Biographie de Mohamed Saâda

Voir son actualité

fermer

Egiptuses elavad eestlased ei mõista reisikeeldu (16)
Postimees
Välisministeeriumi pressiesindaja Helena Nõmmiku sõnul mängis seesuguse soovituse andmisel kaasa Egiptuse kohtu 24. märtsil langetatud otsus mõista surma 529 ekspresident Mohamed Morsi toetajat, mis tekitas riigis täiendavaid pingeid. «Moslemi Vennaskond on poliitilisest protsessist kõrvaldatud ning ... ERGO Insurance SE kahjukäsitluse osakonna juhataja Caterina Lepvaltsi sõnul on nende poole pöördunud üks pahane klient, kes soovis saada hüvitist. «Kuna jõudsime kliente õigeaegselt hoiatada, siis ...




Muscat Daily

16 employees of Suhail Bahwan Group honoured for excellence
Muscat Daily
... Salah Sulaiyam Khalfan Altobi, Saada Saleh al Mandhari, Raveendranadhan Nair, Saleh Hamdoon Ali al Musallam, Talal Ali Khamis Al Saidi, Mohamed Moula Baksh Gul Mohamed al Bulushi, John Ramesh Johnrose, Nasima Issa Bashouk al Balushi, ...




Al menos 35 muertos en combates entre rebeldes chiíes y suníes en ...
EFE
Según dijo el gobernador de Al Yauf, Mohamed al Sharif, al canal de televisión local "Al Saida", una treintena de combatientes de ambos bandos perecieron en choques entre el jueves y el viernes pasados. Los enfrentamientos en Al Yauf se han suspendido ...

et plus encore »

Mohamed Saâda (محمد سعادة), né le 22 juillet 1937 à Tunis et décédé le 11 janvier 2005, est un musicologue, chef d'orchestre et compositeur tunisien.



Développant un don musical précoce, Mohamed Saâda se passionne dès son enfance pour la musique en écoutant de vieux disques sur un phonographe et en apprenant à jouer du nay dès l'âge de cinq ans[1]. À treize ans, il s'inscrit au conservatoire de musique et y obtient deux diplômes en musique arabe et en virtuosité du nay. Son père Mohamed Mokhtar Saâda, zitounien de formation, fondateur du journal satirique Ennasnés, pas très enthousiasmé par les ambitions artistiques de son fils cadet, ne s'y oppose néanmoins pas.

Mohamed Saâda fait ensuite partie de La Rachidia dirigée par Salah El Mahdi (1953). Se produisant aux côtés d'instrumentistes émérites tels que Khemaïs Tarnane, Ali Sriti et Brahim Salah, il en est le plus jeune membre[1]. Dans le même temps, il poursuit ses études secondaires au Lycée Alaoui. Après le conservatoire, où il obtient d'autres diplômes, il est major de sa promotion au concours de l'éducation nationale destiné à recruter des professeurs de musique. De 1957 à 1959, il enseigne la musique au collège Sadiki.

Il étudie ensuite l'histoire de la musique et suit des cours de chef d'orchestre à Venise (Italie) avant de partir pour Paris en 1961[1]. Il y étudie le contrepoint, la composition et l'orchestration au Conservatoire de Paris (1962), où il est l'élève d'Olivier Messiaen, et y suit des cours d'ethnomusicologie au laboratoire d'ethnologie du Musée de l'Homme.



Après son retour à Tunis, il dirige le service de la musique au sein de la radio-télévision tunisienne de 1965 à 1968 avant de se consacrer à ses activités de compositeur et de producteur artistique[1]. Il enseigne d'autre part la musique à l'Institut supérieur de musique de Tunis dès sa création en 1982. De 1979 à 1984, il devient par ailleurs le chef d'orchestre de la troupe de La Rachidia[2]. En 1988, il fonde l'ensemble musical El Fen El Arabi dédié à la musique classique instrumentale arabo-turque.



Saâda a composé des pièces instrumentales, des poèmes classiques, des muwashshahs, des chansons pour enfants — il est le fondateur de la chorale d'enfants de la radio-télévision tunisienne — et des opéras dramatiques, notamment Malhamet Ennasr (L'Épopée de la Victoire) qui remporte la médaille d'or au Festival de musique arabe de Damas en 1965. Il est un précurseur dans la composition musicale polyphonique et harmonique en Tunisie.

