Russie (1851-1926).

Par son père, le prince est le petit-fils du roi Christian IX de Danemark (1818-1906), surnommé le « beau-père de l’Europe », tandis que, par sa mère, il est l'arrière-petit-fils du tsar Nicolas Ier de Russie (1796-1855).

En 1888, alors que se prépare l'union de son frère aîné avec une princesse prussienne, des négociations sont entamées pour un mariage, l'année suivante, entre Georges et la princesse Marguerite d'Orléans (1869-1940), fille du duc de Chartres. Ce mariage aurait fait du prince de Grèce le beau-frère de Valdemar de Danemark, son oncle mais également son amant. Cependant, le projet d'union est finalement annulé et Georges reste encore célibataire pour plusieurs années[1].

Les 21 novembre et 12 décembre 1907, Georges de Grèce épouse civilement (à Paris) puis religieusement (à Athènes) la princesse Marie Bonaparte (1882-1962), fille de Roland Bonaparte (1858-1924), lui-même descendant du prince Lucien Bonaparte (1775-1840), et de son épouse Marie-Félix Blanc (1859-1882).

De leur union naissent deux enfants :

  • Pierre de Grèce (1908-1980), prince de Grèce et de Danemark, qui épouse la divorcée d'origine russe Irina Aleksandrovna Ovtchinnikova (1900-1990). Il s'agit là d'une union inégale et le prince perd donc ses droits dynastiques. Sans postérité ;
  • Eugénie de Grèce (1910-1988), princesse de Grèce et de Danemark, qui épouse le prince Dominique Radziwill (1911-1976) mais en divorce en 1948 et se remarie l’année suivante avec Raymond von Thurn und Taxis (1907-1986), prince della Torre e Tasso et duc de Castel Duino, avant de divorcer une seconde fois en 1965. Elle a deux enfants de son premier mariage et un autre du second.
Voir également l'arbre généalogique en annexe.







Le prince Georges passe son enfance en Grèce, aux côtés de ses parents et de ses six frères et sœurs, entre le palais de la place Syntagma et celui de Tatoi, au nord d'Athènes, au pied du Mont Parnès. Ainsi qu'il a été prévu par la constitution, les enfants sont élevés dans la religion orthodoxe grecque[2], qui n'est pas celle de leur père.

La famille royale apprécie l'archéologie et accompagne régulièrement le souverain sur les champs de fouilles qui s'ouvrent sur l'Acropole dans les années 1880[3]. Après le repas dominical, il n'est par ailleurs pas rare que les membres de la famille royale se rendent à Phalère, pour y marcher au bord de l'eau. Le roi et sa famille prennent alors l'omnibus à cheval qui passe devant le palais, sur la place Syntagma, et dans lequel un compartiment leur est réservé. L'omnibus s'arrête, les trompettes du palais sonnent et la famille royale sort rapidement, afin de montrer ostensiblement son désir de ne pas faire attendre trop longtemps les autres passagers. Cette attitude rapproche la famille royale de la population et fait beaucoup pour entretenir une popularité parfois vacillante. Georges Ier a coutume de répéter à ses enfants : « N'oubliez jamais que vous êtes des étrangers parmi les Grecs, et faites en sorte qu'ils ne s'en souviennent jamais »[4].

La journée du jeune Georges et de ses frères et sœurs commence à six heures par un bain froid. Après un premier petit déjeuner, ils suivent des cours de sept à neuf heures trente puis prennent un second petit-déjeuner, avec leur père et les membres de la famille royale disponibles. Les leçons reprennent ensuite de dix heures à midi, moment où les enfants se rendent dans les jardins du palais pour suivre des exercices d'éducation physique et de gymnastique. Le déjeuner se fait en famille, puis les enfants reprennent les cours de quatorze à seize heures. À dix neuf heures trente, les enfants princiers vont se coucher. Georges suit ce rythme jusqu'à l'âge de quatorze ans : il est ensuite autorisé à dîner avec ses aînés avant d'aller se coucher à vingt-deux heures précises[3].

L'éducation de Georges et de ses frères est dirigée par trois tuteurs étrangers : un Prussien, un Français et un Anglais[N 1]. La première langue que les enfants apprennent est l'anglais, qu'ils parlent entre eux ou avec leurs parents, mais leur père, Georges Ier, insiste pour qu'ils utilisent le grec en cours. Les princes continuent d'ailleurs à parler cette langue toute leur vie[5]. Ils apprennent également le français, l'allemand et le danois[2]. Georges ne brille pas lors des leçons. Ses tuteurs le jugent lent et stupide et ne cachent pas leur mécontentement face à son manque d'effort.

En 1883, le prince est envoyé par son père au Danemark, afin d’y intégrer la marine royale. Tout juste âgé de quatorze ans, il se réjouit de cette décision car il y voit le moyen d'échapper aux contraintes du palais. Au Danemark, Georges s'avère d'ailleurs être l'un des meilleurs de sa classe[3].



À Copenhague, l’adolescent est accueilli par le plus jeune de ses oncles paternels, le prince Valdemar de Danemark (1858-1939), alors amiral de la flotte. Pour Georges, cette rencontre est une révélation : il tombe amoureux du jeune homme de 25 ans et éprouve désormais le besoin de se retrouver régulièrement à ses côtés[N 2].

Après son séjour dans la marine danoise, le prince de Grèce part poursuivre sa formation en Russie, où il devient lieutenant de vaisseau. En 1891, le tsarévitch Nicolas de Russie (1868-1918) part à bord du croiseur Azov pour un voyage autour du monde qui doit le conduire aux Indes, en Malaisie, à Java, en Thaïlande, au Vietnam, en Chine et au Japon. Le tsar Alexandre III (1847-1928) demande alors à son neveu le prince Georges d’accompagner son cousin durant son périple.

Dans les premiers temps, l’expédition se passe sans aucune difficulté et la suite princière alterne visites protocolaires, chasses au tigre, à l'éléphant ou au crocodile et achats d’antiquités. Cependant, l’étape nippone donne lieu à un événement qui va marquer durablement la vie du prince Georges. Le 11 mai 1891, Tsuda Sanzō, un policier japonais chargé par le gouvernement de son pays d’escorter l’héritier du trône russe, tente d’assassiner ce dernier en le frappant par deux fois à la tête avec son sabre. Lors de cet événement, connu sous le nom de « Scandale d’Ōtsu », Georges de Grèce parvient à assommer l’agresseur de sa canne et à sauver ainsi la vie du futur tsar Nicolas II[6],[7].

