Biographie de Jean-Baptiste de La Quintinie

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Versailles. Le jardin de Le Nôtre, c'est beau, mais c'est carré
Ouest-France
Mais en la matière, je préfère Jean-Baptiste de La Quintinie, créateur du potager de Versailles. Lui savait ce qu'était une plante. Le Nôtre ne savait que les agencer. Pour moi, il est un jardinier contrarié qui rêvait d'être peintre - il a été l'élève ...




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Jean-Baptiste de La Quintinie, né le 1er mars 1624 à Chabanais et mort le 11 novembre 1688 à Versailles, est un jardinier et agronome français (on trouve également l’orthographe Quintinye).



Il fait ses études au collège des Jésuites à Poitiers, puis à la faculté, où il étudie la philosophie et le droit. Il se destinait à la profession d’avocat. À la fin de ses études de droit, il est reçu à Paris comme avocat au Parlement et maître des requêtes de la reine.

Il devient le précepteur du fils du président de la Cour des comptes, Jean Tambonneau. Il accompagne son élève pour son « voyage d’humanités » en Italie, pays déjà réputé pour ses jardins et y découvre sa vocation. Il visite au passage le jardin des plantes de Montpellier.

À son retour d’Italie, il décide d’abandonner le barreau pour se consacrer au jardinage. Féru d’auteurs anciens comme Pline l'Ancien et Columelle, il se met au fait des théories contemporaines, et s’exerce à leur pratique grâce au président Tambonneau qui lui confie le jardin de son hôtel particulier situé rue de l’Université à Paris. Ses salons sont fréquentés par des personnes importantes, le Grand Condé, Colbert, Mademoiselle de Montpensier entre autres.

Il fit par la suite deux voyages en Angleterre, comme beaucoup de jardiniers français à l’époque, et fut sollicité par Jacques II, roi d’Angleterre pour s’occuper de ses jardins. Mais il refusa cette offre, préférant retourner en France.

En 1660, il épousa Marguerite Joubert dont il eut trois fils qui ne lui survivront pas.

En 1661, il fut chargé par le surintendant des finances, Nicolas Fouquet, de gérer les jardins de son château de Vaux-le-Vicomte. Il faisait partie d’une équipe de créateurs qui comprenait aussi Le Nôtre, Le Vau et Le Brun. Ils seront tous repris au service du roi Louis XIV après la disgrâce du surintendant Fouquet la même année. La Quintinie sera d’abord chargé de gérer le potager créé par Louis XIII à Versailles et de fournir en fruits et légumes la table du roi.

Par la suite, il s’occupa successivement des jardins de grands personnages de l’époque, notamment en 1665 à Chantilly chez le prince de Condé, ensuite à Choisy-le-Roi chez Mademoiselle de Montpensier, à Rambouillet chez le duc de Montausier, et encore plus tard à Sceaux au service de Colbert.

Le 17 mars 1670, Louis XIV le nomme « directeur des jardins fruitiers et potagers de toutes les maisons royales », charge créée spécialement pour lui.

En 1678, il entreprend la création du nouveau potager du roi, achevé cinq ans plus tard en 1683. Ce jardin, qui existe encore, a été classé monument historique en 1921.

Au service du roi, il ne cessa d’améliorer les productions de ses jardins, acclimatant des espèces fragiles, figuiers, melons, et réussissant à produire des fruits et des légumes à contre-saison : laitues en janvier, fraises en mars… Il est le véritable précurseur des cultures de primeurs. Il met au point, entre autres, un système de culture sous châssis vitrés et sous cloches de verre. L’autre technique importante qu’il développe est la culture en espalier des arbres fruitiers. Ainsi les poiriers, pêchers, pruniers et figuiers poussent tous à la chaleur et à l’abri des vents dominants. Pour offrir des figues au roi dès la mi-juin, et ce pendant six mois, La Quintinie crée, sur le même principe que l’orangerie, une figuerie.

Devant tant de services rendus, il est anobli en 1687 par Louis XIV. Il meurt le 11 novembre 1688. Louis XIV confie à sa veuve : « Madame, nous avons fait une grande perte que nous ne pourrons jamais réparer ».

En 1690, deux ans après sa mort, paraît son ouvrage Instruction pour les jardins fruitiers et potagers qui rassemble son expérience et ses réflexions, notamment sur les méthodes de forçage des légumes et de taille des arbres fruitiers.



  • Demonceaux, Notice sur J. de la Quintinie, son style et son caractère, Versailles, Beau, 1872
  • Gervais Jacques, Le Jardinier du roi - J.-B. de la Quintinie, Paris, Stock, 1944
  • (it) Antonio Saltini, Storia delle scienze agararie, t. II, I secoli della rivoluzione agraria, Edagricole, Bologna 1987, p. 33-48
  • Frédéric Richaud a publié un récit/roman intitulé Monsieur le Jardinier (Grasset, 1999) centré sur la figure de La Quintinie.