Biographie de Jean II Comnène

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Jean II Comnène (13 septembre 1088–Cilicie, 8 avril 1143), est un empereur byzantin. En grec Ιωάννης Β' Κομνηνός , Iōannēs II Komnēnos, est basileus des romei du 15 août 1118 [1] au 5 avril 1143 [2]. Il est surnommé Kalojannis (Kalos = beau, Johannes = Jean) ou Calojanni, soit Jean le Beau, beau intérieurement, d'une bonne âme. Les chroniques de l'époque le décrivent de teint sombre, des traits pas particulièrement beaux et des cheveux noirs qui lui valent le surnom de Maurus






Jean II Comnène, est le troisième enfant mais le premier fils de l'empereur byzantin Alexis Ier Comnène et de Irène Doukas. Dès son enfance, il a à ses côtés comme fidèle compagnon et confident un enfant turc de son âge, Jean Axuch, arrivé à Constantinople comme prisonnier et donné par les croisés à son père [3]. Le jeune Jean bénéficie de l'amour inconditionnel de son père [3] mais sa mère, Irène, et sa sœur Anne Comnène le méprisent et le calomnient en espérant qu'il soit éliminé de l'héritage impérial au profit de Nicéphore Bryenne, le mari d'Anne [3]. Cependant, Jean bénéficie de la confiance de son père qui n'aurait jamais admis que la dynastie des Comnène renonce volontairement au trône de Byzance [3].



Au cours de l'été 1118 Alexis qui est très malade et est alité, sent la mort s'approcher. Pour pouvoir respirer il est contraint de rester couché, appuyé sur un grand coussin. Transporté au monastère de Mangana, en fin d'après-midi du 15 août 1118, il appelle son fils aîné à ses cotés [4]. Il lui confie l'anneau impérial et lui ordonne de se faire consacrer immédiatement basileus des Byzantins [4]. En toute hâte, Jean se rend à la basilique de Sainte Sophie où, après une cérémonie assez rapide, il est nommé empereur byzantin par le patriarche Jean IX.

Lorsqu'il retourne au palais, la garde privée impériale composée de Varègues, par ordre de l'impératrice Irène, lui interdise l'accès. À la vue de l'anneau impériale, il le laisse passer s'agenouillant sur son passage [5].

Irène, ignorant les dernières volontés de son mari, demande à ce que le mari d'Anne soit proclamé empereur. Nicétas Choniatès, rapportent, dans ses chroniques, qu'Alexis remercie Dieu, parce que sa femme n'est pas informé du couronnement de Jean [6]. Il meurt peu après, sachant que son fils allait assurer la stabilité de l'empire byzantin. Il est enterré dans le monastère consacré au Christ Philanthrope, mais le nouveau basileus n'assiste pas aux funérailles, craignant pour sa vie.



Durant toute sa vie, Anne Comnène, l'ainée d'Alexis, s'oppose à Jean. Son animosité est née du fait qu'à l'âge de cinq ans elle est fiancée au fils de Michel VII Doukas, Constantin, et, en théorie, elle serait ainsi devenue la future impératrice. Constantin meurt jeune et elle est promise en mariage à Nicéphore Bryenne, fils de Nicéphore qui vingt ans auparavant avait essayé de s'emparer du trône de Byzance et qui, en 1111, est nommé César par Alexis Ier.

Anne ne renonce jamais à s'emparer du trône, même après la mort de son père ainsi le jour même des funérailles, elle envoie des hommes de main pour assassiner son frère.Ces derniers échouent et ils sont tués par les gardes varègues.

Plus déterminé que jamais, elle organise une autre conspiration dont son mari, par peur, ne pas prendre partie [7]. Elle échoue encore une fois: les gardes varègues déjouent l'attentat et l'emprisonne à nouveau avec ses sbires [8].

Malgré tout, Jean se montre clément: Nicéphore Bryenne ne reçoit aucune condamnation, par reconnaissance, il le sert avec loyauté jusqu'à sa mort en 1136. Sa sœur est chassée de la cour et toutes ses terres et ses biens sont confisqués. Humiliée et abandonnée de tous, elle se fait religieuse et, pour le restant de sa vie, elle se consacre à la biographie de son père, l'Alexiade.



