Biographie de Marie-José Perec

Voir son actualité

Marie-José Perec, née le 9 mai 1968 à Basse-Terre, Guadeloupe, est une ancienne athlète française. Elle est la seule athlète française a être triple championne olympique : en 1992 aux Jeux de Barcelone sur 400 mètres et deux fois aux Jeux d'Atlanta en 1996 sur 400 mètres et 200 mètres. Elle est également la deuxième à avoir réalisé le doublé aux Jeux Olympiques sur 200 et 400 m (la première étant l'Américaine Valerie Brisco-Hooks), et le premier athlète, hommes et femmes confondus, à avoir remporté à deux Jeux olympiques consécutifs le titre sur 400 mètres.





Débutant l'athlétisme sur son île natale de la Guadeloupe, sur le stade Félix-Éboué de Basse-Terre, elle rejoint la métropole. Elle intègre le groupe de Fernand Urtebise en 1985, puis en 1987, elle change d'entraîneur pour François Pépin[2].

Elle obtient ses premiers trophées, avec son premier record de France du 400 mètres, et durant la même année 1988, son premier titre de championne de France de la discipline. Elle participe à ses premiers jeux olympiques, à Séoul, disputant les demi-finales du 200 mètres[3] .

En 1989, elle obtient la médaille d'or sur 200 m et au relais 4x100 m aux Jeux de la Francophonie.

La saison suivante, elle obtient son premier titre sur la scène internationale en remportant le 200 mètres du championnat d'Europe en salle de 1989. Lors de la saison estivale, au championnat d'Europe de Split, elle termine à la troisième place, le titre étant remportée par l'Allemande Grit Breuer.



A l'intersaison, elle change d'entraîneur, rejoignant le groupe de Jacques Piasenta. L'année 1991 sera l'année de sa consécration sur la scène internationale. Son début de saison est perturbé par une blessure au genou qui l'oblige à une opération. Elle remporte ensuite la Coupe d'Europe à Francfort en juin, établissant avec 49 s 32 un nouveau record de France.

L'événement majeur de la saison d'athlétisme est le championnat du monde 1991 à Tokyo. Bien qu'elle soit soumise à un grand stress, stress qui l'empêche de s'alimenter normalement, elle court de plus en plus vite lors des différents tours et est la grande favorite de la finale. Sa rivale la plus sérieuse est la championne d'Europe de Split, Grit Breuer. Celle-ci, placée juste derrière la Française en finale, calque sa course sur celle de Perec qui accélère à 280 mètres de l'arrivée, puis, malgré un retour de l'Allemande, remporte le titre en établissant un nouveau record de France en 49 s 13. Ce chrono constitue alors la huitième meilleure performance mondiale de tous les temps[4]. Elle termine la compétition en participant au relais 4x100 mètres, terminant à la 5e place.



Pour les Jeux olympiques de Barcelone, dans le stade olympique de Montjuic, Perec n'a qu'un seul objectif : devenir championne olympique et ainsi rejoindre Colette Besson, elle aussi championne olympique du 400 mètres lors des Jeux olympiques de Mexico 24 ans plus tôt. Le destin veut que Perec occupe le même couloir que sa devancière, le 5[5].

Sa rivale de Tokyo, Grit Breuer, n'est plus là en raison d'une suspension de 1 an, prolongée de 2 ans pour dopage[6]. Reste toutefois la tenante du titre, Olga Bryzgina, qui concourt sous les couleurs de la CEI. Lors de la course, Bryzgina et la Colombienne Ximena Restrepo sont devant elle. Perec accélère dans le virage mais Bryzgina est toujours en tête à 300 mètres. La Française continue de sa grande foulée et Bryzgina cède devant les 48 s 83 de Perec. C'est la première fois que celle-ci franchit la barrière des 49 secondes. Elle remporte son premier titre olympique[7],[8]. Avec le relais du 4x100, composé également de Patricia Girard, Odiah Sidibé et Laurence Bily, elle termine à la quatrième place derrière les États-Unis, la CEI et le Nigeria.

Licenciée au Stade Français, elle termine la saison en établissant avec 22 s 20 sa meilleure performance personnelle sur 200 mètres lors du Weltklasse Zurich, puis remporte le 200 mètres de la Coupe du monde d'athlétisme à La Havane, terminant également deuxième du relais 4x100 m[8].



