Biographie de Vincent van Gogh

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Sotheby's London sets record breaking sale with Pissarro, Vincent ...
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Les Playmobil en version Van Gogh, Vinci ou Vermeer envahissent ...
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En les transformant en van Gogh ou en Léonard de Vinci dans les photos qu'il expose au château jusqu'au 25 mai, Richard Unglik prouve que non… 1/5 Un Playmobil façon Vincent Van Gogh, avec même des faux-airs de Robinson Crusoë. Richard Unglik ...

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Les toiles de Van Gogh personnages de cinéma
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"La vérité, c'est qu'on ne peut pas parler de soi autrement que par nos peintures", écrivit Vincent Van Gogh dans sa dernière lettre. Le studio anglais BreakThru Film, à l'origine notamment de Pierre et le Loup (oscar du court-métrage d'animation en ...
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Les toiles de Vincent van Gogh au cinéma
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C'est un projet fou dans lequel se lancent le studio d'animation anglais BreakThru et la réalisatrice polonaise Dorota Kobiela : réaliser un film entièrement peint, reprenant les toiles de Vincent van Gogh. Ils ont lancé une campagne d'appel aux dons ...




Van Gogh raconté à la manière du peintre
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... de découvrir un chef-d'œuvre dans la même lignée: Loving Vincent. Initié par le studio Breakthru Films, à qui l'on doit Pierre et le Loup, oscar du meilleur court-métrage d'animation en 2008, le film dédié à Vincent Van Gogh n'en est qu'au stade ...
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Pós-impressionismo: Autorretrato, de Vincent van Gogh
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Olhe nos olhos de Van Gogh. Eles estão estáticos, não é? No entanto, perceba que eles sugerem uma introspecção, como se o homem estivesse tão concentrado em seus próprios pensamentos que acabou "esquecendo" seu olhar numa direção qualquer.




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Sur les pas de Van Gogh : La saison culturelle d'Auvers-sur-Oise ...
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Auvers-sur-Oise, le 11 février 2014 - Du 5 avril au 31 août 2014, la saison culturelle d'Auvers-sur-Oise sera dédiée à Vincent van Gogh. L'initiative du programme « Sur les pas de Van Gogh » revient à la ville d'Auvers-sur-Oise, soutenue par le Comité ...




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Un film sur Van Gogh réalisé dans le style de Van Gogh
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Le studio d'animation Breakthru Films fondé par Hugh Welchman, qui a notamment remporté l'Oscar 2008 du meilleur court métrage d'animation en tant que producteur de Pierre et le Loup, tente de développer un projet de grande envergure sur Vincent van ...




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Vincent Van Gogh / Antonin Artaud, le suicidé de la société, l'expo ...
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L'exposition Vincent Van Gogh / Antonin Artaud, le suicidé de la société présentée au Musée d'Orsay du 11 Mars au 6 Juillet 2014 revient sur l'analyse du maître faite par Artaud en 1947, alors que se déroulait à Paris une grande rétrospective de son ...


Vincent van Gogh (en néerlandais, [vɪnˈsɛnt vɑn'xɔx], la prononciation d'usage en France étant [vɛ̃sɑ̃ vɑ̃ gɔg]), né le 30 mars 1853 à Groot-Zundert aux Pays-Bas et mort le 29 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise, est un peintre et dessinateur néerlandais.

Son œuvre pleine de naturalisme, inspirée par l'impressionnisme, le divisionnisme et le pointillisme, presque inconnue à sa mort, annonce le fauvisme et l'expressionnisme et même le cubisme.





Vincent Willem van Gogh est le fils de Abdoulimar(Theodorus) pasteur calviniste à Groot-Zundert depuis 1849, un petit village néerlandais (relais de diligence sur la route Paris-Amsterdam) près de Breda dans l'ouest du Brabant-Septentrional, au sud des Pays-Bas., marié à sa belle-sœur, le 21 mai 1851, à La Haye. Sa mère, Anna-Cornélia Carbentus, est la fille d'un relieur de la cour. Sa sœur, Cornelia avait épousé (le 6 novembre 1850) l' oncle Vincent (Cent). La famille van Gogh est d'ancienne bourgeoisie, déjà notable au XVIe siècle et XVIIe siècle. Vincent est l'aîné de six enfants. Il naît un an, jour pour jour, après le décès de son frère aîné qui est mort-né ; par tradition familiale, il porte le même prénom que son défunt frère et de son grand-père. Il resta jusqu’à la mort un tourmenté, un isolé, un incompris et sa vie fut un échec total sur les plans de l’amour, de la famille et des contacts humains. Seul son frère Théo de quatre ans son cadet, l’aida moralement et financièrement sans jamais se lasser et lui permit ainsi d’accomplir son œuvre. Les 652 lettres que Vincent lui écrivit en font foi[1].

Quatre ans après la naissance de Vincent, son frère Théodore (Théo) naît le 1er mai 1857. Il aura également un autre frère appelé Cornélius (Cor)(17 mai 1867 - 1900) et trois sœurs, Elisabeth (Liss)(16 mars 1859 - 29 novembre 1936), Anna et Willemina (Wil ou Wilkie)(16 mars 1862 - 1941) . Vincent van Gogh était un enfant sérieux, silencieux et pensif[2]. En 1860, il entre à l'école de 200 élèves de Zundert où le seul professeur était catholique. À partir de 1861, van Gogh et sa sœur Anna suivent leur enseignement auprès d'une institutrice qui leur donne des cours à la maison jusqu'au 1er octobre 1864, date à laquelle il part pour l'internat de Jan Provily à Zevenbergen, une ville rattachée à la commune de Moerdijk à 32 km. L'internat étant situé à une trentaine de kilomètres de la maison familiale, van Gogh vit assez mal cette séparation avec sa famille. Le 15 septembre 1866, il entre au collège Willem II à Tilburg mais en mars 1868, il quitte précipitamment l'école et retourne à la maison. À propos de ses premières années, van Gogh a dit : « ma jeunesse était sombre, froide et stérile... »[3]



En juillet 1869, à l'âge de quinze ans, il obtient un poste auprès du marchand d'art Goupil et Cie à La Haye grâce à son oncle Vincent ("cent") qui avait fait de bonnes affaires pour cette galerie d'art. Après sa formation, en juin 1873, Adolphe Goupil l'envoie dans l'une des succursales à Londres où il est logé au 87 Hackford Road, dans le quartier de Brixton. C'était une période heureuse pour van Gogh : il réussissait dans son travail et, à l'âge de 20 ans, il gagnait déjà plus que son père :

« ... N'est-ce pas magnifique? J'espère pouvoir maintenant me suffire entièrement à moi-même. Je suis tellement content que tu sois, toi aussi, occupé dans la même partie. C'est une si belle branche ! Plus on y séjourne, plus on y trouve d'intérêt.[4],[5] »

Il tombe amoureux de la fille de son bailleur, Eugénie Loyer mais, lorsqu'il lui révèle finalement ses sentiments, elle le rejette en lui expliquant qu'elle s'est déjà secrètement engagée avec le locataire précédent[6]. Van Gogh devient de plus en plus isolé et, dans le même temps, il développe un fervent intérêt pour la religion. Son père et son oncle l'envoient à Paris où il est choqué de la façon dont l'art est traité comme un produit et une marchandise, ce qu'il dénonce à certains clients, et provoque son licenciement le 1er avril 1876.[7]

Il se sent alors appelé par une vocation spirituelle et religieuse. Il revient en Angleterre où, pendant quelque temps, il travaille bénévolement, d'abord comme professeur suppléant dans un petit internat donnant sur le port de Ramsgate. Il a d'ailleurs fait quelques croquis de la ville. À son frère Théo, il écrit :

« ... A Londres, je me suis souvent arrêté pour dessiner sur les rives de la Tamise en revenant de Southampton street le soir, et cela n'aboutissait à rien; il aurait fallu que quelqu'un m'explique la perspective(...)[8] »

Comme l'école doit par la suite déménager à Isleworth dans le Middlesex, van Gogh décide de s'y rendre. Mais le déménagement n'a finalement pas lieu, et van Gogh décide de rester sur place où il devient un fervent animateur du mouvement méthodiste et veut "prêcher l'Évangile partout".

À Noël de cette même année 1876, il retourne chez ses parents et travaille alors dans une librairie de Dordrecht pendant six mois. Toutefois, il n'est pas heureux à ce nouveau poste où il passe la majeure partie de son temps dans l'arrière boutique du magasin à dessiner ou traduire des passages de la Bible en anglais, français et allemand. Son compagnon de chambre de l'époque, un jeune professeur appelé Görlitz, expliqua plus tard que pendant cette période, van Gogh se nourrissait avec parcimonie, préférant ne pas manger de viande.[9]

Le soutenant dans son désir de devenir pasteur, sa famille l'envoie en mai 1877 à Amsterdam où il séjourne chez son oncle Jan van Gogh, amiral de la marine. Van Gogh se prépare pour l'université et étudie la théologie avec son oncle Johannes Stricker, un théologien respecté qui a publié la première "vie de Jésus" disponible aux Pays-Bas. Toutefois, van Gogh échoue à ses examens et il quitte alors le domicile de son oncle Jan en juillet 1878. Il suit ensuite des cours pendant trois mois dans l'école protestante de Laeken, près de Bruxelles, mais il échoue à nouveau et abandonne alors ses études pour devenir prédicateur laïc.



Fin 1878, van Gogh obtient une mission d'évangéliste en Belgique, auprès des mineurs de charbon du Borinage, dans la région de Mons. Il y devient un prédicateur solidaire des luttes contre le patronat.

