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Roman Polanski (né Raymond Roman Liebling le 18 août 1933 à Paris) est un comédien, metteur en scène de théâtre et d'opéra, producteur, scénariste, réalisateur de cinéma puis un auteur français d'origine polonaise[1]. Il a notamment réalisé Répulsion, Cul de sac, Le Bal des vampires, Rosemary's Baby, Chinatown, Le Locataire et Le Pianiste. Parlant couramment le polonais, l'anglais, le français, l'espagnol, l'italien et le russe, il s'est forgé une carrière cosmopolite et prestigieuse, balancée entre Europe et États-Unis, régulièrement ébranlée par des drames de vie privée, des démêlés avec la justice (alimentant les gros titres de la presse à scandale) et un parcours professionnel chaotique, oscillant entre échecs cuisants et succès retentissants.





Roman Polanski est né Raymond Roman Liebling le 18 août 1933 à Paris. Son père, Ryszard Liebling, était un juif polonais peintre et fabricant en matières plastiques. Sa mère, Bula Liebling (née Katz-Przedborska), était d'origine russe et judéo-catholique. Raymond Roman Liebling, futur Roman Polanski, vit à Paris jusqu'à l'âge de quatre ans. Il passe ensuite son enfance et son adolescence en Pologne avec sa sœur Anette. Il garde la nationalité française, acquise par le droit du sol. Ses parents, tous deux agnostiques, ne l'élèvent dans quelque culte que ce soit. Après l'invasion du territoire ouest-polonais par les troupes allemandes en septembre 1939, il est contraint de vivre dans le ghetto de Cracovie et évite la déportation, contrairement à ses parents. Sa mère meurt à Auschwitz. Échappé du ghetto, il se réfugie à la campagne chez des fermiers avant de revenir à Cracovie où, devenu vagabond, il détourne la vigilance allemande et arrive à survivre grâce à l'entraide souterraine avec des habitants et d'autres enfants et grâce au marché noir. Il ne revoit son père qu'après la guerre mais la relation est conflictuelle après son retour du camp de Mauthausen.



C'est après la guerre dans les camps de scouts puis avec son ami d’enfance Piotr Winowski, que l'adolescent découvre sa vocation d'artiste et de comédien, prise peu au sérieux par son père. Avec son ami, il fréquente plus assidûment les salles de cinéma que les cours d'école. En 1945, il rate sa matura (bac polonais) mais grâce à ses talents de dessinateur entre à l’École des Beaux-Arts dont il est renvoyé en 1950. En 1946, il intègre la troupe de la Joyeuse Bande, destinée à enregistrer des spectacles radiophoniques à coloration communiste pour les enfants. Deux ans plus tard, après une audition, il est choisi pour le rôle principal du Fils du régiment, mis en scène par Josef Karbowski. Il s'agit d'un personnage de jeune paysan, coqueluche de l'Armée rouge, fait prisonnier par les Allemands durant la guerre. La pièce devient, au fil des représentations, un véritable triomphe national. Ce succès lui ouvre les portes d'une carrière de comédien qu'il débute en jouant dans les films de jeunes auteurs encore peu connus mais futures pierres angulaires du cinéma polonais. Andrzej Wajda, son ami, le dirige notamment en 1955 dans Génération, œuvre rompant avec l'académisme et le ton exalté, lié à l'exercice de propagande, des productions de l'époque. En 1953, Polanski entre à l'école de cinéma de Łódź où il réalise huit courts-métrages remarqués à l'international pour leur inventivité, leur anticonformisme et leur causticité étonnante. En 1958, il gagne plusieurs récompenses pour Deux hommes et une armoire et épouse en parallèle l'actrice principale de la majorité de ses films courts : Barbara Kwiatkowska (divorcée quatre ans plus tard).