La conduite de prince hellène lors de l'attentat lui vaut presque immédiatement de recevoir des remerciements personnels de l'empereur japonais Meiji Tenno, soucieux de préserver de bonnes relations entre son pays et la Russie[N 3]. Cependant, les informations qui parviennent en Europe de l'événement sont loin de présenter Georges comme le bienfaiteur de son cousin. De fait, les nouvelles qui arrivent à Saint-Pétersbourg font du Grec le principal responsable de l’attentat. Selon celles-ci, le jeune homme aurait en effet entraîné son cousin dans des lieux dangereux. Il aurait également poussé le tsarévitch à profaner un temple et aurait ainsi provoqué la colère de la population. Georges est donc disgracié et doit quitter son cousin et la flotte russe, ce qui ternit durablement son image[N 4]. Il quitte Yokohama à bord d'une cannonière russe et gagne ensuite les États-Unis puis l'Angleterre. Malgré tout, après son retour en Europe, le tsarévitch se montre reconnaissant vis-à-vis de son cousin et fait taire ses détracteurs[N 5].



En 1896, Georges et deux de ses frères, le diadoque Constantin et le prince Nicolas, s’impliquent dans l’organisation des premiers Jeux olympiques modernes. Fort de son expérience dans la marine, le prince Georges est nommé président du sous-comité pour les sports nautiques[8] au sein du tout nouveau Comité olympique hellénique[9]. Durant les épreuves, il est Président des Arbitres. Sa stature impressionnante, sa force (il se fait remarquer lors des épreuves d'haltérophilie en déplaçant d'une seule main des poids soulevés par les concurrents à deux mains) et son appartenance à la famille royale donnent plus de poids aux décisions des arbitres[10]. Ces Jeux, une réussite pour la Grèce, redynamisent la fierté nationale hellène. Lors de la victoire du berger Spiridon Louis dans l'épreuve de marathon, Georges et ses frères se précipitent des tribunes sur la piste afin de parcourir les derniers mètres aux côtés du coureur[11].

En tant que Président des Arbitres Georges a par ailleurs à examiner la plainte du coureur hongrois arrivé quatrième, Kellner, contre le troisième, l'adolescent grec Spyridon Belokas, accusé d'avoir effectué une partie de l'épreuve à l'arrière d'une charrette. Le prince décide finalement de disqualifier Belokas[12].





Toujours sous domination ottomane à la fin du XIXe siècle, la Crète se considère comme grecque et réclame sa réunion à la mère patrie (l'enosis) depuis la guerre d'indépendance de 1821-1830. De nombreuses révoltes ont lieu dans l'île tout au long du siècle (en 1841, 1858, 1866-1869, 1877-1878, 1888-1889 et 1896-1897), et elles sont toutes soutenues par la Grèce. Or, plusieurs fois, comme en 1868 ou en 1885, ce soutien entraîne l'intervention des grandes puissances européennes (Allemagne, Grande-Bretagne, France, Russie et Italie), soucieuses de maintenir l'intégrité de l'Empire ottoman.

En 1896, une nouvelle révolte irrédentiste éclate en Crète. Très rapidement, l'Occident intervient diplomatiquement afin d'éviter que se produisent dans l'île des massacres comme ceux perpétrés l'année précédente par les Ottomans contre les Arméniens[13]. Athènes tente alors d'en profiter. En février 1897, une flotte grecque est envoyée dans la baie de Souda par le gouvernement du Premier Ministre Theodoros Deligiannis. En réponse, les puissances européennes instaurent alors un blocus maritime du pays[14].

Cependant, en Crète, s'effectue un débarquement de 2 000 volontaires grecs. Le prince Georges, officier de marine, commande une flottille de six torpilleurs qui patrouille dans les eaux du nord de la Crète pour empêcher toute intervention navale ottomane[N 6]. Dès la fin mars, les grandes puissances qui se sont interposées en Crète, songent au prince Georges comme gouverneur de l'île. On considère que c'est la France qui l'a proposé la première comme haut-commissaire ; la Russie a quant à elle suggéré de lui conférer le titre de « prince de Candie » plutôt que celui de simple gouverneur[15].

En avril, la Grèce, toujours désireuse d’annexer les provinces hellènes encore sous domination turque, déclare la guerre à l’Empire ottoman. C’est la Guerre de Trente jours. Cependant, Athènes est très mal préparée et la Sublime Porte parvient facilement à écraser son adversaire. Les grandes puissances européennes, d’abord opposées à la Grèce, empêchent cependant les Turcs d’imposer des conditions trop dures au royaume hellène. Surtout, elles décident de donner à la Crète son autonomie tout en la laissant sous suzeraineté ottomane. Pour cela, les chancelleries ont besoin d’un gouverneur bénéficiant du soutien de la population crétoise[15].



En novembre 1897, les puissances demandent donc à Georges d’assurer la position de haut-commissaire dans l’île[8], après le refus d'un prince du Monténégro, à qui on a aussi posé la question afin de ne pas sembler directement proposer un Grec[16]. Les négociations et tractations internationales entre les grandes puissances, la Grèce et l'Empire ottoman durent jusqu'au 8 décembre 1898 (26 novembre du calendrier julien)[17]. Afin de lui permettre d'être sur un pied d'égalité avec les quatre amiraux français, italien, russe et britannique chargés du blocus de l'île, le roi Georges Ier confère à son fils le grade d'amiral le 18 décembre. Avant de s'embarquer sur le yacht de la famille royale à destination de la Crète, le prince exige que la croix figure sur le nouveau drapeau crétois à côté de l'étoile du sultan ottoman. Le 20 décembre, à Milos, il passe du yacht royal L'Amphitrite au croiseur français Bugeaud et est escorté par les navires des flottes occidentales jusqu'à Souda[18]. Le prince débarque à Souda le 21 décembre (9 décembre du calendrier julien) 1898 et l'île lui est confiée pour trois ans. Il est accueilli par les amiraux des quatre grandes puissances[N 7], ainsi que par une foule enthousiaste sur le chemin entre Souda et La Canée. Dans ce qui est alors la capitale de l'île, il assiste à une messe donnée en son honneur et en celui de la libération de la Crète[19]. Georges est introduit à la tête du gouvernement insulaire par l'amiral français Pottiers, jusque-là gouverneur de l'île, qui lui remet le commandement suprême[19]. Après avoir été longtemps considéré comme l'idiot de la famille, cette responsabilité est un triomphe personnel pour le prince Georges[20].