Sa traversée du Borinage commence dans la commune de Pâturages, en 1878. Il y est accueilli par un pasteur qui l'installe chez un colporteur au n° 39 de la rue de l'Église. Il part ensuite pour Wasmes, dans une maison que très vite, il juge trop luxueuse et qu'il ne tarde pas à quitter pour s'installer dans une simple cabane. Poussant le christianisme à sa conclusion logique, van Gogh choisit de vivre comme ceux auprès desquels il prêche, partageant leurs difficultés jusqu'à dormir sur la paille dans sa petite hutte au fond de la maison du boulanger chez lequel il réside. Il consacre tout aux mineurs et à leur famille. Il va même jusqu'à descendre à 700 mètres au fond de la mine. Lors d'un coup de grisou, il sauve un mineur. Mais ses activités ne tardent pas à être désapprouvées, on n'accepte pas sa fonction de « prêtre ouvrier » [10] et cela le choque. Accusé d'être un meneur, Vincent van Gogh est contraint d'abandonner la mission qu'il s'était donnée, sa mission étant suspendue par le Comité d'évangélisation[11]. Il en gardera l'image de la misère humaine qui apparaîtra dans une partie de son œuvre.
Il se rend alors à Bruxelles puis revient brièvement au Borinage à Cuesmes, où il s'installe dans la maison située au n° 3 de la rue du Pavillon. Toutefois, sous la pression de ses parents, il revient chez eux à Etten. Il y reste jusqu'en mars 1880 au grand dam de ses parents qui sont de plus en plus préoccupés à son égard. Un conflit considérable naît alors entre Vincent et son père, ce dernier allant jusqu'à se renseigner pour faire admettre son fils à l'asile de Geel. Van Gogh s'enfuit de nouveau et se réfugie à Cuesmes où il loge jusqu'en octobre 1880 chez le mineur Charles Decrucq.
Il s'intéresse de plus en plus aux personnes l'entourant et aux scènes quotidiennes qu'il commence à représenter dans certains croquis, à la mine de plomb, au fusain et crayon.[12] En novembre 1880, van Gogh écoute les conseils avisés de son frère Théo à prendre l'art au sérieux. Sur les recommandations de Théo, il se rend à Bruxelles, afin d'étudier la peinture avec l'artiste hollandais Willem Roelofs. Ce dernier réussit à le persuader (en dépit de l'aversion de van Gogh d'apprendre l'art dans une école) de s'inscrire à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles. Il s'y inscrit le 15 novembre 1880 pour les cours du soir et étudie non seulement l'anatomie, mais aussi les règles de la composition et de la perspective.







Van Gogh a dessiné et a peint des aquarelles alors qu'il allait à l'école, mais très peu de ces travaux ont survécu. En 1880, devenu adulte, il s'est consacré à l'art et a commencé au niveau élémentaire en copiant le Cours de dessin de Charles Bargue. Il commence son apprentissage en copiant des lithographies et des gravures sur bois en s’inspirant des œuvres de Jean-François Millet, artiste pour lequel il conserva jusqu’à la fin de sa vie une véritable vénération. Pendant cette période, il est soutenu matériellement par Théo, alors employé de Goupil et Cie à Bruxelles.
Durant ses deux premières années, il a cherché des commandes et au printemps 1882, son oncle, Cornelis Marinus (propriétaire d'une galerie d'art contemporain renommée à Amsterdam), lui a demandé de fournir des dessins de La Haye. Le travail de van Gogh n'a pas été à la hauteur des espérances de son oncle, mais celui-ci lui a tout de même offert une deuxième commande. Bien qu'il lui ait décrit en détail ce qu'il attendait de lui, il a de nouveau été déçu par le résultat.

Néanmoins, van Gogh a persévéré dans son travail. Il a amélioré l'éclairage de son atelier en installant des obturateurs variables et il a fait de nombreuses expériences de dessin avec une grande variété de matériaux. Pendant plus d'une année il a travaillé sur des figures simples, en réalisant notamment des études en « noir et blanc », travail qui ne lui a alors apporté que des critiques même si, aujourd'hui, ces études sont considérées comme ses premiers chefs-d'œuvre. À partir du printemps 1883, il s'est intéressé à des compositions plus élaborées, basées sur le dessin. Très peu de ces dessins ont survécu car, lorsque son frère lui a dit qu'ils manquaient de nervosité et de fraîcheur, van Gogh les a détruits et s'est tourné vers la peinture à l'huile.

Van Gogh s'est alors intéressé aux artistes renommés de l'école de La Haye (un groupe d'artistes comme Johan Hendrik Weissenbruch ou Bernard Blommers qui lui ont apporté un soutien technique, mais aussi à des peintres comme Théophile de Bock et Herman Johannes van der Weele qui, entre 1860 et 1890, étaient fortement influencés par la peinture réaliste de l'École de Barbizon). Lorsqu'il s'est rendu à Nuenen, après un intermède à Drenthe, il a commencé à réaliser diverses peintures de grande taille qu'il a pour la plupart détruites. Les Mangeurs de pommes de terre, la Vieille Tour du cimetière de Nuenen et le Cottage, sont les seuls qui ont survécu. Après une visite au Rijksmuseum d'Amsterdam, van Gogh se rend compte que ses peintures présentent beaucoup de défauts dûs à un manque d'expérience et de technique. Il est alors allé à Anvers, et plus tard à Paris pour améliorer ses connaissances techniques.

Le 24 septembre 1880, à Cuesmes, van Gogh, se rappelant son pèlerinage à pied vers Courrières, où il s'était arrêté sans avoir le courage d' entrer dans l'atelier de Jules Breton, l'estimable peintre de paysans français, écrivait à son frère à propos de ce voyage éreintant et de l'état de prostration physique et morale qui s'ensuivit:

«  Je ne le regrette pas car j'ai vu des choses intéressantes, et on apprend à voir d'un autre œil encore tout juste dans les rudes épreuves de la misère même... Eh bien! pourtant ça a été dans cette forte misère que j'ai senti mon énergie revenir, et que je me suis dit: "Quoi qu'il en soit j'en remonterai encore, je reprendrai mon crayon que j'ai délaissé dans mon grand découragement, et je me remettrai au dessin"...C'était la trop longue et trop grande misère qui m'avait à ce point découragé que je ne pouvais plus rien faire. Une autre chose que j'ai vue lors de cette excursion, c'est les villages de tisserands. Les charbonniers (mineurs) et les tisserands sont encore une race à part quelque peu des autres travailleurs et artisans, et je sens pour eux une grande sympathie, et me compterais heureux si un jour je pourrais les dessiner en sorte que ces types encore inédits ou presque inédits, fussent mis au jour.  »
    — Lettre à Théo du 24 septembre 1880

En 1881, à Etten, où ses parents résident, il dessine des portraits, des sujets paysans d’après nature mais surtout des paysages d’une grande richesse calligraphique et dignes de la tradition extrême-orientale.



En conflit avec son père, et éprouvant un second échec sentimental avec une proche cousine, il finit par quitter le domicile familial, et part s'installer pour un temps à La Haye au cours de Noël 1881.

« ... Je sens que père et mère réagissent instinctivement à mon sujet (je ne dis pas intelligemment). On hésite à m’accueillir à la maison, comme on hésiterait à recueillir un grand chien hirsute. Il entrera avec ses pattes mouillées — et puis il est très hirsute. Il gênera tout le monde. Et il aboie bruyamment. Bref — c’est une sale bête. Bien — mais l’animal a une histoire humaine et, bien que ce ne soit qu’un chien, une âme humaine. Qui plus est, une âme humaine assez sensible pour sentir ce qu’on pense de lui, alors qu’un chien ordinaire en est incapable.
Quant à moi, je veux bien admettre d’être un chien, et cela ne change rien à leur valeur. Le chien comprend que, si on le gardait, cela serait pour le supporter, le tolérer dans cette maison ; par conséquent il va essayer de trouver une niche ailleurs. Oh ! ce chien est le fils de notre père, mais on l’a laissé courir si souvent dans la rue qu’il a dû nécessairement devenir plus hargneux. Bah ! père a oublié ce détail pendant des années, il n’y a donc plus lieu d’en parler. Tout cela est exact incontestablement. Mais n’oublions pas que les chiens sont d’excellents gardiens. Cela n’entre pas en ligne de compte, aucun danger ne menace notre paix rien ne vient troubler l’ambiance, dit-on. Moi aussi, je vais donc me taire.
Évidemment, le chien regrette à part lui d’être venu jusqu’ici ; la solitude était moins grande dans la bruyère que dans cette maison, en dépit de toutes leurs gentillesses. L’animal est venu en visite dans un accès de faiblesse. J’espère qu’on me pardonnera cette défaillance ; quant à moi, j’éviterai d’y verser encore à l’avenir?... »
    — Extrait de (Lettres de Vincent à Théo)

« ... Je crois qu’une parole énergique de toi pourrait arranger bien des choses. Toi, tu es capable de me comprendre quand j’affirme qu’on a besoin d’amour pour travailler et pour devenir un artiste, un artiste qui cherche à mettre du sentiment dans son œuvre : il lui faut d’abord sentir lui-même et vivre avec son cœur. Père et mère sont plus durs que pierre en ce qui concerne «mes moyens d’existence » comme ils disent. Ils auraient raison s’il était question de nous marier tout de suite. Sur ce point, je suis parfaitement d’accord avec eux. Mais en l’occurrence il s’agit d’abord de dégeler ce jamais, non, jamais de la vie ! et «des moyens d’existence» n’y réussirait guère. Là n’est pas la question, c’est une affaire de cœur ; voilà pourquoi nous devons nous voir, nous écrire, nous parler. C’est clair comme le jour, c’est simple et c’est sensé. Je t’assure que je ne me laisserai détourner de cet amour pour rien au monde (bien qu’on me considère comme un faible, comme un homme en pain d’épice). Il n’est pas question pour moi de remettre d’aujourd’hui au lendemain, du lendemain au surlendemain, et d’attendre en silence. Est-ce qu’on peut demander à l’alouette de se taire aussi longtemps qu’elle a de la voix ?... »
    — Extraits de ses lettres à son frère Théo, novembre 1881 (Lettres de Vincent à Théo)

Il y reçoit des leçons de peinture de son cousin Anton Mauve et pratique alors essentiellement l’aquarelle et étudie la perspective.

