Jean Tauler, (Taulerus), né vers environ (1300 - 1361) fut un théologien, mystique et prédicateur alsacien surnommé « Le Docteur illuminé ».
Tauler est né et mort à Strasbourg. Il fit partie de l'ordre des Dominicains, comme Maître Eckhart dont il fut l'élève. Son enseignement s'apparente à celui de Maître Eckhart, mais il fut aussi influencé par ses études approfondies des néo-platoniciens, tout particulièrement de Proclus et du Pseudo-Denys l'Aréopagite.
Ses prédications se placent dans la droite lignée de Maitre Eckhart. Elles développent surtout le thème du détachement et prêchent une morale apparemment austère, mais qui au XIV e siècle, est nettement moins doloriste que la plupart : c'est qui demandera au banquier Rulmann Merswin, fondateur de la commanderie St Jean à Strasbourg (aujourd'hui E.N.A) de largement modérer son ascèse. Il a probablement fait ses études au studium (couvent possédant un centre de formation) à Cologne et a séjourné à Bâle, lors du conflit entre le pape et l'empereur, où les dominicains, ayant pris le parti du pape, furent expulsés de la ville ; mais à part quelques voyages il passa toute sa vie à Strasbourg. Il conseillait les « Amis de Dieu » orthodoxes, dont des béguines connues (Marguerite Ebner) qui vivaient librement dans la pauvreté dans une communauté retirée afin de s'entraider dans leur quête d'une voie intérieure. Ce fut un remarquable prédicateur. Il mourut au couvent de dominicain de St Nicolas "In Undis", où a propre sœur était religieuse.
Il est cité parmi les réformateurs strasbourgeois de l'Ordre dominicain dans le manuscrit "Liber reformationis ordinis praedicatorum in Germania"[1], avec Maître Eckhart. Nous ne possédons de lui que les documents suivants :
On lui a prêté d'autres ouvrages tous reconnus maintenant apocryphes. C'est surtout dans ses sermons que l'on peut étudier sa doctrine mystique, très proche de la mystiqueMaître Eckhart, dont il donne ce témoignage : "il parlait depuis l'éternité, et vous l'avez compris depuis le temps". Par le détachement, la grâce divine toute puissante permet la naissance de Dieu dans l'âme. cette venue du Christ en soi est le chemin d'une imitation du Christ très différente de celle de Thomas A Kempis, car marqué par Maître Eckhart, là où la mystique flamande voit une suite du Maître qu'est le Christ, Tauler envisage à demi-mots la réalisation de soi par la divinisation du sujet, en insistant sur le fond (Grund) de l'âme, qui, incréé et étincelle de l'âme, accueille Dieu et où est restituée l'Image divine perdue par le péché. Plus pratique que son maître Eckhart, Tauler insiste davantage sur l'importance d'un effort continu et patient : la croix prend plus d'importance dans ses écrits : c'est là un virage présent dans tous les textes, dans toute l'iconographie du XIVe siècle, que les pestes, les guerres, les schismes entre papes et antipapes, le tremblement de terre de Bâle en 1354 (8 sur l'échelle de Richetr) et un épisode climatique quasi glaciaire ont amené à surnommer : le siècle de fer.
On ne connaît de l'œuvre de Tauler, avec certitude, que quatre-vingt-quatre Sermons, qui sont en fait des notes d'auditeurs. Publiées partiellement dès 1498, les versions manuscrites dispersés dans les bibliothèques européennes témoignent de la qualité de la transmission, et de sa portée.
Parmi les apocryphes, le plus souvent œuvres d'anonymes, ou compilation plus ou moins bien effectuées, on trouve : Méditations sur la vie et la passion du Sauveur, Institutions divines, Moelle de l'âme, Lettres spirituelles, le tout en allemand. Ses Œuvres, plusieurs fois imprimées dans le texte allemand, ont été traduites en latin par Laurentius Surius, Cologne, 1548; les Institutions divines ont été mises en français par Loménie de Brienne (1665), et insérées dans le Panthéon littéraire, Paris, 1835. Ces ouvrages de la même veine que le Meisterbuoch, ou la conversion du Maître de la sainte Écriture[3], qui pendant longtemps accrédité la légende d'un énigmatique Ami de Dieu qui aurait ramené Jean Tauler à une vie de dévotion...
« Jean Tauler », dans Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, 1878 [détail des éditions] (Wikisource)
Tauler est né et mort à Strasbourg. Il fit partie de l'ordre des Dominicains, comme Maître Eckhart dont il fut l'élève. Son enseignement s'apparente à celui de Maître Eckhart, mais il fut aussi influencé par ses études approfondies des néo-platoniciens, tout particulièrement de Proclus et du Pseudo-Denys l'Aréopagite.
