Biographie de Louis Scutenaire

Voir son actualité

Louis Scutenaire (Ollignies, le 29 juin 1905 - Bruxelles, le 15 août 1987) est un écrivain et poète surréaliste belge d'expression française.



Louis Scutenaire (Jean Émile Louis Scutenaire) est né en Belgique (Hainaut), à Ollignies, près de Lessines, le 29 juin 1905. Dès 1916 il écrit ses premiers poèmes. À partir de 1918 il fréquente différents établissements scolaires dont il se fait régulièrement exclure. En 1919 une pleurésie l'immobilise longuement. Il s'engage en 1924 dans des études de droit.

En 1926 Scutenaire rencontre Paul Nougé à qui il a fait parvenir ses poèmes, puis Camille Goemans, René Magritte, E. L. T. Mesens, et commence à collaborer aux entreprises des surréalistes belges. Il rencontre en 1928 Irène Hamoir (Irine) qu'il épouse en 1930. Ayant obtenu son diplôme de docteur en droit, il effectue des stages, plaidant surtout au pénal et s'intéressant aux aliénés, nomades et « mauvais garçons ». Scutenaire et Irène Hamoir se rendent alors régulièrement à Paris où ils rencontrent fréquemment André Breton, Paul Éluard[1], Benjamin Péret, René Char, Marcel Duchamp, Picasso, Brauner, Ernst, Miro, Oscar Dominguez [2]. En 1937 ils séjournent chez René Char à Céreste (Provence).

En mai 1940 les Scutenaire quittent Bruxelles vers Paris et Bordeaux, rejoignent Magritte et Raoul Ubac à Carcassonne, rencontrent Joë Bousquet, Jean Paulhan, André Gide, regagnent Bruxelles en octobre. Scutenaire entre en 1941 au ministère de l'Intérieur, sera nommé conseiller-adjoint et occupera ce poste jusqu'en 1970. C'est en mai 1943 qu'il commence de noter ses inscriptions dont le premier tome est publié en 1945 sur proposition d'Éluard, avec le soutien de Paulhan et Queneau. Un deuxième doit suivre mais l'éditeur demandant la suppression de deux ou trois réflexions jugées trop libres, Scutenaire s'y refuse. En 1948 il accompagne d'une préface (Les pieds dans le plat) l'exposition à Paris des peintures non moins scandaleuses de la période vache de Magritte.

À partir des années 1950 Louis Scutenaire collabore à de nombreuses revues, La Carte d'après nature, (animée à Bruxelles par Magritte), Les Temps mêlés (d'André Blavier, à Verviers), Les Lèvres nues (Marcel Mariën), Rhétorique (consacrée à Magritte par André Bosmans), Phantomas, puis Le Vocatif (Tom Gutt), et écrit de nombreuses préfaces (Magritte, Jean Raine, Roland Delcol).

Le deuxième tome de Mes Inscriptions est publié en 1976, grâce à Tom Gutt et Isy Brachot. Trois autres suivront.

Louis Scutenaire (qui signe sa correspondance et se fait familièrement appeler « Scut ») meurt le 15 août 1987 alors qu'il regarde à la télévision un film sur son ami Magritte.

Dans le legs "Irène Scutenaire-Hamoir", le couple n'ayant pas d'enfant, dont Tom Gutt est l'exécuteur testamentaire, aux musées royaux des Beaux-Arts de Belgique figurent les nombreuses œuvres du peintre (plus d'une vingtaine de peintures, d'une vingtaine de gouaches, d'une quarantaine de dessins, etc.) qui étaient aux murs de leur maison de la rue de la Luzerne, notamment :

Portrait de Nougé, 1927; La Voleuse, 1927; Découverte, 1927; Personnage méditant sur la folie, 1928; Portrait d'Irène Hamoir, 1936; La Lecture défendue, 1936; Bel Canto, 1938; Les Grandes espérances, 1940; La Cinquième saison, 1943; Le Sourire, 1943; La Moisson, 1943; La Bonne fortune, 1945; Les Rencontres naturelles, 1945; Les Mille et une nuits, 1946; L'Intelligence, 1946; Le Lyrisme, 1947; Lola de Valence, 1948 (dont les images sont visibles sur le site des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique [1]). Semblablement la bibliothèque de Scutenaire, qui comprenait des milliers de livres souvent très rares, a été léguée à la Bibliothèque royale de Belgique.