Durant ses deux premières années, il a cherché des commandes et au printemps 1882, son oncle, Cornelis Marinus (propriétaire d'une galerie d'art contemporain renommée à Amsterdam) lui a demandé de fournir des dessins de La Haye. Le travail de van Gogh ne s'est pas avéré à la hauteur des espérances de son oncle, mais celui-ci lui a tout de même offert une deuxième commande. Bien qu'il lui ait décrit en détail ce qu'il attendait de lui, il a de nouveau été déçu par le résultat.

C'est au cours de l'été 1882 qu'il commence la peinture à l'huile.

« ... Ne va pas te figurer que je me considère comme parfait, ni que je m’imagine sans reproche quand tant de personnes parlent de mon caractère impossible. Il m’arrive souvent d’être mélancolique, susceptible et intraitable ; de soupirer après de la sympathie comme si j’avais faim et soif ; de me montrer indifférent et méchant lorsqu’on me refuse cette sympathie, et même de verser parfois de l’huile sur le feu. Je n’aime pas beaucoup la compagnie des autres, il m’est souvent pénible ou insupportable de les fréquenter ou de bavarder avec des gens. Mais connais-tu l’origine de tout cela, du moins en grande partie ? Tout simplement ma nervosité ; je suis extrêmement sensible, autant au physique qu’au moral, et cela date de mes années noires. Demande donc au médecin – il comprendra tout de suite de quoi il s’agit – s’il pourrait en être autrement, si les nuits passées dans les rues froides, à la belle étoile, si la peur de ne pas avoir à manger un morceau de pain, si la tension incessante résultant du fait que je n’avais pas de situation, si tous mes ennuis avec les amis et la famille ne sont pas pour trois quarts à l’origine de certains traits de mon caractère, de mes sautes d’humeur et de mes périodes de dépression... »
    — Extrait d'une de ses lettres à son frère Théo, juillet 1882 (Lettres de Vincent à Théo)

Néanmoins, van Gogh a persévéré dans son travail. Il a amélioré l'éclairage de son atelier en installant des obturateurs variables et il a fait de nombreuses expériences de dessin avec une grande variété de matériaux. Pendant plus d'une année il a travaillé sur des figures simples, en réalisant notamment des études en « noir et blanc », travail qui ne lui a alors apporté que des critiques même si, aujourd'hui, ces études sont considérées comme ses premiers chefs-d'œuvre.

À partir du printemps 1883, il s'est intéressé à des compositions plus élaborées, basées sur le dessin. Très peu de ces dessins ont survécu car, lorsque son frère lui a dit qu'ils manquaient de nervosité et de fraîcheur, van Gogh les a détruites et s'est tourné vers la peinture à l'huile.

Les vingt mois qu'il passe à La Haye (entre 1882 et 1883) semblent décisifs pour l’artiste, où il réalise sa volonté de rompre avec les conventions morales de son milieu social, et son impossibilité de mener une existence normale. De nombreuses lectures, Honoré de Balzac, Victor Hugo, Émile Zola ou encore Charles Dickens, viennent enrichir sa vision du monde, et le renforcent dans ses convictions sociales.



De septembre à décembre 1883, Vincent séjourne en solitaire dans la province de Drenthe, au nord des Pays-Bas, où il s'acharne à travailler pour accomplir sa destinée de peintre. C'est l'unique remède qu’il trouve à un profond sentiment de détresse. Au terme de cette nouvelle expérience, il décide de rejoindre sa famille installée depuis peu à Nuenen, dans le Brabant-Septentrional, dans le presbytère paternel.



Lorsqu'il s'est rendu à Nuenen, après un intermède à Drenthe, il a commencé à réaliser diverses peintures de grande taille qu'il a pour la plupart détruites. Mangeurs de pommes de terre, la Vieille Tour du cimetière de Nuenen et le cottage, sont les seuls qui ont survécu. Après une visite au Rijksmuseum d'Amsterdam, van Gogh se rend compte que ses peintures présentent beaucoup de défauts dus à un manque d'expérience.

En 1884, il en profite pour faire des séries de tableaux sur des thèmes similaires, notamment sur les tisserands. De retour dans sa famille à Nuenen, moins de quatre ans plus tard, van Gogh réalisera la célèbre série de toiles représentant des tisserands., dont l'exemple munichois Tisserand devant une fenêtre ouverte avec vue sur la tour de Nuenen explique clairement le sentiment moralisateur qui permet à l'artiste d'aborder le sujet, sentiment exprimé par la fenêtre ouverte sur la tour du cimetière de Nuenen (dont la démolition pendant l'été 1885 est attestée par une série de vues) et par la paysanne penchée dans les champs. Dans cette œuvre, son amour pour les humbles, sa religiosité profonde, un vague espoir de rédemption grâce au travail pour soulager les consciences du mystère de la tombe, expriment le malaise d'un jeune contestataire, envisageant son propre destin de façon courageuse et lucide:

«  " L'isolement est une situation fâcheuse, une sorte de geôle. Je ne puis encore prédire si ce sera mon sort ni à quel point. Toi non plus, d'ailleurs, tu ne le sais pas. Je me plais souvent mieux en compagnie de gens (par exemple des paysans, des tisserands, etc...) qui ignorent même le mot en question, que dans un milieu plus cultivé. Et je m'en félicite. Par exemple, depuis que je suis ici, j'ai consacré toute mon attention aux tisserands... Il est malaisé de dessiner ces gens, car on ne peut se placer à une distance convenable dans ces pièces exiguës... Elle est très sombre - car les tisserands sont des gens très miséreux." »
    — Lettre 351 à Théo, janvier 1884

Alors qu'il était encore à Nuenen, il avait travaillé sur une série de peintures qui devaient décorer la salle à manger d'un de ses amis vivant à Eindhoven. Van Gogh s'est alors intéressé aux artistes renommés de l'école de La Haye (un groupe d'artiste qui, entre 1860 et 1890, était fortement influencé par la peinture réaliste de l'École de Barbizon) comme Johan Hendrik Weissenbruch ou Bernard Blommers qui lui ont apporté un soutien technique, mais aussi à des peintres comme Théophile de Bock et Herman Johannes van der Weele.

À cette même époque, Zola était critique d'art et Joris-Karl Huysmans se rêvait peintre. En 1885, au moment où paraît Germinal, Van Gogh peint Les Mangeurs de pommes de terre.

C'est dans ce petit village du Brabant de Nuenen que le talent de van Gogh va définitivement se révéler; il y réalise de puissantes études à la pierre noire de paysans au travail, mais aussi quelque deux cents tableaux à la palette sombre et aux coups de brosse expressifs, qui viennent alors confirmer son talent de dessinateur et de peintre[13].

L'atelier au presbytère ne lui suffisant pas, et épris de naturalisme (en raison de ses lectures, notamment de Zola), il décide de loger chez l'habitant (mineurs, charbonniers et tisserands dans un premier temps, puis dans une famille de paysans (Les De Groote) chez qui il paie un loyer modeste en rapport avec ses finances et perfectionne son art : d'abord ses paysages puis ses natures mortes).

Il arrivera à un stade où il devra développer son art en peignant des portraits, et où il pourra le faire en payant (toujours modestement) ses modèles.

La première grande composition de van Gogh est incontestablement celle qu'il a consacrée aux Mangeurs de pommes de terre. Sous ce nom, c'est la difficulté de peindre en personne qui se manifeste, la difficulté de rendre visible ce qu'il y a de moins palpable, à savoir l'ombre, ce dernier degré de la lumière au-delà duquel il n'y a plus de couleurs perceptibles.

«  "Le tableau auquel je suis attelé est autre chose que l'éclairage par des lampes d'un (Gérard) Dou ou d'un van Schendel. Il n'est pas superflu d'attirer l'attention sur le fait qu'une des plus belles trouvailles des peintres de ce siècle a été la peinture de l'ombre qui est encore de la couleur." »
    — Lettre 402 N à Théo

[14]

L'ensemble de ses œuvres de cette période aboutit aux Mangeurs de pommes de terre, œuvre majeure qui va révéler sa sensibilité inquiète et véhémente. La série des visages de paysans, environ une cinquantaine, qui occupera van Gogh de décembre 1884 jusqu'à l'achèvement des Mangeurs de pommes de terre d' Amsterdam au mois de mai suivant, constitue une sorte d'exercice préliminaire à cette dernière peinture[15].

