Biographie de Henri d'Astier de La Vigerie

Voir son actualité

fermer

Azéma : "Jean Moulin, un héros de la Résistance et de la France libre"
leJDD.fr
... et de propagande) dirigé par Georges Bidault ; il a réussi à fédérer les groupes paramilitaires des trois grands mouvements de la zone Sud (Combat d'Henri Frenay, Franc-Tireur de Jean-Pierre Levy, Libération-Sud d'Emmanuel d'Astier de La Vigerie).


Henri d’Astier de La Vigerie (né le 11 septembre 1897 à Villedieu-sur-Indre, décédé le 10 octobre 1952 à Genève) était un résistant français, Compagnon de la Libération. Il est le frère de Emmanuel d'Astier de la Vigerie et de François d'Astier de la Vigerie.



  • Henri d'Astier de la Vigerie est né le 11 septembre 1897 à Villedieu-sur-Indre.
  • Il fut engagé volontaire en 1915 et, en sa qualité d’admissible à Polytechnique, il fut élève-officier à Fontainebleau et servit au 1er Régiment d'Artillerie Coloniale (1er RAC).
  • Trois fois blessé et trois fois cité, il termina la guerre comme lieutenant et chevalier de la Légion d'honneur, à titre militaire.


Dans la période qui suit, Henri d'Astier fut très engagé politiquement dans les milieux d'extrême-droite. Il appréciait peu le régime républicain et estimait que la France serait plus forte sous l'autorité d'un monarque. Il ne fut pas indifférent à la doctrine maurrassienne. Il passe pour avoir comploté contre les pouvoirs en place, dans les Ligues, et peut-être même d'avoir trempé dans La Cagoule.



  • Mobilisé en 1939, en qualité de lieutenant de réserve, il entra dans la Résistance dès septembre 1940, en métropole, avec Justin Fatigue du réseau Alibi. En effet, tout en étant d'extrême-droite, Henri d'Astier était avant tout un patriote. Si bien qu'à la différence de la plupart des disciples de Maurras, et de Maurras lui-même, il ne se trompa pas d'ennemi lorsque la France fut occupée, et passa immédiatement à la lutte clandestine contre les Allemands. Ainsi parvint-il à s'introduire par la suite dans un camp de la Luftwaffe en Normandie pour y recueillir des informations secrètes, puis fonda-t-il le réseau Orion.
  • Mais son camarade Henri Piron fut arrêté, et Henri d'Astier se sachant soupçonné, passa en zone non occupée, d’où il rejoignit l’Afrique du Nord en janvier 1941.




  • Il s’installa d’abord à Oran, et réengagé, se fit verser, en mars 1941, au Deuxième Bureau de l’armée d’armistice.
  • Il entra ensuite en contact avec le groupe de résistance fondé en septembre 1940 par Roger Carcassonne, jeune industriel juif et officier de réserve, qui l'accueillit à bras ouverts. Tous deux s'orientèrent alors, à partir de décembre 1941, dans la préparation d’un débarquement allié.


  • Au début de 1942, Henri d'Astier se rendit à Alger où il prit d'abord contact avec le jeune José Aboulker, cousin de Roger Carcassonne, qui y avait constitué, lui-aussi depuis septembre 1940, un chapelet de groupes d’action clandestins parfaitement cloisonnés.
  • Parallèlement, il entra aussi en rapport, grâce au commissaire de police résistant, Achiary, avec un certain nombres de personnalités vichystes, mais patriotes, Jacques Lemaigre-Dubreuil, son collaborateur privé Rigault, et le colonel Van Hecke, commissaire régional des Chantiers de jeunesse.
  • Avec le soutien de ce dernier, Henri d'Astier se fit muter en juillet 1942 à Alger, où il entra comme cadre aux Chantiers de jeunesse, ce qui lui permit de bénéficier d’ordres de mission de Van Hecke. Ainsi eût-il la possibilité de se déplacer sans problème en Afrique du Nord, où il étendit son réseau.


  • Henri d'Astier et José Aboulker établirent aussi des contact suivis, à Alger, avec Robert Murphy, consul des États-Unis, et approuvèrent le choix du Général Giraud, proposé par Lemaigre-Dubreuil pour diriger la rentrée en guerre de l’armée française, en cas de débarquement allié.
  • Murphy informa enfin au milieu de 1942, Henri d’Astier et José Aboulker de la décision de Roosevelt et Churchill de débarquer en Afrique du Nord.


En octobre 1942, le général Clark, adjoint d’Eisenhower, rencontra clandestinement dans une villa de Cherchell les représentants de la résistance d’Algérie pour mettre au point, dans les derniers détails, l’action de la résistance lors du débarquement et les accords garantissant le respect de la souveraineté française par les forces alliées.