Pendant son règne, l'empereur reçoit le surnom de « beau » non pas pour son apparence mais pour son caractère. Jean ne supporte pas les personnes frivoles et il ne tolère pas le luxe. Il est apprécié, non seulement parce qu'il distribue souvent des cadeaux aux peuples, mais aussi parce qu'il n'est pas hypocrite car il croit sincèrement dans les valeurs de la religion orthodoxe. Il est jugé droit et clément, qualités assez rares pour un homme de pouvoir.

Habituellement, il ne choisit pas ses conseillers parmi les membres de sa famille et celui en qui il a le plus confiance est Axuch, l'ami d'enfance, qu'il nomme « grand domestique », commandant de l'armée impériale [9].

Comme il est de tradition de sa famille, il a l'âme d'un soldat. Son arrière-grand-père Isaac Ier, son père Alexis Ier et plus tard son fils Manuel Ier sont très actifs militairement. Alors que son père se limitait à des positions défensives, Jean est nettement plus offensif: son rêve est de reconquérir toutes les terres de l'Empire byzantin qui sont entre les mains des Musulmans, et de retrouver l'ancienne gloire de l'Empire. Ses sujets pense que sa vie est une campagne militaire permanente, au cours des vingt-deux de règne, il passe plus de temps avec l'armée qu'à sa cour et quand ses quatre enfants commence à être indépendant, il les emmène avec lui afin de leur transmettre la tradition de la famille Comnène.

Rapidement, il démontre ses grandes qualités et il est le prototype de l'« empereur soldat », courageux, audacieux et d'une totale intégrité. Il est considéré par ses sujets comme le « plus grand des Comnène » et aussi comme le « Marc-Aurèle » de Constantinople. Mais les sources historiques et en particulier les écrits des historiens Jean Cinnamus et Nicétas Choniatès, comme ceux du poète Théodore Prodomus manque d'objectivité. Les historiens modernes le considèrent avec beaucoup plus de circonspections, compte tenu de la faiblesse de ses résultats.



Les États européens, à cette époque, ne représentent pas une menace réelle parce qu'ils sont souvent en guerre les uns avec les autres [10]. En raison de cette situation, l'Empereur est en mesure de concentrer les forces de l'Empire byzantin et de les lancer à la reconquête de l'Asie mineure: dans la péninsule, il a sous son contrôle les côtes septentrionales, occidentales et au sud jusqu'au fleuve Méandre[10] mais Antalya est accessible uniquement par voie maritime [11] . Il veut faire cette expédition contre les Turcs, non seulement pour agrandir les territoires de l'empire, mais aussi parce que les Turcs ont enfreint le traité de paix qu'ils ont signé avec son père.[12].

Après avoir débarqué en Asie mineure à la tête d'une grande armée, il attaque sans hésitation les Turcs Seldjoukides qu'il bat à plusieurs reprises, réussissant à les repousser au delà du Méandre avant de conquérir Laodicée [13] et d'annexer Antalya à l'empire byzantin. À la fin de l'automne, il fait une entrée triomphale à Constantinople avec Axuch [14].



Jean n'est en rien menacé par l'Europe chrétienne ce qui lui permet de renforcer les frontières de l'Empire. En effet, une menace grave se profile aux portes de l'Empire: les Petchenègues se sont rebellés et dévastent la Macédoine et la Thrace [15]. L'empereur rassemble une armée et les défait adroitement au cours d'une guerre éclair, en août 1122 à Stara Zagora[16]. De nombreux Petchenègues sont déportés comme colons alors que d'autre sont incorporés dans l'armée byzantine [15].

Quelques années plus tard, il intervient contre les Serbes de Rascie qui sont vaincus ainsi que les Dalmates et les Croates qui sont contraints de reconnaître l'autorité byzantine [17].

Entre 1124 et 1128, il lutte avec succès contre les Hongrois [18] bien que Jean ait pris pour femme, Piroska, appelée par la suite Irène, du roi Ladislas Ier [19].



En 1122, la République de Venise déclare la guerre à l'empire byzantin[20]. La raison de ce conflit est le refus de reconnaitre au Vénitiens les concessions d'exonération des droits d'importation octroyés par Alexis Ier[21] . Lorsque le doge Domenico Michele demande le renouvellement des droits, Jean répond par un refus catégorique [21].