Louis Scutenaire a été choisi comme un des Cents Wallons du siècle, par l'Institut Jules Destrée, en 1995.



« Je ne suis ni poète, ni surréaliste, ni belge », objecte un jour Scutenaire à la définition que proposent habituellement de lui les faiseurs d'anthologies.

« Ni belge » : né en lisière de la Picardie, dont la langue et le parler sont pour lui « mère et père du patois et du jargon français »[3], il aime évoquer un grand-père paternel natif de Montpellier, une grand-mère née à Cordoue; du côté maternel un grand-père lorrain et la fille d'un Tsigane Kalderach. « Les oiseaux viennent d'ailleurs », écrit Scutenaire : il y a en lui une dimension quasiment génétique de l'ailleurs.

« Ni poète, ni surréaliste : il suffit de lire mes productions pour s'en rendre compte », note-t-il encore. Surréaliste, il ne l'est guère au sens de l'orthodoxie parisienne. Après avoir rencontré Paul Nougé dès 1926 puis Magritte dont il demeurera le complice majeur, imaginant à ses tableaux bon nombre de leurs titres, il est vrai qu'il fréquente quelques années plus tard à Paris le groupe d'André Breton. Ce sont bien des Textes automatiques qu'il écrit en 1931 et Les Jours dangereux les Nuits noires, composés à partir de 1928, recensés dix ans plus tard par Breton et Éluard dans leur Dictionnaire abrégé du surréalisme, constituent en effet l'un des rares récits surréalistes. Mais si ses poèmes ne cessent par la suite de baigner dans le climat merveilleux et l'érotisme joyeux d'un onirisme bousculant l'espace et le temps, c'est avec ses inscriptions une forme littéraire originale largement en marge du goût surréaliste qu'il découvre et dans laquelle il va construire l'essentiel de son œuvre.

En 1943 Scutenaire commence de noter les sortes de maximes, aphorismes, historiettes autour d'événements vécus, de situations, de spectacles ou d'impressions, conversations ou réflexions, qui lui traversent l'esprit : il nomme Mes inscriptions le manuscrit, par sympathie pour Restif de la Bretonne qui avait intitulé ainsi le recueil de graffitis qu'il avait gravés sur les quais de l'Ile Saint-Louis. Le monumental pêle-mêle qu'à la façon d'un journal Scutenaire édifie sous ce titre pendant plus de quarante ans ne s'apparente plus au surréalisme que par la vivacité d'une continuelle subversion.

« Poète », il ne l'est pas ainsi au sens habituel du mot. « Ce qu'ils nomment sensibilité n'est qu'un système d'émois purement traditionnels », écrit-il[4]. La poésie ne saurait être pour lui domaine réservé des émotions fines et des beaux vocables : « Le côté éloquence jaculatoire de presque toute la poésie française me prend à la gorge »[5]. Il n'y a donc dans ses inscriptions aucun écart entre la poésie et la vie même : on y rencontre l'exceptionnelle volonté, impertinente et ingénue, de les rendre coextensives. Étonnement, tour à tour enjoué ou indigné, par le langage face au monde quotidien des choses et des êtres, et simultanément étonnement, à travers le monde et ses événements, face au langage, telle apparaîtrait la double démarche de Scutenaire en ses inscriptions. Elles ne sont pas poétiques d'abord par leurs objets mais par la façon éruptive dont elles les disent.

Et Scutenaire, chroniquement, parle de tout, de ce qui est considéré comme poétique et de ce qui ne l'est pas d'emblée, de ce que l'on n'aurait pas cru pouvoir l'être avec une telle évidence, de ce qui ne le sera jamais que par lui. Il parle de Dieu, quand il en a envie, dit-il, de ses papes et du désastre des religions. Des hommes, de ceux qu'il a connus dans son enfance à Ollignies, rencontrés au long de sa vie, tendrement appréciés, des boxeurs et des cyclistes, pour qui il éprouve une particulière sympathie, de ses semblables, les « gens simples » comme lui, et des autres, les « blindés ». De ses complices et de Magritte souvent. De l'essentielle « Lorrie », prénom qu'il a donné d'emblée dans ses écrits à Irène Hamoir, de ses gestes et de ses mots.