En 1962, il réalise son premier long-métrage, Le Couteau dans l'eau, co-écrit avec Jerzy Skolimowski et dont la musique est composée par son ami Krzysztof Komeda (mort en 1969). Il y met en scène les rapports de forces entre un journaliste sportif brutal et un étudiant arrogant sur un voilier. Le film est mal accueilli en Pologne bien qu'il ne soit pas un réquisitoire explicite du mode de vie socialiste. Mais il fait planer un climat d'insécurité et laisse en suspens l'idée de tension sociale et de lutte de classes que les régimes communistes prétendent avoir abolie. Après un succès international et un prix obtenu à la Mostra de Venise, Le Couteau dans l'eau est projeté officiellement au Festival de New York, se voit choisi pour faire la couverture du Time Magazine et est nominé pour l'Oscar du meilleur film étranger. Polanski de fait, qui croule sous les propositions, part s'installer à Londres où il réalise le thriller schizophrénique Répulsion avec Catherine Deneuve. Un an après, il se rend en Irlande afin d'y tourner une comédie loufoque à l'humour absurde et décalé mais au ton grinçant : Cul-de-sac, interprétée notamment par Donald Pleasence et Françoise Dorléac. Ces deux œuvres lui permettent de remporter respectivement un Ours d’Argent et un Ours d’Or au festival de Berlin en 1964 et en 1965. Produites toutes deux par Gene Gutowski, elles marquent par ailleurs le début de la longue collaboration du cinéaste avec le scénariste Gérard Brach. En 1966, il retrouve ses deux collaborateurs et son compositeur fétiche pour écrire, produire et mettre en scène la comédie horrifique Le Bal des vampires qui dynamite les codes et ridiculise la mythologie du genre. Il y tient le haut de l'affiche avec celle qui sera bientôt sa nouvelle femme, la comédienne américaine Sharon Tate (épousée le 25 janvier 1968).



Après ces succès critiques et commerciaux, Roman Polanski réalise son premier film hollywoodien en 1968, le thriller fantastique Rosemary's Baby adapté du best-seller éponyme d'Ira Levin. Dans ce chef-d’œuvre cauchemardesque, Mia Farrow interprète, au côté de John Cassavetes une jeune femme victime d'une conjuration menée à son endroit par une société secrète de sorciers octogénaires adorateurs de Satan et qui fait d'elle la mère de l’Antéchrist en personne. Alors que l'industrie hollywoodienne, depuis la fin des années 1950 semble se scléroser par manque d'innovation, Polanski s'impose vite comme un sang neuf et comme la tête de proue à la sensibilité toute « européenne » d'un modèle en crise. Produit avec deux millions de dollars, ce film d'épouvante en rapporte plus de seize et se hisse au sommet du box-office de 1968. Ce beau succès est en large partie dû à la rencontre du cinéaste avec le producteur Robert Evans. Ce dernier marque les années triomphales de la Paramount dans les années 1970 grâce au premier opus de la saga des Parrain réalisée par Francis Ford Coppola ou à Love Story d'Arthur Hiller, qu'il a tous deux financés[2]. Le travail d'Evans consiste à laisser une très grande liberté au metteur en scène, contrairement à l'ensemble des majors américaines[3]. Il a d'ailleurs supporté les colères du réalisateur sur le plateau, l'a soutenu dans ses altercations avec Cassavetes et accepté des prolongations de tournage jusqu'à se brouiller personnellement avec Mia Farrow, engagée sur un autre projet avec son mari de l'époque Frank Sinatra, projet qu'elle abandonne finalement pour finir le film[4]. Reconnu comme l'un des meilleurs films fantastiques de tous les temps, Rosemary's Baby glane au passage deux nominations aux Oscars puis vaut à Ruth Gordon, figure tutélaire du film, la statuette du meilleur second rôle féminin. Polanski semble être devenu le nouveau jeune roi d'Hollywood.

Mais cette immense réussite est ternie par un nouveau drame dans sa vie. En pleine préparation d'un film au Royaume-Uni, sa femme, Sharon Tate, enceinte de huit mois, est sauvagement assassinée ainsi que quatre de leurs amis proches dans leur demeure californienne à Cielo Drive par Charles Manson, gourou de la secte « la Famille » et ses amis.