Dans le mémoire adressé au prince Georges le 8 décembre 1898, les grandes puissances lui demandent d'exercer le mandat de haut-commissaire en Crète et d'y établir une administration régulière. Il doit reconnaître la suzeraineté ottomane et laisser flotter le drapeau turc sur les forteresses de l'île. Il doit organiser une assemblée nationale crétoise où tous les habitants, quelle que soit leur religion, sont représentés. Il doit aussi organiser un gouvernement autonome et une administration, ainsi qu'une gendarmerie. Il doit enfin reconnaître la dette ottomane concernant la Crète[21]. Ainsi, dans un discours de Georges au peuple crétois, il affirme d'emblée vouloir gouverner en toute impartialité. Il appelle également la population à vivre en harmonie et à respecter les différentes races et religions[22]. Afin de permettre à Georges d'exercer les premières obligations de sa charge et de lui assurer une rémunération, les puissances s'engagent à verser à la Crète chacune un million de francs-or[21].



Rapidement, les puissances occidentales tentent cependant de revenir sur la liberté d'action qu'elles ont laissée au prince. L'Italie suggère la nomination de Numa Droz, un temps pressenti comme haut-commissaire lors des tractations, pour l'assister. La diplomatie grecque réussit à faire échouer ce projet mais on tente ensuite d'adjoindre au prince un conseiller financier. Pour les grandes puissances, c'est un nouvel échec mais celles-ci créent finalement, à Rome, un comité dirigé par l'amiral Canevaro, qui a gouverné l'île lors du blocus occidental. Malgré tout, Georges réussit à conserver sa liberté de gouvernement[23].

Les premières années de gouvernement de Georges semblent être heureuses pour la Crète du point de vue de l'ordre public et des projets civils et organisationnels, avec la création d'une monnaie (le drachme), de la Banque de Crète, d'une gendarmerie et un effort particulier porté sur l'éducation et la santé[24].

En septembre 1899, le prince est très clair quant à l'objectif poursuivi par sa politique : « Je suis ici le lieutenant de mon père. J'administre l'île pour son compte et du reste, d'ici peu, nous aurons l'annexion. » Au mois d'août 1900, il fait remplacer, aux alentours de sa résidence, le drapeau crétois par le drapeau grec. Au début de 1901, lorsque se pose la question du renouvellement de son mandat, il décide d'y lier la question de l'enosis. Pendant les premiers temps de son mandat, Georges pense que l'aboutissement de ce projet ne peut se faire qu'après des pétitions et des protestations répétées auprès de la communauté internationale[25]. Il lui faut cependant peu de temps pour comprendre à quel point cette idée est irréaliste. Ainsi, lors d'une tournée des cours européennes à l'été 1900, il se rend compte à quel point les grandes puissances ne sont pas enthousiastes à l'idée de ranimer la question crétoise et combien elles préfèrent le maintien d'un statu quo[25] et refusent le rattachement de la Crète à la Grèce[26].

La charge confiée à Georges est donc loin d’être de tout repos. Les Crétois se montrent peu satisfaits de la solution intermédiaire que leur imposent les étrangers et des émeutes continuent à se produire dans l’île. Dans le même temps, les grandes puissances se comportent plus en conquérantes qu’en libératrices : elles occupent chacune une partie du territoire et se montrent incapables de s’entendre. Le prince a en outre parfois le sentiment de n’être pas soutenu par le gouvernement grec, trop échaudé par la guerre qu’il vient de perdre pour s’investir dans les affaires crétoises[27]. À un enthousiasme général succède une déception, aggravée par la mainmise des conseillers athéniens de Georges sur les meilleurs postes et charges administratives[24].

En 1901, le bail de Georges à la tête de l'île est finalement renouvelé pour dix ans[28]. Pour faire face à l’instabilité qui règne dans l’île, le prince choisit de gouverner sans trop s’occuper de l'assemblée nationale du territoire. Or, en agissant ainsi, il s’attire les foudres d’Elefthérios Venizélos, ministre de la Justice du gouvernement crétois. Les deux hommes entrent bientôt dans un conflit ouvert qui déstabilise davantage l’île[29]. Au moment du renouvellement du mandat, Venizélos suggère même que ce soit les Crétois eux-mêmes qui élisent leur haut-commissaire et Georges le destitue de son poste de ministre[30]. S'il semble que la majorité des Crétois considèrent Georges comme quelqu'un d'affable et d'impartial, la minorité dirigée par Venizélos le trouve arbitraire. Or, c'est l'avis de ce dernier qui résonne à l'étranger[28]. À cette époque, Venizélos se présente en effet auprès des représentants diplomatiques occidentaux comme un partisan de l'autonomie, défendue par les grandes puissances, contrairement à Georges qui désire la réunion avec la Grèce[31].

Aux élections du printemps 1901 pour l'assemblée nationale crétoise, les partisans de Venizélos obtiennent 30 des 54 sièges de députés tandis que les soutiens du haut-commissaire n'en obtiennent que 10. Un renversement de situation se produit alors. Les députés, patriotes, votent l’enosis avec la Grèce. Le prince Georges temporise et demande que la décision soit d'abord présentée pour approbation aux puissances occidentales. Cependant, celles-ci lient alors le renouvellement de son mandat à son refus de la réunion. Sur les conseils de son père, Georges accepte de poursuivre son mandat, refuse l'enosis et perd donc la confiance des Crétois[32].

Le comité de Rome cesse de se réunir, ce qui redonne un peu de prestige au prince. Aux élections de 1903, il retrouve une majorité à l'assemblée nationale crétoise. Il recommence dès lors sa politique de rapprochement avec la Grèce et redevient « le lieutenant de son père ». Il reçoit son frère, le diadoque Constantin, comme s'il venait visiter une province du royaume qu'il allait gouverner. Partout dans l'île, Georges fait remplacer, à cette occasion, le drapeau crétois par le drapeau grec. L'enosis semble à nouveau proche. Fin avril 1903, les puissances occidentales envoient alors une note au haut-commissaire le mettant en garde contre toute tentative dans cette direction. Il réussit pourtant à faire voter à l'assemblée le vœu de la réunion et non la réunion[33].