« Ne parlez pas de moi, je suffis à la tâche », prévient Scutenaire[6], ou encore : « Je me suffis; parfois il y en a même trop »[7]. Il ne cesse en effet de parler de lui-même (« J'ai un métier qui me tyrannise : moi-même. »[8]), de ses états mentaux, de ses obsessions érotiques (« J'ai la tête pleine de filles, et le cœur et la peau »[9]), de ses multiples « types de femmes », du grand nombre « des plus belles » qu'il a vues. « marxiste tendance Groucho », s'affirmant volontiers pro-bolchévique, pro-albanais avec l'âge, à vrai dire foncièrement anarchiste, Scutenaire exprime non moins régulièrement son espoir d'une révolution, son admiration pour la bande à Bonnot[10], sa vision consciemment manichéenne du monde, sa haine du « terrorisme capitaliste ». « Je veux l'égalité sociale absolue jusqu'à l'absurde parce que cet absurde le sera toujours moins que celui que je connais » écrit Scutenaire[11]. Non sans avouer rêveusement plus tard : « C'est probablement par conservatisme que je reste révolutionnaire »[12].

Il y a ainsi dans ses inscriptions bon nombre de joyeux blasphèmes : un irrespect fondamental des valeurs bourgeoises, religieuses, artistiques et morales. Scutenaire n'accepte guère le monde tel qu'il est (« Le régime capitaliste, ils appellent ça la civilisation. »[13]), tel que l'ont fait les hommes, ou certains hommes en manipulant tant d'autres. Quelque chose s'est mal passé dans l'histoire de l'espèce qui « naquit sans doute de l'hystérie d'une gorille peladeuse ». Comme ce « cher Diogène », Scutenaire déteste, insulte les tabous et leurs faiseurs crapuleux, « les miséreux de l'art et du savoir, les débiles de la politique, les pleutres de l'argent, les gâteux de la religion, les hommes de main de la magistrature, les déments de la police, les bègues du barreau, les baveux du journalisme »[14].

« J'ose m'exprimer ainsi », annonçait fièrement le bandeau de la première édition du premier volume des inscriptions[15]. La constante dénonciation de Scutenaire, loin de s'incarner dans les normes littéraires admises, s'inscrit à leur niveau même en une constante revendication, contre le bon ton, la mesure et les belles manières, du droit à l'à peu près et au langage pour le moins familier qui prend valeur polémique. Il ne perd pas de vue qu'il vit et qu'il écrit « sous la domination bourgeoise », dit-il dans la première inscription du second volume, notant ne faire jamais « un travail d'écrivain » mais conduire « poétiquement des entreprises anti-littéraires ».

« J'ai quelque chose à dire. Et c'est très court. », écrit encore Scutenaire[16]. Il y a une brièveté essentielle de ses inscriptions, qui ne tient pas seulement à la paresse ou au dégoût de l'application que leur auteur avoue complaisamment : « Concis, par fainéantise probablement »[17]. Comme d'autres surréalistes belges, il privilégie le texte discontinu, lapidaire, les fragments, les « monostiques », les slogans poétiques. Cette concision replace à l'origine même de la parole. Ses inscriptions ne se prétendent donc pas la révélation d'une sagesse : si certaines apparaissent bien comme les instants d'une réflexion, elles semblent aussitôt la miner dans le jeu humoristique des mots. « Je suis un Grec ancien avec le sens de l'humour », note encore Scutenaire[18], et sa définition est demeurée célèbre : « L'humour est une façon de se tirer d'embarras sans se tirer d'affaire ».

Scutenaire ne craint donc jamais de prendre le parti des mots. Un de plus ou de moins dévie imprévisiblement la parole de son cours naturel, la signification s'affole : « gags métaphysiques » a-t-on dit. Ou bien c'est tout un proverbe, un lieu commun de la « sagesse des nations », que Scutenaire en le modifiant à peine gauchit et renverse, replace différemment au pied de la lettre, attentif aux mutations instantanées du connu en inconnu, du bon sens hypocrite en sottise, de l'apparente incongruité en insolente sagesse. Ainsi Scutenaire inscrit-il semblablement ses innombrables lectures en de brefs fragments, « collant », détournant ou parodiant, scutenairisant les auteurs les plus divers en donnant « son accent aux paroles des autres »[19].