Anéanti par ce malheur, il s'enfonce dans la dépression mais revient tout de même en Grande-Bretagne pour tourner le très violent et désespéré Macbeth, d’après Shakespeare, produit en partie par Hugh Hefner et la filiale de production du groupe Playboy. La crudité des images, la rudesse, le grotesque et la noirceur affichés de la réalisation déroutent la critique et les spectateurs. En 1972, le réalisateur, qui décide de tenir bon, s'en retourne vers ses premières amours burlesques. Il part un temps pour l'Italie afin d'y tourner une comédie grinçante à l'humour absurde avec Marcello Mastroianni : Quoi?. Malgré le plébiscite de la presse, le film peine à remplir les salles. En 1974, Polanski, très éclectique, s'attèle à la mise en scène du plus célèbre opéra d'Alban Berg : Lulu pour le Festival de Spolète en Italie. La même année, revenu à Hollywood, il goûte, malgré les deux échecs précédents, à la plus belle réussite critique et publique de sa carrière grâce à Chinatown. C'est un hommage teinté d'ironie et de pessimisme à l'âge d'or du film noir américain dont il reprend les codes narratifs et esthétiques qu'il malmène de bout en bout. Le film marque ses retrouvailles avec son ami producteur Bob Evans qui réalise lui aussi l'un de ses plus beaux succès professionnels, tant sur le plan artistique que financier : triomphe international, Chinatown qui a couté six millions de dollars en rapporte trente rien qu'aux États-Unis. Le visage au nez pansé de Jack Nicholson, interprétant un détective privé fanfaron, est entré dans la mythologie du cinéma. Le rôle de la femme fatale est, lui, attribué à Faye Dunaway dont les relations avec le metteur en scène ont été plus que désastreuses durant le tournage. Les deux stars principales se font cependant voler la vedette par le rôle secondaire de Noah Cross accordé au grand cinéaste John Huston. Grand vainqueur des Golden Globes en 1975, le film reçoit également onze nominations pour les Oscars, devenant le grand favori dans la course aux statuettes. Mais seul le trophée du meilleur scénario original (signé Robert Towne) lui échoit, les votants ayant préféré cette année-là se tourner vers le deuxième opus de la série des Parrain réalisée par Francis Ford Coppola. Polanski revient ensuite un temps en France, à Paris pour concrétiser un vieux projet d'adaptation du roman de Roland Topor: Le Locataire chimérique. Le Locataire, qu'il fait éclairer par Sven Nykvist (le chef-opérateur fétiche d'Ingmar Bergman) puis qu'il joue et réalise aux côtés d'Isabelle Adjani et de Shelley Winters, voit le jour en 1976. Mais même si l'étrangeté paranoïaque et cauchemardesque du récit séduit une fois de plus les critiques qui considèrent encore aujourd'hui cette œuvre comme l'une de ses plus abouties, cette fable sur l'aliénation urbaine et l'anomie sociale, d'une fantaisie noire proche du délire hallucinatoire, effraie de nouveau les spectateurs. Polanski, encore auréolé du succès de Chinatown, reste toutefois l'un des cinéastes les plus en vogue, ce qui ne l'empêche pas de s'en retourner à des activités extra-cinématographiques puisqu'il assure la même année la direction scénique du Rigoletto de Giuseppe Verdi pour l'Opéra de Munich.



