Biographie de Théophile Alexandre Steinlen

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... manière ou d'une autre : Romain Rolland, Guillaume Apollinaire, Henri de Montherlant, Marcel Proust, Louis Pergaud, Henri Barbusse mais aussi Jacques Vaché, André Derain, Félix Vallotton et les nabis, Fernand Léger et Théophile Alexandre Steinlen.

et plus encore »

Théophile-Alexandre Steinlen, né à Lausanne en 1859, mort à Paris en 1923, est un peintre, dessinateur et lithographe suisse naturalisé français en 1901. Il vint à Paris en 1881, se consacrant d'abord, pour vivre, au dessin industriel.



Théophile-Alexandre est le fils de Samuel Steinlen, un employé des Postes de Lausanne. La famille est originaire d'Allemagne et fut admise à la bourgeoisie de Vevey en 1831. Son grand-père Théophile-Christian (Gottlieb) (1779-1847) enseigne le dessin à Vevey et l'un de ses oncles Marius Steinlen (1826-1866) est un peintre qui fut l'élève de Charles Gleyre.

Steinlen étudie la théologie à l'Université de Lausanne, pendant deux années, puis, en 1879, se tourne vers l'art, suivant une formation au dessin d'ornement industriel à Mulhouse, chez Schoenhaupt[1], avant de s'installer, en 1881, à Paris avec sa femme Émilie.



Logeant depuis 1883 sur la butte Montmartre, il y fit rapidement connaissance avec tout le petit monde artistique qui y gravitait. Il entra en relation avec Adolphe Willette, avec lequel il fréquenta à partir de 1884, le cabaret tenu par Rodolphe Salis, le Chat noir, devenant notamment l'ami d'Henri de Toulouse-Lautrec. Il y connut naturellement Aristide Bruant.



Il exposa initialement au Salon des Indépendants (1893), puis régulièrement, à celui des Humoristes. De nos jours plusieurs expositions de son œuvre ont eu lieu à Berlin, Montreuil, Turin, etc.



Adversaire de l’injustice, compatissant envers les déshérités, qui alors ne manquaient pas à Montmartre, il décrivit des scènes de la rue, des usines, de la mine, mettant en scène les malheureux de toute espèce, mendiants, ouvriers dans la misère, gamins dépenaillés et prostituées. Mais ces personnages semblent plus souvent écrasés par leur triste condition que révoltés. Par ailleurs il fut aussi le spécialiste des chats qu’il décrivit sans se lasser, dans toute leur fantaisie, joueurs, endormis ou en colère. Comme tous les autres artistes picturaux, il ne dédaigna pas non plus la représentation des femmes nues.



Les dessins et pastel furent son moyen d’expression préféré, comme ceux qui reflètent la vie quotidienne de la rue et ses petits métiers. Le réalisme de ses dessins semble avoir inspiré certaines œuvres ultérieures de Jean Peské La peinture aussi, encore que dans une moindre mesure. Il faut y ajouter ses gravures, reprenant les mêmes thèmes que ses dessins, mais en multipliant l’impact, comme ceux par lesquelles il illustra en 1914-18, les malheurs de la Belgique et de la Serbie. Mais ce sont surtout ses affiches qui, comme celle de la tournée du Chat noir, sont à l’origine de sa popularité, ainsi que la sculpture, qu’il utilisa pour la représentation de ses chats, comme son « Chat angora assis ».



Parmi ses œuvres les plus connues (affiches, eaux-fortes, peintures, etc.) :

  • Peintures :
    • Chat sur un coussin
    • Couple d’amoureux
    • La détente
    • La belle rousse
    • L'assiette au beurre
  • Dessins et pastels :
    • L’omnibus
    • Retraité allumant sa pipe
    • Anatole France
    • Jeune femme au buste découvert
    • Les bouquetières
    • Le violoniste
    • Personnages au turban bleu
    • Études de femmes debout
  • Lithographies :
    • Les deux chats
    • Chat noir, lithographie en couleurs (1896)
    • Clinique Chéron, lithographie en couleurs et affiche (1905)
  • Affiches :
  • On peut signaler également :
    • Le 14-Juillet
    • L'Absinthe
    • Le Beau Soir
    • Dans la pluie et le vent


Il collabora au journal le Chat noir, comme illustrateur, par des dessins sans indulgence, par lesquels il décrivit la misère et les injustices, mais aussi des nus d’une extrême sensualité. Par la suite, il collabora à divers journaux humoristiques, comme Gil Bas illustré, Les Humoristes qu’il fonda en 1911 avec Forain et Léandre, l'Assiette au Beurre et Le Rire.

Il a illustré plusieurs œuvres de divers écrivains :



Le musée Alphonse-Georges Poulain, à Vernon (27200), possède un remarquable ensemble d'œuvres de Steinlen (peintures, fusains, dessins à la plume, etc.) Elles proviennent de la donation faite vers 1960 par la veuve du collectionneur belge Yvan Lamberty, ami de Steinlen, comme de Jehan Rictus, de Francisque Poulbot, et d'autres artistes et écrivains.

Le Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne organise une exposition de ses œuvres, intitulée « Steinlen, l'œil de la rue » du 17 octobre 2008 au 25 janvier 2009[3].



  • E. Benezit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Tome VIII, p. 211 et 212.
  • Ernest de Crauzat, Steinlen peintre, graveur, lithographe, Paris : Ch. Meunier, 1902.
  • Claude Aveline, Steinlen, l'homme et l'œuvre, Paris : les Écrivains réunis, 1926.
  • Fr. Jourdain, Un grand imagier : Alexandre Steinlen, Éditions du Cercle d'Art, 1954.
  • L. Contat-Mercanton, Théophile Alexandre Steinlen, Bâle : Musée Gutenberg, 1960.
  • Réjane Bargiel et Christophe Zagrodski, Steinlen affichiste, catalogue raisonné, Lausanne : Éditions du Grand-Pont, 1986.
  • Nicole Lamothe, Steinlen, peintre et illustrateur, Petites affiches, 4 février 2005, p. 13.


  1. Lausanne honore Catherine et Gabriel de Rumine, Théophile Alexandre Steinlen et Serge Lifar, ville de Lausanne, 2004.
  2. disponible sur Gallica
  3. Steinlen, l'oeil de la rue, Université de Lausanne. Consulté le 1er novembre 2008