En juillet 1904, le roi des Hellènes demande à son fils Georges, amiral de Grèce, de venir présider une commission concernant le matériel naval de son pays. Ce prétexte permet aux deux hommes d'évoquer la situation crétoise et le prince demande à son père de lui fournir des soldats grecs. À l'automne, le prince entame à nouveau une tournée des capitales européennes pour obtenir leur autorisation pour réaliser l'enosis. Cette fois, il ne rencontre aucune opposition : Édouard VII, le nouveau souverain britannique, est très proche de son cousin Georges Ier ; l'Autriche-Hongrie comprend que ce qui est demandé à propos de la Crète est équivalent à sa politique en Bosnie ; etc. Néanmoins, les chancelleries européennes se contentent de se proposer d'ouvrir des négociations concernant la situation de l'île. À son retour en Crète, Georges explique sans grand enthousiasme cette situation dans une proclamation à la population. En avril 1905, l'Europe accepte de commencer à retirer ses troupes, premier pas vers une enosis potentielle, mais l'insurrection vénizéliste a déjà commencé dans l'île[34].



En mars 1905, Venizélos convoque une assemblée révolutionnaire illégale à Therissos, dans les collines près de La Canée, alors capitale de la Crète. En avril, l'agitation annexionniste s'accentue dans l'île. La nouvelle assemblée nationale crétoise, tout juste élue, cède à la pression et vote la réunion avec la Grèce. Tous les fonctionnaires, même les gendarmes ou les plus proches conseillers du prince, cessent d'exercer leurs fonctions au nom de la Crète autonome et attendent de reprendre leur service au nom du roi de Grèce. Georges lui-même est prêt à rejoindre le parti annexionniste, mais il reste tenu par son engagement auprès des puissances occidentales. L'agitation vénizéliste est par ailleurs aussi dirigée contre lui et il doit donc se prononcer contre une enosis pour laquelle il œuvre depuis qu'il est haut-commissaire. Dès le début de l'agitation, en mars, il demande donc aux troupes des grandes puissances d'exercer elles aussi leur mandat de maintien de l'ordre[35].

Georges déclare la loi martiale, mais la présence de deux gouvernements parallèles dans l'île amène à un semblant de guerre civile et des affrontements font quelques victimes dans la région de La Canée[36]. Début juin, des troupes russes débarquent et prennent quelques villages tandis que la flotte russe en bombarde d'autres. Les Britanniques, malgré leur soutien au régime en place, ne prennent que des mesures de faux-semblant. Quant aux Français et aux Italiens, ils évitent de s'engager dans toute activité anti-révolutionnaire[37]. Une commission internationale se rend sur l'île et préconise la refonte de la gendarmerie crétoise afin qu'elle soit dirigée par des officiers grecs, et le retrait des forces internationales présentes sur l'île depuis 1897[38].

Fin juillet 1905, Georges songe à démissionner de ses fonctions de haut-commissaire mais il en est dissuadé par son père à qui il s'en est ouvert et par le gouvernement grec de Dimitrios Rallis[39]. L’année suivante, les élections à l’assemblée officielle montrent la profonde division de la population crétoise : 38 127 personnes soutiennent le prince tandis que 33 279 autres offrent leurs voix aux partisans de Venizelos. Une révolte ouverte se déclare, pendant laquelle la gendarmerie insulaire reste fidèle au prince Georges tout en tentant d'effectuer son travail le plus objectivement possible[29].

Finalement, en 1906, la diplomatie britannique organise des négociations entre les deux camps. Les puissances essaient de modifier le statut de la Crète en proposant une sorte d'hellénisation progressive tout en maintenant les symboles de la souveraineté ottomane. Ce projet est présenté le 23 juillet au prince Georges qui préfère démissionner de ses fonctions de haut-commissaire le 12 septembre 1906[40]. Les vénizélistes acceptent quant à eux le projet occidental[29],[41]. Une concession supplémentaire est faite aux partisans de l'enosis : le roi Georges obtient le droit de nommer le successeur de son fils au poste de haut-commissaire. La Crète entre alors dans une sorte d'union personnelle avec la Grèce. L'ancien Premier Ministre grec, Alexandros Zaimis est désigné pour succéder au prince. Le 25 septembre Georges quitte définitivement l'île. Il la fuit quasiment au point qu'on dit qu'il se cache. En effet, des manifestations d'hostilités à son égard ont lieu. Le personnel du palais et le gouvernement crétois eux-mêmes y sont mêlés. Alors qu'on annonce que Georges va s'embarquer à Souda, il part secrètement, sur suggestion des consuls des puissances, depuis Halepa. Il est reçu officiellement à Athènes le 26 septembre et l'Ambassadeur britannique le remercie, au nom de ses collègues, du travail accompli en Crète[29],[42]. Deux ans plus tard, malgré tous les efforts des grandes puissances, l’assemblée crétoise proclame à nouveau unilatéralement son rattachement à la Grèce. Cependant, ce n'est qu'en 1913 que l'île passe définitivement sous administration hellène.



Après 1906, le prince Georges de Grèce n'occupe plus aucune fonction officielle importante. Rendu amer par son échec en Crète, il se retire à Paris et au Danemark, mais passe cependant une partie de chaque année en Grèce[43]. Le 19 juillet 1907, il fait connaissance, dans la capitale française, de la princesse Marie Bonaparte[44], issue d’une famille peu prestigieuse[N 8] mais fort riche[N 9]. La rencontre, organisée par les pères respectifs des deux jeunes gens, aboutit à leurs fiançailles le 29 août 1907[29]. Peu de temps après, Georges et Marie signent un contrat qui établit un régime de séparation de biens absolu entre eux. Le prince refuse toute dotation de son futur beau-père. Sincèrement touché par cette marque de désintéressement, Lucien Bonaparte octroie à sa fille l'usufruit de l'héritage de sa mère, qui atteint 250 000 francs de rentes[45]. En septembre, Marie commande un énorme trousseau, dû à la maison Drecoll, qui est exposé à l'Hôtel des modes, rue de la Ville-l'Évêque dans le 8e arrondissement de Paris. Les rubis, pierres chères au prince, y dominent[46].

Le mariage civil a lieu à la mairie du XVIe arrondissement le 21 novembre 1907. Les témoins de Georges sont son frère Nicolas et le ministre grec Delyannis ; ceux de Marie sont ses deux tantes, les princesses Jeanne Bonaparte et Louise Radziwill (née Blanc). Afin de ne pas avoir à affronter ses ennemis les hommes politiques grecs, Georges aurait préféré que la cérémonie religieuse se produise également en France mais sa famille ne l'entend pas de cette oreille et le mariage orthodoxe est célébré à Athènes le 12 décembre 1907[47]. L'union permet un rapprochement diplomatique entre la France et la Grèce, et est accompagnée d'une importante vague de francophilie dans la capitale hellène[48]. Une rumeur, héritée des fables de la duchesse d'Abrantès, veut en effet que les Bonaparte soient d'origine grecque, ce qui n'est pas pour déplaire aux patriotes[49].

