Jean-Baptiste Sylvere Gay, Vicomte de Martignac (20 juin, 1778 - 3 avril, 1832), a été un homme d'état français.
Il est né à Bordeaux. En 1798, il est devenu secrétaire d' Emmanuel Joseph Sieyès ; alors, après avoir servi un temps dans l'armée, il se tourna vers la littérature, produisant plusieurs ouvrages mineurs. Sous l'Empire, il a plaidé avec succès en tant qu'avocat à Bordeaux, où en 1818 il devint avocat-général de la cour royale. En 1819 il a été nommé procureur-général à Limoges, et en 1821 retourna à Marmande à la Chambre des Députés, où il soutint la politique de Joseph de Villèle. En 1822 il fut nommé conseiller d'État, en 1823 il accompagna le duc d'Angoulême en Espagne en tant que commissaire civil ; en 1824, il fut élevé au rang de vicomte et directeur général de l’enregistrement et des domaines.
Avocat de formation, il défendra en 1811 la cause d'une jeune Miramontaise, Elisabeth Phillipeaux, au cours d'un des premiers procès en divorce. Il épousera sa jeune cliente, ce qui l'amènera à vivre d'abord dans une des belles maisons de la place, avant de faire construire son hôtel particulier qui est aujourd'hui la Perception de la commune de Miramont-de-Guyenne.
Au contact avec la pratique de la politique, ses vues ultra-royalistes ont été graduellement modifiées pour tendre en direction de celles des Doctrinaires, et à la chute de Villèle il a été choisi par Charles X pour exporter la nouvelle politique de compromis. Le 4 janvier 1828, il a été nommé ministre de l'Intérieur, et donc en l'absence de titre de président, devint la tête virtuelle du cabinet. Il a fait passer un acte abolissant la censure de la presse , et persuada le roi de signer les ordonnances du 16 juin 1828 sur les Jésuites et les petits séminaires.
Il fut exposé à des attaques des deux extrêmes gauche et droite, et quand en avril 1829 une coalition de ces groupes le défit à la chambre, Charles X, qui n'a jamais cru en la politique qu'il représentait, le remplaça par le prince de Polignac. En mars 1830, Martignac a voté avec la majorité la motion contre les célèbres ordonnances ; mais, durant la révolution qui suivit il resta fidèle à ses principes légitimistes. Sa dernière apparition publique a été pour défendre Polignac à la chambre des pairs en décembre 1830.
Bibliographie
- Martignac a publié Bordeaux au mois de Mars 1815 (Paris, 1830), et un Essai historique sur les révolutions d'Espagne et l'intervention française de 1823 (Paris, 1832).
- Ernest Daudet, Le Ministère de M. de Martignac, Paris, 1875
- Fabrice BOYER, Martignac (1778-1832). L'itinéraire politique d'un avocat bordelais Paris, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2002, 470 p.
Sources
(en) « Jean-Baptiste Sylvère Gay, vicomte de Martignac », dans Encyclopædia Britannica, 1911 [détail édition] [lire en ligne]
| Précédé par | Jean-Baptiste Sylvère Gay, vicomte de Martignac | Suivi par |
| Comte de Villèle | Premier ministre 1828-1829 |
Prince de Polignac |
| Jacques Joseph Guillaume Pierre, comte de Corbière | Ministre français de l'Intérieur | François Régis de La Bourdonnaye, comte de La Bretèche |