Elle est la preuve de son observation studieuse de l'aspect des paysans comme il les décrit dans une lettre à son frère :

«  des visages rudes et plats, aux fronts bas et aux grosses lèvres, pas affilées, mais pleines et semblables à celles des tableaux de Millet, »

dans le but d'arriver à un mélange de couleurs qui rendrait leurs carnations vibrantes et semblables à celle

«  d'une pomme de terre bien poussiéreuse de terre et bien entendu pas épluchée. »
    — Lettre 405 à Théo, août 1884

[16] Étranger à la mort de son père (survenue le 26 mars 1885), indifférent à la déclaration d'amour de Margot Bergemann, Vincent poursuit les études de tètes et de mains qu'il avait entreprises pendant l'hiver : ce sont les éléments expressifs de la figure humaine, que les maîtres anciens- tels que Rembrandt, Frans Hals et Rubens, qu'il admire particulièrement et dont il va voir régulièrement les œuvres au musée d'Anvers - avaient aussi habituellement mis en valeur. Ainsi déclare-t-il:

«  "Rubens fait vraiment sur moi une forte impression. Je trouve ses dessins colossalement bons, je parle des dessins de têtes et de mains. Par exemple, je suis tout à fait séduit par sa façon de dessiner un visage à coups de pinceau, avec des traits d'un rouge pur, ou dans les mains, de modeler les doigts, par des traits analogues, avec son pinceau." »
    — Lettre 459 à Théo

La 'Tête de paysanne', par exemple, (F134, mars 1885, h/t marouflée sur panneau 38,5*26,5, Musée d'Orsay), procède de cette technique que Delacroix avait déjà repris dans sa 'Mort de Sardanapale' (Louvre). Enfin une autre raison, très pratique, motive sa volonté de peindre une cinquantaine de têtes. Il espère se préparer de cette façon à trouver du travail. Il remarque en effet que la photographie connaît un grand succès auprès du public et se propose d'offrir ses services aux photographes pour colorier et retoucher les fonds des photographies d'après des études peintes "sur le vif".

Pour la première fois, il songe sérieusement à réaliser une grande composition, une de celles qui, à la fois par leurs dimensions et l'idée qui les détermine, constitue un pas décisif aux moments "charnière" de l'œuvre. Cette série d'études de têtes l'y mène directement. Il révèle ainsi à Théo:

«  "Je pense beaucoup à plusieurs grandes choses poussées, et s'il arrivait que je trouve le moyen de rendre les effets que j'ai dans la tête, je garderai ici les études en question, car j'en aurai sûrement besoin à ce moment-là. Ce sera, par exemple, quelque chose comme ceci : des figures à contre-jour devant une fenêtre, dans un intérieur, j'ai déjà pour cela des études de têtes, tant à contre-jour qu'en pleine lumière, et j'ai déjà peint plusieurs fois le personnage entier, en train de bobiner, de coudre, d'éplucher des pommes de terre ." »
    — Lettre 396 à Théo

Un soir, au retour d'une longue journée passée à traquer le "motif", van Gogh passe devant la chaumière de la famille de Groot qu'il connaît bien et décide de s'y reposer un instant. Il entre. Un instant saisi par l'obscurité qui règne à l'intérieur, il distingue peu à peu les cinq figures familères groupées autour d'un plat de pommes de terre fumant, à la clarté parcimonieuse d'une lampe à pétrole suspendue au-dessus de la table. "Je tiens mon motif", pense-t-il alors. Et pourtant, il est venu souvent chez les deGroot, auparavant, parce qu'ils veulent bien poser pour lui de temps en temps, en échange d'un petit peu d'argent. Il a peint à plusieurs reprises la mère, le fils et la petite Gordina, dont le visage n'est pas encore marqué par le dur labeur. Mais là, alors qu'ils sont tous rassemblés dans le clair-obscur de cet espace clos, il se trouve soudain plongé au cœur d'une de ces "nuits" à la Ter Borch.




La valeur morale du tableau est évidente. Il s'adresse spécialement aux citadins, bien souvent ignorants des conditions de vie à la campagne :

«  " Pour la même raison, on aurait tort, selon moi, de donner à un tableau de paysans un certain poli conventionnel. Si une peinture de paysans sent le lard, la fumée, la vapeur qui monte des pommes de terre, tant mieux! Ce n'est pas malsain. Si une étable sent le fumier, bon! Une étable doit sentir le fumier. Si un champ exhale l'odeur de blé mûr, de pommes de terre, d'engrais, de fumier, cela est sain, surtout pour les citadins. Par de tels tableaux, ils acquièrent quelque chose d'utile. Mais un tableau de paysans ne doit pas sentir le parfum." »
    — Lettre 404 à Théo, Nuenen, 30 avril 1885

Dans Les Mangeurs de pommes de terre, il réalise picturalement tout ce qu'il avait tenté de faire jusqu'ici sans succès sur des chemins qui s'étaient transformés en autant d'impasses.[17]




Le profond contenu moral de la peinture "des paysans à table" et, surtout, le ton sombre qui l'envahit devaient, comme l'exprimait Vincent dans une lettre plus tardive à son frère, fonctionner comme une sorte d'antidote à l'orgie chromatique offerte à son pinceau par l'exubérante nature du Sud.(...) [18]

Dans le même temps, stagiaire chez un imprimeur de la région, il voudra s'exercer à la lithographie et faire une cinquantaine de copies de l'œuvre, souvent caractérisées par leur disposition inversée.

Techniquement son œuvre présente encore bien des maladresses, néanmoins la période de Nuenen est rachetée par une inspiration sincère et sa volonté d'un témoignage humain exemplaire, révélateurs des idéaux de van Gogh et de sa problématique intérieure.[19]

Le tableau devint carrément un manifeste :

« Parmi mes propres travaux, je considère le tableau des paysans mangeurs de pommes de terre, que j'ai peint à Nuenen comme étant en fin de compte ce que j'ai fait de mieux . »
    — Lettre 1 à Wil, Paris, 1887

Encore à Paris, deux bonnes années après l'achèvement de cette toile, il estime face à sa sœur, que les Mangeurs de pommes de terre constituent son œuvre la plus réussie. Elle demeura en fin de compte la seule qu'il considérera comme digne d'être présentée au public. Il demanda à Théo d'en faire bon usage, car ce tableau lui seul voyait Vincent intégré dans la lignée d'un Millet ou d'un Breton, c'est en lui uniquement qu'il sentait représentées les valeur dont la transmission était imposée par un art véritable. Ce n'est que dans le cas des Mangeurs de pommes de terre qu'il insista sur la valeur de marchand d'art de son frère. S'il devait un jour parvenir à faire carrière, ce serait exclusivement en tant que peintre de ce tableau. Il avait ici extériorisé toute son ambition. Étant donné qu'il vivait à la campagne, la pauvreté mise en scène d'un repas de paysans était la preuve exemplaire de son caractère artistique authentique. Car ici, il se trouvait dans son métier d'origine. L'ami du peuple, le paysan par passion, l'ascète par sympathie : son style de vie même était disponible si son tableau récoltait reconnaissance ou désavouement. L'homme n'était pas séparable du peintre ; dans ce tableau, une conception du monde se concentreait sur une évolution déterminée par le destin.[20] Cinq ans plus tard, quasiment jour pour jour, en avril 1890, parvenu au terme de sa vie artistique et humaine, en convalescence à Saint-Rémy, Vincent terminait une triste lettre à Théo par cette prière :

«  Veuillez m'envoyer ce que tu trouves de 'figures' dans mes vieux dessins, j'y songe de refaire le tableau des paysans dînant, effet de lumière de lampe. Cette toile doit être toute noire à présent, peut-êtrre pourrais-je de tête la refaire entièrement. Tu m'enverras surtout les 'Glaneuses' et des 'Bêcheurs', s'il y en a encore. Puis, si tu veux, je referai la vieille tour de Nuenen et la chaumière. »
    — Lettre 629 à Théo, Saint-Rémy, 29 avril 1890

Il était convaincu que s'entraîner sur la peinture du passé, retourner à des sujets du Nord, comme les Mangeurs de pommes de terre, et s'éloigner des éblouissants paysages du Sud - l'artiste avait décidé d'imputer à cette région son état de santé précaire - favoriseraient sa guérison définitive.(...)Le retour (comme on le verra plus tard) aux origines de sa recherche picturale, aux valeurs sûres de la civilisation paysanne du Nord représentera, dans les derniers mois de la vie de l'artiste, l'unique possibilité de salut grâce à la récupération de motifs porteurs de sa propre existence. [21].

Peu de temps après, il rejoignait son frère à Paris.

Passant de ce réalisme sombre au colorisme éclatant des paysages d'Arles, il modèle alors les formes d'une touche fragmentée jusqu'aux volutes intenses.
Le symbolisme, quant à lui, recherchait dans le pouvoir du verbe « l'essence de la poésie c'est-à-dire la poésie pure, celle qui dira comment sont faits l'esprit et le monde en lui révélant la structure idéale de l'univers. (...) le Symbolisme invite la poésie à rejoindre la mystique. ».
La quête de Van Gogh est identique, comme il l'écrit à son frère Théo: « Et dans un tableau je voudrais dire quelque chose de consolant comme une musique. Je voudrais peindre des hommes ou des femmes avec ce je ne sais quoi d'éternel, dont autrefois le nimbe était le symbole, et que nous cherchons par le rayonnement même, par la vibration de nos colorations. »
Vincent Van Gogh emprunte et prépare ainsi tous les sentiers de l'art moderne, de l'impressionnisme à l'expressionnisme. Ce peintre mort le 27 juillet 1890 dans le dénuement n'a vendu qu'une seule toile ; aujourd'hui ses tableaux sont parmi les plus chers du monde.



À Anvers de nouveau (de novembre 1885 à février 1886), il est impressionné par les Rubens et à la révélation des estampes japonaises, qu’il commence à collectionner dans cette ville. C’est aussi dans la capitale flamande que l'artiste inaugure sa fameuse série d’autoportraits, sur le registre de l’humour macabre.