Ses prédications se placent dans la droite lignée de Maitre Eckhart. Elles développent surtout le thème du détachement et prêchent une morale apparemment austère, mais qui au XIV e siècle, est nettement moins doloriste que la plupart : c'est qui demandera au banquier Rulmann Merswin, fondateur de la commanderie St Jean à Strasbourg (aujourd'hui E.N.A) de largement modérer son ascèse. Il a probablement fait ses études au studium (couvent possédant un centre de formation) à Cologne et a séjourné à Bâle, lors du conflit entre le pape et l'empereur, où les dominicains, ayant pris le parti du pape, furent expulsés de la ville ; mais à part quelques voyages il passa toute sa vie à Strasbourg. Il conseillait les « Amis de Dieu » orthodoxes, dont des béguines connues (Marguerite Ebner) qui vivaient librement dans la pauvreté dans une communauté retirée afin de s'entraider dans leur quête d'une voie intérieure. Ce fut un remarquable prédicateur. Il mourut au couvent de dominicain de St Nicolas "In Undis", où a propre sœur était religieuse.
Il est cité parmi les réformateurs strasbourgeois de l'Ordre dominicain dans le manuscrit "Liber reformationis ordinis praedicatorum in Germania"[1], avec Maître Eckhart. Nous ne possédons de lui que les documents suivants :
- élément 1 un billet sans doute autographe destiné à une béguine, où il remercie d'un don, et lui souhaite de se bien porter
- élément 2 ses sermons, dispersés en un grand nombre de manuscrits, rédigés en moyen-haut allemand, donc destinés à une prédication populaire
- élément 3 sa pierre tombale, étudiée par Jean Devriendt et Denis Delattre[2], qui est à la fis son portait physique et le résumé de sa doctrine spirituelle. Placée dans l'ancien couvent des dominicains bombardé le 26 août 1870, elle fut extraite des décombres et déposée dans le Temple Neuf (protestant) construit en lieu et place de cette bibliothèque municipale, ex couvent dominicain, où furent ainsi brûlés nombre de manuscrits précieux.
On lui a prêté d'autres ouvrages tous reconnus maintenant apocryphes. C'est surtout dans ses sermons que l'on peut étudier sa doctrine mystique, très proche de la mystiqueMaître Eckhart, dont il donne ce témoignage : "il parlait depuis l'éternité, et vous l'avez compris depuis le temps". Par le détachement, la grâce divine toute puissante permet la naissance de Dieu dans l'âme. cette venue du Christ en soi est le chemin d'une imitation du Christ très différente de celle de Thomas A Kempis, car marqué par Maître Eckhart, là où la mystique flamande voit une suite du Maître qu'est le Christ, Tauler envisage à demi-mots la réalisation de soi par la divinisation du sujet, en insistant sur le fond (Grund) de l'âme, qui, incréé et étincelle de l'âme, accueille Dieu et où est restituée l'Image divine perdue par le péché. Plus pratique que son maître Eckhart, Tauler insiste davantage sur l'importance d'un effort continu et patient : la croix prend plus d'importance dans ses écrits : c'est là un virage présent dans tous les textes, dans toute l'iconographie du XIVe siècle, que les pestes, les guerres, les schismes entre papes et antipapes, le tremblement de terre de Bâle en 1354 (8 sur l'échelle de Richetr) et un épisode climatique quasi glaciaire ont amené à surnommer : le siècle de fer.
On ne connaît de l'œuvre de Tauler, avec certitude, que quatre-vingt-quatre Sermons, qui sont en fait des notes d'auditeurs. Publiées partiellement dès 1498, les versions manuscrites dispersés dans les bibliothèques européennes témoignent de la qualité de la transmission, et de sa portée.
Parmi les apocryphes, le plus souvent œuvres d'anonymes, ou compilation plus ou moins bien effectuées, on trouve : Méditations sur la vie et la passion du Sauveur, Institutions divines, Moelle de l'âme, Lettres spirituelles, le tout en allemand. Ses Œuvres, plusieurs fois imprimées dans le texte allemand, ont été traduites en latin par Laurentius Surius, Cologne, 1548; les Institutions divines ont été mises en français par Loménie de Brienne (1665), et insérées dans le Panthéon littéraire, Paris, 1835. Ces ouvrages de la même veine que le Meisterbuoch, ou la conversion du Maître de la sainte Écriture[3], qui pendant longtemps accrédité la légende d'un énigmatique Ami de Dieu qui aurait ramené Jean Tauler à une vie de dévotion...
- Saint Paul de la Croix
« Jean Tauler », dans Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, 1878 [détail des éditions] (Wikisource)
- ↑ (consultable en ligne sur le site de la Bibliothèque Nationale Universitaire de Strasbourg, ms 2934 : [1]
- ↑ (DELATTRE Denis, DEVRIENDT Jean, « Un portrait de Jean Tauler selon Rulmann Merswin », Revue des Sciences Religieuses, 70ème année, 267, 1, 1996, 136-153, 1996, Strasbourg, )
- ↑ (COGNET Louis, Introduction aux mystiques Rhéno-Flamands, Desclée, 1968, Paris, DENIFLE Heinrich Seuse, Täulers Bekehrung. Kritische untersucht, Karl G. Trübner, quellen und Forschungen, XXXVI, 1879, Strasbourg)
- Une trentaine de sermons de Tauler , en traduction française.
- (fr) Site de l'Équipe de Recherches sur les Mystiques Rhénans, ERMR, université de Metz, http://maitre.eckhart.fre.fr
