Biographie de Yvette Troispoux

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Yvette Troispoux (Coulommiers 1er juin 1914 - Paris 11 septembre 2007) est une photographe française.



Membre des 30 x 40, le club photographique de Paris.

Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres ; c'est Robert Doisneau qui lui remettra sa médaille, le 5 mars 1993, à la mairie du VIIIe arrondissement.

Étant toujours présente lors des vernissages d'expositions photographiques avec son Leica, elle était surnommée la « photographe des photographes ». Robert Doisneau l'appelait sa « photocopine » et écrivit ­aussi : « Quand elle sort de son sac le vieux Leica qui en a tant vu, c’est le signe que la fête commence. Les visages se ­détendent. »

Un hommage lui avait été rendu lors des Rencontres d'Arles en 2004.


Née le 1er juin 1914 à Coulommiers en Seine-et-Marne, Yvette Troispoux, autodidacte, se lance dans la photographie avec son Kodak Pronto gagné en juillet 1933, grâce à un concours de photographie organisé par la municipalité : « Je voulais garder ceux que j’aimais », dira-t-elle simplement. Yvette a eu deux amours : son frère mort jeune pendant la guerre et la photographie, qu’elle pratiqua pendant ses loisirs. Parmi ses premiers portraits de famille, son frère Jean à la gare Montparnasse le 12 octobre 1936, dont elle parlait avec beaucoup d’émotion. Ce cliché représente la dernière fois qu'Yvette aura vu son frère : « Demandez-moi quelle est la photo dont je ne me séparerai jamais et je vous répondrai, celle que j'ai prise de Jean ». C'est alors qu'elle continuera de pratiquer la photo « en amateur », pour ne pas vexer ses parents, puis s’installera à Paris, où elle travaillera comme employée de bureau pendant quarante ans dans la même entreprise, Tréfimétaux.

En 1953, grâce à la Société française de photographie, elle découvre le Club Photographique de Paris, dit le 30x40 où chaque jeudi, un professionnel vient à la rencontre des passionnés. Elle photographie les photographes à l'occasion de leurs visites au « 30x40 », puis lors des vernissages ou des dîners. La reconnaissance du monde artistique lui parvient en 1971, avec le Grand Prix du Club Photographique de Paris. Le jour où elle rencontra Agathe Gaillard fut le commencement d’une amitié qui dura jusqu’à la fin. À chaque vernissage à la galerie de son amie, ouverte en 1975, elle en profitait pour tirer le portrait du photographe exposé, d’où son surnom de « photographe des photographes ». Yvette se fondait dans la foule et avant même que le sujet ne l'ait reconnue, elle déclenchait son appareil. Gisèle Freund, Robert Doisneau, Édouard Boubat, Brassaï, Helmut Newton, et tant d'autres se sont laissés immortaliser par Yvette : « Je crois les avoir tous photographiés, excepté Niépce, l'inventeur de la Photo ! ».

Ce n'est que tardivement, en 1982, lors de sa première exposition à la galerie Odéon-Photo à Paris que le grand public découvre le travail monumental, accompli en catimini.

Yvette était un électron libre, qui pendant une cinquantaine d'années, a pris des photos en simple amateur sans se soucier de la valeur marchande. « Elle arrivait avec son Leica et deux ou trois cabas, c'était notre mascotte » et « Si Yvette n'était pas là, c'est que l'évènement n'était pas important », raconte François Hébel, directeur des Rencontres d’Arles. « Un beau p'tit bout de femme, d'une modernité latente, d'une innocence pleine de maturité... Il est très difficile de décrire ce qui pouvait émaner d'Yvette avec des mots. Il n'est peut-être pas étonnant qu'elle ait été artiste. Elle fascine par sa simplicité de ses dires et par la longue réflexion qu'il y avait derrière. La vie doit être finalement aussi simple qu'un cliché, qu'une image et c'est alors à nous d'en retirer le bonheur, et la beauté, en toute simplicité... » indique Lauric Duvigneau, un ami d'Yvette.

Outre les portraits, Yvette Troispoux a réalisé de nombreuses images douces et nostalgiques de Paris et des bords de Seine. Ses sujets de prédilection ont été toujours la vie quotidienne des hommes, l'évènement, le paysage. Elle effectuait également, pour le plaisir, des reportages. C'était toujours le témoignage qui l'intéressait.

Son fonds photographique vendu aux enchères à Coulommiers le 22 juin 2008 a été préempté par la Bibliothèque nationale de France. Une grande partie du fonds photographique de cette artiste fut également acquis par le Musée municipal des Capucins de la Ville de Coulommiers. Ce musée rendra hommage à Yvette Troispoux au printemps 2009 au travers d'une exposition de ses œuvres.

Yvette Troispoux est inhumée au cimetière de Coulommiers, dans le caveau familial, division 8, concession n° 35, rang B.