Seule la connaissance du milieu artistique parisien pouvait véritablement permettre à van Gogh de renouveler et d'enrichir sa vision, ce qui motive son installation à Paris en 1886. Cette année là est celle de la dernière exposition impressionniste, et en 1887 devait avoir lieu la première rétrospective de l’œuvre de Millet. Il s'installe à proximité de son frère Théo qui dirige la succursale parisienne de Goupil depuis 1880[22].

Au début du mois de mars 1886, Vincent rejoignit son frère à Paris avec l'envie de s'informer sur les nouveautés de la peinture impressionniste. La ville se préparait alors à accueillir de passionnantes expositions : en plus du Salon, où étaient exposées les œuvres de Puvis de Chavannes, l'artiste hollandais put visiter les salles de la cinquième Exposition internationnale à loa galerie Georges Petit, qui présentait des toiles de Renoir et Monet. Ces derniers n'avaient pas souhaité participer à la huitième et dernière Exposition des impressionnistes qui offrait le spectacle d'un groupe déchiré entre les défections et les nouvelles arrivées et ouvrait ses portes à la nouveauté du moment, le néo-impressionnisme, avec la toile monumentale de Seurat, 'Un dimanche après-midi à l'île de la Grande Jatte'.

À Paris dans les années 1886 - 1887, il fréquente un moment l’académie du peintre Cormon, où il fait la connaissance de Henri de Toulouse-Lautrec, de Louis Anquetin et d’Émile Bernard. Il rencontre également, par l’intermédiaire de son frère, presque tous les impressionnistes, en particulier Georges Seurat et Camille Pissarro, ainsi que Paul Gauguin. Dans la boutique du Père Tanguy, il devient l'ami de Paul Signac. Sous l’influence des estampes japonaises, ses compositions acquièrent peu à peu davantage de liberté et d’aisance, tandis qu’il s’essaie à la technique de l’aplat coloré. Pissarro l’initie également aux théories nouvelles sur la lumière et au traitement divisionniste des tons. La palette de l'artiste s’enrichit alors de couleurs vives et sa touche s’anime et se fragmente, ceci grâce également à Signac avec qui il travaille en 1887[23].

Exalté par la ferveur du climat artistique parisien, van Gogh brûla les étapes de son renouvellement artistique grâce à la fréquentation des peintres les plus anticonformistes du moment: il s'essaya au néo-impressionnisme auprès de Signac et Pissarro, enquêta sur les profondeurs psychologiques du portrait avec son ami Toulouse-Lautrec, fut précocement informé de la synthèse du cloisonnisme par ses compagnons Anquetin et Emile Bernard, put apprécier les toiles exotiques réalisées par Gauguin en Martinique. Régénéré par ce bain dans les sources de la modernité, l'artiste hollandais était prêt à réaliser son rêve méditerranéen, à la recherche de la lumière aveuglante de la Provence, qui ferait resplendir les couleurs pures de la nature, étudiées jusque-là dans sa collection d'estampes japonaises. C'est une période très fertile où son art s'oriente vers l'impressionnisme mais l'absinthe et la fatigue aggravent son état mental.



Van Gogh commence à prendre ses distances vis-à-vis de l'impressionnisme, trop allusif à son goût, pour retrouver l’unité structurelle de l’image et se concentrer sur l'expression et le symbolisme de la forme et de la couleur. Le prochain mariage de son frère Théo, qu'il ressent comme un abandon, semble toutefois être également une des raisons profondes qui décident van Gogh à quitter Paris. Le 20 février 1888, il s'installe à Arles initialement dans la vieille ville à l'intérieur des remparts à l'Hôtel-Restaurant Carrel au 30 rue de la Cavalerie, avec comme compagnon le peintre danois Christian Mourier-Petersen, puis en mai[24] 1888, au nord de la place Lamartine, dans la Maison Jaune. Il suit en cela les conseils de Toulouse-Lautrec qui lui parle de la luminosité des paysages méridionaux.

Bien qu'il arrive dans la cité avec un temps de neige, une nouvelle page de son œuvre va s'ouvrir avec la découverte de la lumière provençale. Dès le 22 février, il débute sa production arlésienne ; il parcourt à pied la région et peint des paysages, des scènes de moissons et des portraits. Trois de ses premiers tableaux sont présentés à l'exposition annuelle de la Société des artistes indépendants. En avril Vincent rencontre le peintre américain Dodge MacKnight qui habite Fontvieille, un petit village au nord-est d'Arles.

Au début du mois de juin 1888, ayant reçu un billet de cent francs de son frère Théodore, il se rend en diligence aux Saintes-Maries-de-la-Mer pour un court séjour de cinq jours. Il y peint la fameuse barque « Amitié » et le village regroupé autour de l'église forteresse.

A Arles, des idées plus anciennes sur l'art et la peinture réapparaissent, comme faire des séries de tableaux sur des thèmes similaires[25]. Au printemps 1888, il réalise ainsi au printemps 1888, une série sur les vergers fleurissants dans des triptyques, ainsi qu'une série de portraits comme ceux de la famille Roulin. Enfin, lorsqu'il prépare la venue de Gauguin il commence à travailler sur la décoration de la Maison Jaune, probablement l'effort le plus ambitieux qu'il ait jamais entrepris.

Vincent qui habite la « maison jaune », rêve en effet d'une communauté d'artistes unissant fraternellement leurs expériences et leurs recherches : Paul Gauguin vient le rejoindre dans ce but le 23 octobre 1888 et ils commencent à travailler ensemble comme par exemple sur la série de tableaux consacrés aux Alyscamps. Mais les deux hommes s'entendent mal : la tension et l’exaltation permanentes qu’impliquent leur démarche créatrice et une telle urgence de peindre débouchent sur une crise : le 24 décembre 1888, à la suite d'une dispute plus violente que les autres, van Gogh, en proie au délire tente de tuer son compagnon, puis, pour s’auto-punir, se mutile l'oreille gauche avant d'aller l'offrir à une prostitué (décembre 1888). Il est soigné par le docteur Rey dont il peint à cette époque le portrait. En mars 1889, après une période de répit pendant laquelle il peint entre autres l’Autoportrait à l'oreille bandée (janvier 1889), une pétition des habitants d’Arles entraîne son internement à l’Hôtel-Dieu.

Pendant son séjour à Arles, le lien de van Gogh avec l'univers artistique parisien fut maintenu notamment grâce à l'abondante correspondance qu'il échangea avec son frère Théo, révélateur émouvant du caractère émotif et humain de l'artiste. Malgré l'échec de son projet d'établir un atelier dans la petite ville du sud, où une colonie d'artistes se serait installée, van Gogh ne renonça pas au dialogue avec ses amis Emile Bernard et Gauguin. Ce dernier, après son séjour infortuné à Arles, accompagna à travers ses lettres la vie du peintre hollandais jusqu'à la fin de sa fulgurante carrière.



Le 8 mai 1889, hanté par l’idée du suicide mais pleinement conscient du mal qui le ronge, il quitte Arles, ayant décidé de lui-même d'entrer dans un asile près de Saint-Rémy-de-Provence où il va y rester pendant une année. Son état varie de la dépression profonde aux phases de rémission et d’activité intense, qui entraînent de nouvelles modifications de son style : le graphisme et la touche dont les traits discontinus et sinueux donnent aux champs de blé, aux oliviers et à la voûte céleste des Alpilles et des Baux-de-Provence les mouvements mêmes de sa pathologie.

Les peintures de la période où il a vécu à Saint-Rémy de Provence sont souvent caractérisées par des remous et des spirales. À diverses périodes de sa vie, van Gogh a également peint ce qu'il voyait de sa fenêtre, notamment à la fin de sa vie avec une grande série de peintures de champs de blé qu'il pouvait admirer de la chambre qu'il occupait à l'asile de Saint-Rémy.

Van Gogh commence également à sortir de son anonymat : en janvier 1890 un article d’Albert Aurier dans le Mercure de France, souligne pour la première fois l’importance de ses recherches. Un mois plus tard, le peintre Anna Boch acquiert l’un de ses tableaux, La vigne rouge, exposé au Salon des XX à Bruxelles, pour la somme de quatre-cents francs.



En mai 1890, l'artiste quitte Saint-Rémy-de-Provence et rejoint son frère Théo à Paris qui l'installe à Auvers-sur-Oise[26] dans la modeste auberge Ravoux où il loue une petite chambre d'une grande sobriété, sous la surveillance du docteur Paul Gachet, ami de Paul Cézanne et des peintres impressionnistes, et lui-même peintre amateur.

Dans une lettre à son frère Théo, Vincent décrit ainsi le village :

« Ici on est loin assez de Paris pour que ce soit la vraie campagne, mais combien néanmoins changé depuis Daubigny. Mais non pas changé d'une façon déplaisante, il y a beaucoup de villas et habitations diverses modernes et bourgeoises très souriantes ensoleillées, et fleuries. Cela dans une campagne presque grasse, juste à ce moment-ci du développement d'une société nouvelle dans la vieille, n'a rien de désagréable ; il y a beaucoup de bien-être dans l'air. Un calme à la Puvis de Chavannes j'y vois ou y crois voir, pas d'usines, mais de la belle verdure en abondance et en bon ordre. »
    — Lettre du 25 mai 1890

Auvers, modeste commune rurale du Vexin français, située à trente kilomètres au nord de Paris, était déjà connue dans le milieu des peintres, initialement par les paysagistes de l'école de Barbizon puis par les impressionnistes. Le village cultive encore de nos jours le souvenir de ces peintres[27].