Malgré la liesse populaire, la joie du jeune couple fait long feu. Georges est en effet homosexuel tandis que son épouse est une femme compliquée qui souffre de frigidité[50]. La nuit de noce n'est donc pas une réussite et il faut toute la persuasion du prince Valdemar pour que Georges accomplisse son devoir conjugal[51]. En dépit de cet échec et des nombreux adultères réciproques qui le suivront, naît, au sein de ce couple improbable, une profonde amitié qui dure jusqu'à la mort de Georges, en 1957[52].

Jusqu’en 1912, le ménage partage son temps entre Athènes, Paris et Bernstorff, où le prince Valdemar possède un château[53]. Chaque été, Georges et Marie retrouvent ainsi au Danemark leur nombreuse parenté européenne : le roi Frédéric VIII de Danemark, la tsarine Maria Feodorovna de Russie, la reine Alexandra du Royaume-Uni et bien d'autres encore[54]. C’est l’époque où les enfants de Georges et de Marie voient le jour et où les deux époux connaissent les joies simples d'être parents. Mais c’est également une longue période d’oisiveté pendant laquelle Georges n’a guère de rôle officiel, hormis l’organisation d’épreuves de gymnastiques lors des jeux panhelléniques[55] et la représentation de Georges Ier de Grèce au couronnement du roi George V du Royaume-Uni (1865-1936)[56].



Le 8 avril 1910, les élections législatives grecques amènent le crétois Eleftherios Venizelos, que Georges considère toujours comme son pire ennemi, à la tête du cabinet hellène. Terriblement froissé par ce qu’il considère comme une nouvelle preuve de la trahison de son père, le prince s’enferme alors dans une longue période de ressentiment vis-à-vis du vieux souverain[57].

En 1911, l'Italie déclare la guerre à l'Empire ottoman et occupe la Tripolitaine puis les îles du Dodécanèse. Rapidement, des alliances se nouent dans les Balkans contre les Turcs. Dans ce contexte, Georges et sa famille retournent à Athènes le 10 octobre 1912 et le prince intègre le service d'État-major au ministère de la Marine. Peu de temps après, sa femme et lui font don à la Grèce de quelques ambulances[58].

Le 16 octobre 1912, éclate la Première guerre balkanique qui oppose la Bulgarie, la Serbie, le Monténégro et la Grèce à l’Empire ottoman. Après quelques mois de combats, durant lesquels Georges est nommé aide de camp général de son père[59], les Turcs sont vaincus et la Grèce annexe une bonne partie de la Macédoine. Peu de temps après, un événement vient pourtant assombrir les réjouissances qui ont marqué la fin du conflit. Le 18 mars 1913, le roi Georges Ier est assassiné alors qu’il se promène dans les rues de Thessalonique, ville tout juste rattachée à la Grèce[60]. Il s'agit là de la première d’une série de morts violentes qui vont frapper la famille royale tout au long du règne de Constantin Ier (1868-1923).

Peu après les funérailles du souverain, le prince Georges et sa famille retournent vivre à Paris. Cependant, le déclenchement de la Deuxième Guerre balkanique en juin-juillet 1913 rappelle Georges en Grèce[60]. Causé par les exigences excessives de la Bulgarie au moment du partage des territoires abandonnés par Istanbul, ce conflit est une nouvelle victoire pour le royaume hellène qui en sort considérablement agrandi.



En 1914, lorsque débute la Première Guerre mondiale, le royaume hellène reste neutre et le prince Georges et son épouse séjournent longuement en France, où ils soutiennent de leur cassette divers hôpitaux et institutions caritatives[61]. À Paris, Georges joue un peu le rôle d'ambassadeur non-officiel de son pays et cherche à profiter de l'amitié (ou plutôt de la liaison) qui unit son épouse à Aristide Briand pour jouer les médiateurs entre la Grèce et les gouvernements de l'Entente[62],[N 10]. Ainsi, en mars 1915, le roi Constantin Ier charge son frère des demandes de la Grèce en échange de l'entrée en guerre de l'intégralité des forces grecques (navales et terrestres) aux côtés de la France et de la Grande-Bretagne : le Dodécanèse, une partie de l'Asie mineure, un État neutre à Constantinople et sur les Détroits (Dardanelles et Bosphore) et le privilège, pour toutes les communautés grecques sous domination étrangère, d'effectuer leur scolarité dans la langue hellène et sous l'influence du clergé orthodoxe. Le prince est reçu deux fois par le président Poincaré mais les exigences grecques ne sont pas acceptées : l'Entente espère encore convaincre la Bulgarie et les demandes de cette dernière ne sont pas compatibles avec celles de la Grèce[63].

La situation évolue donc peu à Athènes, où Constantin Ier, beau-frère du kaiser Guillaume, mène une politique plutôt germanophile[64], alors que Georges (et ses frères) poussent encore à l'été 1916 pour une entrée en guerre aux côtés de l'Entente[65]. Le 30 août 1916, la rupture est consommée entre le souverain et l'ex premier-ministre Elefthérios Venizélos. Ce dernier crée un « Gouvernement de défense nationale » à Thessalonique. La Grèce est alors coupée en trois par l'« Ethnikos Dikhasmos » (le « Schisme National ») : au sud, la zone ayant pour capitale Athènes garde son soutien au gouvernement royal ; au nord, la Thessalie et l'Épire abritent le gouvernement provisoire qui a pour capitale Thessalonique ; entre les deux, une zone neutre est contrôlée par les forces alliées. Finalement, sous la menace d'un débarquement de l'Entente au Pirée, Constantin part en exil le 12 juin 1917, sans officiellement abdiquer[66].

Après cet événement, les chancelleries de la Triple-entente envisagent un temps de nommer Georges et Marie à la tête du royaume hellène[67]. Aristide Briand est ainsi suspecté de négocier avec Venizelos pour faire monter Georges sur le trône de Grèce, mais le ressentiment du prince envers l'homme politique est trop fort depuis l'épisode crétois[68]. C’est finalement le second fils de Constantin, Alexandre Ier (1893-1920), qui devient roi le 12 juin 1917[69]. De toutes façons, Georges est profondément fidèle à son frère aîné et n’aspire plus à jouer aucun rôle politique depuis des années[70]. Une fois son frère déposé, il s'empresse donc de se rendre auprès de lui, en Suisse[69].

