Biographie de Violette Morris

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Violette Morris, née le 18 avril 1893 à Paris (épouse Gouraud le 22 août 1914, divorcée en mai 1923, dite La Morris), est une sportive française et une collaboratrice de la Gestapo.



Violette, Paule, Emilie, Marie, née à Paris en 1893, fille du baron Pierre Jacques Morris et de Elisabeth, Marie, Antoinette dite Betsy Sakakini, elle passe son adolescence au couvent de l’Assomption de Huy, et devient ambulancière sur le front de la Somme puis estafette sur le terrible front de Verdun.



Mesurant 1 m 66 pour 68 kg elle est une sportive complète : athlète précurseur spécialiste du lancer du poids (également sélectionnée au disque) et licenciée au Fémina Sports de Paris de 1917 à 1919, puis à l'Olympique de Paris de 1920 à 1926.

Elle est également joueuse de football (avant-centre ou demi-centre, sélectionnée en équipe de France féminine), de water-polo (sélectionnée en équipe de France mixte en 1925 et 1926, membre de l’équipe des Libellules de Paris), boxeur (elle ne craint pas d’affronter quelques hommes, dont le champion de France Maitrot en 1923), coureur cycliste, motocycliste, automobile... et aviatrice.
Sa grande rivale au poids était Lucienne Velu, à la fin de sa carrière (au total, tous sports confondus, cette dernière s'étala en fait de 1912 à 1935).

Violette Morris aimait également s’adonner hors compétitions à l’équitation, au tennis (elle vit en donnant des cours en 1940), au tir à l’arc, au plongeon de haut vol, à l’haltérophilie et à la lutte gréco-romaine.

Ses plus brillantes années sportives furent de 1921 à 1924, et son slogan était : « Ce qu’un homme fait, Violette peut le faire ! » ... ce malgré la consommation quotidienne de 2 à 3 paquets de cigarettes américaines par jour (et un vocabulaire de charretier à toute épreuve), toujours strictement engoncée dans son complet gilet-veston d'homme !

Lors des débuts de sa préparation physique en vue des Olympiades de 1928, les premières ouvertes à la gent féminine, elle est refusée de renouvellement de licence par la FFSF (Fédération française sportive féminine) en 1927, pour cause d’atteinte aux bonnes mœurs. Cette bisexuelle délurée s’affiche publiquement avec Raoul Paoli de 1923 à 1929, ce dernier décidant de la quitter alors qu’elle venait de pratiquer une mastectomie bilatérale afin de pouvoir mieux tenir un volant dans un cockpit automobile.

À partir de 1928, elle tient un magasin d’accessoires automobiles à Paris, Porte de Champerret, avec quelques employés, racheté par le constructeur parisien BNC en 1932.



Fin décembre 1936, elle est recrutée par le SD allemand, le service de sécurité des SS spécialisé dans l’espionnage, alors qu’elle avait été invitée d’honneur dans la tribune officielle d’Adolf Hitler lors des Jeux Olympiques d'été de 1936. Elle transmet ainsi à l'ennemi une partie des plans de la ligne Maginot, ceux du char Somua, ainsi que le plan détaillé des points stratégiques de la capitale française, en vue de l’offensive de 1940.

Durant la guerre, elle fréquente assidûment la pègre parisienne, et vit à bord d'une péniche sur la Seine.

Elle est notamment chargée par la Gestapo de contrer les réseaux anglais du SOE. Elle aurait été condamnée à mort par l'Intelligence Service, ou par le BCRA d'après son biographe Raymond Ruffin, mais aucune archive n'a été retrouvée. Elle est assassinée le 26 avril 1944 sur une route de campagne, par les maquisards du groupe normand Surcouf, au volant de sa traction avant Citroën 15CV ainsi que cinq autres personnes qui se trouvaient dans la voiture, dont deux enfants. Pierre Paoli (ne pas confondre avec Raoul) fut quant à lui exécuté en 1946 pour son activité aux côtés de Violette Morris.

Cette dernière fut ainsi, de par ses multiples exactions et sa réputation de tortionnaire sadique, surnommée La Hyène de la gestapo par Auguste Le Breton. Là encore, les archives attestant de sa participation aux tortures manquent.

Son corps criblé de balles ne fut jamais demandé par quiconque ; il repose désormais dans une fosse commune du cimetière du Pin.