L'année suivante, elle se fixe un nouveau défi, condition nécessaire pour la motiver après les sollicitations post-olympiques. Son objectif est le 200 mètres des championnats du monde 1993 à Stuttgart. Malheureusement, une blessure, lésion aux ischio-jambiers, lors d'une victoire sur 100 mètres au meeting du Nikaïa de Nice ralentit sa préparation[9]. Elle parvient toutefois à se soigner suffisamment pour se rendre à Stuttgart où elle se qualifie pour la finale. Cependant, sa préparation a été perturbée et elle termine aux pieds du podium, à la quatrième place. Le titre est obtenu par Merlene Ottey devant Gwen Torrence et Irina Privalova. Avec le relais 4x100 mètres, elle termine à la quatrième place, derrière la Russie, les États-Unis et la Jamaïque.



Cependant, sa relation avec Jacques Piasenta s'est envenimée. En début de l'année 1994, la tension a atteint son sommet et elle rompt sa collaboration avec lui. Elle décide alors de changer d'horizon, et elle rejoint le groupe HSI, de John Smith, groupe qui regroupe de grand sprinters mondiaux, dont Maurice Greene et Ato Boldon, mais également des spécialistes du tour de piste, avec le champion olympique du 400 mètres Quincy Watts ou Kevin Young, également champion olympique mais du 400 mètres haies. En Californie, elle retrouve des conditions qui lui conviennent: le soleil mais surtout l'anonymat.

Cette collaboration porte rapidement ses fruits et Perec remporte le seul titre qui lui manquait encore: le titre de Championne d'Europe à Helsinki devant la russe Svetlana Goncharenko. Trois jours plus tard, elle conduit le relais français du 4x400 mètres au titre européen.

Elle termine la saison en remportant la finale mondiale de l'IAAF qui se déroule à Paris[10].



Pour la saison 1995, Perec, suivant les conseils de son entraîneur américain, s'est donné un nouveau défi: doubler les épreuves du 400 et du 400 mètres haies lors des championnat du monde 1995 à Göteborg. Ce défi est conforté par une victoire sur cette dernière distance lors de la Coupe d'Europe. Une contracture à la cuisse droite l'empêche toutefois de réaliser cet exploit: grâce aux soins de la délégation française, elle participe au 400 mètres, épreuve dont elle avait pronostiqué avant la compétition que la victoire se jouerait en moins de 50 secondes. Son hypothèse est juste: elle gagne en 49 s 28 dans une course où elle mène à 250 mètres de l'arrivée, malgré un retour de l'Australienne Cathy Freeman. Celle-ci craque finalement sur la fin, laissant les deux places derrière Perec à Pauline Davis-Thompson et Jearl Miles-Clark[11].



La saison estivale commence par la Coupe d'Europe dont elle remporte le 200 mètres. Avec son entraîneur, elle a décidé de doubler le 400 mètres et le 200 mètres lors des jeux Olympiques d'Atlanta.

Son premier rendez-vous avec les jeux est la cérémonie d'ouverture où elle est le porte drapeau de la délégation française.

Sa première épreuve lors des jeux est le 400 mètres: elle remporte celle-ci en devançant la Nigériane Falilat Ogunkoya et l'Australienne Cathy Freeman, établissant avec 48 s 25 la meilleure performance sur la distance depuis 1986. Ce temps est considéré par beaucoup comme le véritable record du monde de la discipline: l'ancienne championne olympique Colette Besson déclarait à ce propos: « Le temps qu'elle a réalisé à Atlanta, en finale des JO, constitue, pour moi, le temps de référence (48 s 25). Le record de Marita Koch (47 s 60) est un record chimique, réalisé dans une réunion confidentielle où il n'y avait eu aucun contrôle antidopage. »[12].

Cette victoire constitue une première: aucun champion olympique du 400 mètres, homme ou femme, n'avait réussi à conserver son titre[9].

Elle s'attaque ensuite à son second défi: le 200 mètres. C'est trois jours après la finale du 400 que se déroule la finale du 200 mètres. À l'entrée de la ligne droite, elle est toujours devancée par les spécialistes de la spécialité, mais grâce à un redoutable finish, elle devance Merlene Ottey-Page, qui ne sera finalement jamais championne olympique, et Mary Onyali. D'ailleurs, Perec, qui a un profond respect pour l'athlète jamaïcaine, alors âgée de 36 ans, contient sa joie, consciente qu'elle a ôté le dernier espoir olympique de celle-ci[13].