En 1977, Polanski est accusé de viol sur une jeune fille de treize ans : Samantha Geimer[5]. Cette dernière avait été choisie par le cinéaste pour une campagne de photos sur les adolescentes commandée par l'édition française du magazine Vogue[6]. Pendant la séance, sur les hauteurs de Los Angeles, aux abords de la propriété de Jack Nicholson, le 10 mars, il l'aurait saoulée avec de l'alcool et droguée avec un anxiolytique [7] . Il aurait ensuite procédé à des pénétrations sexuelles vaginales et anales [8] de l'adolescente malgré le refus de cette dernière [9]. À la suite d'un procès extrêmement médiatique et rocambolesque, il plaide coupable aux principaux chefs d'accusation retenus contre lui par le tribunal californien où il était assigné à comparaître.[10] L'accusé passe 47 jours en prison, de son plein gré. Mais il s'enfuit des États-Unis le 1er avril 1978 après une libération conditionnelle et s'installe définitivement en France. Il risquait cinquante ans de prison dans la mesure où le juge chargé de l'affaire voulait revenir sur les termes du plaidoyer de marchandage. Étant de nationalité française (il est né à Paris), les autorités du pays ne peuvent l'extrader[11]. La famille de la victime ne demandera pas l'ouverture d'un nouveau procès Outre-Atlantique et décide même de régler l'affaire à l'amiable, et à distance, avec le cinéaste en exil représenté par ses avocats. Mais l'avis d'incarcération prononcé en Californie reste toujours en vigueur sur le sol américain où Polanski n'a jamais pu remettre les pieds ; il risque d'être arrêté et devoir attendre la promulgation d'une nouvelle sentence. Cette affaire alimente régulièrement les gros titres de la presse et entraîne plusieurs polémiques après évocation et demande d'éventuels aménagements spécifiques voire de grâce. Mais les autorités américaines se sont toujours refusées à quoi que ce soit. Celles-ci auraient pu cependant exiger de la part de l’État français l'application d'une peine prononcée chez elles par contumace s'il y avait eu nouveau procès (selon le droit pénal international). Elles n'ont jamais rien demandé, ni rien tenté. Polanski a bénéficié du soutien permanent de ses amis d'Hollywood parmi lesquels Harrison Ford, Mia Farrow, Jack Nicholson et Bob Evans. Même Samantha Geimer, devenue mère de famille, a été pour beaucoup dans l'obtention de son Oscar en 2003 après avoir publiquement annoncé qu'elle était favorable à son éventuel retour aux États-Unis et après avoir déclaré à propos de son film Le Pianiste qu'il « fallait juger l'œuvre et non l'homme en lui-même. ».[12]. Selon Reuters, « l'équipe d'avocats du cinéaste a déposé mardi 2 décembre 2008 une requête officielle visant à classer son inculpation à la Haute cour du comté de Los Angeles »[13]. Le 5 janvier 2009 ses avocats ont demandé le dessaisissement de ses juges en mettant en cause le comportement des magistrats[14].



À peine revenu à Paris, le metteur en scène s'attèle à une entreprise de grande ampleur dont Claude Berri est le principal producteur : en mémoire de sa défunte épouse Sharon Tate, il réalise en effet un mélodrame rural et romantique: Tess. Il s'agit en réalité d'une adaptation du roman de Thomas Hardy : Tess d'Urberville qui évoque les malheurs d'une jeune paysanne sous l'ère victorienne. Auréolé d'un beau succès en salles au cours de l'année 1979, le film croule bientôt sous une avalanche de prix en tout genre, parmi lesquels trois Césars en 1980 (ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur et de la meilleure photographie pour Ghislain Cloquet et Geoffrey Unsworth) et trois Oscars techniques en 1981 (gagnés sur six nominations). La presse se fera largement l'écho de l'idylle, très controversée, entre le cinéaste et la juvénile comédienne, star du film (dix-huit ans à l'époque) : Nastassja Kinski. Polanski passe ensuite par le théâtre avec Amadeus de Peter Shaffer, qu'il met en scène et interprète aux côtés de François Périer. Il publie en 1984, aux éditions Robert Laffont, son autobiographie très remarquée : Roman par Polanski. Il s’attaque par la suite au projet Pirates (financé par le producteur tunisien Tarak Ben Ammar) en hommage aux films d'aventures hollywoodiens des années 1930 qui ont bercé son enfance : ceux entre autres de Michael Curtiz avec Errol Flynn. En plus d'un tournage cauchemardesque, Pirates est un gouffre financier. Il devient un film qui échappe complètement à son réalisateur et qu'il finit par renier. Ce sera un véritable fiasco commercial. Le film, pour un budget de quarante millions de dollars, en rapportera à peine cinq. Après s'être rebiffé sur scène dans l'adaptation théâtrale du grand classique de l'un de ses auteurs favoris : Franz Kafka pour La Métamorphose, il assure la réalisation en 1988 d'un thriller parisien avec Harrison Ford : Frantic qui lui permet de renouer un temps avec le succès, mais Lunes de fiel, La Jeune Fille et la Mort et La Neuvième Porte, par ailleurs globalement peu épargnés par la critique, sont tous des revers au box-office.

Le 30 août 1989, il épouse en troisième noce sa nouvelle actrice fétiche, Emmanuelle Seigner. Ils ont deux enfants ensemble : Morgane (née en 1993) et Elvis (né en 1998). Ils s'étaient rencontrés lors du tournage de Frantic.

En 1998, il est élu membre de l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France dans la catégorie Création artistique pour le cinéma et l'audiovisuel (créée en 1985).