  • Plus de 20 titres nationaux, tous sports confondus
  • Une cinquantaine de médailles dans des épreuves nationales et internationales, tous sports confondus
  • Plus de 150 meetings d’athlétisme disputés
  • Plus de 200 matchs de football officiels disputés


  • 7 sélections en équipe de France A d'athlétisme, de 1921 à 1926
  • Recordwoman du monde du lancer du poids en 1923 lors du France-Angleterre (21 m 10), 1924 (10 m 15) et 1925 (10 m 68) (poids de 3 kg 628 alors)
  • Recordwoman du monde du lancer du disque en 1924, avec 30 m 10 (à Londres)
  • Recordwoman d'Europe au poids à 7 reprises: 1919, 1921 - 3 fois, 1922, 1924 et 1925 (durée 10 ans)
  • Recordwoman d’Europe du lancer du javelot en 1921, avec 41 m 58
  • Meilleure athlète mondiale annuelle de la discipline du poids en 1918, 1919, 1921, 1922, 1924 et 1925
  • Vainqueur du 1er Meeting international féminin en 1921, au poids ("Olympiades" de Monte-Carlo, en avril : 16 m 29, RE)
  • Vainqueur du 1er Meeting international féminin en 1921, au javelot également (41 m 58, RE)
  • Vainqueur des seconds Jeux féminins en 1922, au poids (17 m 77) et au disque (Monte-Carlo également)
  • Médaille d'argent des 1ers Championnats Olympiques (Jeux mondiaux) féminins FSFI en 1922 (officieux Jeux olympiques féminins lors de leur 1re édition), au poids (19 m 85, 2 bras additionnés) (Paris, en août)
  • Meeting international féminin de Saint-Maur au poids et au disque en 1924
  • Meeting international féminin de Londres au disque en 1924 (RM)
  • Meeting international féminin de Magdebourg au poids en 1925
  • Gala omnisports de Barcelone au poids en 1926
  • Championne de France au poids à 8 reprises, en 1917 (les Six journées sportives, 1ers championnats de France, lancer à 2 mains de 4kg : 2 bras additionnés, à 13 m 92), 1919 (RF – 15 m 14), 1920 (RF), 1921 (RF – 16 m 58), 1922 (RF), 1924 (RF, 18 m 19, et 10 m 15 à 1 bras), 1925 et 1926
  • Championne de France au javelot en 1919 (2 mains additionnées), 1921 (RF – 46 m 04), 1922 (RF) et 1925
  • Championne de France au disque en 1920 (RF), 1921, et 1922 (RF)
  • Championne de Paris au poids en 1924
  • Championne de Paris au disque en 1924


  • Championne de France de football féminin, en 1920 avec l'Olympique de Paris, 1925 avec l’Olympique Red Star, et 1926 avec les Cadettes de Gascogne
  • Vice-championne de France en 1921, avec l'Olympique
  • Championne de Paris en 1925 avec l’Olympique
  • Coupe La Française en 1922 et 1925, avec l'Olympique
  • Coupe de Bruges en 1927, avec les Cadettes


  • Vainqueur du Bol d'or automobile en 1927 (voiturettes de tourisme 1100 cm³, sur Benjamin) (3e en 1926 (1100 cm³, sur Benjamin), 4e en 1922 et 1923 (cycle-cars 750 cm³, sur Benjamin)
  • Vainqueur du Circuit des routes pavées du Nord en 1922 (cycle-cars cm³, sur Benjamin)
  • Vainqueur de la course Paris-Les Pyrénées-Paris en 1922 et 1923 (cycle-cars 750 cm³, sur Benjamin)
  • Vainqueur de Paris-Nice automobile en 1923 (cycle-cars 750 cm³, sur Benjamin)
  • Vainqueur du Grand Prix de San-Sébastian automobile en 1926 (voiturettes de tourisme 1100 cm³, sur Benjamin)
  • Vainqueur de Paris-Nice automobile en 1927 (voiturettes de tourisme 1100 cm³, sur Benjamin)
  • Vainqueur du Rallye des Dolomites en 1934 (tourisme, sur BNC)
  • 2e du Grand Prix des cycle-cars en 1922 (cycle-cars 750 cm³, sur Benjamin)
  • 2e du Trophée Armangué en 1923, à Tarragone (cycle-cars 750 cm³, sur Benjamin)


  • Meilleure performance mondiale féminine cycliste aux 5 km (derrière stayer : demi-fond derrière motocyclette) en 1924, à deux reprises (à Buffalo, puis au Vélodrome d'hiver en 62,285 km/h)
  • Prix d’Andrésy en 1922
  • 1re féminine du Grand Prix de Pontoise en 1924


  • 2e de Paris-Nice motocycliste en 1925


  • 3e de la Traversée de Paris à la nage en 1921
  • Vice-championne de France du 1000m en 1922


  • Miroir du Sport, n° du 14 avril 1921
  • Miroir des Sports, n° 260 du 3 juin 1925
  • Jean-Emile Neaumet, Violette Morris, la Gestapiste, éd. Fleuve Noir, coll. « Crime Story », 1994
  • Christian Gury, L'Honneur ratatiné d'une athlète lesbienne en 1930, éd. Kimé, 1999 (ISBN 2841741699)
  • Raymond Ruffin, Violette Morris, la hyène de la Gestapo, éd. Le Cherche Midi, 2004 (ISBN 2749102243)
  • Marie-Jo Bonnet, La disparition des fusillés de la prison de Caen du 6 juin 1944 a t-elle un lien avec l'exécution de la gestapiste Violette Morris par le maquis Surcouf?, Racines d'Honfleur, 14 juin 2008.