Biographie de Pierre Fournier

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Pierre Fournier (né le 24 juin 1906 à Paris - mort le 8 janvier 1986 à Genève) était un des grands noms français du violoncelle, aux côtés de Maurice Maréchal, Paul Tortelier, Maurice Gendron et André Navarra.



Petit-fils du sculpteur Léopold Morice (statue de la place de la République, anges du pont Alexandre-III), fils d'un général d'armée, Pierre Fournier commence ses études musicales avec sa mère qui lui apprend le piano. Mais atteint par la poliomyélite, il éprouve des difficultés par la suite à actionner les pédales du piano et doit se tourner vers un autre instrument : le violoncelle. Étudiant dans un premier temps avec la sœur de Robert Krettly, il progresse très vite et entre à treize ans au Conservatoire de Paris dans la classe de violoncelle de Paul Bazelaire, puis d'Anton Hekking. Il y obtient son premier prix en 1923, soit quatre ans après son entrée. Il étudia également pendant ses années au Conservatoire la musique de chambre auprès de Camille Chevillard et de Lucien Capet.

Après son prix, il commence à jouer dans les cinémas (accompagnement des films muets) et les kiosques à musique. Il est notamment le voisin au Théâtre du Vieux-Colombier d'Arthur Honegger qui tient, lui, la partie de batterie. Il joue également au sein du Quatuor Krettly de 1923 à 1928, avec lequel il crée notamment le Quatuor de Gabriel Fauré. Il commence sa carrière de soliste en 1925 dans l'orchestre des concerts Colonne.

Il enseigne pendant deux ans (de 1937 à 1939) à l'École normale de musique de Paris, succédant à Pablo Casals. Alfred Cortot et Jacques Thibaud l'appellent d'ailleurs en 1943 à les rejoindre au sein de leur fameux trio, après le départ de Casals dans sa propriété de Prades. En 1941, il est nommé professeur de violoncelle au Conservatoire de Paris. Associé avec le pianiste Artur Schnabel, le violoniste Joseph Szigeti et l'altiste William Primrose, il fait une importante tournée aux États-Unis en 1948. Le succès de cette tourne l'encourage à renoncer à ses activités pédagogiques au Conservatoire (1949) et à multiplier les engagements.

En 1956, il s'éloigne de Paris, s'installant en Suisse (à Genève) avec toute sa famille. Mais Pierre Fournier n'abandonne pas pour autant sa citoyenneté française.

En 1959, il fait ses débuts en URSS, à Moscou où il joue la plupart des concertos standards du répertoire.

Il reprend à partir de 1976 des activités d'enseignement, à Zurich notamment, lors de sessions d'été.

On le retrouve en 1984 dans un récital au Queen Elizabeth Hall de Londres ; Le virtuose a alors 78 ans ; Il s'éteint deux ans plus tard, en 1986, succombant à une attaque d'hémiplégie à Genève.



Parmi les innombrables artistes avec lesquels Fournier aura joué, citons les noms de Wilhelm Kempff, Henryk Szeryng, Sviatoslav Richter, David Oïstrakh, Zino Francescatti, Herbert von Karajan, Rafael Kubelik, Sergiu Celibidache, Friedrich Gulda.

Il a également joué et enregistré vers la fin de sa vie avec son fils Jean-Pierre, pianiste célèbre sous le nom de Jean Fonda. Son frère Jean Fournier était également musicien (violoniste). La femme de celui-ci, Ginette Doyen, était une pianiste reconnue.

Le répertoire de Fournier couvrait toutes les époques, du baroque à la musique contemporaine en passant par le classique (il fût un des premiers à remettre à l'honneur le Concerto pour violoncelle en ré majeur d'Haydn). De nombreux compositeurs de son temps lui dédicacèrent des œuvres : Francis Poulenc sa Sonate pour violoncelle (1948), Bohuslav Martinu sa première sonate (1940), Albert Roussel, Arthur Honegger (1939), Othmar Schoeck (1947), Jean Martinon (1963), Frank Martin (1965-1966) leurs concertos ainsi que Cemal Reşit Rey (1954) ses Pièces Concertantes. Il créa aussi en 1937 le Concertino d’Albert Roussel et en 1955 la seconde version du Concerto de Bohuslav Martinù.

Dans le cadre du Concours international de violoncelle Rostropovitch organisé par la ville de Paris est remis un prix spécial Pierre Fournier pour la meilleure interprétation de l'œuvre du XIXe siècle.

Pierre Fournier était officier de la Légion d'honneur, officier des Arts et des Lettres et commandeur de l'ordre Léopold II.



  • Maurice Maréchal aurait dit de Fournier alors que celui-ci sortait du Conservatoire qu'il était « le violoncelliste du futur ».
  • Après un récital de Paul Tortelier, Pierre Fournier lui aurait dit « Paul, j'aimerais avoir votre main gauche ! » et à Tortelier de répondre « Pierre, j'aimerais avoir votre bras droit ! ». Fournier était en effet réputé pour la virtuosité et l'aisance avec lesquelles il maniait son archet.
  • Colette a dit de Pierre Fournier qu'il « chantait mieux que tout ce qui chante ».
  • Mstislav Rostropovitch, à l'occasion de la célébration du septente-cinquième anniversaire de Pierre Fournier en 1981 l'a appelé « [son] ami, [son] idole et [son] dieu ».
  • Parmi les différents qualificatifs appliqués à Fournier, on trouve encore « le prince des violoncellistes », ou « the aristocrat of the cello ».