Giovanni Battista Cybo, né à Gênes en 1432, mort à Rome le 25 juillet 1492, consacré pape le 12 septembre 1484 sous le nom d'Innocent VIII (en latin Innocentius VIII, en italien Innocenzo VIII).
Fils d'Arano Cybo (ou Cibo) et d'une patricienne gênoise, il passe sa jeunesse à la cour de Naples. Il entre ensuite dans les ordres et reçoit l'évêché de Savone des mains de Paul II en 1467. Grâce à la protection du cardinal Della Rovere futur Jules II, il entre à la Curie romaine. En 1473, il est élevé à la dignité de cardinal. À la mort de Sixte IV, il est élu pape grâce aux manœuvres du cardinal Della Rovere.
Sous son pontificat, il recule les limites de l'opprobre par une vénalité effrénée des charges. Corruption, vénalité, népotisme, faux privilèges, fausses bulles, intrigues sont des mesures courantes[1]. Il est le premier pape à reconnaître ses enfants illégitimes, pour lesquels il organise des noces au Vatican[2].
En Italie, il fait appel à Florence, dirigée par Laurent le magnifique, pour obtenir des finances. En remerciement, il marie son bâtard Franceschetto à la fille de Laurent, Maddalena, ce qui fait murmurer ses contemporains et il élève à la dignité de cardinal le fils de Laurent, Giovanni, âgé seulement de 13 ans — le futur Léon X.
Il mène la guerre contre Ferdinand Ier de Naples, qui avait refusé à plusieurs reprises de payer le tribut d'investiture au pape. Une première campagne se solde par une paix mitigée en 1486, qui n'apaise pas l'hostilité entre les deux monarques. En 1489, Innocent VIII excommunie son adversaire et demande l'intervention de Charles VIII de France, lui promettant officiellement le royaume de Naples. Le conflit ne prend fin qu'en 1492.
Djem, frère cadet du sultan Bajazet, avait dû fuir Istambul pour échapper à son frère. Après diverses pérégrinations, il atterrit à Rome. Le sultan désireux de tenir éloigné un rival pour son trône, offre au pape la somme de 120 000 ducats pour le retenir prisonnier dans ses états. Par cupidité Innocent VIII accepta aussitôt la proposition. "C'est ainsi qu'on vit le chef de la chrétienté protéger le trône du chef de l'Islam en hébergeant au Vatican le fils du conquérant de Constantinople." [3]
Paradoxalement Innocent VIII tente à l'instar de ses prédécesseurs de lancer une croisade, contre les Turcs. Mais ce pragmatique est peu convaincu du succès de celle-ci et finit par nouer des relations diplomatiques lucratives avec le sultan Bayezid II, qui, en gage d'amitié, lui remet la Sainte Lance, censée avoir transpercé Jésus-Christ . Pour les chrétiens d'Orient, abandonnés aux Turcs, tout espoir d'un quelconque soutien par l'Eglise de Rome est désormais enterré. Il reconnaît Henri VII comme monarque légitime au sortir de la guerre des Deux-Roses. Il accorde le titre de « rois catholiques » à Ferdinand II d'Aragon et Isabelle de Castille.
Ce pape superstitieux a attaché son nom au plus grand crime de son temps : la chasse aux sorcières. Il publie la bulle Summis desiderantes affectibus (5 décembre 1484), autorisant l'Inquisition à agir en matière de sorcellerie. Plus précisément, elle autorise Henri Institoris et Jacques Sprenger à instruire le procès de deux sorcières présumées en Allemagne. À leur retour, les deux dominicains publient le fameux Malleus Maleficarum (Le Marteau des sorcières)en 1486 avec le soutien d'Innocent VIII, mais qui en raison de ses excès et de ses aberrations, sera finalement interdit par l'Eglise elle-même en 1490.
Il approuve la très dure répression menée par l'Inquisition espagnole dirigée par Torquemada contre les marranes, Juifs convertis et soupçonnés de continuer à pratiquer leur religion originelle. Une fois convertis, le Juifs pouvaient exercer n'importe quelle fonction importante dans la société. Cela gênait les hauts fonctionnaires en place qui objectèrent que ces conversions n'étaient pas spontanées mais intéressées. L'Inquisition n'avait plus qu'à le prouver en utilisant la torture. Innocent VIII donna son accord. L'humaniste Pic de la Mirandole suggéra de réunir à ses propres frais un congrès de philosophes pour instituer un projet de paix universelle. il se proposait d'y prononcer un discours sur la dignité de la personne humaine. L'indignité personnifiée siégeant sur le trône pontifical ne pouvait accéder à cette noble vision. les thèses de Pic de la Mirandole furent condamnées.
Il restaure plusieurs églises romaines. Il fait bâtir le palais du Belvédère. Il fait travailler Antonio Pollaiolo, le Pinturrichio, Andrea Mantegna ou encore le Pérugin.
En la personne d'Innocent VIII, l'histoire retient l'image d'un homme cupide, superstitieux, cruel et peu soucieux des valeurs spirituelles. Son corps repose dans la basilique Saint-Pierre.