  • Le 8 novembre, en pleine nuit, Henri d'Astier et José Aboulker déclenchèrent, avec l'aide du colonel Jousse, l'opération qui donna à leurs 400 volontaires civils la maîtrise de tous les lieux stratégiques d'Alger et permit la capture de Juin, commandant en chef, et de l’amiral collaborationniste Darlan.
  • Ce coup d’État neutralisa le XIXe Corps d’Armée vichyste d’Alger pendant 15 heures, permettant ainsi aux forces armées alliées de débarquer sans opposition, d’encercler Alger, et d’obtenir, le soir même, la capitulation de la ville avec son port intact.


  • Ainsi la résistance française assura-t-elle le succès de l’Opération Torch, très compromise à Oran et au Maroc, où les généraux vichystes accueillaient les alliés à coups de canons.
  • En raison de la dérobade de Giraud qui, mécontent de ne pas avoir eu le commandement suprême de l'opération Torch, avait refusé de venir à Alger le 8 novembre 1942, les alliés durent traiter avec Darlan pour obtenir le cessez-le-feu à Oran et au Maroc.




  • Au terme de ce combat, Darlan, contraint et forcé de changer de camp, instaura à Alger un Haut Commissariat de France en Afrique et reprit la guerre, tout en maintenant en Afrique du nord les lois discriminatoires de Vichy et les déportés politiques dans leurs camps du sud. (Voir l'article régime de Vichy en Afrique libérée(1942-43)).
  • Darlan nomma Giraud commandant en chef, et introduisit dans son gouvernement quelques résistants d’extrême-droite hostiles à de Gaulle, comme Rigault, homme à tout faire de Lemaigre-Dubreuil.


  • Henri d’Astier organisa alors avec l’aide de jeunes officiers anglais, écœurés de voir maintenu le régime de Vichy dans le camp allié, une force de choc, regroupant des volontaires du 8 novembre, force qui allait devenir, ultérieurement, le Corps franc d’Afrique.
  • C’est alors que Darlan, désireux de se l’attacher, lui proposa la direction de la police, en qualité de Secrétaire-adjoint à l'Intérieur du Haut-Commissariat. Henri d’Astier accepta cette proposition, mais avec la volonté bien arrêtée de mettre fin au pouvoir de Darlan. Il avait, en effet, eu l’idée de remplacer l’amiral par le Comte de Paris, prétendant orléaniste au trône de France, qu’il avait fait venir à Alger. Il souhaitait que celui-ci prenne le pouvoir à la place de Darlan et unifie les autorités françaises de Londres et d’Alger, avec de Gaulle comme chef du gouvernement et Giraud comme chef des forces armées.


  • C’est alors que le jeune patriote, Fernand Bonnier de La Chapelle, volontaire au Corps Franc d’Afrique désigné par un tirage au sort, entre frères d'armes du Corps Franc d'Afrique, résistants du 8 novembre, abattit Darlan, le 24 décembre, à coups de revolver. Le général Giraud, qui avait remplacé Darlan, n'accorda pas la grâce à Bonnier (sur ce sujet, voir la page Fernand Bonnier de La Chapelle).


  • Une fois supprimé Bonnier, le principal témoin, Giraud fit ouvrir une nouvelle enquête sur le meurtre de Darlan.
  • C’est alors que, sous la pression des officiers vichystes de son entourage et de Rigault, Giraud fit arrêter la plupart des chefs de la résistance algéroise, tandis que d’Astier était contraint de se cacher. Arrêté en janvier 1943, il ne fut libéré qu’après la constitution du Comité français de la Libération nationale (CFLN) et la prise du pouvoir à Alger par le général de Gaulle, en septembre de la même année.




En novembre 1943, Henri d'Astier fut nommé membre à l'Assemblée Consultative d'Alger et y entra à la Commission de la Défense Nationale.



  • Puis il créa en avril 1944, les « Commandos de France » constitués uniquement de volontaires recrutés au sein des évadés de France. Lors du débarquement en Provence, il prit le commandement d'une équipe de 45 hommes destinée à précéder les troupes en opérant à l'intérieur des lignes ennemies. Il s'embarqua en août 1944 sur la "Marietta Madre" qui, en attendant le jour J, fit escale en Corse. Le 17 août il débarqua avec son détachement à Saint-Tropez et affronta les Allemands aux Pennes-Mirabeau. Les Commandos de France participèrent ensuite aux combats des Vosges et d'Alsace.
  • Bien que Parlementaire, Henri d'Astier resta sur les champs de bataille et continua le combat jusqu'en Allemagne, après avoir pris en décembre 1944, le commandement de l'ensemble des Commandos de France.
  • Henri d'Astier de la Vigerie est décédé à Genève le 10 octobre 1952.


  • Officier de la Légion d’Honneur,
  • Compagnon de la Libération,
  • Croix de Guerre (1914-1918), avec 3 citations,
  • Croix de guerre 1939-1945, avec 4 citations.