Durant les années 1990, son travail au théâtre et à l'opéra a été prolifique ; après avoir dirigé pour la scène de l'Opéra Bastille une nouvelle version des Contes d'Hoffmann d'Offenbach en 1992 avec José van Dam et Natalie Dessay, il met en scène quatre ans plus tard la pièce de Terrence McNally : Maria Callas, la leçon de chant qui lui vaut une nomination aux Molières. En 1997, il s'attèle à la mise en scène et à la supervision de la comédie musicale tirée de son classique Le Bal des vampires qui démarre à Vienne et entame une tournée triomphale qui l'emmènera de Stuttgart à Hambourg.



Il revient sur le devant de la scène et connaît un triomphe critique et public en 2002 grâce à son film Le Pianiste, une grosse production franco-germano-polonaise (adaptée de l'autobiographie du pianiste et compositeur polonais Władysław Szpilman) dans laquelle il évoque un sujet plus personnel, celui de l’occupation de la Pologne et du ghetto de Varsovie pendant la Seconde Guerre mondiale, sujet qu’il s’était toujours refusé à filmer au point de décliner, dix ans auparavant (en 1993), l’offre de Steven Spielberg de mettre en scène La Liste de Schindler. Le film remporte la Palme d'Or du Festival de Cannes 2002, sept Césars dont ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur acteur pour Adrien Brody ainsi que trois Oscars en 2003 (obtenus sur sept nominations) : ceux de la meilleure mise en scène, du meilleur premier rôle masculin pour Brody et de la meilleure adaptation pour le scénariste Ronald Harwood. Malgré les demandes, Polanski n'a pu se rendre à Los Angeles pour la Cérémonie des Oscars où il a reçu malgré tout un standing ovation d'une bonne partie de la salle à l'annonce de son nom. Remettant le prix, Harrison Ford s'est engagé à lui transmettre personnellement le trophée : ce qu'il a fait devant la presse en septembre de la même année au Festival du cinéma américain de Deauville.



Après ce coup de maître, le cinéaste s'attèle à la mise en scène d’Hedda Gabler, le drame d'Henrik Ibsen, avec Emmanuelle Seigner dans le rôle-titre, au Théâtre Marigny puis supervise à Stuttgart une nouvelle fois la comédie musicale tirée de son classique : Le Bal des vampires. Il retrouve ensuite les coproducteurs et scénariste du film précédant : Alain Sarde, Robert Benmussa et Ronald Harwood ainsi que tous les chefs techniciens (Pawel Edelman pour la photographie, Allan Starski pour le décor, Anna B. Sheppard pour les costumes ou encore Hervé de Luze pour le montage) afin de produire et de réaliser en 2005 une nouvelle reconstitution historique, cette fois adaptée du chef-d'œuvre de Charles Dickens : Oliver Twist. Mais le film est un semi-échec. En 2006, après avoir gagné un procès en diffamation contre le magazine Vanity Fair, il opère un retour remarqué sur les planches pour le Théâtre Hébertot où il met en scène Thierry Frémont dans Doute (écrit par John Patrick Shanley). La même année, il entreprend de financer et de réaliser le péplum Pompeii, d'après un roman de Robert Harris, avec Orlando Bloom et Scarlett Johansson dans les rôles principaux. Mais il abandonne le projet suite à des problèmes d'emploi du temps, de financement et de conséquents retards de production tous dus à la grève des scénaristes à Hollywood entamée dès l'été 2007 et terminé en 2008 (au moment même où le tournage avait été fixé). En mai 2007, son intervention à la conférence de presse pour le soixantenaire du Festival de Cannes (pour lequel il a réalisé un court métrage dans le cadre d'un projet collectif : Chacun son cinéma ou Ce petit coup au cœur quand la lumière s'éteint et que le film commence avec d'autres réalisateurs mythiques de l'histoire de la manifestation tels que les frères Coen, les frères Dardenne, David Cronenberg et David Lynch) a largement fait sensation. Celui-ci, réuni avec des confrères et consœurs comme Wim Wenders, Pedro Almodóvar, Takeshi Kitano, Jane Campion ou encore Alejandro González Iñárritu, a déclaré devant l'assemblée de journalistes présents pour l'occasion, avant de partir brutalement : « Je crois que c'est une occasion unique, vraiment rare, d'avoir une telle assemblée de metteurs en scène importants, assis, faisant face à un public de critiques... et avoir des questions tellement pauvres ! (...) Alors franchement, allons bouffer ! »[15]. Il va bientôt assurer la réalisation d'une autre adaptation de Robert Harris, un thriller provisoirement intitulé The Ghost avec Nicolas Cage et Pierce Brosnan dans les rôles principaux.