La guerre est inévitable et le 8 août 1122 71 navires de guerre sous le commandement du doge quittent le port de Venise en direction de Corfou [21]. La ville est assiégée pendant 6 mois mais résultat significatif [22] Se rendant compte qu'ils sont dans l'incapacité de la conquérir, les Vénitiens se dirigent vers les îles de la mer Égée. En trois ans, ils conquièrent Rhodes, Chios, Samos, Lesbos et Andros [23]. Insatisfaits, ils se rendent en Céphalonie mais Jean envoie des ambassadeurs à leur rencontre afin de promettre la reconnaissance de leurs privilèges passés en échange de la restitution des îles conquises et d'une aide maritime pour une prochaine campagne contre les Turcs [24]. Venise accepte et évite ainsi la poursuite d'une guerre coûteuse et dangereuse [21].

L'empereur encourage et contribue au commerce avec Pise et Gênes afin de contrer le monopole vénitien en Méditerranée.[25]



Entre 1130 et 1135, Avec un grande armée, Jean débarque en Asie Mineure et conduit cinq compagnes successives contre l'émir turc Gumuchtegin, devenu seigneur d'une grande partie de l'Asie Mineure.[26]. Les cinq campagnes sont victorieuses et pour cela, en 1133, à son retour à Constantinople, un triomphe digne la Rome antique est organisé[27] sauf que le char à quatre chevaux blancs portant l'empereur n'est décoré d'or mais d'argent[28]. Ce choix est fait pour des raisons économiques, mais les décorations de la ville rappelle la magnificence romaine: les rues sont décorées de tissus et des précieux tapis sont exposés aux fenêtres [29]. Des gradins sont installés pour accéder aux murs théodosiens jusqu'à Sainte Sophie où doit passer le défilé. Dés le début des festivités, les gradins sont remplis du peuple en fête [28]. L'Empereur progresse à travers les rues de la ville tenant, dans la main droite, la sainte icône de la Vierge qu'il a emmené avec lui lors de toutes ses campagnes, tandis que de la main gauche, il lève une crucifix [30].

L'année suivante, il retourne en Asie Mineure et il conduit une nouvelle campagne victorieuse qui voit la mort de l'émir Gumuchtegin [31]. Au début de l'année 1135, il retourne à Constantinople [32].

En seulement cinq ans, il a reconquis une bonne partie de l'Asie Mineure ainsi que les territoires perdus par Byzance. Jean n'a plus de rivaux, en Europe, la situation est calme et les Turcs ont subi une cuisante défaite. Ainsi, Jean peut se préparer à reprendre les territoires qu'il considère de droit byzantin bien que qu'ils soient soumis au pouvoir des Croisés: le royaume arménien de Cilicie et la principauté normande d'Antioche fondée par Bohémond de Tarente.



En 1130, l'accession au trône de Sicile par Roger II n'est pas du goût de Jean. Le nouveau roi peut faire valoir ses droits sur Antioche et être le futur roi de Jérusalem.

Jean sait que Roger à des ambitions sur le trône de Byzance, il soutient financièrement l'empereur Lothaire III d'Allemagne afin qu'il engage une guerre contre les Siciliens (1136). Lothaire, soutenu par le pape Innocent II, accepte aussi parce que cela lui donne la possibilité de poursuivre une campagne militaire lucrative contre le royaume de Sicile avec l'argent de l'Empire byzantin. Malgré l'ascendant militaire (prise de Bari), Lothaire, en proie à la révolte de ses troupes, retourne en Allemagne. Par la bulle du 27 juillet 1139, le pape s'avoue vaincu et reconnait définitivement Roger II, Rex Siciliae, ducatus Apuliae et principatus Capuae.



Dès que le danger potentiel du royaume de Sicile envers l'empire byzantin s'éloigne, l'attention de Jean se porte sur les croisés de Syrie-Palestine.

Les opérations commencent en 1137: Jean se dirige vers le royaume arménien à la tête d'une grande armée [33]. Cette fois, ses troupes ne sont pas uniquement composées de soldats professionnels byzantins mais aussi de détachements alliés parmi lesquels des Petchenègues, des Turcs et des Arméniens, tous hostiles à la maison roupénide [34].