« Mes Inscriptions sont une rivière de Californie, il faut tamiser des tonnes de sable et de gravier pour trouver quelques pépites, voire des paillettes. Remarquez, sable et gravier ne sont pas matières inutiles »[20]. On trouvera donc de tout chez Scutenaire, du badinage et des non-sens, des préciosités et des grossièretés, des contradictions, des « juxtapositions » préfère-t-il dire, ou des redites. Scutenaire ne s'en soucie : « Je me répète parce qu'on ne m'entend pas »[21]. Dans le monde divers que proposent ses inscriptions, au lecteur de disposer. « Quiconque, avec des ciseaux, de l'encre, du papier collant, pourra (…) faire disparaître les notes qui le gênent. Toutefois, qu'il prenne garde », conseille-t-il[22], ou plus simplement : « Lorsqu'une de mes inscriptions vous apparaît banale ou semble une redite, pensez que je ne l'ai pas écrite pour vous mais pour votre frère ou bien pour moi »[23].

« Magritte est un grand peintre, Magritte n'est pas un peintre », inscrit Scutenaire. Un paradoxe semblable définirait son œuvre : Scutenaire est un grand poète, Scutenaire n'est pas un poète.



  1. Le deuxième numéro de la revue Les Deux Sœurs, créée à Bruxelles par Christian Dotremont publie en 1946 un poème collectif, Au bar des deux frères, composé à Nice durant l'été 1937 et signé par René Char, Paul Éluard, Scutenaire et Irène Hamoir (Les Deux Sœurs, réimpression aux Éditions Jean-Michel Place, Paris, 1985, p. 11 et 12).
  2. Irène Hamoir racontera l'empoignade qui oppose en 1938 Oscar Dominguez, retenu par Scutenaire, et le peintre Esteban Francés, ceinturé par Victor Brauner. Dominguez jette au visage d'Esteban Francés une bouteille qui atteint Brauner et le prive définitivement de son œil gauche. Étaient également présents Éluard, Georges Hugnet, Wolfgang Paalen, Benjamin Péret et Tanguy (Irine, C'était, « Le Vocatif », n° 207, Bruxelles, mars 1980, non paginé, 8 pages).
  3. Les abréviations suivantes seront utilisées:
    • I : Mes Inscriptions [1943-1944], Éditions Gallimard, 1945
    • II : Mes Inscriptions (1945-1963), Éditions Brassa, 1976 (même pagination dans la réédition aux Éditions Allia, 1984)
    • III : Mes Inscriptions (1964-1973), Éditions Brassa, 1981
    • IV : Mes Inscriptions (1974-1980), Éditions Le Pré aux Clercs, 1984
    • V : Mes Inscriptions (1980-1987), Brassa, 1990
    IV, p. 120
  4. I, p. 176
  5. IV, p. 109
  6. IV, p. 13
  7. IV, p. 72
  8. IV, p. 21
  9. III, p. 110
  10. « La seule épopée qui me touche est celle de la bande à Bonnot », I, p. 27
  11. II, p. 200
  12. III, p. 236
  13. II, p. 112
  14. IV, p. 92
  15. I, p. 87
  16. II, p. 150
  17. III, p. 293
  18. II, p. 246
  19. IV, p. 123
  20. IV, p. 164
  21. IV, p. 140
  22. III, p. 94
  23. IV, p. 64




  • Les Haches de la vie, (signé Jean Scutenaire, avec un dessin de René Magritte), Paris, G. L. M., 1937.
  • Le Retard, (signé Jean Scutenaire), Paris, Editions Sagesse, Librairie Tschann, 1938.
  • Les secours de l'oiseau, (signé Jean Scutenaire), Paris, Parisot, 1938.
  • Frappez au miroir!, (signé Jean Scutenaire, avec trois dessins de Magritte), Bruxelles, Wellens-Pay, 1939.
  • Les Degrés, (couverture de Mario Prassinos), Paris, Fontaine, 1945.
  • Le Bâton de Jean de Milan (1918-1924) (avec quinze dessins d'Yves Bossut), Bruxelles, 1970.
Les poèmes anciens de Scutenaire ont été réunis dans:

  • La Citerne, poèmes complets (1913-1945), Bruxelles, Brassa, 1987.
Des poèmes plus récents ont été publiés dans:

  • La Bonne semaine, (avec des dessins de Marcel Mariën), Bruxelles, Les Lèvres nues, 1978.
  • La Colline de la Planque, Cahiers de Mauregny n° 9, 1979.
  • Histoires naturelles, (illustré par Roland Delcol), Bruxelles, L'Envers sauvage du réel, 1979.
  • Effacer l'ombre, Frassem, La Table des Champs, 1982.
  • Le Bosquet de Sherwood, (avec des dessins de Roland Topor), Bruxelles, La Pierre d'Alun, 1988.


Des fragments en ont paru dans un grand nombre de plaquettes et revues, notamment dans :

  • Tantra de Juan Bellarmin, Bruxelles, Bibliothèque Phantomas, 1965.
  • Pour Balthazar, La Louvière, Daily-Bul, 1967.
  • Le Cygne d'étang (1918-1972), Bruxelles, Phantomas n° 115-117, 1972.
  • Le Fusil du boucher, précédé de Paroles en fête par Michel-Georges Bernard, Verviers, Temps mêlés, 1974.
  • Gazons, Paris, Éditions de l'Orycte, 1977.
  • Comme d'habitude, (texte autographié), suivi de Pour une chronologie par Michel-Georges Bernard, avec une couverture de Raoul Ubac, Paris, Éditions de l'Orycte, 1979.
  • L'Aqua tofana, avec des illustrations d'André Stas, Liège, Editions du cirque divers, 1979.
  • La Cinquième saison, illustrations d'Olivier O. Olivier, Bruxelles, La Pierre d'Alun, 1983.
  • La Tête de Loup, illustrations de Roger Bethier, Fontvieille, Le Grès du Comte, 1983.
  • Ab hoc et ab hac, illustrations de Henry Meyer, Bassac, Plein Chant, 1986.
  • Souquenilles, avec un dessin de Xavier Canonne, Morlanwelz, Les Marées de la nuit, 1986.
  • Lunes rousses, avant-propos de Frédéric Dard, Paris, Le Dilettante, 1987 (ISBN 2905344202).
Les inscriptions ont été intégralement publiées en cinq volumes :

  • Mes Inscriptions, Paris, Gallimard, 1945; réédition, Mes Inscriptions (1943-1944), Paris, Éditions Allia, 1982 (ISBN 2904235000); réédition, avec une préface d'André Thirion et une lecture d'Alain Delaunois, Bruxelles, collection Espace Nord, Edition Labor, 1990 (ISBN 2804005275).
  • Mes Inscriptions (1945-1963),(Prière d'insérer de René Char), Bruxelles, Isy Brachot et Tom Gutt, 1976; réédition, Paris, Editions Allia, 1984 (ISBN 29042350403).
  • Mes Inscriptions (1964-1973), Bruxelles, Brassa, 1981.
  • Mes Inscriptions (1974-1980), Paris, Le Pré-au-Clerc, 1984 (ISBN 2714416632).
  • Mes Inscriptions (1980-1987), Bruxelles, Brassa, 1990.


  • Les Vacances d'un enfant, Paris, Gallimard, 1947; réédition, Bruxelles, Jacques Antoine, 1980.
  • Le Monument de la guenon, Verviers, Temps mêles n° 56, mai 1962; édition augmentée (Les secours de l'oiseau et Un peu d'histoire naturelle), Bruxelles, Brassa, 1979.
  • Les Jours dangereux les nuit noires [roman-collage composé entre 1928 et 1931], avec quatre dessins de Claudine Jamagne, Bruxelles, Brassa, 1972.
  • Mon ami Mesens, [Luc Canon], Bruxelles, 1972.
  • Textes automatiques, [1931], (avec vingt images d'Adrien Dax), Bruxelles, Isy Brachot et Tom Gutt, 1976.