Par son cosmopolitisme et son parcours, Polanski est un réalisateur atypique. La diversité des genres qu'il aborde, la maîtrise technique de ses films, son talent narratif et ses audaces formelles en font une figure majeure de l'histoire du 7ème art. Pessimiste et largement reliée aux traumatismes de l'enfance, son œuvre révèle une profonde unité dans la mesure où elle se veut une exploration du mal sous ses multiples facettes. Parmi les thèmes priviligiés du réalisateur, on retrouve:

  • Les intrigues fantastiques
  • Les appartements maléfiques et les huis-clos
  • La folie
  • Le cauchemardesque et le délire
  • Le complot
  • La paranoïa
  • L'anomie sociale
  • L'aliénation
  • La barbarie
  • Le point de vue des victimes et des dominés dans l'Histoire
  • La perte de l'innonence
  • L'enfance bafouée
  • La dialectique maître-esclave
  • L'ambiguité du mal et du rapport entre victime et bourreau
  • L'humour noir
  • Un goût prononcé pour le baroque
  • Peu de mouvements de caméra






  • 1955 : La Bicyclette (Rower)
  • 1956 : Meurtre (Morderstwo)
  • 1956 : Rire de toutes ses dents (Uśmiech Zębiczny)
  • 1957 : Cassons le bal ! ou Les trouble-fête (Rozbijemy Zabawę)
  • 1957 : Kirk Douglas (documentaire)
  • 1958 : Deux hommes et une armoire (Dwaj Ludzie z Szafą)
  • 1959 : La Lampe (Lampa)
  • 1959 : Quand les anges tombent (Gdy Spadają Anioły)
  • 1960 : Le Gros et le maigre
  • 1962 : Les Mammifères ou Les Bipèdes familiers (Ssaki)


  • 1962 : Le Couteau dans l'eau ou Sillages (Nóż w wodzie)
  • 1963 : La Rivière de diamants (sketch intégré au long-métrage Les Plus Belles Escroqueries du monde)
  • 1965 : Répulsion (Repulsion)
  • 1966 : Cul-de-sac
  • 1967 : Le Bal des vampires (The Fearless Vampire Killers ou Pardon me, but your teeth are in my neck)
  • 1968 : Rosemary’s baby
  • 1971 : Macbeth (The Tragedy of Macbeth)
  • 1972 : Quoi ? (What ?, Che ?"Co?")
  • 1974 : Chinatown
  • 1976 : Le Locataire (The Tenant)
  • 1979 : Tess
  • 1986 : Pirates
  • 1988 : Frantic
  • 1992 : Lunes de fiel (Bitter Moon)
  • 1994 : La Jeune Fille et la Mort (Death and the Maiden)
  • 1999 : La Neuvième Porte (The Ninth Gate)
  • 2002 : Le Pianiste (The Pianist)
  • 2005 : Oliver Twist
  • 2007 : Chacun son cinéma ou Ce petit coup au coeur quand la lumière s'éteint et que le film commence
  • 2009 : The Ghost


  • 1955 : Génération (Pokolenie), de Andrzej Wajda : Mundek
  • 1960 : Le Gros et le maigre : le maigre
  • 1967 : Le Bal des vampires : Alfred, l'assistant du professeur Abronsius
  • 1974 : Chinatown : l'homme au couteau
  • 1976 : Le locataire : Trelkovsky
  • 1989 : En attendant Godot, de Walter Asmus : Lucky
  • 1994 : Grosse Fatigue, de Michel Blanc : lui-même
  • 1994 : Une pure formalité, de Giuseppe Tornatore
  • 2000 : Hommage à Alfred Lepetit de Jean Rousselot
  • 2002 : The Revenge (en) de Andrzej Wajda : Papkin
  • 2007 : Rush hour 3 : Detective Revi
  • 2008 : Caos calmo d'Antonello Grimaldi




