Biographie de Jacques Gabriel Annibal de Farcy

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Jacques Gabriel Annibal de Farcy, marquis de Cuillé (né à Cuillé le 30 janvier 1724, mort à Rennes le 17 août 1795), fût un avocat, puis conseiller non originaire au parlement de Bretagne le 24 décembre 1746, président à mortier le 16 novembre 1606, conseiller du Roi en tous ses conseils en 1738, commissaire du Roi aux états de Bretagne en 1786.



Il se trouva mêlé à toutes les luttes du parlement de Bretagne, au sujet des privilèges de la province et fut plusieurs fois exilé en son château de Cuillé. Le 6 avril 1765 le parlement refusa d'enregistrer d'office les deux sols pour livre ; le 22 mai, soixante-seize membres du parlement donnèrent leur démission et furent exilés le 12 novembre, mais le 9 juillet 1769, ils furent tous rappelés et rentrèrent solennellement le 15.

Le 2 juin 1788, au moment même où l'on signifiait aux membres du parlement des lettres de cachet, les magistrats avertis tentaient de se rendre à l'hôtel de Cuillé, situé au bas de la place de la Motte . « Plusieurs, surpris par cette alerte, arrivent les uns en robe les autres en chenille, d'autres... se faufilent par des portes dérobées, quelques-uns descendent par les fenêtres au moyen d'échelles, des amis leur apportent leurs robes et leurs rabats. Ils s'assemblent dans le grand salon de l'hôtel et attendent leurs collègues... » mais la troupe cerne l'hôtel ; « des magistrats essaient encore de pénétrer mais la porte est fermée ; ils se déguisent alors et n'écoutant que leur zèle, ils font un détour, saisissent des échelles, escaladent les murs et parviennent enfin au milieu de leurs confrères... » Ils étaient alors réunis au nombre de 60 environ et prennent séance dans le grand salon... M. de Melesse, grand prévôt de la maréchaussée, vient signifier 58 lettres de cachet. Après de longs pourparlers, la troupe reçoit ordre de se retirer. Le doyen de la noblesse vient complimenter la cour qui décide de lever la séance, et les magistrats remercient avec effusion le président de Farcy de Cuillé qui avait montré pendant toute la séance un zèle et un courage admirables. Non seulement il avait offert au parlement son hôtel au risque d'être arrêté, mais durant cette journée où sa demeure était restée cernée, assiégée par les troupes, il ne s'était pas ému un instant... » Une autre séance eut encore lieu à l'hôtel de Cuillé le lendemain et on déposa sur le bureau les 58 lettres de cachet reçues durant la nuit. On sait que le parlement fut réellement dissous après la séance du 6 juin à laquelle assistèrent seulement dix-neuf membres, tous les autres étant en exil ou retenus prisonniers dans leurs demeures.

Deux ans plus tard, la révolution éclata. De Farcy fut nommé à l'unanimité président de l'assemblée primaire de Cuillé, mais bientôt, malgré sa bonté et les services rendus, il vit son château pillé, brûlé ; lui-même fut grossièrement insulté. Il se retira alors à Rennes où il vécut ignoré pendant la tourmente révolutionnaire.

Il est le fils de Jacques Daniel Annibal de Fracy. Il épousa en 1757 à Hennebont Catherine de Bahuno, morte à Rennes dans les prisons révolutionnaires, le 6 mars 1793, et mourut lui-même à Rennes, le 17 août 1795. Leurs noms figurent sur une inscription trouvée dans l'église de Gastines[1]



  • Généalogie de la famille de Farcy, par Paul de Farcy, Laval 1891


  1. Abbé Angot. Epigraphie de la Mayenne, t. I., p. 337
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