Comme Michael Johnson, elle vient de réaliser le doublé 200 - 400 mètres. Sa compétition se termine par une sixième place lors du relais 4 x 100 mètres, relais remporté par les Américaines.

Toujours licenciée au Stade Français elle termine sa saison par une victoire à Tokyo sur le 200 mètres, victoire qui a été précédé peu avant par une défaite face à sa rivale australienne Freeman lors du Meeting du Bislett de Bruxelles.



Le début de la saison estivale 1997 n'est pas encourageant: septième sur un 200 mètres à Paris, et deux prestations peu satisfaisantes à Villeneuve d'Ascq et au meeting Athletissima de Lausanne. [14]

Elle se rend au championnat du monde 1997 d'Athènes et s'aligne sur le 200 mètres mais elle termine cette compétition en quart de finale, victime d'une élongation à la cuisse droite.

Au début 1998, souffrant de lourde fatigue, elle fait des examens qui révèlent qu'elle est victime d'une forme de mononucléose et de myocardite, le virus d'Epstein-Barr, qui provoque des problèmes cardiaques.

Un traitement à base de cortisone sur plusieurs mois, lui fait prendre plus de dix kilos[15]. Cette maladie l'empêche d'évoluer sur les pistes.

Elle retrouve le groupe de son entraîneur John Smith début 1999. Mais, après un retour souvent annoncé puis dé-programmé, ses premières courses, en particulier sur 200 mètres à Lahti, montre qu'elle n'a pas retrouvé son niveau et elle ne participera pas aux championnat du monde 1999.

Toutefois, elle a toujours l'ambition de défendre son titre olympique l'année suivante à Sydney.



En février 2000, elle surprend le monde de l'athlétisme : elle quitte le groupe de John Smith, estimant que celui-ci ne peut plus lui apporter suffisamment d'attention : « Je m'entendais très bien avec John, mais il s'occupe maintenant d'une quinzaine d'athlètes dans le groupe et il n'avait plus assez de temps à me consacrer. Au point où j'en suis et compte tenu de mon objectif, j'ai besoin que l'on s'occupe beaucoup plus de moi. »[16]. Mais c'est surtout le choix de son nouvel entraîneur qui surprend : Wolfgang Meier, l'ex-entraîneur et mari de la toujours détentrice du record du monde de la discipline, Marita Koch. Le record de celle-ci est toujours considéré comme suspect, comme elle l'avait elle-même déclaré après les jeux de Barcelone. A la suite de ces déclarations, le journal français L'Équipe Magazine avait provoqué une rencontre entre Koch, accompagné de Meier, et Perec. Perec explique que sa décision trouve son origine dans cette rencontre.[16]

Pour sa rentrée, elle est battue, en 22 s 72 à Lausanne puis réalise, avec un temps de 50 s 32, les minimas A à Nice. Elle obtient ainsi son billet pour ses quatrième jeux olympiques.

Ceux-ci ne vont pas se dérouler selon ses attentes. Elle n'avait pas réellement mesuré l'importance, pour les Australiens, de son affrontement avec Cathy Freeman. Celle-ci, qui sera finalement l'athlète qui a eu l'honneur d'allumer la flamme olympique, représente plus qu'une sportive aux yeux de ses compatriotes, en raison de ses origines aborigènes. Elle est également la possibilité de pardon de la nation australienne envers la population aborigène.

Comme les éditions précédentes des jeux, elle ne loge pas au village olympique, considérant qu'un tel site n'est pas propice au calme et à la concentration[17]. Malheureusement, son hôtel est vite découvert par les journalistes et elle doit se cloîtrer dans celui-ci. Victime, selon-elle de menaces, elle décide de quitter l'Australie et les Jeux de Sydney. Malgré les tentatives de son compagnon, l'athlète Américain Anthuan Maybank, des représentants de son équipementier, sa décision est prise et elle quitte le pays. Lors d'une escale à Singapour, elle et son compagnon sont traqués par des dizaines de journalistes et une altercation éclate entre Maybank et un journaliste. Celle-ci, qui fera la une de tous les journaux en Australie et en France, se règle finalement au poste de police. L'incident sera ensuite traité par l'ambassade de France et Perec rentre en France[17].



Au printemps 2001, elle doit renoncer à un retour à la compétition en raison de blessures successives au tendon du pied droit[18].