  • 1960 : Le Gros et le maigre (producteur)
  • 1966 : G.G. Passion (producteur)
  • 1970 : A Day at the Beach
  • 1972 : Afternoon of a Champion
  • 1992 : Lunes de fiel (Bitter Moon), avec Hugh Grant, Emmanuelle Seigner (producteur)
  • 1999 : Castelnuovo (producteur)
  • 1999 : La Neuvième Porte (The Ninth Gate), avec Johnny Depp, Emmanuelle Seigner (producteur)
  • 2002 : Le Pianiste (The Pianist), avec Adrien Brody (producteur)
  • 2005 : Oliver Twist, avec Ben Kingsley (producteur)


  • Trois scripts de films : Le Couteau dans l'eau [scénario original de Jerzy Skolimowski, Jakub Goldberg et Roman Polanski] Repulsion [scénario original de Roman Polanski et de Gérard Brach]. Cul-de-sac [scénario original de Roman Polanski et Gérard Brach] (introduction et traduction par Boleslaw Sulik). New York : Fitzhenry and Whiteside. 275p. ISBN 0064300625 (ouvrage en anglais)
  • Polanski, Roman. (1973). Roman Polanski's What? From the original screenplay. Londres : Lorrimer. 91p. ISBN 0856470333
  • Polanski, Roman. (1973). What?. New York: Third press. 91p. ISBN 089388121X
  • Le Locataire. Paris: Avant-Scène [scénario adapté par Gérard Brach et Roman Polanski, d'après le roman de Roland Topor : Le Locataire chimérique] (1976)
  • Roman par Polanski (1984, édition Robert Laffont)
  • Le Pianiste. Paris: Avant-Scene ISBN 2847250166


  • 1948 : Le Fils du régiment de Valentin Kataiev au Young Spectator Theater, Varsovie (interprétation)
  • 1981 : Amadeus de Peter Shaffer, Paris et Varsovie (mise en scène et interprétation)
  • 1987 : La Métamorphose d'après l'œuvre de Kafka, Paris (interprétation)
  • 1987 : Le Viol du soleil d'après Peter Shaffer, Paris (mise en scène et interprétation)
  • 1996 : Maria Callas, la leçon de chant de Terrence McNally, Paris (mise en scène)
  • 1997 : Le Bal des vampires (Tanz der Vampyre), comédie musicale de J. Steinman et M. Kuntze tirée de son film, Vienne (mise en scène)
  • 1999 : Amadeus de Peter Shaffer, Milan (mise en scène)
  • 2003 : Hedda Gabler d'Henrik Ibsen au Théâtre Marigny, Paris (mise en scène)
  • 2004 : Le Bal des vampires, comédie musicale tirée de son film, Stuttgart (supervision et vérification)
  • 2006 : Doute de John Patrick Shanley au Théâtre Hébertot, Paris (mise en scène)
  • 2006 : Dance of the vampires, comédie musicale, Berlin (mise en scène)


  • 1974 : Lulu d'Alban Berg, Festival de Spolète (mise en scène)
  • 1976 : Rigoletto de Giuseppe Verdi, Opéra de Munich (mise en scène)
  • 1992 : Les Contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach, Opéra Bastille, Paris (mise en scène et production)


