Biographie de Paola Ruffo di Calabria

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La reine Paola de Belgique (Margherita Giuseppina Maria Consiglia, princesse Ruffo di Calabria) est l'épouse de l'actuel roi des Belges, Albert II.



La reine Paola est née le 11 septembre 1937 à Forte dei Marmi en Italie. Elle est la plus jeune des sept enfants du prince Fulco Ruffo di Calabria (aviateur-héros de la Première Guerre mondiale) et de donna Luisa Maria Gazelli di Rossana e di Sebastiano. Paola a passé toute sa jeunesse dans la demeure des Ruffo di Calabria à Rome et a perdu son père en 1946. Elle y fréquente les trois institutions suivantes : l'Istituto Villa Pacis, l'Istituto Sant’Angela Merici et le Liceo Caterina Volpicelli, où elle termina ses études gréco-latines. Paola parle l'italien, l'anglais, le français et le néerlandais.



Les Ruffo di Calabria, la famille de la Reine Paola, comptent parmi les lignées les plus anciennes d´Italie. Le premier ancêtre prouvé de cette Maison est Giordano Ruffo qui fut grand maréchal du royaume de Sicile aux alentours de l´an 1200. Les Ruffo son divisés en deux branches depuis la fin du XIV siècle: celle des Ruffo, princes della Scaletta et celle des Ruffo di Calabria à laquelle appartient la reine. Son frère le prince Don Fabrizio, actuel chef de la Maison Ruffo di Calabria, porte les titres de prince de Scilla, prince de Palazzolo, patricien de Naples, duc de Guardia Lombarda, comte de Sinopoli, comte de Nicotera, baron de Calanna et de Crispano. Parmi les ancêtres de la reine des Belges, figure Gilbert du Motier de La Fayette, hêros de la guerre d´Indépendance américaine.



En 1958, lors des cérémonies d'intronisation du pape Jean XXIII, Paola rencontre le prince Albert de Belgique, prince de Liège, à l'ambassade belge à Rome. Le couple se marie le 2 juillet 1959 à Bruxelles et s'installe ensuite au château du Belvédère. Ils ont eu trois enfants (le prince Philippe, la princesse Astrid et le prince Laurent) avant de traverser une importante crise conjugale.

À la fin des années 70, la princesse Paola s'était assagie suite à sa réconciliation avec son époux. Bien qu'épouse du premier prince dans l'ordre de succession au trône, elle apparaissait peu en public, elle n'avait pas de rôle officiel bien défini et ne prononçait jamais de discours. Elle était présidente d'honneur de l'Œuvre royale des berceaux Princesse Paola, de la section belge de l'AMADE. (Association mondiale des amis de l'enfance) et du Cercle Vivaldi de Belgique. Paola trouvait son bonheur dans l'intimité des châteaux du Belvédère et de Fenffe aux côtés de son époux, de leurs enfants et petits-enfants. Elle s'intéressait beaucoup au jardinage et à la décoration d'intérieur.



Suite à l'accession au trône d'Albert II en août 1993, Paola devient reine des Belges à 56 ans. Elle est la première souveraine à avoir des origines belges. Sa grand-mère paternelle, Laure Mosselman du Chenoy, était bruxelloise. Elle épousa Fulco Beniamino Ruffo di Calabria et quitta sa terre natale pour s'installer à Naples en Italie.

La constitution belge ne prévoit aucun rôle particulier pour l'épouse du chef d'État. La reine Paola est aux côtés de son mari pour assister aux cérémonies officielles importantes du pays, pour se rendre en voyage d'État et aux réunions du Gotha, pour recevoir les personnalités étrangères de passage à Bruxelles et les Belges se distinguant dans tous les domaines. Elle n'est cependant pas présente aux audiences du roi, excepté en septembre 1996 lorsque tous les parents d'enfants disparus ont été reçus au palais royal, peu après la révélation de l'affaire Dutroux.

La reine Paola est la première souveraine belge à avoir un bureau au palais royal de Bruxelles. Elle tient à maintenir une stricte séparation entre le château du Belvédère (qui sert de cadre à sa vie privée) et son rôle public. Son secrétaire (Willem Van de Voorde de 1994 à 2000, Geert Criel de 2000 à 2004, Caroline Vermeulen depuis 2004) est son plus proche collaborateur : il organise son agenda, il siège au conseil d'administration de la Fondation Reine Paola et l'accompagne dans tous ses engagements publics. La reine est également secondée par une dame d'honneur issue de la noblesse belge (son amie la baronne Colette de Broqueville de 1993 à 1997, la princesse Nathalie de Merode depuis 1997).

Lors de l'accession au trône de son époux, la reine Paola a pris en main la direction de la Cour. En tant que maîtresse de maison des demeures royales, elle veille à la décoration florale, à la bonne organisation des réceptions et à la restauration régulière des salons et du mobilier. Il est notoire que le roi Baudouin et la reine Fabiola étaient réputés pour leur manque de goût, contrairement à la princesse Paola dont on vantait l'élégance, toute italienne, et le raffinement des châteaux du Belvédère et de Fenffe.

Passionnée de botanique et de jardinage, Paola surveille aussi de près l'entretien des serres de Laeken et des parcs des demeures royales.