À Auvers réside le docteur Paul Gachet. Ami de Daubigny et de Corot, il accueille jusqu'à la fin de sa vie les artistes dans sa maison, dont Paul Cézanne, ou Camille Pissarro, qui vient lui rendre visite en voisin, de sa maison de Pontoise. Grand collectionneur d'art, le docteur Gachet demeure un acteur incontournable de l'histoire de l'art de la fin du XIXe siècle[28].

Le mardi 20 mai 1890 à onze heures du matin, le docteur Gachet reçoit un peintre alors inconnu du public, recommandé par son frère : Vincent van Gogh. Celui-ci est au sommet de sa maîtrise artistique. Vincent va alors décrire dans ses œuvres la vie de cette petite commune, sa vie paysanne, son architecture. D'une grande force expressive, sa palette s'assombrit néanmoins peu à peu exprimant le mal de vivre qui le tourmente, sa vie étant « attaquée à la racine même ». Sa touche demeure mouvementée et fébrile, mais ses coloris acquiert, sous la lumière d’Île-de-France, un regain de vivacité et de fraîcheur.

Sous les soins du docteur Gachet l'activité artistique de van Gogh est intense. Il produit pendant deux mois plus de soixante-dix tableaux.

Cependant le répit est de courte durée : lorsque Théo lui fait part de son désir de retourner en Hollande, Vincent se sent de nouveau abandonné. Le 27 juillet 1890, dans un champ où il peignait une ultime toile, il se tire un coup de revolver dans la poitrine. Ramené mourant à l'auberge Ravoux, il meurt deux jours plus tard, soutenu par son frère Théo et toujours inconnu du grand public.

« Les autres peintres quoi qu'ils en pensent instintinctivement se tiennent à distance des discussions sur le commerce actuel. Eh bien vraiment nous ne pouvons faire parler que nos tableaux mais pourtant mon cher frère il y a ceci que toujours je t'ai dit et je le redis encore une fois avec toute la gravité que puisse(nt) donner les efforts de pensée assidument fixée pour chercher à faire aussi bien qu'on peut - je te le redis encore que je considérerai toujours que tu es autre chose qu'un simple marchand de Corots que par mon intermédiaire tu as la part à la production même de certaines toiles qui même dans la débacle gardent leur calme. Car là nous en sommes et c'est là tout ou au moins le principal que je puisse avoir à te dire dans un moment de crise relative. Dans un moment où les choses sont fort tendues entre marchands de tableaux - d'artistes morts - et artistes vivants. Eh bien mon travail à moi, j'y risque ma vie, et ma raison y a sombré(e) à moitié -bon- mais tu n'es pas dans les marchands d'hommes pour autant que je sache et puisse prendre parti je te trouve agissant réellement avec humanité mais que veux-tu (...). »
    — Lettre du 27? juillet 1890

lit-on dans la dernière lettre (inachevée mais tellement révélatrice de l'art et de son commerce à cette époque) (652F) à destination de son frère que Vincent portait sur lui le 29 juillet fatal.

En 1888, Théo annonce à son frère qu'il va se marier, cela provoque un état de choc chez Vincent qui se tranchera l'oreille le 24 décembre 1888, en référence à son propre père, à Gauguin, mais aussi à Théo, devenu un père potentiel. À plusieurs reprises, il a connu de réels problèmes mentaux, en particulier dans les dernières années de sa vie. Au cours de ses périodes de maladie, il ne peignait pas ou, tout au moins, n'était pas autorisé à le faire. Au fil des ans, il a beaucoup été question de l'origine de la maladie mentale de van Gogh et de ses répercussions sur son travail. Plus de 150 psychiatres ont tenté d'identifier sa maladie et quelque 30 diagnostics différents ont été proposés.[29]

Parmi les diagnostics qui ont été avancés on trouve la schizophrénie[30], le trouble bipolaire, la syphilis, l'intoxication par ingestion de peintures, l'épilepsie du lobe temporal[31] et la porphyrie aiguë intermittente. Chacune de ces maladies pourrait être responsable de ses troubles et aurait été aggravée par la malnutrition, le surmenage, l'insomnie et un penchant pour l'alcool, en particulier l'absinthe.

Certaines théories médicales ont même laissé entendre que le goût de van Gogh pour l'utilisation de la couleur jaune pourrait être liée à son amour de l'absinthe. En effet, cet alcool contient une neurotoxine appelée Thujone qui, à forte dose, peut causer la Xanthopsie, c'est-à-dire un trouble de la vision amenant à voir les objets en jaune. Toutefois, une étude réalisée en 1991, a mis en évidence qu'un consommateur d'absinthe tomberait inconscient en raison de la teneur en alcool avant d'avoir pu ingérer suffisamment de Thujone. Une autre théorie suggère que le docteur Gachet aurait prescrit de la digitaline à van Gogh pour traiter l'épilepsie, substance qui pourrait entraîner une vision teintée de jaune et des changements dans la perception de la couleur d'ensemble. Toutefois, il n'existe aucune preuve directe que van Gogh ait pris de la digitaline, même si l'on remarque sur le tableau portrait du Dr Gachet avec branche de digitale la présence de quelques tiges de digitale pourpre, plante à partir de laquelle la digitaline est fabriquée.[32]

Le 31 janvier 1890, naît le petit Vincent, fils de son frère Théo qui a épousé Jo. Dans les mois qui précèdent la venue au monde de ce neveu portant le même nom, et dont Vincent van Gogh est le parrain, il écrit à son frère sans jamais mentionner le nom de l'enfant, en le nommant "le petit". Puis le nouveau-né tombe malade mais sans gravité, Vincent en éprouve alors de la tristesse, du découragement, il écrit :

  • "Je me sens raté. Voilà pour mon compte, je sens que c'est là le sort que j'accepte et qui ne changera plus."
En juillet 1890, il pense être une charge pour son frère. Dans une crise de désespoir, il se tire une balle dans la poitrine le 27 juillet 1890 et meurt deux jours plus tard en présence de son frère, Théo venu à son chevet. Atteint de syphilis qui le rend fou, Théo est hospitalisé en octobre 1890 en clinique psychiatrique et meurt le 25 janvier 1891[33]. Il n'aura survécu que six mois à son frère. Vincent avait trente sept ans et Théo trente-quatre. Le petit Vincent sera l'héritier de la majeure partie de l'œuvre de son oncle. Il mourra en 1978.

On a récemment avancé que la maladie de van Gogh serait liée à une intoxication par le plomb car il utilisait des peintures à base de plomb et parce que l'un des symptômes de l'intoxication par le plomb est un gonflement de la rétine qui peut conduire à l'apparition d'un effet de Halo, effet qui apparait d'ailleurs dans plusieurs tableaux de van Gogh.[34]





Van Gogh a dessiné et a peint des aquarelles alors qu'il allait à l'école, mais très peu de ces travaux ont survécu. En 1880, devenu adulte, il s'est consacré à l'art et a commencé au niveau élémentaire en copiant le Cours de dessin de Charles Bargue. Durant ses deux premières années, il a cherché des commandes et au printemps 1882, son oncle, Cornelis Marinus (propriétaire d'une galerie d'art contemporain renommée à Amsterdam), lui a demandé de fournir des dessins de La Haye. Le travail de van Gogh n'a pas été à la hauteur des espérances de son oncle, mais celui-ci lui a tout de même offert une deuxième commande. Bien qu'il lui ait décrit en détail ce qu'il attendait de lui, il a de nouveau été déçu par le résultat.

Néanmoins, van Gogh a persévéré dans son travail. Il a amélioré l'éclairage de son atelier en installant des obturateurs variables et il a fait de nombreuses expériences de dessin avec une grande variété de matériaux. Pendant plus d'une année il a travaillé sur des figures simples, en réalisant notamment des études en « noir et blanc », travail qui ne lui a alors apporté que des critiques même si, aujourd'hui, ces études sont considérées comme ses premiers chefs-d'œuvre. À partir du printemps 1883, il s'est intéressé à des compositions plus élaborées, basées sur le dessin. Très peu de ces dessins ont survécu car, lorsque son frère lui a dit qu'ils manquaient de nervosité et de fraîcheur, van Gogh les a détruits et s'est tourné vers la peinture à l'huile.

Van Gogh s'est alors intéressé aux artistes renommés de l'école de La Haye (un groupe d'artistes comme Johan Hendrik Weissenbruch ou Bernard Blommers qui lui ont apporté un soutien technique, mais aussi à des peintres comme Théophile de Bock et Herman Johannes van der Weele qui, entre 1860 et 1890, étaient fortement influencés par la peinture réaliste de l'École de Barbizon). Lorsqu'il s'est rendu à Nuenen, après un intermède à Drenthe, il a commencé à réaliser diverses peintures de grande taille qu'il a pour la plupart détruites. Les Mangeurs de pommes de terre, la Vieille Tour du cimetière de Nuenen et le Cottage, sont les seuls qui ont survécu. Après une visite au Rijksmuseum d'Amsterdam, van Gogh se rend compte que ses peintures présentent beaucoup de défauts dûs à un manque d'expérience et de technique. Il est alors allé à Anvers, et plus tard à Paris pour améliorer ses connaissances techniques.