  • Avec Magritte, Bruxelles, Lebeer-Hossmann, 1977 [recueil de la plupart des textes de Scutenaire sur Magritte].
  • L'invention de la vie, in "Rétrospective Magritte", Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 1978 et Paris, Musée National d'Art Moderne, Centre Georges Pompidou, 1979.
  • Du surréalisme en Belgique, in "René Magritte et le surréalisme en Belgique", Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, 1982 [signé "Elle et Lui" - Irène Hamoir et Louis Scutenaire].
  • La Chanson de Roland (Roland Delcol), (avec vingt reproductions et une lithographie de Roland Delcol), Bruxelles, L'envers sauvage du Réel, 1982.
Scutenaire a également préfacé Marc Eemans (1928), Man Ray et Tanguy (1937), Jane Graverol (1956), Armand Permantier (1956), Aline Magritte (1963), Jean Raine (1966), Marcel Mariën (1967), Danielle (1968), Roger van de Wouwer (1969, 1972, 1984), Yellow (1969), Delcol (1970, 1972), Remy van den Abeele (1971), Yves Bossut (1970, 1972, 1973, 1974, 1976), Claudine Jamagne et Dominique Libert (1974), Robert Willems (1974), Françoise Gérard (1975, 1977), Armand Simon (1975), Max Servais (1975), Rachel Baes (1976), Gilles Brenta (1976), Max Ernst (1978), Tom Gutt (1978, 1987), Colette Deblé (1978), Giorgio de Chirico (1978), André Stas (1981).

Des fragments de textes consacrés à Magritte, Paul Delvaux, Mesens, Simon, Graverol, Baes, Mariën, Van de Wouwer, ont été réunis dans Le Surréalisme en Belgique, I, textes de Louis Scutenaire, Irine et André Blavier, Paris, galerie Isy Brachot, 1986.



 : source utilisée pour la rédaction de cet article

  • André Souris, Paul Nougé et ses complices dans "Entretiens sur le surréalisme", sous la direction de Ferdinand Alquié, Mouton, Paris-La Haye, 1968.
  • Christian Bussy, Anthologie du surréalisme en Belgique, Paris, Gallimard, 1972.
  • Marcel Mariën, L'Activité surréaliste en Belgique (1924-1950), Bruxelles, Lebeer-Hossmann, 1979.
  • René Magritte et le surréalisme en Belgique, musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles, 1982.
  • Louis Scutenaire, Plein Chant n° 33-34, Bassac, novembre 1986-janvier 1987.
  • Les écrits de Louis Scutenaire (De 1913 à 1987), 1. Poèmes et proses, note de Michel-Georges-Bernard, Paris, Éditions de l'Orycte, 29 juin 1987 [Textes présentés dans la chronologie de leur écriture].
  • Le mouvement surréaliste à Bruxelles et en Wallonie (1924-1947), Paris, Centre culturel Wallonie Bruxelles, 1988.
  • Raoul Vaneigem, Louis Scutenaire, Paris, collection Poètes d'aujourd'hui, Seghers, 1991 (ISBN 2232103218), 190 p.
  • René Magritte, La période "vache", "Les pieds dans le plat" avec Louis Scutenaire, Marseille, Musée Cantini, 1992 (ISBN 2711825914), 168 p.
  • Irène, Scut, Magritte & C°, Bruxelles, musée royaux des Beaux-Arts de Belgique, 1996, 558 p.
  • Jean-Patrice Courtois, La grammaire inachevable de Louis Scutenaire, dans "Europe", "Les surréalistes belges", n° 912, Paris, avril 2005, p. 112-131.
  • Xavier Canonne, Le surréalisme en Belgique, 1924-2000, Fonds Mercator, Bruxelles, 2006 (ISBN 90-6153-659-6); Actes Sud, Paris, 2007, 352 p (ISBN 9782742772094)


"Nuit du 17 septembre 1976. (…) Je me dressai saisi d'empressement et me hâtai vers Mes Inscriptions de l'affectionné particulier Louis Scutenaire. Je les lis, elles, pas folles, pas permissives aux coacquéreurs des lopins de l'air, tête baissée, tige après tige, lecture d'un champ de seigle toujours vert, contigu à celui de l'Irlandais Swift. Monde où l'âme circulante du hérisson peut s'étaler puis détaler dans les délices d'un départ définitif."