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Fils d'Arano Cybo (ou Cibo) et d'une patricienne gênoise, il passe sa jeunesse à la cour de Naples. Il entre ensuite dans les ordres et reçoit l'évêché de Savone des mains de Paul II en 1467. Grâce à la protection du cardinal Della Rovere futur Jules II, il entre à la Curie romaine. En 1473, il est élevé à la dignité de cardinal. À la mort de Sixte IV, il est élu pape grâce aux manœuvres du cardinal Della Rovere.
Sous son pontificat, il recule les limites de l'opprobre par une vénalité effrénée des charges. Corruption, vénalité, népotisme, faux privilèges, fausses bulles, intrigues sont des mesures courantes[1]. Il est le premier pape à reconnaître ses enfants illégitimes, pour lesquels il organise des noces au Vatican[2].
En Italie, il fait appel à Florence, dirigée par Laurent le magnifique, pour obtenir des finances. En remerciement, il marie son bâtard Franceschetto à la fille de Laurent, Maddalena, ce qui fait murmurer ses contemporains et il élève à la dignité de cardinal le fils de Laurent, Giovanni, âgé seulement de 13 ans — le futur Léon X.
Il mène la guerre contre Ferdinand Ier de Naples, qui avait refusé à plusieurs reprises de payer le tribut d'investiture au pape. Une première campagne se solde par une paix mitigée en 1486, qui n'apaise pas l'hostilité entre les deux monarques. En 1489, Innocent VIII excommunie son adversaire et demande l'intervention de Charles VIII de France, lui promettant officiellement le royaume de Naples. Le conflit ne prend fin qu'en 1492.
Djem, frère cadet du sultan Bajazet, avait dû fuir Istambul pour échapper à son frère. Après diverses pérégrinations, il atterrit à Rome. Le sultan désireux de tenir éloigné un rival pour son trône, offre au pape la somme de 120 000 ducats pour le retenir prisonnier dans ses états. Par cupidité Innocent VIII accepta aussitôt la proposition. "C'est ainsi qu'on vit le chef de la chrétienté protéger le trône du chef de l'Islam en hébergeant au Vatican le fils du conquérant de Constantinople." [3]
Paradoxalement Innocent VIII tente à l'instar de ses prédécesseurs de lancer une croisade, contre les Turcs. Mais ce pragmatique est peu convaincu du succès de celle-ci et finit par nouer des relations diplomatiques lucratives avec le sultan Bayezid II, qui, en gage d'amitié, lui remet la Sainte Lance, censée avoir transpercé Jésus-Christ . Pour les chrétiens d'Orient, abandonnés aux Turcs, tout espoir d'un quelconque soutien par l'Eglise de Rome est désormais enterré. Il reconnaît Henri VII comme monarque légitime au sortir de la guerre des Deux-Roses. Il accorde le titre de « rois catholiques » à Ferdinand II d'Aragon et Isabelle de Castille.
Ce pape superstitieux a attaché son nom au plus grand crime de son temps : la chasse aux sorcières. Il publie la bulle Summis desiderantes affectibus (5 décembre 1484), autorisant l'Inquisition à agir en matière de sorcellerie. Plus précisément, elle autorise Henri Institoris et Jacques Sprenger à instruire le procès de deux sorcières présumées en Allemagne. À leur retour, les deux dominicains publient le fameux Malleus Maleficarum (Le Marteau des sorcières)en 1486 avec le soutien d'Innocent VIII, mais qui en raison de ses excès et de ses aberrations, sera finalement interdit par l'Eglise elle-même en 1490.
Il approuve la très dure répression menée par l'Inquisition espagnole dirigée par Torquemada contre les marranes, Juifs convertis et soupçonnés de continuer à pratiquer leur religion originelle. Une fois convertis, le Juifs pouvaient exercer n'importe quelle fonction importante dans la société. Cela gênait les hauts fonctionnaires en place qui objectèrent que ces conversions n'étaient pas spontanées mais intéressées. L'Inquisition n'avait plus qu'à le prouver en utilisant la torture. Innocent VIII donna son accord. L'humaniste Pic de la Mirandole suggéra de réunir à ses propres frais un congrès de philosophes pour instituer un projet de paix universelle. il se proposait d'y prononcer un discours sur la dignité de la personne humaine. L'indignité personnifiée siégeant sur le trône pontifical ne pouvait accéder à cette noble vision. les thèses de Pic de la Mirandole furent condamnées.
Il restaure plusieurs églises romaines. Il fait bâtir le palais du Belvédère. Il fait travailler Antonio Pollaiolo, le Pinturrichio, Andrea Mantegna ou encore le Pérugin.
En la personne d'Innocent VIII, l'histoire retient l'image d'un homme cupide, superstitieux, cruel et peu soucieux des valeurs spirituelles. Son corps repose dans la basilique Saint-Pierre.
- A. Esposito, Dictionnaire historique de la papauté, sous la dir. de Philippe Levillain, Fayard, Paris, 2003 (ISBN 2-213-618577).
- ↑ LE TEMPS: L'Histoire du christianisme
- ↑ L'obligation de célibat
- ↑ Jean MATHIEU-ROSAY, La véritable histoire des papes, Paris, Grancher, 1991.
