Jean L'Hôte, né le 13 janvier 1929 à Mignéville (Meurthe-et-Moselle) et décédé accidentellement le 28 avril 1985 à Nancy (Meurthe-et-Moselle) en Lorraine, est un écrivain et cinéaste français.
Pendant ses études d’art et d’archéologie à l’Université de Nancy, il participe à de nombreux mouvements culturels dont la revue « Esquisse », le groupe « Primevère », le Ciné-Club et le mouvement France-Amérique. En novembre 1948, il obtient le concours de l’IDHEC (Institut des hautes Etudes Cinématographiques). Avec son ami Jacques Krier, il « monte» à Paris pour faire des documentaires sur le quotidien des français « comme on fait un film sur les esquimaux, sur les habitants de la jungle » (Lettre à Jacques Durand, 1950).
1950, en pleine crise du cinéma français, il entre comme stagiaire à la télévision naissante où il collabore avec Georges Rouquier, Blaise Cendrars, Hubert Knapp et son ami nancéien Jean-Marie Drot. Il fera partie des pionniers du "direct". C’est une erreur pendant un direct qui le fera limoger un temps de la télévision.
Il profite de ces « vacances forcées » pour écrire un roman à partir de ses souvenirs d’enfance (La Communale) et réaliser avec Charles Prost des films en caméra caché qui cherchent capter les réactions des gens surpris dans leur quotidien. Le livre qui connaît un beau succès et les courts-métrages le font repérer par Jacques Tati qui reconnaît en lui un observateur talentueux. Il lui confiera la co-écriture du film « Mon Oncle ». L’expérience du travail avec Jacques Tati et le succès du film lui permettront de travailler dans les années qui suivent avec Roberto Rossellini et Helmut Kautner.
Il retrouve son poste à la télévision où il réalisera des sujets pour la plupart des émissions d’alors dont la prestigieuse « Cinq colonne à la Une ». Il réalisera jusqu’à sa mort l’émission dominicale « Présence protestante » où il se fera des amitiés solides. C’est le conteur Jean-Pierre Chabrol qui permettra à Jean L’Hôte de signer sa première fiction à la télévision : « Le Huguenot récalcitrant » (1969). Il réalisera encore 17 fictions et une vingtaine de documentaires. Il écrira quatre romans édités, de nombreux projets non publiés dont « souvenirs de Tati » (1974).
Il meurt le 28 avril 1985, quelques semaines avant de recevoir le 7 d’or du meilleur scénario pour son dernier film : Le diable dans le bénitier.
Une partie de son œuvre s'inspire du terroir lorrain et de ses années d'enfance. D'aucuns ont parlé de lui comme d'un « Pagnol lorrain ».
Romans et recueils
- La Communale, dessins de Paul Grimault, Paris, Éditions du Seuil, 1957 (Prix Erckmann-Chatrian, 1957), adapté au cinéma en 1965, avec Robert Dhéry et Colette Brosset.
- Confessions d'un enfant de choeur, livre puis adapté à la télévision en 1977
- Un Dimanche au champ d'honneur, Paris, Éditions du Seuil, 1958
- L'Éducation amoureuse de Valentin, 1975, Cinéma, avec Paul Meurisse, Didier Sauvegrain et Bernard Menez
- Les Prairies du Seigneur, gravures de Michel Otthoffer, Paris, Flammarion, 1968
- Le Prussien, Télévision, 1971
- Le Huguenot récalcitrant et quelques autres nouvelles, Paris, Éditions du Seuil, 1963. (réalisé pour la télévision en 1969)
Réalisations TV
- Le Huguenot récalcitrant, 1969, avec Jacques Dufilho
- Le Prussien, 1971, avec Isabelle Huppert
- L'enlèvement, 1973, avec Marie-Christine Barrault
- La famille Grossfelder, 1974, avec Marie-Christine Barrault et Julien Giomar
- Confessions d'un enfant de choeur, 1977, avec Maurice Birault
- Le Mécréant, 1981
- Le Rescapé de Tikéroa, 1981, avec Jacques Martin
- Les joies de la famille Pinelli, 1982 avec Julien Giomar
- Les Lettres du bagne, 1983 avec Macha Méril
- Le Diable dans le bénitier, 1984, avec Laurence Ragon
Courts métrages
- Le pèlerinage 1962
- La cloche 1964
- Le plus ancien visage 1966
Scénarii
- Mon Oncle, Jacques Tati 1958
- Die Gans von Sedan, Helmut Kautner 1959
- Les trois morts d'Emile Gauthier, Hervé Baslé 1962
Oeuvres posthumes
- La guerre du cochon, série TV de Gérard Chouchan à partir d'un scénario original 1986
- Appelez-moi Tonton, série TV de Dominique Baron à partir d'un scénario original 1991, avec Daniel Rialet
- La rue Saint-Jean, CM TV de Roger Viry-Babel à partir d'un scénario original 1992
Hommages
- En 1970, Jean-Pierre Chabrol dédie son livre Le canon fraternité : "A Jean L'Hôte qui m'a prêté son canon"
- Centre Culturel Jean L'Hôte à Neuves-Maisons
- Ecole Jean L'Hôte à Migneville
- Rue Jean L'Hôte à Tomblaine
Sources
- Le Monde du 30 avril 1985, p. 44
- Michel Caffier, Dictionnaire des littératures de Lorraine, Metz, Serpenoise, 2003. - ISBN 2-87692-612-1
- Régis Latouche, Quand les écritures s'emmêlent : Les procédés fictionnels chez Jean L'Hôte, Thèse, Nancy 2, 1994
Lien externe
- (fr+en) Jean L'Hôte sur l'Internet Movie Database