Ces événements, et ceux qui accompagnent la défaite militaire grecque face à la Turquie en 1922, poussent à l’exil la plupart des membres de la famille royale grecque, dont certains trouvent refuge dans la résidence parisienne de Georges et de Marie[N 11]. Pourtant, tous les parents du prince ne trouvent pas la même sécurité. En 1918, le tsar Nicolas II, son épouse et leurs cinq enfants sont assassinés par les Bolcheviks et, l’année suivante, c’est au tour de deux beaux-frères de Georges, les grands-ducs Paul Alexandrovitch et Georges Mikhaïlovitch de Russie, d’être exécutés par les hommes de Lénine[71]. À ces disparitions, s’ajoute celle du jeune roi Alexandre Ier, victime, en 1920, d’une septicémie provoquée par une morsure de singe[72].



En 1925, la princesse Marie prend contact avec Sigmund Freud et part à Vienne pour que ce dernier l’analyse. Le prince Georges, profondément conservateur, désapprouve et tente de la dissuader d’entreprendre le voyage[73]. Mais la petite-nièce de Napoléon Ier rencontre malgré tout le praticien autrichien : c’est le début d’une amitié féconde qui fait de Marie l'un des pionniers de la psychanalyse. Au fil des années, le comportement de Georges vis-à-vis de Freud évolue et le prince lui témoigne de plus en plus de respect. Il reste que si l’époux de Marie Bonaparte apprend à apprécier le personnage, il refuse malgré tout d’adhérer à ses idées et préfère rester éloigné des travaux de son épouse[74].

Tandis que sa femme découvre avec de plus en plus de passion la psychanalyse, Georges de Grèce a le plaisir d’être élu membre, à titre honoraire, du Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland en novembre 1928.[75].

En 1936, Georges et sa famille rentrent pour la première fois en Grèce après seize ans d’exil. Ils y reçoivent un accueil chaleureux de la part de la population, ce qui rassure profondément le prince[76]. Deux ans plus tard, Georges et son épouse retournent à nouveau dans leur pays et poursuivent même leur visite jusqu’en Crète, où l’ancien haut-commissaire n’a jamais remis les pieds depuis 1906. Là encore, les habitants réservent à l’oncle de leur roi un accueil triomphal[77].

Cependant, les joies du prince sont de courte durée. À son retour de Crète, celui-ci se brouille avec son fils, Pierre de Grèce, qui entretient une liaison avec une roturière divorcée qu’il finit par épouser en 1939[78]. Ses relations avec sa fille Eugénie, qui lui reproche sa froideur, ne sont pas non plus très positives. Cependant, Georges doit surtout faire face au décès de celui qu’il aime le plus au monde, le prince Valdemar de Danemark. Pour lui, c’est le début d’une longue période de mélancolie teintée de mauvaise humeur[79].

De Paris, Georges et son épouse assistent par ailleurs impuissants à la montée du nazisme en Allemagne et aux persécutions antijuives. Lorsque se produit l'Anschluss en 1938, la princesse Marie fait tout son possible pour sauver la famille Freud et parvient, grâce à sa fortune, à faire sortir son maître à penser d'Autriche[80]. Très malade, le vieil homme trouve néanmoins la mort quelques mois après son établissement à Londres, le 23 septembre 1939.

Lorsqu’éclate la Deuxième Guerre mondiale, Georges et Marie décident d’abord de rester à Paris et font don à la Croix-Rouge française de plusieurs ambulances[81]. Cependant, la capitulation de la France face à l'Allemagne hitlérienne conduit le couple et sa famille à rejoindre la Grèce en février 1941[82].

Mais l’avancée allemande se poursuit en Europe et la Grèce est à son tour envahie par les nazis. Accompagnés par la famille royale hellène, Georges et Marie fuient donc en Crète puis en Égypte, avant de s’établir pour plusieurs années en Afrique du Sud[83]. Dans cette région, Georges et sa famille font connaissance avec la faune africaine et visitent notamment le Parc national Kruger et les Chutes Victoria[84]. Mais la situation de l'Europe est au centre de leurs préoccupations et il ne semble pas qu'ils aient retiré beaucoup de plaisir de leur présence dans le dominion britannique[85].

C’est seulement en octobre 1944 que le couple princier regagne l’Europe et, quelques semaines plus tard, Georges se fait opérer à Londres d’un épithélioma du larynx[86]. En 1945, le prince et son épouse rentrent à Paris mais, à peine arrivé, Georges se hâte de repartir au Danemark afin d’y retrouver le souvenir de son bien-aimé[87]. Enfin, l’année 1945 se clôture par un séjour de plusieurs mois au Canada et aux États-Unis, où la princesse Marie réalise une série de conférences[88].



Pendant les dix dernières années de sa vie, le prince Georges réalise encore une série de voyages officiels en Europe afin de représenter son neveu le roi de Grèce lors de cérémonies. Il assiste ainsi aux funérailles de Christian X de Danemark (1870-1947), au couronnement de la reine Juliana des Pays-Bas (1909-2004), au mariage de son neveu le prince Philippe de Grèce (1921) avec la future Élisabeth II du Royaume-Uni (1926) et au couronnement de cette même Élisabeth[89].

Il retourne également chaque hiver en Grèce à partir de 1948. En 1953, il participe ainsi, avec son épouse, sa fille et sa petite-fille Tatiana Radziwill, à la célèbre « croisière des rois » organisée à bord de l'Agamemnon par le roi Paul Ier (1901-1964) et la reine Frederika (1917-1981) pour faire découvrir les îles grecques aux familles royales européennes[90]. Enfin, en 1954, le prince effectue une dernière visite en Crète[91].

Le 21 février 1957, Georges et son épouse fêtent leurs noces d’or aux côtés de leurs parents et amis. Quatre jours plus tard, le prince, alors âgé de 88 ans, meurt d’hématurie après une longue agonie[92]. Il était le plus vieux des princes d’Oldenbourg de sa génération. Le 4 décembre 1957, son corps est transporté au cimetière royal de Tatoi, en Grèce[93].