En peu de temps, l'armée byzantine conquière les villes d' Adana et de Tarse et peu après presque la totalité de la Cilicie [33]. Il assiège Anazarbe, qu'il prend en juillet 1137 après un siège difficile. Léon Ier, roi de la Petite Arménie se réfugie dans les montagnes du Taurus, mais l'empereur prend Feke et fait prisonnier Léon qu'il envoie en captivité à Byzance en 1138, il meurt dans cette ville en 1140.

L'Empereur avance alors vers la principauté d'Antioche, occupant en peu de temps Dörtyol puis İskenderun [33] ce qui lui permet de déployer son armée aux portes d'Antioche, puis à l'aide de trébuchets, de lancer des pierres contre la ville [35]

Raymond de Poitiers, prince d'Antioche, envoie un émissaire à Jean pour lui demander de le nommer son vicaire impérial en échange de la soumission à son autorité [35]. Jean refuse et impose une reddition inconditionnelle [35]. Raymond répond qu'il ne peut remettre la ville sans avoir d'abord demandé le consentement du roi de Jérusalem Foulque V d'Anjou, lequel - contredisant l'étonnement de ceux qui ont oublier (ou ne veulent pas se rappeler) le serment de vassalité de Bohémond de Tarente à Alexis Ier - répond qu'Antioche fait partie, historiquement, de l'Empire byzantin et que l'empereur a le droit de la reprendre [35].

Le 29 août 1137 Antioche se rend à Jean. Conformément à son état d'esprit, interdisant à ses troupes tout saccage, les effusions de sang sont évitées [35]. Raymond remet les clés de la ville après avoir obtenu la promesse de recevoir comme fiefs, les villes que l'armée byzantine, avec l'aide des armées croisées, conquerront, à savoir Alep, Shayzar, Homs et Hama [35]. En outre, le patriarche latin d'Antioche est remplacé par un orthodoxe [36].



Jean ne se sent pas encore prêt à envahir la Syrie et il ordonne à ses vassaux croisés de s'unir avec les armées de l'Empire byzantin [37]. En mars 1138, il arrive à Antioche, où les croisès sont dirigés par Raymond et Josselin de Courtenay , comte d'Édesse [38]. Jean n'a aucune confiance envers les deux hommes en raison du peu de sympathie dont ils ont toujours fait preuve à l'égard de l'empire.

La campagne contre les musulmans commence par des succès qui permettent aux Byzantins de conquérir de petites villes fortifiées. Jean préfère éviter la confrontation avec la ville d'Alep aux mains de Zengi qu'il parait difficile de conquérir sans causer des pertes importantes dans les rangs de son armée [39], il espère conquérir les villes autour d'Alep afin de l'isoler [40]. Il se dirige alors vers la ville forteresse de Chayzar défendue par le vieil émir Soultan Ibn Mounqidh, qui contrôle la vallée de l'Oronte (maintenant Nahr al-ˁAsī) [38].

À partir du 26 avril 1138, Jean fait encercler la citadelle et donne l'ordre à son armée de commencer le siège, mais alors que la bataille fait rage, ce qu'il craignait se vérifie: ni Raymond, ni Josselin ne veulent combattre pour des raisons de jalousie, de ressentiment à son encontre [41] et ils se soucient peu de la prise d'Alep qui les obligerait à céder Antioche.

L'armée de Zengi, seigneur d'Alep, vient au secours de Chayzar. Bien moins nombreuse que celle de son adversaire, elle renonce à une attaque de front et entreprend une tactique de harcèlement. Zengi fait propager des rumeurs annonçant l'arrivée de gigantesques armées venant de Perse, d'Irak et d'Anatolie. [42]. Il ne reste plus, à l'empereur, qu'à lever le camp dans la crainte, notamment de perdre les puissants trébuchets qui sont indispensables aux sièges [43]. La chance veut que, avant de donner l'ordre de battre en retraite, le seigneur musulman de Chayzar offre la paix à Jean, se résignant à ce que la ville deviennent tributaire de l'Empire byzantin et garantissant la restitution de la Croix perdue par Romain IV Diogène lors de la bataille de Manzikert en 1071[44]. L'empereur accepte et lève le siège de Chayzar et repart pour Antioche le 21 mai 1138 [45]

Jean entre triomphalement dans la ville, toute décorée pour la fête [46], il convoque ses vassaux latins à qui il proclame la nécessité de poursuivre la guerre contre les musulmans. À partir de cette date, l'organisation de toutes les campagnes militaires sera faite depuis Antioche.