Vraie mécène, la reine a créé un comité artistique chargé d'intégrer l'art contemporain belge dans le palais royal de Bruxelles, construit au XIXe siècle. Cette démarche unique en Europe déboucha sur l'inauguration en octobre 2002 de trois œuvres d'artistes belges : une série de photos de Dirk Braeckman, sept toiles de la peintre Marthe Wéry et le revêtement du plafond de la salle des Glaces par Jan Fabre. En juillet 2004, une quatrième œuvre est dévoilée dans la salle Empire : Les Fleurs du Palais Royal, conçues par Patrick Corillon, sont onze pots dorés et onze histoires évoquant des légendes autour des fleurs originaires des dix provinces de Belgique.

Depuis le décès de Léopold II (« le roi bâtisseur ») en 1909, aucun roi, aucune reine n'a marqué les domaines royaux de son empreinte autant que Paola.

Dans le domaine social, Paola a repris en 1993 le Secrétariat social de la reine (créé par Fabiola après son mariage) qui reçoit chaque année des milliers de lettres de personnes en difficulté. Ses collaborateurs tentent de trouver une solution, en coordination avec les ministères, les C.P.A.S et d'autres institutions. Dans les situations les plus dramatiques, une petite aide financière tirée d'un fonds géré par l'asbl Les Œuvres de la Reine peut être octroyée.

Comme le veut la tradition, la souveraine est la marraine de la petite dernière des familles de sept filles. Depuis 1993, Paola a été sollicitée une vingtaine de fois. Ses filleules reçoivent une timbale en argent pour leur baptême et entretiennent ensuite avec la reine un échange d'informations.

Etablissement d'utilité publique, la Fondation Princesse-Paola (devenue ensuite Fondation Reine Paola) a été créée en décembre 1992 pour soutenir des projets concrets émanant d'organisations ou de personnes venant en aide à des jeunes particulièrement éprouvés par la vie, confrontés à des problèmes familiaux, de formation ou de réinsertion. Les interventions sont toujours attribuées pour un projet déterminé, dans le cadre d'un budget précis et éventuellement pluriannuel.

Depuis l'année scolaire 1996-1997, la reine remet chaque année le Prix Reine-Paola pour l'Enseignement à des projets pédagogiques intéressants et novateurs d'enseignants, alternativement du primaire et du secondaire. La Fondation Reine-Paola a initié aussi le programme « L'École de l'Espoir », qui soutient financièrement des écoles belges travaillant dans un milieu social difficile.

Bouleversée par ses rencontres avec les parents d'enfants disparus lors de l'affaire Dutroux en 1996, la Reine a accepté la présidence d'honneur du centre Child Focus pour les enfants disparus et sexuellement exploités. Elle milite pour la création d'un tel centre dans tous les pays européens et le fait visiter aux Premières Dames de passage en Belgique. Elle a aussi assisté du 26 au 28 septembre 1999 à la conférence internationale organisée en Pologne pour le 10e anniversaire de la Convention des Droits de l'Enfant et a organisé une semblable réunion au palais royal de Bruxelles en novembre 2004. La Reine soutient la lutte contre la pédophilie et la pédopornographie sur Internet. Elle est membre du comité honoraire du Centre international pour enfants disparus et sexuellement exploités (ICMEC).

La reine Paola accorde son Haut Patronage à différentes associations travaillant dans le domaine social : l'Œuvre nationale des aveugles, l'Institut Albert Ier et Élisabeth, l'opération Simon et Odil pour les enfants hospitalisés, l'asbl Habbekrats (qui s'occupe de jeunes de 12 à 25 ans), la Croix Jaune et Blanche, l'asbl Lucia, etc. Dans le domaine culturel, elle accorde son Haut Patronage au Festival et au Concours international de chant baroque du château de Chimay, à l'asbl The New Belgica, à la Galerie de prêt d'oeuvres d'art du château Malou (créé en 1972) et au Concours poétique biennal Pyramides 2008, organisé par l'Université de Liège.

La reine Paola a apporté une touche de modernité à la monarchie en devenant en 2002 la première souveraine belge à répondre par écrit à une interview à l'agence Belga à l'occasion de ses 65 ans. En 2006, elle accepte de se confier à Venise pendant une heure devant les caméras de la VRT et de la RTBF. Cet événement médiatique et historique est salué par des commentaires unanimement positifs et a permis de démontrer que la reine parlait désormais couramment le néerlandais. Autre nouveauté en 2008 : la reine Paola a enregistré, pour la première fois, un message télévisé à diffuser lors de la soirée de clôture des 20 ans de l'opération Télévie, organisée par RTL-TVI et Bel-RTL en faveur de la recherche contre la leucémie.

A l'occasion de son 70e anniversaire en septembre 2007, la reine Paola a convié à Laeken 800 personnes travaillant de façon professionnelle ou bénévole en faveur de la protection de l'enfance. Un timbre a également été émis par la Poste belge.

Le 8 avril 2008, elle a baptisé le F931 Louise-Marie, la deuxième frégate de classe Karel Doorman de la marine belge.





  • Jo Gérard, Albert II et sa famille, éditions J-M Collet, 1993
  • Mario Danneels, Paola : de la dolce vita à la couronne, éditions Luc Pire, 2000
  • Christian Laporte, Albert II : premier roi fédéral, éditions Racine, 2003
  • Christine Masuy, Paola, reine des Belges, éditions Luc Pire, 2007
Vincent Leroy, "Les 70 ans de la reine Paola", éditions Imprimages, 2008