Il n'existe pas encore d’ouvrage de synthèse concernant la vie du prince Georges de Grèce. Il semble, en effet, que son action politique ait été quelque-peu occultée par son échec en tant que haut-commissaire en Crète et par son opposition à Elefthérios Venizélos, durant la période 1897-1906. Par ailleurs, le mariage de Georges avec la brillante et célèbre Marie Bonaparte en 1907 a totalement éclipsé ce dernier du regard des historiens. Le téléfilm de Benoît Jacquot, qui fait du prince hellène un personnage totalement insignifiant à côté de son épouse, en est d’ailleurs une bonne illustration. Enfin, il n’est pas impossible que l'homosexualité de Georges et sa relation amoureuse avec son oncle Valdemar de Danemark n'aient guère incité les chercheurs à se pencher sur sa vie[N 12].

Malgré tout, l’héritage de Georges de Grèce n’est pas aussi réduit qu’il y paraît. En Crète, la station balnéaire de Georgioupoli (en grec moderne : « Georgesville »), située entre La Canée et Réthymnon, rappelle le passage du prince aux affaires crétoises, dans la mesure où la cité porte son nom depuis 1899[94]. En France même, le souvenir de Georges est notamment conservé au musée de La Malmaison, auquel le prince Georges a légué sa collection de 3 000 tabatières de style Empire à sa mort, en 1957[93].









  • (en) George, prince of Greece and Denmark et A. A. Pallis (éd.), The Cretan Drama. The Life and Memoirs of Prince George of Greece., Robert Speller and sons, New-York, 1959.


  • (el) Ανδρέας Σκανδάμης, Πρίγκηψ Γεώργιος, η ζώη και το έργον του, Athènes, 1955.
  • (en) Arturo E. Beéche, « An Unusual Royal Relationship: Waldemar and Marie of Denmark, and George of Greece » dans European Royal History Journal n° 17, juin 2000.
  • (fr) Celia Bertin, Marie Bonaparte, Perrin, Paris, 1982. (ISBN 226201602X)
  • (fr) Marie Bonaparte, Le vieux Compagnon, Copenhague, janvier 1939. (manuscrit non publié).
  • (fr) Marie Bonaparte, À la mémoire des disparus (t. II), L'Appel des sèves, les souvenirs de jeunesse de Marie Bonaparte, Presses Universitaires de France, Paris, 1958.
  • (es) Ricardo Mateos Sainz de Medrano, La Familia de la Reina Sofίa, La Dinastίa griega, la Casa de Hannover y los reales primos de Europa, La Esfera de los Libros, Madrid, 2004 (ISBN 84-9734-195-3)
  • (en) John Van Der Kiste, Kings of the Hellenes. The Greek Kings 1863-1974, Sutton publishing, 1999 (ISBN 0750921471).


  • (en) Richard Clogg A Concise History of Greece, Cambridge UP, Cambridge, 1992 (ISBN 0-521-37-830-3).
  • (en) Theocharis E. Detorakis, History of Crete, Iraklion, 1994.
  • (fr) Édouard Driault et Michel Lheritier, Histoire diplomatique de la Grèce de 1821 à nos jours. Tome IV et Tome V, Paris, PUF, 1926. (lire ligne)
  • (en) R. F. Holland, « Nationalism, Ethnicity and the Concert of Europe: the case of the High Commissionership of Prince George of Greece in Crete, 1898-1906 » dans Journal of Modern Greek Studies vol. 17, 1999, p. 253-276.
  • (en) Michael LLewellyn Smith, Olympics in Athens. 1896., Profile Books, Londres, 2004. (ISBN 1-8619-7342-X)
  • (fr) Apostolos Vacalopoulos, Histoire de la Grèce moderne., Horvath, 1975. (ISBN 2-7171-0057-1)
  • (fr) Jean Tulard, Histoire de la Crète, PUF, 1979. (ISBN 2-13-036274-5)


  • Benoît Jacquot, Princesse Marie, France Television Éditions, 2004.
Dans ce téléfilm historique (en 2x90 min.), le rôle du prince Georges de Grèce est joué par l'acteur Christoph Moosbrugger.







  1. Il s'agit du Dr. Otho Lüders (qui souffre le plus des tours que lui jouent ses élèves), de M. Brissot et de Mr Dixon. John Van der Kiste, op. cit., p. 42 et Michael LLewellyn Smith, op. cit., p. 20.
  2. Selon les Souvenirs de Marie Bonaparte, Georges de Grèce aurait déclaré à son épouse, en parlant de Valdemar : « De ce jour, de cet instant, je l’aimai, et je n’ai jamais eu d’autre ami que lui ». Celia Bertin, Marie Bonaparte, p. 151. Concernant l'homosexualté du prince Georges, voir également Celia Bertin, op. cit., p. 183.
  3. Les souverains japonais lui font alors cadeau « d'un immense éléphant en porcelaine, en vieux Satsuma ». Celia Bertin, op. cit., p. 152.
  4. Pendant plusieurs années, le prince est ainsi poursuivi par une réputation d'alcoolique et de « coureur ». Célia Bertin, op. cit., p.  164.
  5. Marie Bonaparte relate ces événements dans ses Mémoires et place en note une citation du journal de Nicolas II, datée de cinq mois après l'attentat. Ce dernier écrit ainsi : « Je suis outré des bruits qui courent. Bariatinsky se permet d'affirmer, paraît-il, que ce n'est pas Georgie qui m'a sauvé la vie. Je ne comprends pas où il veut en venir. Veut-il se disculper ? (Mais qui l'accuse de n'avoir rien fait ?) Ou alors noircir Georgie ? Mais pourquoi ? C'est à mon avis tout simplement lâche. » Celia Bertin, op. cit., p. 152-153.
  6. Elle appareille le mercredi 10 février 1897. Édouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome IV, p. 342.
  7. Pottier, Bettolo, Noel et Skridlov. Theocharis E. Detorakis, op. cit., p. 405.
  8. Le grand-père paternel de Marie, le prince Pierre-Napoléon Bonaparte (1815-1881) s'est en effet rendu coupable d'un assassinat en 1870 et a en conséquence été exclu de la famille impériale. Il a, par ailleurs, épousé une roturière sans en avoir jamais reçu l'autorisation de l'empereur Napoléon III (1808-1873), ce qui pose des doutes sur la qualité princière de Marie avant son mariage avec Georges.
  9. Le grand-père maternel de Marie, François Blanc (1806-1877), est entre autres le fondateur de la Société des Bains de Mer de Monaco.
  10. Des rumeurs, au printemps 1915, veulent que le Président du Conseil français ait annoncé un prêt important à la Grèce lors d'un dîner chez le prince Georges. Edouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome V, p. 237.
  11. C'est particulièrement le cas du prince André de Grèce (1882-1944) et de sa famille, qui s'installent à Saint-Cloud à partir de 1922. Celia Bertin, op. cit., p. 230.
  12. Les choses semblent cependant avoir changé puisqu'un article d'Arturo E. Beéche a été consacré, en 2000, à la relation triangulaire ayant existé entre Georges, Valdemar et l'épouse de celui-ci (voir bibliographie).