Plus ou moins au fait des techniques et des théories impressionnistes et pointillistes, van Gogh est allé à Arles développer ces nouvelles possibilités. Toutefois, des idées plus anciennes sur l'art et la peinture sont réapparues, comme faire des séries de tableaux sur des thèmes similaires. Déjà en 1884 alors qu'il était encore à Nuenen, il avait travaillé sur une série de peintures qui devaient décorer la salle à manger d'un de ses amis vivant à Eindhoven. De même, à Arles, au printemps 1888, il a réalisé une série sur les vergers fleurissants dans des triptyques, ainsi qu'une série de portraits comme ceux de la famille Roulin. Enfin, lorsque Paul Gauguin a travaillé et habité à Arles côte à côte avec van Gogh, ce dernier a commencé à travailler sur la décoration de la Maison Jaune, probablement l'effort le plus ambitieux qu'il ait jamais entrepris.

Les peintures de la période où il a vécu à Saint-Rémy de Provence sont souvent caractérisées par des remous et des spirales. À diverses périodes de sa vie, van Gogh a également peint ce qu'il voyait de sa fenêtre, notamment à la fin de sa vie avec une grande série de peintures de champs de blé qu'il pouvait admirer de la chambre qu'il occupait à l'asile de Saint-Rémy [35].

Le symbolisme, quant à lui, recherchait dans le pouvoir du verbe « l'essence de la poésie c'est-à-dire la poésie pure, celle qui dira comment sont faits l'esprit et le monde en lui révélant la structure idéale de l'univers. (...) le Symbolisme invite la poésie à rejoindre la mystique. » (G. Michaud, Message poétique du Symbolisme, Nizet, 1947).

La quête de van Gogh est identique, comme il l'écrit à son frère Théo :

« Et dans un tableau je voudrais dire quelque chose de consolant comme une musique. Je voudrais peindre des hommes ou des femmes avec ce je ne sais quoi d'éternel, dont autrefois le nimbe était le symbole, et que nous cherchons par le rayonnement même, par la vibration de nos colorations. »

Vincent van Gogh emprunte et prépare ainsi tous les sentiers de l'art moderne, de l'impressionnisme à l'expressionnisme. Ce peintre mort le 29 juillet 1890 dans le dénuement n'a vendu qu'une seule toile ; aujourd'hui ses tableaux sont parmi les plus chers du monde.



L'impressionnisme incarné par Monet, Manet, Renoir, Degas est un point de départ pour le néo-impressionnisme de Georges Seurat et Paul Signac, maîtres du pointillisme, de Paul Gauguin et son école de Pont-Aven, Emile Bernard et son cloisonnisme, Henri de Toulouse-Lautrec, Vincent van Gogh ainsi que pour de nombreux « postimpressionnistes », en France et à l'étranger comme Jean Peské.

Van Gogh a fortement a incarné le Post-impressionnisme, et par là même, influencé la peinture postérieure et plus moderne, en particulier les mouvements tels que l'Expressionnisme, le Fauvisme et, dans une moindre mesure, le Cubisme. À cette même époque, Zola était critique d'art et Joris-Karl Huysmans se rêvait peintre. En 1885, au moment où paraît Germinal, Van Gogh peint Les Mangeurs de pommes de terre. Passant de ce réalisme sombre au colorisme éclatant des paysages d'Arles, il modèle alors les formes d'une touche fragmentée jusqu'aux volutes intenses.



Le post-impressionnisme est un ensemble des courants artistiques qui, durant la période allant approximativement de 1885 à 1915, divergeant de l'impressionnisme ou s'opposant à lui (néo-impressionnisme, synthétisme, symbolisme, nabis...). Le terme post-impressionnisme (employé pour la première fois en 1910 par Roger Fry dans le titre qu'il a donné à l'exposition de la Grafton Gallery à Londres[36]) est une appellation extrêmement floue, appliquée principalement à Cézanne, van Gogh, Gauguin, Toulouse-Lautrec et Seurat, mais souvent utilisée pour décrire d'autres artistes progressistes qui suivirent la grande décennie de l'impressionnisme (1870-1880), comme Matisse, Bonnard, Decroix et Dufrénoy.

On peut différencier deux sortes de peintures au sein du post-impressionnisme : l'une influencée par Seurat, l'autre par le couple Gauguin/van Gogh qui se détachèrent progressivement du mouvement[37]. La première tendance est illustrée par le tableau intitulé l'Île de la Jatte représentant la vie du dimanche à l'époque. Les peintres appartenant à ce mouvement font de la vie quotidienne leur sujet principal. Van Gogh, à partir de 1886, date de son passage à Paris et Gauguin illustrent la seconde.

Van Gogh arrive à Paris en 1886 et découvre alors les peintures impressionnistes. Il se rend compte que cela ne correspondait pas à l'idée qu'il en avait. Il choisit sa technique : beaucoup plus emportée, plus lyrique et plus expressionniste que celles des autres. Son influence est déterminante sur l'évolution de la peinture. On verra apparaître alors la peinture expressionniste allemande. (Les styles de peinture sont issus des styles précédents). Van Gogh et Gauguin ont des techniques qui les opposent. Pendant que Vincent s'impose d'aller peindre sur le motif (avec toiles et chevalet) quelles que soient les conditions climatiques, Paul, lui, peint de mémoire dans l'atelier.




Le symbolisme, quant à lui, recherchait dans le pouvoir du verbe « l'essence de la poésie c'est-à-dire la poésie pure, celle qui dira comment sont faits l'esprit et le monde en lui révélant la structure idéale de l'univers. (...) le Symbolisme invite la poésie à rejoindre la mystique. ».
La quête de Van Gogh est identique, comme il l'écrit à son frère Théo: « Et dans un tableau je voudrais dire quelque chose de consolant comme une musique. Je voudrais peindre des hommes ou des femmes avec ce je ne sais quoi d'éternel, dont autrefois le nimbe était le symbole, et que nous cherchons par le rayonnement même, par la vibration de nos colorations. »
Vincent Van Gogh emprunte et prépare ainsi tous les sentiers de l'art moderne, de l'impressionnisme à l'expressionnisme. Ce peintre mort le 27 juillet 1890 dans le dénuement n'a vendu qu'une seule toile ; aujourd'hui ses tableaux sont parmi les plus chers du monde.





Les prémices de l'expressionisme apparaissent dans les deux dernières décennies du XIXe siècle, avec pour précurseurs van Gogh et son « Italienne »: (la Segatori)[38] à partir de la fin 1887, ainsi que Edvard Munch (Le Cri), et dans une moindre mesure James Ensor[39].Une tendance que van Gogh accentuera encore après son arrivée à Arles, en 1888, où le choc de la lumière méridionale le pousse à la conquête de la couleur : La Nuit étoilée, Saint-Rémy (1889). Par la dramatisation des scènes, la simplification, voire la caricature, qui caractérisent son œuvre des débuts à la fin, van Gogh annonce l'expressionnisme. Le critique d’art Wilhelm Worringer, en août 1911, est le premier à parler d’« expressionnisme »[40].

En Allemagne et en Autriche, les expressionnistes comme Ernst Ludwig Kirchner, Erich Heckel, Wassily Kandinsky, Paul Klee, Gustav Klimt ou Oskar Kokoschka vont s'inspirer de la technique de van Gogh fondée sur la nervosité de la touche, l'exagération des lignes et des couleurs qui permet de rendre l'expression des sentiments et des émotions.

Octave Mirbeau, un des tout premiers à admirer Van Gogh, écrit:« Ces formes se multiplients, s'échevèlent, se tordent, et jusque dans la folie admirable de ces ciels(...),jusque dans les surgissements des ces fantastiques fleurs (...) semblables à des oiseaux déments, van Gogh garde toujours ses admirables qualités de peintre.[41] »

En France, l'expressionniste prendra la forme du fauvisme peu de temps après. Van Gogh en sera encore un des précurseurs[42]



Van Gogh a eu une influence sur les peintres fauves en montrant une palette de couleurs remarquable, notamment dans sa période arlésienne[43]. Durant cette période, van Gogh n'hésite plus à employer des couleurs vives et des juxtapositions de tons non conventionnelles avec, en particulier, l'usage des teintes complémentaires. Par cette utilisation de couleurs flamboyantes, van Gogh a été une des sources d'inspiration de plusieurs peintres fauves tels que De Vlaminck ou Derain. Ainsi, lorsque l'on observe les œuvres fauves, on retrouve les mêmes dispositions de couleurs que chez van Gogh, comme par exemple, dans la Partie de campagne ou La Seine à Chatou de De Vlaminck, la proximité du rouge et du vert.



Van Gogh est devenu avec le temps probablement le peintre le plus connu dans le monde entier. Mais les raisons de sa notoriété diffèrent selon les publics concernés. Si pour les historiens de l’art, c’est avant tout un précurseur qui a ouvert à la peinture de nouvelles voies, il reste pour les amateurs d'art un maître à l’égal des Léonard de Vinci ou des Rembrandt en dépit d’une production très importante et d’une trajectoire artistique fulgurante en durée et par ses styles. Pour le grand public, son œuvre aujourd'hui universellement accessible dans les plus grands musées, et sa vie digne d’un héros romantique, l’ont transformé en mythe, celui du peintre incompris ou de l'artiste maudit.



Sélection des œuvres les plus connues:

  • 1885 : Les mangeurs de pommes de terre
  • 1888-1889 : Les tournesols
  • 1889 : Autoportrait à l'oreille bandée
  • 1889 : Nuit étoilée
  • 1890 : Portrait du Dr Gachet avec branche de digitale
  • 1890 : L'Église d'Auvers-sur-Oise
Voir aussi les autoportraits de van Gogh
Très productif, van Gogh n'a jamais hésité à reproduire des œuvres d'artistes majeurs, quitte à se les réapproprier : Jean-François Millet (La Nuit, Premiers pas...), Eugène Delacroix (La Pietà , Le Bon Samaritain ), Rembrandt (Résurrection de Lazare).