En 2003, elle annonce son intention de participer au championnat du monde 2003 de Paris Saint-Denis. Finalement ses efforts sont vains: une irritation du nerf sciatique l'empêche de réaliser son objectif.

Ce n'est qu'en juin 2004 qu'elle annonce sa retraite sportive, décision qu'elle avait prise après le championnat du monde mais qu'elle n'arrivait pas à exprimer[3],[15]





En 2004, elle a participé aux jeux d'Athènes en tant que consultante pour la chaîne de télévision française Canal+[19] . Cependant, elle considère cette expérience comme non concluante: « J'ai arrêté parce que je me suis trouvée nulle. à la télé, je suis horrible »[20].

Depuis, elle est présente sur les grands championnats, occupant un poste de consultante pour la presse, en particulier pour le journal l'Équipe.



Sa grande notoriété fait d'elle un personnage incontournable pour les Les Guignols de l'info. Elle est d'abord parodiée sur la volonté de toujours rendre apparent les logos de ses sponsors devant la télévision. Puis, elle y est présentée sous la forme d'un personnage toujours caché, fuyant les « chinois du FBI », s'enfuyant toujours en fin de sketch en s'écriant « Cours, Perec, Cours ! », scène qui fait référence au film Forrest Gump.



En 2008, elle a publié un livre Rien ne sert de courir... dont la partie la plus attendue est son explication sur les jeux Olympiques de Sydney, les événements, sa fuite, et les événements de Singapour.











Durant une période, la gazelle des Antilles détenait les records de France du 100 m (10"96 en 1991), du 200 m (en 1991, 1992, et 1993 en 21"99), du 400 m (en 1988, 1989, 1990, 1991 à 3 reprises, 1992, et 1996 en 48"25), du 400 m haies (en 1995 à 4 reprises, dont 53" 21) et des relais 4x100 m (1992 et 1995) et 4x400 m. Elle fut aussi championne de France du 100 m en 1991, du 200m en 1992 et 1995, et du 400 m haies et du 200m en salle la même année 1989.



  • En plein air
  • En salle


La progression du record personnel de Marie-José Perec a été établie à partir des temps donnés par l'IAAF et la fédération française d'athlétisme (FFA).



Elle a été sélectionné 25 fois en équipe de France A (et 1 en juniors)



  • 400 mètres pour gagner, Marie-José Pérec avec la collaboration de Roland Brival, Paris, Éditions N° 1, 1993, ISBN 2-86391-555-X
  • Rien ne sert de courir, Marie-José Perec, éd. Grasset, 2008


  1. Une de l'Équipe du 6 août 1992
  2. Marie-Josée Perec, site france-jeunes.net, consulté août 2008
  3. ↑ a  b  , le livre de l'année 2004, l'Équipe
  4. 50 ans de sport, l'Équipe
  5. La Fabuleuse histoire des jeux olympiques, Robert Parienté et Guy Lagorce , (ISBN 2830705831)
  6. Grit Breuer, d'amour et de dope fraîche, Libération consulté le 13 août 2008
  7. d'Athènes à Athènes: le chef d'oeuvre de Marie-Jo, l'Équipe
  8. ↑ a  b  (en) Marie-José Perec, site sporting-heroes.net, consulté en août
  9. ↑ a  b  d'Athènes à Athènes: Perec dans la légende, l'Équipe
  10. Profil, sur le site de l'IAAF, consulté août 2008
  11. Faute de pouvoir doubler, Marie-Jo Perec se contente de l'or, site de l'humanité, consulté en août 2008
  12. Que retiendrez-vous de Marie-Jo Perec ?, site de ladepeche.fr, consulté en août 2008
  13. d'Athènes à Athènes: « Je n'ai jamais eu peur » l'Équipe
  14. Le temps des malheurs, site de l'Équipe, consulté en août 2008
  15. ↑ a  b  Marie-Jo Perec, dernier départ, site de l'humanité, consulté en août 2008
  16. ↑ a  b  "La course de ma vie", consulté le 5 août
  17. ↑ a  b  Rien ne sert de courir..., Marie-José Perec, éditions Grasset
  18. numéro 458 - Mars 2003, Marie-José Perec :Pourquoi ça peut marcher, athle.com, consulté en août 2006
  19. Marie-Jose Perec aux Jeux Olympiques d'Athènes, consulté en août 2008
  20. Marie-Jo Perec. «L e dopage? Je ne supporte pas la tromperie », consulté août 2008


Informations générales

Biographie relatives