  1. Édouard Driault et Michel Lheritier, Histoire diplomatique de la Grèce de 1821 à nos jours, Tome IV, p. 260.
  2. ↑ a  b  Michael LLewellyn Smith, Olympics in Athens., p. 20.
  3. ↑ a  b  c  John Van der Kiste, Kings of the Hellenes, The Greek Kings 1863-1974, p. 43.
  4. Michael LLewellyn Smith, Olympics in Athens., p. 20-23.
  5. John Van der Kiste, op. cit., p. 42.
  6. Celia Bertin, op. cit., p. 151-152.
  7. Catrine Clay, Le roi, l'empereur et le tsar, Perrin, coll. Tempus, 2008, tr. fr., p. 224.
  8. ↑ a  b  Celia Bertin, op. cit., p. 153.
  9. Michael LLewellyn Smith, op. cit., p. 114-117.
  10. Michael LLewellyn Smith, Olympics in Athens., p. 173.
  11. John Van der Kiste, op. cit., p. 55.
  12. Michael LLewellyn Smith, Olympics in Athens., p. 188.
  13. Édouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome IV.
  14. Richard Clogg, op. cit., p. 70.
  15. ↑ a  b  Édouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome IV, p. 376-377.
  16. Édouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome IV, p. 443.
  17. Édouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome IV, p. 443-465.
  18. Édouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome IV, p. 466.
  19. ↑ a  b  Theocharis E. Detorakis, op. cit., p. 405.
  20. John Van der Kiste, op. cit., p. 60.
  21. ↑ a  b  Edouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome IV, p. 464-466.
  22. Theocharis E. Detorakis, op. cit., p. 406
  23. Édouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome IV, p. 491-493.
  24. ↑ a  b  Theocharis E. Detorakis, op. cit., p. 407
  25. ↑ a  b  Theocharis E. Detorakis, op. cit., p. 408
  26. Édouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome IV, p. 494-497.
  27. Celia Bertin, op. cit., p. 153-154.
  28. ↑ a  b  John Van der Kiste, op. cit., p. 65
  29. ↑ a  b  c  d  e  Celia Bertin, op. cit., p. 154.
  30. Édouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome IV, p. 498-499.
  31. Édouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome IV, p. 498.
  32. Édouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome IV, p. 499.
  33. Édouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome IV, p. 500-502.
  34. Édouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome IV, p. 523-527.
  35. Édouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome IV, p. 528-529.
  36. Theocharis E. Detorakis, op. cit., p. 413
  37. (en)Eleftherios Venizelos during the years of the High Commissionership of Prince George (1898-1906)
  38. Theocharis E. Detorakis, op. cit., p. 415
  39. Édouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome IV, p. 530-531.
  40. Theocharis E. Detorakis, op. cit., p. 415.
  41. Édouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome IV, p. 534-543.
  42. Édouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome IV, p. 544-548.
  43. John Van Der Kiste, op. cit., p. 66
  44. Célia Bertin, op. cit., p. 149.
  45. Célia Bertin, op. cit., p. 154-155.
  46. Je Sais Tout, 15 octobre-15 novembre 1907, p. 702. Lire sur Gallica
  47. Célia Bertin, op. cit., p. 159.
  48. Edouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome  IV, p. 563-564.
  49. Celia Bertin, op. cit., p. 161.
  50. Celia Bertin, op. cit..
  51. Celia Bertin, op. cit., p. 164.
  52. Celia Bertin, op. cit., p. 371-372.
  53. Celia Bertin, op. cit., p. 371.
  54. Celia Bertin, op. cit., p. 167-171.
  55. Celia Bertin, op. cit., p. 176.
  56. Celia Bertin, op. cit., p. 184.
  57. Celia Bertin, op. cit., p. 181.
  58. Celia Bertin, op. cit., p. 187.
  59. Celia Bertin, op. cit., p. 188.
  60. ↑ a  b  Celia Bertin, op. cit., p. 190.
  61. Celia Bertin, op. cit., p. 205.
  62. Celia Bertin, op. cit., p. 207-208 et 211.
  63. Édouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome V, p. 185-190.
  64. Celia Bertin, op. cit., p. 210.
  65. Édouard Driault et Michel Lheritier, op. cit. Tome V, p. 255.
  66. Apostolos Vacalopoulos, Histoire de la Grèce moderne., p. 220-224.
  67. Celia Bertin, op. cit., p. 215 et 220.
  68. John Van der Kiste, op. cit, p. 100.
  69. ↑ a  b  Celia Bertin, op. cit., p. 218.
  70. Celia Bertin, op. cit., p. 220.
  71. Celia Bertin, op. cit., p. 221.
  72. John Van der Kiste, op. cit., p. 122.
  73. Celia Bertin, op. cit., p. 255.
  74. Celia Bertin, op. cit., p. 312.
  75. The Journal of the Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland, Vol. 58, (Jul. - Dec., 1928), p. 564.
  76. Celia Bertin, op. cit., p. 314.
  77. Celia Bertin, op. cit., p. 317.
  78. Celia Bertin, op. cit., p. 317 et 332.
  79. Celia Bertin, op. cit., p. 327-328.
  80. Celia Bertin, op. cit., p. 319-320.
  81. Celia Bertin, op. cit., p. 333.
  82. Celia Bertin, op. cit., p. 337.
  83. Celia Bertin, op. cit., p. 337-338.
  84. Celia Bertin, op. cit., p. 338.
  85. Celia Bertin, op. cit., p. 338-345.
  86. Celia Bertin, op. cit., p. 347.
  87. Celia Bertin, op. cit., p. 349 et 352.
  88. Celia Bertin, op. cit., p. 354.
  89. Celia Bertin, op. cit., p. 359, 361 et 383.
  90. Michel de Grèce, Mémoires insolites, Xo, Paris, 2004, p. 112.
  91. Celia Bertin, op. cit., p. 388.
  92. Celia Bertin, op. cit., p. 393.
  93. ↑ a  b  Celia Bertin, op. cit., p. 395.
  94. Site de la municipalité de Georgioupoli



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