Biographie de Henri Bellery-Desfontaines

Voir son actualité

Henri Bellery-Desfontaines, né à Paris le 20 mars 1867 et mort le 7 octobre 1909, est un artiste français touche-à-tout, qui a produit des tableaux, des illustrations, des affiches, des lithographies, des dessins de tapis, de meubles et de billets de banque, et a touché à la décoration, l'architecture.



Autour de 1900, à Paris, une génération de jeunes artistes, influencés par certains courants artistiques, comme le néo-gothique ou encore le symbolisme, avaient une même conception de l’art et de la vie. La plupart avait débuté leur carrière en tant que peintre, puis ils s’étaient rapidement intéressés aux arts décoratifs, attirés par la conception d’un art présent partout, dans le moindre élément de la vie, un art total. Henri Bellery-Desfontaines faisait partie de cette génération d’artistes qui avaient en moyenne trente ans en 1900.

Il a débuté comme peintre, dans l’atelier de Pierre-Victor Galland, qui le charge de la réalisation des bordures décoratives qui encadrent les peintures du Panthéon, à Paris : Maillot, Bonnat, Humbert et surtout Jean-Paul Laurens, qui lui propose d'entrer dans son atelier à l’École des beaux-arts. Il devient alors rapidement le perspecteur du maître, notamment sur les décorations de l'Hôtel de Ville de Paris, dans le salon Lobau. Il semble qu'il ait passé aussi par l'atelier de Luc-Olivier Merson, mais rien ne confirme cette information.

Pendant ses années d'étudiant, il illustre des revues ou des contes tels que la partition de "Sigurd" de Ernest Reyer et la Tétralogie de Wagner. Il reçoit une commande de l'hôpital de la Charité, aujourd'hui détruit, pour une peinture destinée à décorer une des salles, mais on lui donne aussi à réaliser des peintures satiriques ainsi que de nombreux « portraits charges » (caricatures) pour la salle de garde des internes en médecine.

En 1895, à peine sorti de son école, Bellery-Desfontaines se dirige vers l’illustration, peut-être pour des raisons financières, et participe ainsi à l’élaboration de revues littéraires et artistiques, tels que L’Image, L’Estampe moderne ou L’Almanach des bibliophiles. La même année, il dessine son premier carton de tapisserie, qu'il expose au salon des artistes français. Peu à peu, l’artiste se montre davantage intéressé par les arts décoratifs que par la peinture, qu'il continue malgré tout de pratiquer jusqu'à sa mort, notamment par de nombreux portraits et paysages néo-impressionnistes.

À partir de 1900, Bellery-Desfontaines, qui avait commencé son évolution vers les arts décoratifs par la réalisation de tapis et de meubles, réalise, entre 1900 et 1910, grâce à de riches commanditaires et mécènes, comme de nombreux médecins, des ensembles de décoration intérieure de plus en plus ambitieux.

Artiste caractéristique de son époque, il a participé au fameux Bal des Quat'z'Arts, ainsi qu'au Bal de l'Internat ; il a illustré de nombreux ouvrages d'écrivains célèbres de son époque, tel que Anatole France, grâce aux éditions Édouard Pelletan ; il a dessiné un joker pour un jeu de cartes pour la firme Fossorier Amar et Cie ; peu de temps avant sa mort, il a créé les caractères d'imprimerie le Bellery-Desfontaines-large et le Bellery-Desfontaines-étroit pour la Fonderie G. Peignot et Fils en 1909 et disponible à partir de 1911 ; il a réalisé de nombreux portraits, tels que celui d'Yvette Guilbert ou de Mounet-Sully.

Il a laissé derrière lui une vaste production artistique, importante et hétéroclite, mais fort mal connue. Chaque œuvre était décorée de motifs végétaux ou floraux, ornant ses nombreux meubles et illustrations. Comme tous les artistes de sa génération, Henri Bellery-Desfontaines était un artiste complet, idéaliste, qui avait l’ambition d’appliquer l’art partout, dans chaque élément de la vie quotidienne. Il est mort subitement à l’âge de 42 ans, trop jeune pour pouvoir asseoir une notoriété et une véritable carrière, laissant de nombreux projets inachevés.