Biographie de Jean-Jacques Susini

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Jean-Jacques Susini est un homme politique français né le 30 juillet 1933 à Alger, en Algérie, fondateur historique de l'OAS.



En 1948, il adhère au RPF, parti fondé et dirigé par Charles de Gaulle et se situe clairement à l'aile droite du mouvement, parmi les partisans les plus convaincus d'un coup d'État contre la IVe République. Regrettant que le Général n'ait finalement mené ses troupes au bord du Rubicon « que pour y pêcher à la ligne » (André Malraux), il se rapproche du groupuscule d'extrême droite néofasciste Jeune Nation puis fonde sa propre organisation, le Mouvement national étudiant.

En 1959, Jean-Jacques Susini est président de l'Association générale des étudiants d'Algérie. Arrêté en janvier 1960, après la semaine des barricades, il est incarcéré à la prison de la Santé.

Bénéficiant d'une liberté provisoire, il s'enfuit et trouve asile en Espagne, à Madrid, avec le général Raoul Salan, Pierre Lagaillarde, et Joseph Ortiz, où il crée l'Organisation armée secrète (OAS). Il dirigera l'Action psychologique et la propagande (APP) de l'organisation. Il retourne à Alger le 22 avril 1961 lors du putsch des Généraux, puis, après l'échec de l'insurrection fuit en Italie le 20 juillet 1962, où il y reste pendant cinq ans sous une fausse identité.

Il est condamné deux fois par contumace, à la peine de mort par la Cour de sûreté de l'État, pour son appartenance au sein de l'OAS et comme inspirateur de l'attentat manqué contre le président de la République française Charles de Gaulle, au mémorial du Mont Faron dominant Toulon, en août 1964. Une bombe placée dans une jarre n'explosa pas et fut découverte quelques jours plus tard. D'après Jacques Delarue (L'OAS contre de Gaulle, Fayard, 1994), cet attentat avait été organisé par Jean-Jacques Susini et Gilles Buscia.

Amnistié sur décision du général de Gaulle en 1968, avec les autres dirigeants de l'OAS encore incarcérés, il revient en France, mais, soupçonné d'avoir commandité un hold-up, il est à nouveau arrêté en mars 1970 et placé seize mois en détention provisoire avant d'être acquitté.

En octobre 1972, il est à nouveau arrêté et placé en détention provisoire pendant deux ans pour avoir organisé l'enlèvement et la disparition du colonel Raymond-Jean Gorel ex-trésorier de l'OAS (amnistié avant son jugement par une loi votée, suite à l'élection de François Mitterrand).

Candidat pour le Front national aux élections législatives de 1997 dans les Bouches-du-Rhône (4e circonscription), il y a été battu par Guy Hermier (PCF).



  • Jean-Jacques Susini, Histoire de l'OAS, La Table Ronde, 1964
  • Clément Steuer et Jean de Quissac, Susini et l'OAS, L'Harmattan, 2004