Saâda a par ailleurs composé la musique de plusieurs pièces de théâtre, dont Es'soud (Le Mûr) de Mahmoud Messaadi, Antigone, Le Marchand de Venise et Les Rêves de Carthage, ainsi que de plusieurs films dont Sous la Pluie de l'Automne de Ahmed Khechine (1970) et Au pays du Tararanni de Férid Boughedir, Hammouda Ben Halima et Hédi Ben Khelifa (1975). En 1967, il compose l'hymne des Jeux Méditerranéens organisés en Tunisie. En 1980, il est chargé de composer l'hymne de la Ligue arabe.

Mohamed Saâda entame en 2004 la composition d'une opéra romantique Wallada wa Ibn Zaydoun, sur un livret du poète et écrivain tunisien Abderrazak Karabaka, inspiré de l'histoire d'amour entre le poète andalou Ibn Zeydoun (1003-1071) et la princesse omeyyade Wallada de Cordoue (1011-1091). Cette œuvre qui lui tient très à coeur reste en partie inachevée. Décédé le 11 janvier 2005, à l'âge de 67 ans, il est inhumé au cimetière du Djellaz de Tunis le 12 janvier.



Mohamed Saâda est l'auteur de nombreuses analyses et études scientifiques dont :

  • La tradition andalouse dans la musique tunisienne (1963)
  • La voix et le temps dans la musique populaire tunisienne (1964)
  • La musique arabe à la recherche d'une notation musicale (1977)
  • Les caractéristiques de la musique babylonienne présentée au congrès de la musique arabe de Bagdad (1987)
  • Musique arabe, Quo vadis ? (2001)
Saâda analyse la musique arabe dans son contexte historique et sociologique : celle-ci subit, à partir du IXe siècle, un développement considérable fondé sur les travaux précurseurs de praticiens et théoriciens prestigieux dont Al Mawsili, Ziriab, Al-Kindi, Al-Farabi et Ibn Sina. C'est la période classique de la musique arabe qui est suivie à partir du XIe siècle d'une longue phase de stagnation accompagnant le recul de la civilisation arabe à la suite du déclin de l'empire abbasside en Orient et d'Al-Andalus en Occident. Les musiciens arabes restent dorénavant fidèles aux règles et traditions établies dans la période classique sans apporter d'éléments novateurs majeurs. La musique est perçue avant tout comme moyen de divertissement, d'où la prépondérance du chant, du chanteur et du concept du tarab. Cette phase de stagnation persiste, selon Mohamed Saâda, en grande partie jusqu'au XXe siècle. Les musiciens arabes ne prennent pas en considération les innovations qui voient le jour en Europe telles que la polyphonie, la notation musicale systématique ou bien l'élargissement du champ d'expression du langage musical et manqueront de s'en servir pour enrichir de façon originale la musique arabe.

Saâda voit dans l'introduction d'une dynamique d'innovation dans la musique arabe une contribution à une vraie renaissance socio-culturelle arabe. Outre sa volonté d'innover, il voit dans la musique avant tout un langage de rêve et d'imagination qui transcende le simple aspect du divertissement. Il base sa stratégie d'innovation sur les axes suivants :

  • enrichir la musique arabe par des éléments novateurs, tels que la polyphonie et l'harmonie, et expérimenter de nouvelles formes de mélodies, de rythmes et d'orchestration en se basant sur les racines de la musique arabe (conservation de l'« âme de la musique arabe »), par opposition à une orientation aveugle vers l'Occident qui serait, selon Saâda, une approche primitive et contre-productive.
  • pousser l'horizon du langage musical arabe au delà de la sphère du divertissement et créer un langage musical arabe de rêve et d'imagination.
  • rigueur et excellence dans la formation des musiciens dans les domaines théoriques et pratiques (importance primordiale de la maîtrise de la notation musicale et de l'interprétation orchestrale), l'objectif étant de former des musiciens capables de composer et d'interpréter des œuvres musicales orchestrales exigeantes.
  • enrichir la musique arabe par l'introduction de nouveaux genres musicaux, tels que le théâtre musical, l'opéra, la chorale d'enfants, etc.


En 1989, il reçoit la médaille du mérite culturel[2] puis, en 1999, le prix de l'État dans le domaine des lettres et des arts à l'occasion de la célébration de la Journée nationale de la culture[1].



  1. ↑ a  b  c  d  e  Moncef Charfeddine, « Disparition du maestro Mohamed Saâda », Le Temps, 14 janvier 2005
  2. ↑ a  b  Ali Ouertani, « Mohamed Saâda n'est plus. Un artiste élégant et discret », La Presse de Tunisie, 12 janvier 2005