Il impose à Raymond de céder la ville à l'Empire byzantin et les chroniques de l'époque, même si elles ne rapportent pas la réaction de Raymond, indiquent que Josselin rassure l'empereur de l'arrivée dans la ville de tous les barons latins, y compris Raymond, afin de discuter ensemble de la question. Lorsque la rencontre a lieu, Josselin propose à Raymond de diffuser, dans la ville, la fausse information selon laquelle l'empereur pense chasser tous les latins et que pour ce motif, il faut l'attaquer immédiatement pour le prendre par surprise [47].

L'émeute éclate et Josselin retourne au palais en faisant semblant d'avoir échappé par miracle au lynchage. Jean réalise que les évènements prennent une mauvais tournure: son armée est à deux kilomètres d'Antioche et sa vie est en danger. [47]. Il se contente alors du renouvellement du serment de tous les barons latins puis il prend le chemin du retour. Alors qu'il voyage vers Constantinople, il combat les Turcs qui ont de nouveau envahi les territoires byzantins et les vainc. Enfin, vers la fin du printemps 1139, l'empereur rejoint son palais après trois ans de guerre.[48]



Après le schisme de 1054 dû à l'excommunication du patriarche grec Michel Ier Cérulaire, plusieurs Papes essaie de rétablir des relations avec l'Église byzantine. Une lettre, écrite par le basileus au pape Innocent II en avril 1143, montre comment Jean II tient à réaliser l'unité entre les deux Églises [49].

En accord avec l'empereur, les théologiens byzantins se montrent disposés à réexaminer la controverse avec l'Église romaine dans un climat d'ouverture et un esprit de réconciliation. Le dialogue entre les deux Églises est également facilité par le fait que Byzance, en raison de sa position géographique, est devenue le carrefour du commerce et des échanges qu'entretiennent les différents états et régions d'Europe et on peut facilement y rencontrer des gens qui viennent de Russie, de Venise, d'Amalfi, et les commerçants anglais génois, français .

Les fidèles chrétiens, de rite romain aussi bien que grec, se rencontrent et dialoguent sans hostilité et un respect mutuel. Selon les historiens, le règne de Jean II est caractérisé aussi par l'émergence de fondations religieuses.

La lettre écrite, d'abord en grec et latin, porte la signature de l'empereur.



Après seulement quatre ans, toutes les conquêtes faites en Syrie par Jean sont annulées et les croisés perdent de nouveau le contrôle du territoire septentrionale d'« Outremer », en subissant la réaction des musulmans.

Jean part de nouveau au printemps 1142 afin de défendre les territoires conquis, il est accompagné de ses quatre enfants. Arrivé à Antalya son héritier au trône, Alexis, meurt d'une fièvre foudroyante, le 2 août[50]. Il ordonne à son second fils, Andronic et au troisième Isaac, de ramener la dépouille de leur frère à Constantinople et de l'enterrer dignement [51] . Pendant le trajet, Andronic meurt de la même maladie qui a frappé Alexis[52]. Quand la nouvelle arrive à Jean, la douleur est insupportable: il perd deux fils en quelques jours [53].

Jean souhaite poursuivre la campagne pour le bien de l'empire [54] Arrivé à Antioche, il apprend que Raymond de Poitiers s'est rebellé contre lui. Il lui adresse un ultimatum, lui intimant l'ordre de se rendre [55], Raymond se trouve dans une situation difficile parce que s'il livre la ville à l'empereur, sa femme Constance l'aurait détrôné, la seule issue est la guerre. Pendant ce temps l'hiver est arrivé et Jean a décidé de retourner en Cilicie avant de reprendre l'offensive au printemps, le siège d'Antioche pouvant être assez long [54].

En mars 1143, au cours d'une banale chasse, l'empereur est blessés par une flèche empoisonnée. [56] Sentant la mort arrivée, le 5 avril, dimanche de Pâques, il rassemble ses conseillers à son chevet et les informe que son héritier au trône ne serait pas Isaac, son troisième enfant, mais Manuel., son quatrième fils [57].