  1. La correspondance intégrale de Van Gogh a été réunie dans le volume éponyme. Préfacé et annoté par Georges Charensol. Editions Gallimard-Grasset. 1960.
  2. Sophie Monneret:L'Impressionisme et son époque. Robert Laffont, coll. Bouquins,t II,p.30.
  3. Lettre de Vincent van Gogh à Theo van Gogh, Nuenen, 18 décembre 1883 (en)
  4. Lettre 43 adressée à son frère Théo. Correspondance, op. cité. Citation reprise par Bernard Zurcher: Van Gogh, vie et œuvre. Office du livre S.A. Fribourg,1985. p. 11
  5. L'épouse de Théo fera remarquer plus tard que c'était l'année la plus heureuse de la vie de Vincent. Wilkie, pages 34-36
  6. Bernard Zurcher.p.11,op.cité.
  7. date donnée par Patrick Delaunay:Le roman de Vincent van Gogh, Carrère/Kian,1988. p.57, et Bernard Zurcher, p.13
  8. Sophie Monneret.p. 30-31.op.cit.
  9. « Il ne mangeait pas de viande, seulement un petit morceau le dimanche, et seulement après que notre propriétaire ait longuement insisté. Quatre pommes de terre avec un soupçon de sauce et une bouchée de légumes constituaient son dîner » — extrait d'une lettre adressée à Frederik van Eeden lorsqu'il préparait un article sur van Gogh, cité dans Van Gogh : Un art de l'auto-portrait ; Lettres révélant sa vie de peintre,, W. H. Auden, société graphique de New York, Greenwich, pages 37-39.
  10. Bernard Zurcher, p.20
  11. Sophie Monneret, p. 32
  12. Bernard Zurcher,p. 21
  13. Nadia Marchioni. 'Les grands maîtres de l'art : van Gogh et le post-impressionnisme'. ISBN 9782810500000
  14. Jean-Clet Martin, Van Gogh, L'œil des choses, Éditions Les Empêcheurs/Seuil (ISBN 2843240352)
  15. Nadia Marchioni. 'Les grands maîtres de l'art : van Gogh et le post-impressionnisme'. ISBN 9782810500000
  16. Lettre adressée à son frère Théo. Correspondance, op. cité. Citation reprise par Bernard Zurcher: Van Gogh, vie et œuvre. Office du livre S.A. Fribourg,1985. p. 82 ISBN 2092847325
  17. Bernard Zurcher, Vincent van Gogh : vie et œuvre,Office du livre, Fribourg, 1985 (ISBN 2092847325).
  18. Nadia Marchioni. 'Les grands maîtres de l'art : van Gogh et le post-impressionnisme'. ISBN 9782810500000
  19. Patrick Delaunay. p. 156-159 passim.
  20. Ingo F. Walther-Rainer Metzger. 'Van Gogh : L'œuvre complet - Peinture '. ISBN 2744148849
  21. Nadia Marchioni. 'Les grands maîtres de l'art : van Gogh et le post-impressionnisme'. ISBN 9782810500000
  22. Bernard Zurcher, p. 97 et 100
  23. Sophie Monneret,p. 37-38 et 40
  24. Dans sa lettre datée du 7 mai 1888 il donne sa nouvelle adresse 2 place Lamartine à Arles
  25. Déjà en 1884 alors qu'il était encore à Nuenen, il avait travaillé sur une série de peintures qui devaient décorer la salle à manger d'un de ses amis vivant à Eindhoven.
  26. Vincent van Gogh à Auvers -sur-Oise
  27. Vingt-deux plaques-tableaux ont été installées à travers la commune par l'association « La mémoire des lieux ». Elles permettent de comparer les toiles avec les sites tels qu'ils se présentent aujourd'hui, le plus souvent sans grande évolution hormis des détails ça et là. Le parcours peut se prolonger à travers la ville voisine de Pontoise, où d'autres plaques sont installées devant les paysages peints par Camille Pissarro.
  28. Ibid., p 101
  29. Dietrich Blumer (2002)"La maladie de Vincent van Gogh" American Journal of Psychiatry
  30. Dietrich BLUMER, M.D., Psychiatric Aspects of Epilepsy, Vol. 2, Blumer D. Editor, Washington DC, American Psychiatric Press. Traduit par Martine Stassart et Jean Mélon de l'américain au français. [lire en ligne] [rtf].
  31. L'épilepsie de Vincent van Gogh, Dietrich Blumer Psychiatric Aspects of Epilepsy, Vol. 2, Blumer Dietrich, Editor, Washington DC, American Psychiatric Press. Traduit de l'américain par Martine Stassart et Jean Mélon.
  32. Paul Wolf (Novembre 2001). "Créativité et maladie chronique de Vincent van Gogh (1853-1890)". Western Journal of Medicine. Réédité le 7 octobre 2007.
  33. Octave Mirbeau Dans le ciel 2002,p. 148
  34. King Rosss, "The Judgment of Paris : The Revolutionary Decade that Gave the World Impressionism", New York: Waller & Company, 2006 ISBN 0-8027-1466-8. voir page 61.
  35. Sophie Monneret,p.47
  36. Sophie Monneret. p.360
  37. Sophie Monneret. p.361
  38. Musée d'Orsay, Paris
  39. Histoire de l'art. Larousse,Paris. 1990.p. 502-503.(ISBN 2035093066)
  40. dans le revue Der Sturm (Le Combat), cité par Sophie Monneret.L'Impressionisme et son époque.Robert Laffont, coll. Bouquins. t.II,p. 258(ISBN 2221052226)édition complète (ISBN 222105413X),t. II
  41. L'Écho de Paris. 31 Mars 1891.
  42. Bernard Zurcher.ch.IV : le fauvisme, p. 182
  43. Bernard Zurcher,p.155




  • René Huyghe: Vincent van Gogh, Flammarion, Paris, 1958
  • Correspondance complète enrichie de tous les dessins originaux, traduction M. Beerblock et L. Roeland, introduction de Georges Charensol, 3vol., Gallimard-Grasset, Paris, 1960.
  • Jean Leymarie : Qui était Vincent van Gogh, Skira, Genève, 1968
  • Patrick Delaunay: Le roman de Vincent Van Gogh, Carrère/Kian, 1988.
  • Viviane Forrester : Vang Gogh ou l'enterrement dans les blés. Le Seuil. Paris. 1983
  • Sophie Monneret. L'Impressionnisme et son époque.Robert Laffont, coll. Bouquins. Paris. 1991.(ISBN 2221052226) pour l'édition complète (ISBN 222105413X) pour le t. II.
  • Vincent van Gogh, (Traduit du néerlandais par Louis Roëdland) Lettres à son frère Théo, Édition l'imaginaire Gallimard
  • Bernard Zurcher, Vincent van Gogh : vie et œuvre, Office du livre, Fribourg, 1985 (ISBN 2092847325)
  • Dieter Beaujean, Vincent van Gogh : vie et œuvre, Könemann 1999, (ISBN 3829029381)
  • Kathleen Powers Erickson, A la porte de l'Éternité : La vision spirituelle de Vincent van Gogh, 1998, (ISBN 0802849784)
  • Violaine Küss, Le batave du petit boulevard, Éditions Texte & Prétextes/Je Médite-Éditeur, (ISBN 0613163526)
  • Jean-Clet Martin, Van Gogh, L'œil des choses, Éditions Les Empêcheurs/Seuil (ISBN 2843240352)
  • José Féron Romano, Van Gogh, la course vers le soleil, Éditions du Jasmin
  • Ken Wilkie, A la recherche de Van Gogh, 1991
  • Ingo F. Walther, Van Gogh, Vision et Réalité , (ISBN 3822847089)
  • "100 Chefs-d'œuvre du Van Gogh Museum", John Leighton, (ISBN 9066314601364)


La vie, l'œuvre et la personnalité de Vincent van Gogh ont inspiré de nombreux films, parmi lesquels :



  • Don McLean : Vincent – Song (1971)
  • Grigori Frid : Lettres de van Gogh, mono-opéra en deuxsième parties pour baryton - clarinette, percussion, piano, cordes op. 69 (1975)
  • Bertold Hummel : 8 fragments de lettres de Van Gogh pour baryton et quatuor à cordes op. 84 (1985) [1]
  • Einojuhani Rautavaara : Vincent, opéra en trois actes (1986-1987)
  • Einojuhani Rautavaara : Vincentiana, symphonie N° 6 (1992): I Tähtiyö (Starry night) II Varikset (The crows) III Saint-Rémy IV Apotheosis
  • Gloria Coates: Symphony No. 9 (The Quinces Quandary) HOMAGE TO VAN GOGH composed in 1992 - 1993
  • Abel Ehrlich: Portrait of Vincent van Gogh at the Age of 27 pour violon et quatuor à cordes (2003)
  • Henri Dutilleux : Correspondances pour soprano et orchestra (2002-2004): I. Danse cosmique (P. Mukherjee) II. A Slava et Galina... (A. Solschenizyn) III. Gong (R. M. Rilke) IV. Gong II (R. M. Rilke) V. De Vincent à Théo... (V. van Gogh)


  • Liste des tableaux de Vincent van Gogh
  • Les Mangeurs de pommes de terre
  • Autoportraits (van Gogh)
  • Théodore van Gogh (négociant en art)
  • Lettres de Vincent à Théo
  • La chambre de Van Gogh à Arles
  • Les tournesols
  • Portraits de la famille Roulin
  • Musée van Gogh


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