René Char, Fenêtres dormantes et porte sur le toit, Paris, Gallimard, 1979, (repris in Louis Scutenaire, Plein Chant, 1987).
"'Une fois mort, on se nourrit de soi-même', comme dit mon cher Scutenaire, qui aura fait davantage pour la Belgique que le roi Boudin et Eddy Mec réunis. Et il dit encore, ce cher vieux génie belge : « L'âge use la laideur, comme il use la beauté ». (…) lui, le grand sage à la bienveillance féroce qui règne sur Bruxelles, et les Bruxellois l'ignorent. La meilleure histoire belge, je vais te la dire, c'est la plus terrifiante de toutes : 'Il est une fois Scutenaire et les Belges n'en savent rien". Et les Français non plus. (…) Il dit tout, mais par brèves giclées, Scut. Il sait la vie, la mort, l'avant, l'après (…), l’amère patrie, le surréalisme, les frites, les cons, les mœurs, les larmes et la façon dont, chez lui, il doit éteindre au rez-de-chaussée avant d'éclairer au premier pour ne pas faire sauter le compteur électrique.'"

San-Antonio, Poisson d'Avril ou la vie sexuelle de Lili Pute, Paris, Fleuve Noir, 1985, (repris in Louis Scutenaire, Plein Chant, 1987).
"La première leçon que donnait ce philosophe, c'était que la concision est essentielle puisqu'elle est suffisante. Livrer toute une démarche intellectuelle en une seule ligne est un exploit qu'il répétait chaque jour, avec gourmandise et jubilation. (...) Son œuvre ? Les bulles d'une carpe qui crèveraient entre les palettes des nénuphars pour libérer une règle de morale ou de conduite."

Frédéric Dard, Avant-propos de Louis Scutenaire, Lunes rousses, Paris, Le Dilettante, 1987, p. 10.
"L'auteur cultive à plaisir l'hétéroclite : mélange des genres, rupture des tons, brusques changements de niveaux de langue. Le calembour est mis en évidence, et le vulgarisme voisine avec les traces de culture et de diction classiques. Il s'agit bien de subvertir l'univers du discours, de la même façon que, par ses pratiques éditoriales, l'auteur subvertit l'institution littéraire."

Jean-Marie Klinkenberg, in Dictionnaire de poésie de Baudelaire à nos jours, sous la direction de Michel Jarrety, Paris, Presses Universitaires de France, 2001 (ISBN 2130509401).


  • « Le vrai mystère, celui de tous les instants, celui de tous les objets. » (Mes inscriptions II, p. 11)
  • « Je vous parle d'un autre monde, le vôtre. » (Mes inscriptions II, p. 231)
  • « Je ne suis pas un écrivain, je suis un être sonore. » (Mes inscriptions I, p. 159)
  • « J'ai une foi inébranlable en je ne sais quoi. » (Mes inscriptions III, p. 8)
  • « Si on ne me lit plus dans mille ans, on aura tort. » (Mes inscriptions I, p. 35)
  • « Donnez votre surplus au pauvre pour que le riche puisse le lui prendre et guérissez les lépreux pour qu'ils retournent à l'usine. »
  • « Le chômage est déplaisant parce qu'il n'est pas tout à fait généralisé. »
  • « Je prends le monde tel que je suis. »
  • « C'est étonnant combien les honnêtes gens ont une connaissance parfaite de la saloperie. »
  • "J'ai trop d'ambition pour en avoir" (Reprise des Mémoires de Robert Arnauld d'Andilly).
  • « L'avenir n'existe qu'au présent. »
  • « Je ne suis pas scutenairien, c'est bien plus fort : je suis Scutenaire. » (Mes inscriptions II, p. 39)


  • Irène Hamoir
  • René Magritte
  • Rue Louis Scutenaire à Schaerbeek (Bruxelles)
  • Rue de la Luzerne à Schaerbeek (Bruxelles)
  • Surréalisme en Belgique


  • Photographie de Louis Scutenaire [2]
  • Quelques inscriptions [3], [4]
  • Louis Scutenaire à la Bibliothèque royale de Belgique [5]
  • La maison de Scutenaire, rue de la Luzerne [6]

Informations générales