«  Accueillez donc mon fils Manuel comme Seigneur oint par Dieu, comme roi par ma décision. [...] Manuel empereur des Romains [57]. »

Il hôte la couronne de sa tête et la place sur la tête de Manuel [58]. Il meurt trois jours plus tard, Manuel organise son enterrement [59], son corps est transporté à Constantinople par le nouvel empereur et fils, Manuel Ier qui le fait enterré avec ses deux frères déjà morts.

Jean II fut un grand empereur qui rétablit la puissance de l'empire en Orient. Son décès inattendu, à seulement cinquante années met fin à l'élan des conquêtes, empêchant que l'Anatolie retourne sous la souveraineté de l'Empire byzantin.



Jean II et Irène qu'il épouse en 1104 ont huit enfants:

  • Alexis, co-empereur de 1122 jusqu'en 1142;
  • Marie, née en 1106, jumelle d'Alexis, qui épouse Ioannes Rogerios Dalassenos;
  • Andronic mort en 1142;
  • Anne, qui épouse Stéphanos Kontostephanos;
  • Isaac mort en 1154;
  • Theodora qui épouse de Manuel Anemas.
  • Eudokia qui épouse de Theodoros Vatatzes.
  • Manuel Ier Comnène, empereur byzantin de 1143 à 1180.









  1. John Julius Norwich, Byzance , Milan, Mondadori, 2000. ISBN 8804481854 p. 290
  2. Norwich, p. 299.
  3. ↑ a  b  c  d  Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I, 1,1.
  4. ↑ a  b  Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I, 1,2.
  5. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I, 1,4.
  6. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I, 1,3.
  7. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I, 3,1.
  8. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I, 3,2.
  9. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I, 2,2.
  10. ↑ a  b  Norwich, p. 293.
  11. Norwich, pp. 293-294.
  12. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I, 4,1.
  13. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I, 4,2.
  14. Norwich, p. 294.
  15. ↑ a  b  Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I; 5,1.
  16. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I; 5,6.
  17. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I; 6
  18. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I; 8,1.
  19. Lilie, p. 345.
  20. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I; 8,3.
  21. ↑ a  b  c  d  Norwich, p. 294.
  22. Lilie, p. 344.
  23. Lilie, p. 345e
  24. Lilie, p. 345e
  25. Lilie, p. 346.
  26. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I; 8,4.
  27. Jean Cinnamus, p.13, 15-4, 2.
  28. ↑ a  b  Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I; 8,5.
  29. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I; 8,5.
  30. Jean Cinnamus, p.13, 15-4, 2.
  31. Jean Cinnamus, p.14, 10-9.
  32. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I; 9,4.
  33. ↑ a  b  c  Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I; 10,1.
  34. Guillaume de Tyr, XIV, 24.
  35. ↑ a  b  c  d  e  f  Jean Cinnamus, pp. 18, 13-9, 8.
  36. Chalandon, p. 132.
  37. Kamal ad-Din, p. 674 sg.
  38. ↑ a  b  Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I; 11,3.
  39. Jean Cinnamus, pp. 19, 15-21, 2.
  40. Guillaume de Tyr, XV, 3.
  41. Guillaume de Tyr, XV, 2.
  42. Maalouf 1983, p. 149-151 et Grousset 1935, p. 100-115.
  43. Kamal ad-Din, p. 676.
  44. Ibn al-Atir, p. 428.
  45. Kamal ad-Din, p. 678.
  46. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I; 11,9.
  47. ↑ a  b  Guillaume de Tyr, XV, 3-5.
  48. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I; 11,10.
  49. Scisma d'Oriente Ce site parle de la lettre de Jean II au pape Innocent II au sujet de la nécessité d'un rapprochement des deux églises.
  50. Jean Cinnamus, p. 24 14-7.
  51. Théodore Prodomus, Carm. hist. 45 et commentaire.
  52. Guillaume de Tyr, XV, 19.
  53. Michele Italico, Monod. Andron. pp. 130-4.
  54. ↑ a  b  Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I; 15,1.
  55. Guillaume de Tyr, XV, 20.
  56. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I; 16,1.
  57. ↑ a  b  Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I; 16,11.
  58. Nicétas Choniatès, Grandeur et catastrophe de Byzance. I; 16,12.
  59. Jean Cinnamus, p. 28, 16-21.


  • Domenico Michele, Doge de Venise


  • (it) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Giovanni II di Bisanzio ».


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