  • 1958 : Golden Gate du Festival de San Francisco, médaille de Bronze au Festival de Bruxelles, diplôme d'honneur au 5e Festival du Film d'Oberhausen (Allemagne) pour le court-métrage Deux Hommes et une armoire
  • 1961 : mention du Festival de Tours pour Le Gros et le maigre
  • 1962 : Grand Prix des Journées Internationales du Court-métrage de Tours pour Les Mammifères
  • 1962 : prix FIPRESCI de la Critique internationale pour Le Couteau dans l'eau (nomination au Lion d'Or)
  • 1963 : nomination à l'Oscar du meilleur film étranger pour Le Couteau dans l'eau
  • 1965 : Ours d'Argent pour le Grand Prix du Jury du Festival de Berlin pour Répulsion (nomination à l'Ours d'Or)
  • 1966 : Ours d'Or du Festival de Berlin pour Cul de sac
  • 1969 : nomination à l'Oscar du meilleur scénario adapté pour Rosemary's Baby
  • 1974 : BAFTA du meilleur réalisateur pour Chinatown
  • 1975 : Golden Globe du meilleur film dramatique et du meilleur réalisateur pour Chinatown
  • 1975 : nommé à l'Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Chinatown
  • 1976 : Sélection officielle en compétition au Festival de Cannes pour Le Locataire (nomination à la Palme d'Or)
  • 1980 : César du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Tess
  • 1981 : Golden Globe du meilleur film étranger pour Tess
  • 1981 : nommé à l'Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Tess
  • 1988 : nommé au molière du meilleur comédien pour pour La Métamorphose
  • 1991 : Président du Jury du Festival de Cannes
  • 1993 : Lion d'Or d'honneur pour l'ensemble de sa carrière à la Mostra de Venise
  • 1996 : Président du Jury de la Mostra de Venise
  • ....... : élevé au rang de chevalier dans l'Ordre des Arts et des Lettres.
  • ....... : élevé au rang d’officier dans l'Ordre des Arts et des Lettres.
  • ....... : élevé au rang de commandeur dans l'Ordre des Arts et des Lettres.
  • 1997 : nommé au Molière de la meilleure mise en scène pour Maria Callas, la leçon de chant
  • 1998 : élu membre de l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France.
  • 1999 : Prix René Clair pour l'ensemble de son œuvre cinématographique.
  • 1999 : European Award spécial pour son "exceptionnelle contribution artistique au monde du cinéma européen" et Prix spécial pour l'ensemble de sa carrière au Festival du film de Stockholm
  • 2002 : Palme d'Or du Festival de Cannes pour Le Pianiste.
  • 2003 : Étoile d'or du réalisateur pour Le Pianiste
  • 2003 : César du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Le Pianiste
  • 2003 : BAFTA du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Le Pianiste
  • 2003 : Oscar du meilleur réalisateur pour Le Pianiste et nomination pour l'Oscar du meilleur film
  • 2004 : Globe de Cristal spécial du Festival de Karlovy Vary pour la « remarquable contribution artistique de l'ensemble de son œuvre au septième art et l'importance visuelle et esthétique de son travail dans le renouvellement du langage cinématographique ».
  • 2004 : doctorat honoris causa de l'université nationale de Cinématographie de Bucarest
  • 2006 : European Award d'honneur pour l'ensemble de sa carrière
  • 2007 : Aigle d'Or de l'Académie Nationale des Arts à Moscou pour l'ensemble de sa carrière


Cet article a été remanié et retravaillé sur la base d'une traduction tirée de l'article anglais Roman Polanski

  1. Polanski, Roman - culture.pl
  2. Un documentaire surtout en salles en 2005 lui a d'ailleurs été consacré : The Kid stays in the picture
  3. Polanski s'en est expliqué dans plusieurs entretiens, et notamment le dernier en date accordé à la chaîne franco-allemande Arte en décembre 2006
  4. Cet épisode est raconté par Evans dans The Kid stays in the picture
  5. Toute l'affaire est relatée par une édition spéciale du New York Times de janvier 1978
  6. Explication donnée dans le numéro de l'émission télévisée Hollywood Stories consacrée au réalisateur en mars 1998
  7. Grand Jury Testimony Regarding Drugging of Minor for Sex
  8. Grand Jury Testimony Regarding Drugging of Minor for Sex
  9. Grand Jury Testimony Regarding Drugging of Minor for Sex
  10. http://news.corporate.findlaw.com/hdocs/docs/polanski/capolansk31977iind.pdf California v Roman Raymond Polanski (PDF)
  11. Précisé dans les textes de lois avec l'article sur la protection des ressortissants français
  12. Interview accordée sur la chaîne Fox News en janvier 2003
  13. « Polanski demande l'abandon des poursuites contre lui aux USA », Le Monde, 3 décembre 2008.
  14. http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-38058125@7-37,0.html Roman Polanski demande le dessaisissement de ses juges aux USA, Le Monde, 6 janvier 2009
  15. Propos filmés et recueillis par les médias du monde entier et retransmis complètement en France par le Le Grand Journal de Michel Denisot du 15 mai 2007


  • Polanski, Roman: Roman par Polanski. Laffont, 1984.
  • Moldes, Diego: Roman Polanski. La fantasía del atormentado, Ediciones JC Clementine, Madrid, 2005.


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